Le 3ème OEil, groupe Marseillais, se compose de deux rappeurs qui sont :
-Jo Popo, alias Mombi : Mohamed de son vrai prénom, né à La Réunion le 8 Avril 1975. Il est papa d'un petit garçon. Son expression favorite, c'est "fait chier" et son signe particulier, c'est qu'il aime rire. Il est fan de... La Vie!! C'est pas moi qui le dit c'est lui même...
-Boss One : Mohamed ossi de son vrai prénom, né aux Grandes Comores le 12 Juin 1975 (il aime les joints... JUIN/JOINTS... petit jeu de mot comme ca lol!). Il est papa d'une fille nommée Maïa. Son expression favorite, c'est "Que Dalle". Son signe particulier est qu'il ne fume et boit pas!!
Après ces longues présentations faites, revenons sur les débuts du groupe...
L'Histoire du 3ème OEil part de loin. Das les premières heures du Rap Marseillais, à une époque où IAM arpente encore les pavés...
Enfants du même quartier, Boss One et Jo Popo sont parmis les pionners, ceux qui, avant les autres, croient au message qu'est censé diffuser le Hip-Hop. Le premier, Boss One, s'impose comme un des leader au sein de la "Black Tiger Force", un collectif regroupant rappeurs, danseurs, graffeurs...
Le second, Jo Popo, "rode" son style chez les "GSK", autre groupe de Rap mythique du Rap phocéen.
C'est le temps des fêtes, des micros libres, des plateaux où s'illustrent des jeunes encore inconnus comme Sat, Le Rat Luciano, futurs membres du grand groupe Marseillais : la Fonky Family.
Sans se consulter, Boss One et Jo Popo vivent déjà leur art avec la même rigueur, la même volonté de témoigner... Normal quand on sort de Félix Pyat, tentaculaire cité entre centre-ville et quartier Nord, facette délabrée et ignorée de Marseille. C'est quelques temps après, que les deux rappeurs vont se rejoindre pour former le 3ème Oeil : une groupe, un nom, qui va rapidement devenir une référence dans une ville où le Rap compte chaque jour, plus d'adeptes.
La suite, vous la connaissez surement. Les deux rappeurs posent leurs flows sur de nombreux projets comme sa participation sur la B.O du film "Taxi" bien sur, mais aussi les "Chroniques de Mars" imaginées par le membre du groupe IAM, Imhotep, avec l'hymne racuailleux "Le Retour du Squad".
Dans la foulée, accompagné de Bomb et Ralph, les deux DJ associés au groupe, ils parcourent la France en première parti d'IAM, dans un "L'école Au Micro D'Argent Tour", incandescent, faisant éclater, face à des salles bondées, un talent évident.
Aujourd'hui, en réduisant le groupe à son seul noyau vocal (Boss One et Jo Popo), et ainsi en décidant de ne plus limiter son identité musicale au talent d'un ou deux producteurs attitrés, le 3ème Oeil s'est donné les moyens d'écrire un nouvel acte. Sur "Avec Le Coeur Ou Rien", Ralph et Bomb signet toujours une partie des titres, mais ce qui surprend, c'est la diversité des ambiances et la largeur de la palette d'un album taillé pour la scène... De la griffe HardCore de Saïd des Mureaux, au fusionnement nerveux des morceaux sortis de la galaxie FF (Djel, Pone et Le Rat Luciano ont produit chacun un titre) en passant par la largeur très "haïtienne"des compositions de Joe Di Marco, ancien guitariste des Fugees, avec qui le 3ème OEil a commencé une fructueuse coopération , "Avec Le Coeur Ou Rien" relance sans arrêt l'interêt sautant d'un trip électro et dansant qu'on n'attendait pas aux fondements bruts du Hip-Hop le plus dépouillé.
Enregistré à Toulouse, Marseille, New York et dans le New Jersey, mixé par Fabrice Leyni (NTM, "Les Rivières Pourpres"...) et Jeff Dominguez (113, Kery James...), masterisé par Tony Dawsey (Ruff Ryders, DMX, Redman...), ce second album n'en garde pas moins une saveur typiquement marseillaise.
D'abbord parce qu'il accueille la "famille" comme dit Boss : Sat de la FF pour un "D'ou vient ce vacarme" dévastateur, hymne aux cités du 3ème arrondissement de Mars, mais aussi Ahamada Smis et Dégun, membres de la confrerie du 143 Hall Stars, et révélations de ce nouvo disque comme Rohff et Disiz la Peste furent celle de "Hier,Aujourd'hui,Demain". Ensuite parce qu'il redonne à entendre les mots du 3ème Oeil, en prise directe avec la réalité de leur ville. Des mots sobres et justes, qu'ils parlent des Comores d'où sont originaires Boss One et Jo Popo (le poignant "Kilomètres de rimes" qui évoque la douleureuse tradition du "grand mariage") ou de l'injustice d'un monde toujours aussi inégal ("Révolution" avec le Neg'Marron Ben-J). Des mots qui, à l'image de leurs auteurs, ne jouent jamais la facilité. Car l'esprit du 3ème Oeil pourrait se résumer en une seule de leurs phrases, celle, sans équivoque, du refrain de "Si triste" : "Pourquoi perdre son temps à parler de paillettes et de strass alors que le malheur fauche, froisse, angoisse et blesse..."
Sortira... sortira pas ? Le Black Album de Lunatic a bien failli nous jouer le tour de L'Arlésienne et ne jamais atterrir sur nos platines pourtant demandeuses. Sujet, on l'imagine, de vives discordes entre Booba et ses anciens acolytes du 45 Scientific, l'opus aurait pourtant du s'intituler Mauvais ¼il : The Prequel tant il avance dans les pas du mythique premier et unique album d'Ali et Booba.
Loin de nous, néanmoins, l'envie de bouder notre plaisir avec cette opportunité inattendue de retrouver ce duo disparu pour quelques bribes de création de leur chef d'½uvre. Les fans se satisferont donc de ce recueil de « part.1 » et autres inédits, lives et « original verions ». Si quelques versions antérieures à l'enregistrement de l'opus du groupe s'avèrent plaisantes, sans toutefois dépasser les tracks inscrites dans le marbre par le suite, d'autres sont beaucoup moins déterminantes. Du côté des moments agréables de retour aux sources, « Pas l'temps pour les regrets, part.1 » nous rappelle au bon souvenir de l'époque dorée du 45, de même que les lives de « Têtes brûlées », « Le crime paie » (évidemment), ou encore l'excellent « Le son qui met la pression ». Les deux versions de « Avertisseur » sont également dans l'esprit de l'opus, mais pèchent un peu (comme bon nombre des pistes d'ailleurs) par une qualité aléatoire des prises de voix.
Ce Black Album s'avère en effet très brut de décoffrage, et c'est ce qui en fait le charme autant que le point faible. Hormis quelques raretés , comme un freestyle, « Fusion » avec Arsenik, la version originale de « B.O », le principal atout de la livraison réside dans les deux solos de Booba et Ali, morceaux inédits et de qualité qui raviront tous les fans dépités de la fin prématurée de ce duo désormais légendaire. « Tony Coulibali » nous montre que Booba a bien changé (mais ça, on le savait), alors que « Récoltes ce que tu sèmes » nous confirme la puissance du potentiel d'un Ali toujours judicieux dans son propos.
Vous l'aurez compris, le Black Album de Lunatic constitue d'abord une bonne occasion de vider les tiroirs du label, et de donner aux nombreux fans du groupe l'occasion de vibrer encore. Même si l'écoute de l'opus s'avère intéressante et révélatrice d'une évolution chez chacun, il faudra surtout, pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, se plonger dans les trois opus fondateur de la « génération Lunatic » : Mauvais ¼il, Temps Mort et Chaos et Harmonie. « Lunatic c'est mort / Et j'aime voir ceux qui en sourient », parole pémonitoire d'Ali, reprise dans le livret de cet album, comme pour témoigner de l'existence passée d'un groupe qui a dérangé en avançant à contre courant. Ali, lui, est bien décidé à préserver l'héritage.
D'abord pour les fans, mais nous sommes tellement nombreux...
Jamais aucun album de rap français n'aura généré un tel buzz. Deux titres placés sur des compilations, quelques freestyles et des déclarations aux compte-goutte maintiennent en haleine une base naissante de fans assidus. Et puis, le silence radio, les ennuis de Booba et la fidélité d'Ali qui attend le retour de son double pour frapper fort, très fort. Entre "Le crime paie", signature de l'entrée de Lunatic dans le rap game, et la sortie de Mauvais Oeil, rien. Ou plutôt quatre années d'attente et d'inflation du mythe. Lunatic à conquis son public avant de sortir son album. Pourtant, certains restent sur leurs gardes et préfèrent écouter avant de se prononcer. Il ne seront pas déçus.
La réponse à toutes les questions qui pouvaient se poser quant à ce groupe (si adulé et néanmoins peu présent dans les bacs) intervient dès les premières notes de l'album. Un son lourd et oppressant, la voix venue d'ailleurs d'Ali qui lance quelques mots gravés dans le marbre depuis ("Maîtrise les cérémonies / Lunatic ainsi est la vie / Chaos et harmonie"). L'entrée en matière de Booba n'est pas moins réussie et annonce la couleur comme il se doit ("On est venu cracher notre haine / Mon frère ça vient des Hauts d'Seine"). Plus de doutes, les deux Lunatic sont revenus pour faire mal, ils font table rase des quatre années passées et font oublier l'attente intérminable de leurs fans.
Dans la foulée, sur un instru de Géraldo (l'un des producteurs attitrés du 45 Scientific), toujours aussi sombre, l'heure est au constat. "Pas le temps pour les regrets", seulement l'envie de marquer l'instant présent et celui d'après. Suivent "Groupe Sanguin" et "L'effort de paix", avec le bon Sir Doum's, dans une veine typique du groupe. Regain de tension avec l'excellent "La Lettre", poignante correspondance entre Ali l'ami écorché, et Booba l'homme enfermé. Une émotion palpable, et une pudeur véritable qui augmente l'intérêt de ce morceau mythique, sur un instru classique (avec le sample de Clint Eastwood en finale). On reste dans les hauteurs du rap français avec l'ogive "Si tu kiffes pas..." (qu'il est inutile de présenter désormais, j'imagine), puis l'exceptionnel "Têtes Brûlées". Booba et Ali s'adressent aux "purs", aux "durs", mais tout le monde y trouve son compte.
"92-I" reste de très bonne facture, et introduit Maleka Morte. "HLM 3" se présente immédiatement comme un titre en béton armé : gros beat, caisse bien grasse et lyrics crasseux à souhait. Un hymne des ghettos, bourré de phases solides comme le roc. Booba enfonce le clou : "C'est la patate, quand y'a plus de chatte / qu'l'effet du shit chute / quand tu dois faire un que-tru, qu'tes potes se chient d'ssus". Il persiste et signe à la fin du morceau avec une ode au petit banditisme. Inutile mais tellement efficace..."Le son qui met la pression" et "Le silence n'est pas un oubli" (ft Jockey) sont deux nouvelles tracks massives et hypnotiques, qui préparent la sortie magiqtrale de ce disque sur le somptueux "Mauvais Oeil" et la bombe "Civilisé".
Lunatic est un groupe à part dans le rap français. Gavé de haine et de marginalité, cet album n'en demeure pas moins un chef d'oeuvre incontournable, fruit de plusieurs années de patience et de la combinaison de deux talents immenses. Servis par des producteurs en possession de tous leurs moyens, et parfaitement en accord avec l'esprit du groupe, Booba et Ali sont en osmose pour le plus grand bonheur du rap français. Si depuis, certains ont pointé du doigt (et plutôt à juste titre) les dérives de B.2O.B.A, force est de constater que sur Mauvais Oeil, la démonstration est totale. Un disque superbe, rugueux et sombre, pour un duo comète. Un album puis s'en va, c'est aussi ça, le mythe...
Trop de Mc avant le premier maxi
Pensaient qu'on blaguait
Maintenant y a pas que les meufs qui viennent nous draguer
Tu le sens dés que je rentre en scène
Ce sont des Mcs qui crient
Comme des filles face à Greg Hansen
Quand j'monte c'est pour donner la leçon
Leurs mères me detestent
J'provoque des taches dans leur caleçons
Hein!! attention!! attention!! attention!!
Booba
16 rimes le chargeur est surchargé
16 rimes le chargeur est surchargé
16 rimes le chargeur est surchargé
Ziko
Hey M.C. je n'ai pas fini pourquoi tu couches par terre
16 rimes le chargeur est surchargé
Fredo
7-5 aka fredo entubé béké
Guetto, touche à mon bled et ca sera Soweto
Si tu veux, appelle qui tu veux
Amène un pit ou deux
En période de guerre je tire, troue le
T'es mouleux si tu t'en sors
Même avec du renfort
Tellement tu transpires tu pues tu flingues tu shlingues
Tu sens fort, tu sens le porc
Alors dégage, pousse toi d'là
Comme dis la Malekal obligé tu te décales
Pour que j'puisse me mer-cal
Me voir en vrai ou en video sont tes idéaux
J'te verrais bien une plume dans l'cul
Au L-I-D-O F-R-E-D oldschool
Plus vieux que le cash rule, yeah
Comme ma mère peut m'écouter
C'est pourquoi je tchatche cool
En fait, je suis vex attends la next underground
Dédicace à X et là j'serais pire que Nino Brown, ha ha ha
Tu te marrais du KKK
Quand ils cramaient nos maisons nos mères
Maintenant c'est moi qui t'attaque ca
Ziko
refrain
Hey M.C. je n'ai pas fini pourquoi tu couches par terre
16 rimes le chargeur est surchargé
K-Fear
Tu veux un concours j'vends un prix goncours
T'as même pas eu ton bac et à la fac
Quand tu reviens des cours ton père te mets des claques
Vu tes notes, j'me dénote des mcs tête de linotte
Comme attachés aux mc par des menottes
Tu veux me rattraper prends des cours de rattrapages
Dès que je me mets à rapper
Une rime, ca phase plus qu'un de tes textes sur 2-3 pages
Pé-pom analyse même au scanner
J'ai l'art et la manière de rendre les mcs vert comme David Banner
Vener, vulgaire, pas besoin pour être amer
Mon lyrix vexe plus que si j'avais insulté ta mère
Ton père ou ta petite soeur, ou ton grand frère
Et des comme ça j'en ai à ne plus savoir quoi en faire
Hey mc j'nai pas fini pourquoi tu couches par terre
Les clandestins du hiphop j'les renvoie tous par charter
Viens klash si t'es cap, gars j'décape comme le karsher
T'es qu'un porcin mon style est plus pur que la viande casher
refrain
Hey M.C. je n'ai pas fini pourquoi tu couches par terre
16 rimes le chargeur est surchargé
2Fray
Faux et usage de faux dans tes flows
J't'ai grillé mytho bouge ton palleto ou sinon ce sera toi
Je n'aime pas ceux qui se la douchent
Dès qu'ils touchent même pas sur la tempa
Gravent des rimes de la feraille ton bave
Mon style arrache grave dis gars
Comme Gravediggaz compte m'effacer t'es un brave
Arrête de croire que tu vas faire chose quelque
Ton style qui bat de l'aile est 100 fois plus laid que la tete
Donc en résumé, les faux aujourd'hui vont trimer
Que ne t'avises plus jamais à mésestimer
Trop de mcs rentrés dans le mouv
c'est la fête, le plan net en fait
Qu'ils faient bien de s'branler la quequette
Sur le 16 rimes je ruine
Tellement sur le riddim
Qu'après ca tu chanteras, let me be a drag queen
Hip mon hiphop vilan
Pas beau escroc bars toi
Bouge tes os d'ici mc les chiens sont aux abois
refrain
K-Fear
Mon style attire comme ma paire d'air max
A foot locker j'attire comme le zouk attire les zouker
Je ne fais pas de quartier et surtout dans ton quartier
Je sais que là bas on nique on sait tous ce qu'est une montre cartier
Les Mc ont du vice et j'en ai aussi
J'attaque en douceur et par derrière comme la calvitie
Booba
Ok, ok je maîtrise l'art j' t' nique
Mortel comme l'arsenic, Lunatic, sorti du 9.2
Quoi de neuf de la banlieue 92 camp
Les MCs se demandent tous "merde putain mais il vient d'où ce clan"
Ok, ok t'es chargé
Ali
Les faux on va s'en charger
Booba, Lunatic, La brigade et
Je t'ai déjà prévenu plus d'une fois 100 MCs
Jamais coté du bois je touche pour le 96
De plus si t'es des miens, avance comme l'on fait
Un million de refrés à Washington D.C
Décès d'MC si souvent regarde le mouvement
A Paris c'est comme aux States mais enlève au moins 10 ans
C'est vrai il est plus facile de s'taper dessus
Que de se serrer les coudes
Sûr, sur 100 negros 10 assurent
Est ce que t'es chargé
Amène ta pièce les munitions on va s'en charger
16 rimes le chargeur est surchargé...
-Jo Popo, alias Mombi : Mohamed de son vrai prénom, né à La Réunion le 8 Avril 1975. Il est papa d'un petit garçon. Son expression favorite, c'est "fait chier" et son signe particulier, c'est qu'il aime rire. Il est fan de... La Vie!! C'est pas moi qui le dit c'est lui même...
-Boss One : Mohamed ossi de son vrai prénom, né aux Grandes Comores le 12 Juin 1975 (il aime les joints... JUIN/JOINTS... petit jeu de mot comme ca lol!). Il est papa d'une fille nommée Maïa. Son expression favorite, c'est "Que Dalle". Son signe particulier est qu'il ne fume et boit pas!!
Après ces longues présentations faites, revenons sur les débuts du groupe...
L'Histoire du 3ème OEil part de loin. Das les premières heures du Rap Marseillais, à une époque où IAM arpente encore les pavés...
Enfants du même quartier, Boss One et Jo Popo sont parmis les pionners, ceux qui, avant les autres, croient au message qu'est censé diffuser le Hip-Hop. Le premier, Boss One, s'impose comme un des leader au sein de la "Black Tiger Force", un collectif regroupant rappeurs, danseurs, graffeurs...
Le second, Jo Popo, "rode" son style chez les "GSK", autre groupe de Rap mythique du Rap phocéen.
C'est le temps des fêtes, des micros libres, des plateaux où s'illustrent des jeunes encore inconnus comme Sat, Le Rat Luciano, futurs membres du grand groupe Marseillais : la Fonky Family.
Sans se consulter, Boss One et Jo Popo vivent déjà leur art avec la même rigueur, la même volonté de témoigner... Normal quand on sort de Félix Pyat, tentaculaire cité entre centre-ville et quartier Nord, facette délabrée et ignorée de Marseille. C'est quelques temps après, que les deux rappeurs vont se rejoindre pour former le 3ème Oeil : une groupe, un nom, qui va rapidement devenir une référence dans une ville où le Rap compte chaque jour, plus d'adeptes.
La suite, vous la connaissez surement. Les deux rappeurs posent leurs flows sur de nombreux projets comme sa participation sur la B.O du film "Taxi" bien sur, mais aussi les "Chroniques de Mars" imaginées par le membre du groupe IAM, Imhotep, avec l'hymne racuailleux "Le Retour du Squad".
Dans la foulée, accompagné de Bomb et Ralph, les deux DJ associés au groupe, ils parcourent la France en première parti d'IAM, dans un "L'école Au Micro D'Argent Tour", incandescent, faisant éclater, face à des salles bondées, un talent évident.
Aujourd'hui, en réduisant le groupe à son seul noyau vocal (Boss One et Jo Popo), et ainsi en décidant de ne plus limiter son identité musicale au talent d'un ou deux producteurs attitrés, le 3ème Oeil s'est donné les moyens d'écrire un nouvel acte. Sur "Avec Le Coeur Ou Rien", Ralph et Bomb signet toujours une partie des titres, mais ce qui surprend, c'est la diversité des ambiances et la largeur de la palette d'un album taillé pour la scène... De la griffe HardCore de Saïd des Mureaux, au fusionnement nerveux des morceaux sortis de la galaxie FF (Djel, Pone et Le Rat Luciano ont produit chacun un titre) en passant par la largeur très "haïtienne"des compositions de Joe Di Marco, ancien guitariste des Fugees, avec qui le 3ème OEil a commencé une fructueuse coopération , "Avec Le Coeur Ou Rien" relance sans arrêt l'interêt sautant d'un trip électro et dansant qu'on n'attendait pas aux fondements bruts du Hip-Hop le plus dépouillé.
Enregistré à Toulouse, Marseille, New York et dans le New Jersey, mixé par Fabrice Leyni (NTM, "Les Rivières Pourpres"...) et Jeff Dominguez (113, Kery James...), masterisé par Tony Dawsey (Ruff Ryders, DMX, Redman...), ce second album n'en garde pas moins une saveur typiquement marseillaise.
D'abbord parce qu'il accueille la "famille" comme dit Boss : Sat de la FF pour un "D'ou vient ce vacarme" dévastateur, hymne aux cités du 3ème arrondissement de Mars, mais aussi Ahamada Smis et Dégun, membres de la confrerie du 143 Hall Stars, et révélations de ce nouvo disque comme Rohff et Disiz la Peste furent celle de "Hier,Aujourd'hui,Demain". Ensuite parce qu'il redonne à entendre les mots du 3ème Oeil, en prise directe avec la réalité de leur ville. Des mots sobres et justes, qu'ils parlent des Comores d'où sont originaires Boss One et Jo Popo (le poignant "Kilomètres de rimes" qui évoque la douleureuse tradition du "grand mariage") ou de l'injustice d'un monde toujours aussi inégal ("Révolution" avec le Neg'Marron Ben-J). Des mots qui, à l'image de leurs auteurs, ne jouent jamais la facilité. Car l'esprit du 3ème Oeil pourrait se résumer en une seule de leurs phrases, celle, sans équivoque, du refrain de "Si triste" : "Pourquoi perdre son temps à parler de paillettes et de strass alors que le malheur fauche, froisse, angoisse et blesse..."
Black Album :
Sortira... sortira pas ? Le Black Album de Lunatic a bien failli nous jouer le tour de L'Arlésienne et ne jamais atterrir sur nos platines pourtant demandeuses. Sujet, on l'imagine, de vives discordes entre Booba et ses anciens acolytes du 45 Scientific, l'opus aurait pourtant du s'intituler Mauvais ¼il : The Prequel tant il avance dans les pas du mythique premier et unique album d'Ali et Booba.
Loin de nous, néanmoins, l'envie de bouder notre plaisir avec cette opportunité inattendue de retrouver ce duo disparu pour quelques bribes de création de leur chef d'½uvre. Les fans se satisferont donc de ce recueil de « part.1 » et autres inédits, lives et « original verions ». Si quelques versions antérieures à l'enregistrement de l'opus du groupe s'avèrent plaisantes, sans toutefois dépasser les tracks inscrites dans le marbre par le suite, d'autres sont beaucoup moins déterminantes. Du côté des moments agréables de retour aux sources, « Pas l'temps pour les regrets, part.1 » nous rappelle au bon souvenir de l'époque dorée du 45, de même que les lives de « Têtes brûlées », « Le crime paie » (évidemment), ou encore l'excellent « Le son qui met la pression ». Les deux versions de « Avertisseur » sont également dans l'esprit de l'opus, mais pèchent un peu (comme bon nombre des pistes d'ailleurs) par une qualité aléatoire des prises de voix.
Ce Black Album s'avère en effet très brut de décoffrage, et c'est ce qui en fait le charme autant que le point faible. Hormis quelques raretés , comme un freestyle, « Fusion » avec Arsenik, la version originale de « B.O », le principal atout de la livraison réside dans les deux solos de Booba et Ali, morceaux inédits et de qualité qui raviront tous les fans dépités de la fin prématurée de ce duo désormais légendaire. « Tony Coulibali » nous montre que Booba a bien changé (mais ça, on le savait), alors que « Récoltes ce que tu sèmes » nous confirme la puissance du potentiel d'un Ali toujours judicieux dans son propos.
Vous l'aurez compris, le Black Album de Lunatic constitue d'abord une bonne occasion de vider les tiroirs du label, et de donner aux nombreux fans du groupe l'occasion de vibrer encore. Même si l'écoute de l'opus s'avère intéressante et révélatrice d'une évolution chez chacun, il faudra surtout, pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, se plonger dans les trois opus fondateur de la « génération Lunatic » : Mauvais ¼il, Temps Mort et Chaos et Harmonie. « Lunatic c'est mort / Et j'aime voir ceux qui en sourient », parole pémonitoire d'Ali, reprise dans le livret de cet album, comme pour témoigner de l'existence passée d'un groupe qui a dérangé en avançant à contre courant. Ali, lui, est bien décidé à préserver l'héritage.
D'abord pour les fans, mais nous sommes tellement nombreux...
Mauvais Oeil :
Jamais aucun album de rap français n'aura généré un tel buzz. Deux titres placés sur des compilations, quelques freestyles et des déclarations aux compte-goutte maintiennent en haleine une base naissante de fans assidus. Et puis, le silence radio, les ennuis de Booba et la fidélité d'Ali qui attend le retour de son double pour frapper fort, très fort. Entre "Le crime paie", signature de l'entrée de Lunatic dans le rap game, et la sortie de Mauvais Oeil, rien. Ou plutôt quatre années d'attente et d'inflation du mythe. Lunatic à conquis son public avant de sortir son album. Pourtant, certains restent sur leurs gardes et préfèrent écouter avant de se prononcer. Il ne seront pas déçus.
La réponse à toutes les questions qui pouvaient se poser quant à ce groupe (si adulé et néanmoins peu présent dans les bacs) intervient dès les premières notes de l'album. Un son lourd et oppressant, la voix venue d'ailleurs d'Ali qui lance quelques mots gravés dans le marbre depuis ("Maîtrise les cérémonies / Lunatic ainsi est la vie / Chaos et harmonie"). L'entrée en matière de Booba n'est pas moins réussie et annonce la couleur comme il se doit ("On est venu cracher notre haine / Mon frère ça vient des Hauts d'Seine"). Plus de doutes, les deux Lunatic sont revenus pour faire mal, ils font table rase des quatre années passées et font oublier l'attente intérminable de leurs fans.
Dans la foulée, sur un instru de Géraldo (l'un des producteurs attitrés du 45 Scientific), toujours aussi sombre, l'heure est au constat. "Pas le temps pour les regrets", seulement l'envie de marquer l'instant présent et celui d'après. Suivent "Groupe Sanguin" et "L'effort de paix", avec le bon Sir Doum's, dans une veine typique du groupe. Regain de tension avec l'excellent "La Lettre", poignante correspondance entre Ali l'ami écorché, et Booba l'homme enfermé. Une émotion palpable, et une pudeur véritable qui augmente l'intérêt de ce morceau mythique, sur un instru classique (avec le sample de Clint Eastwood en finale). On reste dans les hauteurs du rap français avec l'ogive "Si tu kiffes pas..." (qu'il est inutile de présenter désormais, j'imagine), puis l'exceptionnel "Têtes Brûlées". Booba et Ali s'adressent aux "purs", aux "durs", mais tout le monde y trouve son compte.
"92-I" reste de très bonne facture, et introduit Maleka Morte. "HLM 3" se présente immédiatement comme un titre en béton armé : gros beat, caisse bien grasse et lyrics crasseux à souhait. Un hymne des ghettos, bourré de phases solides comme le roc. Booba enfonce le clou : "C'est la patate, quand y'a plus de chatte / qu'l'effet du shit chute / quand tu dois faire un que-tru, qu'tes potes se chient d'ssus". Il persiste et signe à la fin du morceau avec une ode au petit banditisme. Inutile mais tellement efficace..."Le son qui met la pression" et "Le silence n'est pas un oubli" (ft Jockey) sont deux nouvelles tracks massives et hypnotiques, qui préparent la sortie magiqtrale de ce disque sur le somptueux "Mauvais Oeil" et la bombe "Civilisé".
Lunatic est un groupe à part dans le rap français. Gavé de haine et de marginalité, cet album n'en demeure pas moins un chef d'oeuvre incontournable, fruit de plusieurs années de patience et de la combinaison de deux talents immenses. Servis par des producteurs en possession de tous leurs moyens, et parfaitement en accord avec l'esprit du groupe, Booba et Ali sont en osmose pour le plus grand bonheur du rap français. Si depuis, certains ont pointé du doigt (et plutôt à juste titre) les dérives de B.2O.B.A, force est de constater que sur Mauvais Oeil, la démonstration est totale. Un disque superbe, rugueux et sombre, pour un duo comète. Un album puis s'en va, c'est aussi ça, le mythe...
16 Rimes :
Trop de Mc avant le premier maxi
Pensaient qu'on blaguait
Maintenant y a pas que les meufs qui viennent nous draguer
Tu le sens dés que je rentre en scène
Ce sont des Mcs qui crient
Comme des filles face à Greg Hansen
Quand j'monte c'est pour donner la leçon
Leurs mères me detestent
J'provoque des taches dans leur caleçons
Hein!! attention!! attention!! attention!!
Booba
16 rimes le chargeur est surchargé
16 rimes le chargeur est surchargé
16 rimes le chargeur est surchargé
Ziko
Hey M.C. je n'ai pas fini pourquoi tu couches par terre
16 rimes le chargeur est surchargé
Fredo
7-5 aka fredo entubé béké
Guetto, touche à mon bled et ca sera Soweto
Si tu veux, appelle qui tu veux
Amène un pit ou deux
En période de guerre je tire, troue le
T'es mouleux si tu t'en sors
Même avec du renfort
Tellement tu transpires tu pues tu flingues tu shlingues
Tu sens fort, tu sens le porc
Alors dégage, pousse toi d'là
Comme dis la Malekal obligé tu te décales
Pour que j'puisse me mer-cal
Me voir en vrai ou en video sont tes idéaux
J'te verrais bien une plume dans l'cul
Au L-I-D-O F-R-E-D oldschool
Plus vieux que le cash rule, yeah
Comme ma mère peut m'écouter
C'est pourquoi je tchatche cool
En fait, je suis vex attends la next underground
Dédicace à X et là j'serais pire que Nino Brown, ha ha ha
Tu te marrais du KKK
Quand ils cramaient nos maisons nos mères
Maintenant c'est moi qui t'attaque ca
Ziko
refrain
Hey M.C. je n'ai pas fini pourquoi tu couches par terre
16 rimes le chargeur est surchargé
K-Fear
Tu veux un concours j'vends un prix goncours
T'as même pas eu ton bac et à la fac
Quand tu reviens des cours ton père te mets des claques
Vu tes notes, j'me dénote des mcs tête de linotte
Comme attachés aux mc par des menottes
Tu veux me rattraper prends des cours de rattrapages
Dès que je me mets à rapper
Une rime, ca phase plus qu'un de tes textes sur 2-3 pages
Pé-pom analyse même au scanner
J'ai l'art et la manière de rendre les mcs vert comme David Banner
Vener, vulgaire, pas besoin pour être amer
Mon lyrix vexe plus que si j'avais insulté ta mère
Ton père ou ta petite soeur, ou ton grand frère
Et des comme ça j'en ai à ne plus savoir quoi en faire
Hey mc j'nai pas fini pourquoi tu couches par terre
Les clandestins du hiphop j'les renvoie tous par charter
Viens klash si t'es cap, gars j'décape comme le karsher
T'es qu'un porcin mon style est plus pur que la viande casher
refrain
Hey M.C. je n'ai pas fini pourquoi tu couches par terre
16 rimes le chargeur est surchargé
2Fray
Faux et usage de faux dans tes flows
J't'ai grillé mytho bouge ton palleto ou sinon ce sera toi
Je n'aime pas ceux qui se la douchent
Dès qu'ils touchent même pas sur la tempa
Gravent des rimes de la feraille ton bave
Mon style arrache grave dis gars
Comme Gravediggaz compte m'effacer t'es un brave
Arrête de croire que tu vas faire chose quelque
Ton style qui bat de l'aile est 100 fois plus laid que la tete
Donc en résumé, les faux aujourd'hui vont trimer
Que ne t'avises plus jamais à mésestimer
Trop de mcs rentrés dans le mouv
c'est la fête, le plan net en fait
Qu'ils faient bien de s'branler la quequette
Sur le 16 rimes je ruine
Tellement sur le riddim
Qu'après ca tu chanteras, let me be a drag queen
Hip mon hiphop vilan
Pas beau escroc bars toi
Bouge tes os d'ici mc les chiens sont aux abois
refrain
K-Fear
Mon style attire comme ma paire d'air max
A foot locker j'attire comme le zouk attire les zouker
Je ne fais pas de quartier et surtout dans ton quartier
Je sais que là bas on nique on sait tous ce qu'est une montre cartier
Les Mc ont du vice et j'en ai aussi
J'attaque en douceur et par derrière comme la calvitie
Booba
Ok, ok je maîtrise l'art j' t' nique
Mortel comme l'arsenic, Lunatic, sorti du 9.2
Quoi de neuf de la banlieue 92 camp
Les MCs se demandent tous "merde putain mais il vient d'où ce clan"
Ok, ok t'es chargé
Ali
Les faux on va s'en charger
Booba, Lunatic, La brigade et
Je t'ai déjà prévenu plus d'une fois 100 MCs
Jamais coté du bois je touche pour le 96
De plus si t'es des miens, avance comme l'on fait
Un million de refrés à Washington D.C
Décès d'MC si souvent regarde le mouvement
A Paris c'est comme aux States mais enlève au moins 10 ans
C'est vrai il est plus facile de s'taper dessus
Que de se serrer les coudes
Sûr, sur 100 negros 10 assurent
Est ce que t'es chargé
Amène ta pièce les munitions on va s'en charger
16 rimes le chargeur est surchargé...
Avertisseurs :
Ali)
Issu d'un peuple averti,
Prends le relais dans un monde perverti.
7 réparti parmi les cieux, 3 pour l'homme,
Soit la somme du corps, de l'esprit et de l'âme
La rue nous a été donnée pour domaine,
A chacun son langage propre, rares se comprennent.
Preuve de la malédiction descendue sur Babel
Chacun pour soi dans l'éphémère,
Et l'Éternel pour tous ceux qui ont foi en sa bénédiction.
Nos récits trop souvent incompris
Non pas pour notre mauvaise diction.
Ceux dont les yeux n'ont vu de la vie que distraction
Diront que notre science est fiction,
Leur vision reste étroite comme le panorama d'un pénitent,
Aussi restreinte que la tolérance d'un extrême-droite militant.
La vérité reste la vérité, l'esclavage en Afrique a été cautionné par le Vatican,
Mais on reste pratiquants, délinquants
Et gens pieux se mêlent à nos rangs.
Issus d'un peuple averti
Prends le relais dans un monde où les pervertis
Oublient que l'air et l'eau plus que l'or sont précieux,
Croient avoir le contrôle de la Terre et des cieux,
Dans leur vanité,
Se prennent pour des divinités.
Ne voient-ils pas le nom de leur Seigneur calligraphié près de leurs lobes,
Juste de quoi méditer.
Refrain
Avertis,
Prends le relais dans un monde perverti.
7 réparti parmi les cieux, 3 pour l'homme
Soit la somme
Du corps, de l'esprit et de l'âme.
Avertisseurs, avertis
Prends le relais dans un monde où les pervertis
Oublient que l'air plus que l'or est précieux
Croient avoir le contrôle de la terre et des cieux.
(Booba)
J'suis pas né dans l'ghetto
J'suis né à l'hosto
Loin des stups et des idées stupides, putain c'que j'suis devenu
Un crève l'oseille et l'shit adoucit l'choc,
Grosse envie d'chèques, un parasite en chute libre sans parachute
Ca commence à faire long, depuis qu'on est tout petit j'm'enlise
Et maintenant j'pleure des larmes alcoolisées
On coule, mais y'a pas d'bouées pour les babouins,
C'est la crise, la lésion, la légion, dans ma région
Une grain d'café, un gars est croque, y nous en faut peu
Un C.A.P pour vendre la dope
Faut pas qu'la justice te foudroie
Fais ton chemin bien, qu'tu choisisses le mauvais ou l'droit
J'm'en fous moi, j'dis ça pour nous
Faut viser l'top avant l'fourneau ou l'fourgon
On en fait trop, dans n'importe quelle boîte on s'culbute,
Y'a plus qu'des putes, sont toutes quelconques et sucent n'importe quelle bite
J'avoue, sur les prières j'étais radin,
Faut qu'j'me rattrape et qu'j'défonce les portes du Paradis
Parc'qu'ici, les soucis sont fermes, y'a pas d'sursis
Les juges ont des cornes et le crime se vend en cornet.
Refrain
(Ali & Booba)
LUNATIC,
Avertisseurs
Tout comme mes prédécesseurs
J'porte le teint depuis la naissance et ce jusqu'au décès.
Jamais pressé,
Lâche un seul texte et laisse la population vexée.
Jalousie à l'excès,
Les langues de serpents se délient,
Ravale ton venin, nos destins
Tracés à c'qu'on dit
Dans chacune de nos paumes.
Ne pas quitter ce bas monde paumé,
Mais avec la foi c'est c'qu'on espère avoir tracé en fin d'ligne.
Pour le présent,
Nos psaumes récitées
Par nos mômes de cité à cité.
Ne vois-tu pas se succéder les signes
Des astres
Jusqu'à nos corps, mon bras, jambe, Jambe, bras, tête
Légués
Par le plus Grand.
De passage sur cette sphère
Planète Terre,
Sers les rangs
Frère.
Issu de graine africaine,
Errant à travers un décor d'illusion, Eden
Est la destination.
Reprends mes repères
Dans une vallée parsemée de rouge, de noir et de vert.
Refrain
Issu d'un peuple averti,
Prends le relais dans un monde perverti.
7 réparti parmi les cieux, 3 pour l'homme,
Soit la somme du corps, de l'esprit et de l'âme
La rue nous a été donnée pour domaine,
A chacun son langage propre, rares se comprennent.
Preuve de la malédiction descendue sur Babel
Chacun pour soi dans l'éphémère,
Et l'Éternel pour tous ceux qui ont foi en sa bénédiction.
Nos récits trop souvent incompris
Non pas pour notre mauvaise diction.
Ceux dont les yeux n'ont vu de la vie que distraction
Diront que notre science est fiction,
Leur vision reste étroite comme le panorama d'un pénitent,
Aussi restreinte que la tolérance d'un extrême-droite militant.
La vérité reste la vérité, l'esclavage en Afrique a été cautionné par le Vatican,
Mais on reste pratiquants, délinquants
Et gens pieux se mêlent à nos rangs.
Issus d'un peuple averti
Prends le relais dans un monde où les pervertis
Oublient que l'air et l'eau plus que l'or sont précieux,
Croient avoir le contrôle de la Terre et des cieux,
Dans leur vanité,
Se prennent pour des divinités.
Ne voient-ils pas le nom de leur Seigneur calligraphié près de leurs lobes,
Juste de quoi méditer.
Refrain
Avertis,
Prends le relais dans un monde perverti.
7 réparti parmi les cieux, 3 pour l'homme
Soit la somme
Du corps, de l'esprit et de l'âme.
Avertisseurs, avertis
Prends le relais dans un monde où les pervertis
Oublient que l'air plus que l'or est précieux
Croient avoir le contrôle de la terre et des cieux.
(Booba)
J'suis pas né dans l'ghetto
J'suis né à l'hosto
Loin des stups et des idées stupides, putain c'que j'suis devenu
Un crève l'oseille et l'shit adoucit l'choc,
Grosse envie d'chèques, un parasite en chute libre sans parachute
Ca commence à faire long, depuis qu'on est tout petit j'm'enlise
Et maintenant j'pleure des larmes alcoolisées
On coule, mais y'a pas d'bouées pour les babouins,
C'est la crise, la lésion, la légion, dans ma région
Une grain d'café, un gars est croque, y nous en faut peu
Un C.A.P pour vendre la dope
Faut pas qu'la justice te foudroie
Fais ton chemin bien, qu'tu choisisses le mauvais ou l'droit
J'm'en fous moi, j'dis ça pour nous
Faut viser l'top avant l'fourneau ou l'fourgon
On en fait trop, dans n'importe quelle boîte on s'culbute,
Y'a plus qu'des putes, sont toutes quelconques et sucent n'importe quelle bite
J'avoue, sur les prières j'étais radin,
Faut qu'j'me rattrape et qu'j'défonce les portes du Paradis
Parc'qu'ici, les soucis sont fermes, y'a pas d'sursis
Les juges ont des cornes et le crime se vend en cornet.
Refrain
(Ali & Booba)
LUNATIC,
Avertisseurs
Tout comme mes prédécesseurs
J'porte le teint depuis la naissance et ce jusqu'au décès.
Jamais pressé,
Lâche un seul texte et laisse la population vexée.
Jalousie à l'excès,
Les langues de serpents se délient,
Ravale ton venin, nos destins
Tracés à c'qu'on dit
Dans chacune de nos paumes.
Ne pas quitter ce bas monde paumé,
Mais avec la foi c'est c'qu'on espère avoir tracé en fin d'ligne.
Pour le présent,
Nos psaumes récitées
Par nos mômes de cité à cité.
Ne vois-tu pas se succéder les signes
Des astres
Jusqu'à nos corps, mon bras, jambe, Jambe, bras, tête
Légués
Par le plus Grand.
De passage sur cette sphère
Planète Terre,
Sers les rangs
Frère.
Issu de graine africaine,
Errant à travers un décor d'illusion, Eden
Est la destination.
Reprends mes repères
Dans une vallée parsemée de rouge, de noir et de vert.
Refrain
interviex 3éme oeil :
Salut... ! Bienvenus dans le Grand Nord...Alors, est-ce que le demain attendu hier s'est aujourd'hui réalisé ?
Boss One : Oui, parce qu'on a la chance de sortir un deuxième album. Oui aussi parce que le premier a bien marché. Il y a eu, dans l'ensemble, un bon accueil. Mais j'espère aussi que ce n'est que le début de demain !
Parmi tout ce que vous a apporté le succès de votre premier album, qu'avez vous préféré ?
(Jo Popo me montre sa bague en or en rigolant... )BO : Pour ma part, c'est la reconnaissance de certaines personnes, et de certaines personnes seulement. Je veux dire par là que j'apprécie qu'il n'y ait pas un gros tapage sur le Troisième ½il. Ca nous permet d'être sereins, de garder la tête froide, sans se prendre la tête. Et donc, ça, c'est un truc positif ; nous avons eu une reconnaissance d'un certains nombre de personnes seulement, mais des personnes les plus importantes à nos yeux, plutôt qu'une reconnaissance globale qui nous aurait fait perdre la tête.JP : Oui, moi, ce que j'ai le plus apprécié, c'est que ce succès ne soit pas médiatique, mais plutôt populaire. Tu ne nous entendras pas de partout, c'est vrai, mais pourtant les gens qui écoutent du rap français connaissent Troisième ½il.BO : Oui, après, ils aiment ou ils aiment pas, là n'est pas la question. Mais ils connaissent, et c'est bien.
Il y a trois ans, vous disiez «On s'fout complètement des maisons de disques !!» (The Truth, 1998), aujourd'hui, vous êtes signés en Major... Pourquoi avoir signé si vous ne tenez pas à médiatiser votre rap ? Que vous apporte Colombia ?
BO : A la base, on était en licence chez Côté Obscur et cette société a cessé toute activité ; on a donc été rachetés par Colombia. Et ce qu'il se passe, c'est que quand t'es dans un label et que ça se passe pas si bien que ça, ton souhait, ce n'est pas forcément de retourner dans un label affronter les mêmes choses. Un label, c'est limité. Et dés l'instant que t'es limité et que t'as des artistes qui vendent un certain nombre d'albums et qui ont besoin d'un certain confort de travail, ça coûte cher. Par exemple, faire mixer ton album par la personne dont tu as envie, ça a un prix que le label ne peut pas payer. Sinon, on n'est pas dans le système des maisons de disques. Tu vois, chez Colombia, on est à part de tout ce qui se fait : on a des gens qui ont été embauchés juste pour bosser sur le produit Troisième ½il, chose qui ne se fait pas en maison de disques. Y a des gens par exemple qui ont bossé au double H et qui ont bossé sur notre street promo, parce qu'ils savent comment bosser un groupe plus proche de la rue que du tapage commercial. Et on a aussi longtemps négocié pour avoir des garanties sur la production exécutive, sur tout ce qui est site Internet.. On veut conserver un droit d'image. Donc certes, tu vois aujourd'hui peut-être un tapage dans la rue, mais tu n'en verras pas non plus n'importe où, à la télé par exemple. Et, sauf si ça cartonne, tu ne verras pas non plus un gros tapage dans les radios nationales.JP : Mais c'est bien aussi pour ça qu'on est dans les Blacklists, ce qui n'est pas le cas de tous les artistes, puisque beaucoup miseront sur Skyrock uniquement. Nous, on pense que les gens en province ont besoin de... et puis, nous aussi, nous avons besoin de savoir comment les gens en province perçoivent l'album, et c'est pour ça qu'on est là.BO :Donc en résumé, on est dans une Major, mais on a des garanties pour gérer notre image derrière.
Pour résumer aussi, que Bouneau rentre vos morceaux sur Skyrock n'est pas une priorité pour vous ?
BO : C'est pas que ça soit pas une priorité, faut pas se leurrer aujourd'hui...mais ce n'est pas LA priorité. Mais à un moment donné, il ne faut pas se leurrer : des gens -dont les artistes- ont donné les pleins pouvoirs à Bouneau, et il se fait pas chier. Il fait ce qu'il veut. Donc aujourd'hui, un artiste signé en Major qui ne passe pas sur Skyrock, c'est difficile. Bouneau, et c'est malheureux, fait et défait des carrières. Il est dans cette optique là, alors même si nous, on lui dit « on ne veut pas passer chez toi », c'est ridicule. Tant que t'assumes ton produit, moi je considère que tu peux passer n'importe où. J'assume complètement à la fois notre image, et à la fois le contenu de mes textes. C 'est surtout un souci d'image avant toute chose. Du temps que tu restes toi-même, que tu assumes, que tu ne regardes pas les gens de haut, tu peux passer sur Skyrock.
Vu que t'assumes....on pourrait te voir aux côtés de Doc Gynéco chez Fogiel entrain de défendre ton « produit » ?
BO : Franchement, moi, je pourrais défendre mon produit partout....SAUF certaines émissions de télé. Parce que le problème, c'est que ce n'est pas du direct. A la limite, les émissions de vrai direct, je suis prêt à y aller, parce que bien sur, tu défends ton produit, tu sais de quoi tu parles.Maintenant, que ça soit Fogiel ou Ardisson, y aller peut donner une mauvaise image parce que le mec découpera l'émission., en insérant des moments drôles aux mauvais moments..etc. Il te fera passer pour un pitre dans l'histoire.
Avec votre Troisième ½il, que voyez-vous que nous ne voyions pas ?
JP : tout ce qu'il se passe un peu dans le monde et que les gens voient mais s'efforcent de ne pas voir.BO : Je pense qu'en tant que groupe avec un tel nom, on essaie de souligner que les gens ne mettent pas assez le doigt sur certaines choses. Le problème Afghan par exemple, c'est un problème qui existait déjà mais que personne n'a calculé.JP : Y a eu un déclic qui fait qu'on en parlé, et que malheureusement c'est arrivé au grand jour. Mais nous avons la chance d'en avoir aussi parlé avant...
On doit beaucoup aux Etats-Unis pour le hip-hop...pourtant, l'heure semble être à l'anti-américanisme, et peut-être encore plus pour les musulmans...vous n'avez pas envie de nier tout le hip-hop en bloc ?
BO : premièrement, moi ce que je nie dans l'américain déjà, ce sont des attitudes qui ne conviennent pas à la France. A un moment donné, il faut vivre en harmonie avec l'endroit dans lequel tu vis, et ne pas tout mélanger. Après, la musique et la religion sont deux choses différentes. Deuxièmement, bien sûr, ça vient de là-bas, donc automatiquement j'écouterai. Mais après, aller prendre des exemples qui ne sont pas forcément les bons, comme « je suis au coin de la rue, je viens d'en tuer un hier.. », je trouve ça complément bidon. Je sais que, parmi mes connaissances, il y a beaucoup de flancs comme ça. Moi, mon rôle, c'est de donner à réfléchir, parce que je pense qu'on est dans une situation dramatique au niveau des quartiers. Enfin, c'est une longue histoire, qui vient de plus haut.. mais à un moment donné, où est la logique quand tu es dans des villes et que tu défends des gens, alors que c'est eux qui foutent le bordel ? Par exemple, tu fais ton émission, tu interviewes des artistes locaux, et tu fais une soirée pour les lancer. Et puis ça va être le bordel. Donc je pense que ces attitudes là, qui sont américaines, on devrait les laisser là-bas. Le rap n'a pas besoin de cette image là. Vivons avec notre temps et notre lieu.
Au niveau des productions françaises récentes, tu as constaté aussi cet anti-américanisme ?
BO : non, parce que je ne pense pas que, jusqu'a aujourd'hui, il y ait un son typiquement français. Il y a toujours une référence qui fait que c'est un américain qui l'a fait avant ; Mais soit, il ne faut pas nier l'évidence : c'est eux qui ont les machines, les ingénieurs, les têtes. Le rap vit là-bas, ce qui n'est plus le cas en France : à un moment donné, et on en parle dans « Planéte Hip-Hop », le rap s'est mis à vraiment vivre en France, et une unité était là. On parlait de Mouvement au singulier. Mais aujourd'hui, tout s'est éparpillé.JP : Avant, c'était un cri pour se faire entendre...BO : ...et maintenant, c'est devenu chacun pour sa gueule. Et quand c'est chacun pour sa gueule, il faut penser à soi et à ses proches, mais c'est tout. Et même au niveau national, le rap a perdu de son ampleur...
Vous étiez à New York en septembre...Comment avez-vous vécu ces tragiques événements ?
JP : on était attristés pour les familles des victimes, parce qu'elles étaient innocentes et n'avaient rien à voir avec ça. MAIS il faut vraiment se dire que l'histoire est plus ancienne. Il y a eu pleins de pertes au Moyen Orient aussi... Tout est politique à ce niveau.BO : en vérité, le problème pourrait se régler si les gens concernés s'en donnaient la peine. Le problème de New York, à nos yeux, vient entièrement du problème Israël/Palestine. Dès l'instant que ce problème ne sera pas réglé, rien ne le sera. Comment tu peux venir au pouvoir comme Bush, et affirmer que tu ne veux pas entendre parler du conflit israélo-palestinien ??? Il a été ELU, et il ne veut pas en entendre parler !!! Donc cette histoire de New York me fait mal au c½ur. Mais aujourd'hui, je regardais la télé et je voyais de nouvelles victimes en Palestine, et ça me fait encore plus mal au c½ur...Mais je suis Humain avant d'être citoyen, avant de prendre politiquement parti.
Est-ce que vous votez ?
BO : tu sais, on a pris beaucoup de recul depuis quelques temps...On s'est mis à voter, et à faire d'autres choses qu'on ne faisait pas avant, parce qu'on s'est rendu compte que partout où on allait, il y avait une force vive qui se battait, mais qu'elle était trop minime. Donc à un moment donné, c'était important qu'on vote. En plus, tu ne peux pas donner un message aux gens, et faire le contraire. On se doit d'être cohérents. Et puis ceux qui déconseillent les gens de voter ont tout faux, parce que nos parents ont morflé pour qu'on ait le droit de voter. Avant, obtenir une carte de vote était un jour de fête, il faut s'en souvenir...On peut être frappés par le très grand nombre de réalisateurs sur ce nouvel album ...pourquoi autant ? Comment avez-vous évincer le risque d'éparpillement ?JP : A la base, notre unité n'a jamais été la musique : ce qui nous unit avant tout, ce sont les textes. Et ce qui fera la force de ce nouvel opus du Troisième ½il, c'est si les gens se retrouveront dans nos propos. Musicalement, c'est vrai que par rapport au premier album, nous avons élargi nos choix de réalisateurs. Mais on a aussi repris les mêmes compositeurs, les gens avec qui on a toujours aimé bossé. Par exemple, tu retrouves une prod avec Joe Di Marco (Ndlehh : ancien guitariste des Fugees et remixeur pour Faudel et Ménélik), c'est une prod pour moi qui colle avec Troisième ½il. De même, la prod de Pone colle avec nous. Donc avoir DJ Bomb et DJ Ralph, c'était une bonne chose, mais on a voulu élargir la palette et expérimenter, pour voir ce que nos affinités pouvaient apporter au Troisième ½il.
Qu'aimeriez-vous que le public retienne de votre album ?
JP : Moi j'aimerais qu'il retienne qu'il a été fait avec le c½ur. Le titre n'est pas là par hasard. Nous sommes un groupe qui, même dans la vie hors musique, essayons de tout faire avec le c½ur. Et cet album, on a mis le temps qu'il a fallu, et tout le c½ur qu'on a pu.
Dans « Planet Hip-Hop », un des 18 titres, on a l'impression d'un « on fait le bilaaaan, calmement » de votre parcours, avec des phrases comme « j'ai en mémoire des moments intenses »... Déjà nostalgiques ? Quels sont précisément ces moments intenses ?
JP : Y en a beaucoup. Pour moi, un en particulier, c'est celui où j'ai joué pour la première fois dans un zénith, en première partie d'IAM. Alors certes, ce n'était qu'une première partie, mais c'était très impressionnant, et chargé d'émotions.BO : moi je retiendrais plutôt le fait de voir un groupe comme la FF avancer...et de nous voir avancer en même temps, tout en nous rappelant d'où on est tous partis. Et ça, je pense que ça crée des liens supplémentaires. Et c'est une belle preuve que tout peut arriver si on le veut vraiment.
Vous voulez marquer l'époque, comme Bernard Tapis, Gad Elmaleh ou PPDA . Pourquoi ces références ? Qu'est ce qui vous attire chez ces trois personnes ?
JP : rien. Ce n'est pas qu'ils nous attirent, qu'on les admire. C'est juste que pour moi, ils ont marqué ma jeunesse. Plus tard, quand on te demandera qui présentait le 13heures, tu répondras PPDA. Et puis Tapis pour ce qu'il a fait pour Marseille, et Gad, parce qu'il m'a marqué. Marquer, c'est à long terme.BO : ces trois noms sont plus des symboles que trois noms en fait. C'est juste des noms que tout le monde connaît.
Terminons avec un sujet plus léger, une expression que l'on retrouve dans votre album : « Rap Story » ...Si vous dirigiez le casting de Rap Story, et qu'il faille 8 candidats, qui auriez-vous sélectionné ?
BO, les yeux pétillants de perversité : moi je mettrais un peu de marseillais et un peu de parisiens... !JP : on va t'en donner un chacun. Moi je commence à Paris héhé : je verrais bien Stomy..BO ; Def Bond pour Marseille !JP : pour continuer à Marseille, je pense que Booga pourrait jouer un pur rôle.BO : Solaaaaar !JP : Akhénaton tiensBO: eh bien Joey Starr :)JP : il faudrait un DJ pour les soirées...donc Khéops !BO : et puis Cut Killer pour les battles avec Khéops, et Abdel aussi allez !
Pas de Troisième ½il... ?
BO : ah non, nous, on serait le présentateur et le directeur, et on noterait tout ça !! :) Je te ferais un rapport tous les jours sur leurs comportements.
Pour revenir à la réalité.. de telles émissions, que ce soient Popstars, Loft Story ou Star Académy, ça vous fait rire ou pleurer ?
BO : ça fait pitié mais ça fait rire. Pitié parce que tu te rends compte qu'il y a une force de vente hallucinante. C'est un truc de maison de disques et de télés. Pitié aussi, parce qu'à mon sens, ces gens-là sont les futurs toxicos de demain. D'un coup, ils vont se retrouver dans des endroits où ils ne vont rien comprendre, et ils vont péter les plombs.JP : ce qui me fait rire, c'est quand je les vois faire de la promo, devant 1500 minots, et ils flippent comme des fous, ils cherchent la sécu pour se rassurer : hey les mecs, pourquoi vous flippez, vous ne faites pas une musique de sauvageons hein ! C'est pas une petite de 5 ans qui va te casser la gueule...
Boss One : Oui, parce qu'on a la chance de sortir un deuxième album. Oui aussi parce que le premier a bien marché. Il y a eu, dans l'ensemble, un bon accueil. Mais j'espère aussi que ce n'est que le début de demain !
Parmi tout ce que vous a apporté le succès de votre premier album, qu'avez vous préféré ?
(Jo Popo me montre sa bague en or en rigolant... )BO : Pour ma part, c'est la reconnaissance de certaines personnes, et de certaines personnes seulement. Je veux dire par là que j'apprécie qu'il n'y ait pas un gros tapage sur le Troisième ½il. Ca nous permet d'être sereins, de garder la tête froide, sans se prendre la tête. Et donc, ça, c'est un truc positif ; nous avons eu une reconnaissance d'un certains nombre de personnes seulement, mais des personnes les plus importantes à nos yeux, plutôt qu'une reconnaissance globale qui nous aurait fait perdre la tête.JP : Oui, moi, ce que j'ai le plus apprécié, c'est que ce succès ne soit pas médiatique, mais plutôt populaire. Tu ne nous entendras pas de partout, c'est vrai, mais pourtant les gens qui écoutent du rap français connaissent Troisième ½il.BO : Oui, après, ils aiment ou ils aiment pas, là n'est pas la question. Mais ils connaissent, et c'est bien.
Il y a trois ans, vous disiez «On s'fout complètement des maisons de disques !!» (The Truth, 1998), aujourd'hui, vous êtes signés en Major... Pourquoi avoir signé si vous ne tenez pas à médiatiser votre rap ? Que vous apporte Colombia ?
BO : A la base, on était en licence chez Côté Obscur et cette société a cessé toute activité ; on a donc été rachetés par Colombia. Et ce qu'il se passe, c'est que quand t'es dans un label et que ça se passe pas si bien que ça, ton souhait, ce n'est pas forcément de retourner dans un label affronter les mêmes choses. Un label, c'est limité. Et dés l'instant que t'es limité et que t'as des artistes qui vendent un certain nombre d'albums et qui ont besoin d'un certain confort de travail, ça coûte cher. Par exemple, faire mixer ton album par la personne dont tu as envie, ça a un prix que le label ne peut pas payer. Sinon, on n'est pas dans le système des maisons de disques. Tu vois, chez Colombia, on est à part de tout ce qui se fait : on a des gens qui ont été embauchés juste pour bosser sur le produit Troisième ½il, chose qui ne se fait pas en maison de disques. Y a des gens par exemple qui ont bossé au double H et qui ont bossé sur notre street promo, parce qu'ils savent comment bosser un groupe plus proche de la rue que du tapage commercial. Et on a aussi longtemps négocié pour avoir des garanties sur la production exécutive, sur tout ce qui est site Internet.. On veut conserver un droit d'image. Donc certes, tu vois aujourd'hui peut-être un tapage dans la rue, mais tu n'en verras pas non plus n'importe où, à la télé par exemple. Et, sauf si ça cartonne, tu ne verras pas non plus un gros tapage dans les radios nationales.JP : Mais c'est bien aussi pour ça qu'on est dans les Blacklists, ce qui n'est pas le cas de tous les artistes, puisque beaucoup miseront sur Skyrock uniquement. Nous, on pense que les gens en province ont besoin de... et puis, nous aussi, nous avons besoin de savoir comment les gens en province perçoivent l'album, et c'est pour ça qu'on est là.BO :Donc en résumé, on est dans une Major, mais on a des garanties pour gérer notre image derrière.
Pour résumer aussi, que Bouneau rentre vos morceaux sur Skyrock n'est pas une priorité pour vous ?
BO : C'est pas que ça soit pas une priorité, faut pas se leurrer aujourd'hui...mais ce n'est pas LA priorité. Mais à un moment donné, il ne faut pas se leurrer : des gens -dont les artistes- ont donné les pleins pouvoirs à Bouneau, et il se fait pas chier. Il fait ce qu'il veut. Donc aujourd'hui, un artiste signé en Major qui ne passe pas sur Skyrock, c'est difficile. Bouneau, et c'est malheureux, fait et défait des carrières. Il est dans cette optique là, alors même si nous, on lui dit « on ne veut pas passer chez toi », c'est ridicule. Tant que t'assumes ton produit, moi je considère que tu peux passer n'importe où. J'assume complètement à la fois notre image, et à la fois le contenu de mes textes. C 'est surtout un souci d'image avant toute chose. Du temps que tu restes toi-même, que tu assumes, que tu ne regardes pas les gens de haut, tu peux passer sur Skyrock.
Vu que t'assumes....on pourrait te voir aux côtés de Doc Gynéco chez Fogiel entrain de défendre ton « produit » ?
BO : Franchement, moi, je pourrais défendre mon produit partout....SAUF certaines émissions de télé. Parce que le problème, c'est que ce n'est pas du direct. A la limite, les émissions de vrai direct, je suis prêt à y aller, parce que bien sur, tu défends ton produit, tu sais de quoi tu parles.Maintenant, que ça soit Fogiel ou Ardisson, y aller peut donner une mauvaise image parce que le mec découpera l'émission., en insérant des moments drôles aux mauvais moments..etc. Il te fera passer pour un pitre dans l'histoire.
Avec votre Troisième ½il, que voyez-vous que nous ne voyions pas ?
JP : tout ce qu'il se passe un peu dans le monde et que les gens voient mais s'efforcent de ne pas voir.BO : Je pense qu'en tant que groupe avec un tel nom, on essaie de souligner que les gens ne mettent pas assez le doigt sur certaines choses. Le problème Afghan par exemple, c'est un problème qui existait déjà mais que personne n'a calculé.JP : Y a eu un déclic qui fait qu'on en parlé, et que malheureusement c'est arrivé au grand jour. Mais nous avons la chance d'en avoir aussi parlé avant...
On doit beaucoup aux Etats-Unis pour le hip-hop...pourtant, l'heure semble être à l'anti-américanisme, et peut-être encore plus pour les musulmans...vous n'avez pas envie de nier tout le hip-hop en bloc ?
BO : premièrement, moi ce que je nie dans l'américain déjà, ce sont des attitudes qui ne conviennent pas à la France. A un moment donné, il faut vivre en harmonie avec l'endroit dans lequel tu vis, et ne pas tout mélanger. Après, la musique et la religion sont deux choses différentes. Deuxièmement, bien sûr, ça vient de là-bas, donc automatiquement j'écouterai. Mais après, aller prendre des exemples qui ne sont pas forcément les bons, comme « je suis au coin de la rue, je viens d'en tuer un hier.. », je trouve ça complément bidon. Je sais que, parmi mes connaissances, il y a beaucoup de flancs comme ça. Moi, mon rôle, c'est de donner à réfléchir, parce que je pense qu'on est dans une situation dramatique au niveau des quartiers. Enfin, c'est une longue histoire, qui vient de plus haut.. mais à un moment donné, où est la logique quand tu es dans des villes et que tu défends des gens, alors que c'est eux qui foutent le bordel ? Par exemple, tu fais ton émission, tu interviewes des artistes locaux, et tu fais une soirée pour les lancer. Et puis ça va être le bordel. Donc je pense que ces attitudes là, qui sont américaines, on devrait les laisser là-bas. Le rap n'a pas besoin de cette image là. Vivons avec notre temps et notre lieu.
Au niveau des productions françaises récentes, tu as constaté aussi cet anti-américanisme ?
BO : non, parce que je ne pense pas que, jusqu'a aujourd'hui, il y ait un son typiquement français. Il y a toujours une référence qui fait que c'est un américain qui l'a fait avant ; Mais soit, il ne faut pas nier l'évidence : c'est eux qui ont les machines, les ingénieurs, les têtes. Le rap vit là-bas, ce qui n'est plus le cas en France : à un moment donné, et on en parle dans « Planéte Hip-Hop », le rap s'est mis à vraiment vivre en France, et une unité était là. On parlait de Mouvement au singulier. Mais aujourd'hui, tout s'est éparpillé.JP : Avant, c'était un cri pour se faire entendre...BO : ...et maintenant, c'est devenu chacun pour sa gueule. Et quand c'est chacun pour sa gueule, il faut penser à soi et à ses proches, mais c'est tout. Et même au niveau national, le rap a perdu de son ampleur...
Vous étiez à New York en septembre...Comment avez-vous vécu ces tragiques événements ?
JP : on était attristés pour les familles des victimes, parce qu'elles étaient innocentes et n'avaient rien à voir avec ça. MAIS il faut vraiment se dire que l'histoire est plus ancienne. Il y a eu pleins de pertes au Moyen Orient aussi... Tout est politique à ce niveau.BO : en vérité, le problème pourrait se régler si les gens concernés s'en donnaient la peine. Le problème de New York, à nos yeux, vient entièrement du problème Israël/Palestine. Dès l'instant que ce problème ne sera pas réglé, rien ne le sera. Comment tu peux venir au pouvoir comme Bush, et affirmer que tu ne veux pas entendre parler du conflit israélo-palestinien ??? Il a été ELU, et il ne veut pas en entendre parler !!! Donc cette histoire de New York me fait mal au c½ur. Mais aujourd'hui, je regardais la télé et je voyais de nouvelles victimes en Palestine, et ça me fait encore plus mal au c½ur...Mais je suis Humain avant d'être citoyen, avant de prendre politiquement parti.
Est-ce que vous votez ?
BO : tu sais, on a pris beaucoup de recul depuis quelques temps...On s'est mis à voter, et à faire d'autres choses qu'on ne faisait pas avant, parce qu'on s'est rendu compte que partout où on allait, il y avait une force vive qui se battait, mais qu'elle était trop minime. Donc à un moment donné, c'était important qu'on vote. En plus, tu ne peux pas donner un message aux gens, et faire le contraire. On se doit d'être cohérents. Et puis ceux qui déconseillent les gens de voter ont tout faux, parce que nos parents ont morflé pour qu'on ait le droit de voter. Avant, obtenir une carte de vote était un jour de fête, il faut s'en souvenir...On peut être frappés par le très grand nombre de réalisateurs sur ce nouvel album ...pourquoi autant ? Comment avez-vous évincer le risque d'éparpillement ?JP : A la base, notre unité n'a jamais été la musique : ce qui nous unit avant tout, ce sont les textes. Et ce qui fera la force de ce nouvel opus du Troisième ½il, c'est si les gens se retrouveront dans nos propos. Musicalement, c'est vrai que par rapport au premier album, nous avons élargi nos choix de réalisateurs. Mais on a aussi repris les mêmes compositeurs, les gens avec qui on a toujours aimé bossé. Par exemple, tu retrouves une prod avec Joe Di Marco (Ndlehh : ancien guitariste des Fugees et remixeur pour Faudel et Ménélik), c'est une prod pour moi qui colle avec Troisième ½il. De même, la prod de Pone colle avec nous. Donc avoir DJ Bomb et DJ Ralph, c'était une bonne chose, mais on a voulu élargir la palette et expérimenter, pour voir ce que nos affinités pouvaient apporter au Troisième ½il.
Qu'aimeriez-vous que le public retienne de votre album ?
JP : Moi j'aimerais qu'il retienne qu'il a été fait avec le c½ur. Le titre n'est pas là par hasard. Nous sommes un groupe qui, même dans la vie hors musique, essayons de tout faire avec le c½ur. Et cet album, on a mis le temps qu'il a fallu, et tout le c½ur qu'on a pu.
Dans « Planet Hip-Hop », un des 18 titres, on a l'impression d'un « on fait le bilaaaan, calmement » de votre parcours, avec des phrases comme « j'ai en mémoire des moments intenses »... Déjà nostalgiques ? Quels sont précisément ces moments intenses ?
JP : Y en a beaucoup. Pour moi, un en particulier, c'est celui où j'ai joué pour la première fois dans un zénith, en première partie d'IAM. Alors certes, ce n'était qu'une première partie, mais c'était très impressionnant, et chargé d'émotions.BO : moi je retiendrais plutôt le fait de voir un groupe comme la FF avancer...et de nous voir avancer en même temps, tout en nous rappelant d'où on est tous partis. Et ça, je pense que ça crée des liens supplémentaires. Et c'est une belle preuve que tout peut arriver si on le veut vraiment.
Vous voulez marquer l'époque, comme Bernard Tapis, Gad Elmaleh ou PPDA . Pourquoi ces références ? Qu'est ce qui vous attire chez ces trois personnes ?
JP : rien. Ce n'est pas qu'ils nous attirent, qu'on les admire. C'est juste que pour moi, ils ont marqué ma jeunesse. Plus tard, quand on te demandera qui présentait le 13heures, tu répondras PPDA. Et puis Tapis pour ce qu'il a fait pour Marseille, et Gad, parce qu'il m'a marqué. Marquer, c'est à long terme.BO : ces trois noms sont plus des symboles que trois noms en fait. C'est juste des noms que tout le monde connaît.
Terminons avec un sujet plus léger, une expression que l'on retrouve dans votre album : « Rap Story » ...Si vous dirigiez le casting de Rap Story, et qu'il faille 8 candidats, qui auriez-vous sélectionné ?
BO, les yeux pétillants de perversité : moi je mettrais un peu de marseillais et un peu de parisiens... !JP : on va t'en donner un chacun. Moi je commence à Paris héhé : je verrais bien Stomy..BO ; Def Bond pour Marseille !JP : pour continuer à Marseille, je pense que Booga pourrait jouer un pur rôle.BO : Solaaaaar !JP : Akhénaton tiensBO: eh bien Joey Starr :)JP : il faudrait un DJ pour les soirées...donc Khéops !BO : et puis Cut Killer pour les battles avec Khéops, et Abdel aussi allez !
Pas de Troisième ½il... ?
BO : ah non, nous, on serait le présentateur et le directeur, et on noterait tout ça !! :) Je te ferais un rapport tous les jours sur leurs comportements.
Pour revenir à la réalité.. de telles émissions, que ce soient Popstars, Loft Story ou Star Académy, ça vous fait rire ou pleurer ?
BO : ça fait pitié mais ça fait rire. Pitié parce que tu te rends compte qu'il y a une force de vente hallucinante. C'est un truc de maison de disques et de télés. Pitié aussi, parce qu'à mon sens, ces gens-là sont les futurs toxicos de demain. D'un coup, ils vont se retrouver dans des endroits où ils ne vont rien comprendre, et ils vont péter les plombs.JP : ce qui me fait rire, c'est quand je les vois faire de la promo, devant 1500 minots, et ils flippent comme des fous, ils cherchent la sécu pour se rassurer : hey les mecs, pourquoi vous flippez, vous ne faites pas une musique de sauvageons hein ! C'est pas une petite de 5 ans qui va te casser la gueule...