Enigmatik

Enigmatik
C'est en 1997, suite à un atelier rap dans un centre de loisirs du quartier de la Goutte d'Or dans le 18ème à Paris, que Salima, Aïcha et Faty (alors âgées de 14, 12 et 11 ans) se retrouvent pour écrire leurs premiers textes.

Très vite, le rap passe du statut de simple passe-temps à celui de passion. Ainsi, en 1999, elles font leur première apparition sur le mini-album du collectif Perle Noire (dont elles sont membres) intitulé «Enfants de la Goutte d'Or ».

Depuis, c'est sous leur nom de groupe, Enigmatik, qu'elles enchaînent maxis CD et vinyls : « Entre 2 Feux » (2000), « Là où on crèche » (2002), « Ce que nous sommes » (2003) avec à chaque fois des featurings prestigieux (Scred Connexion, Diam's, Saïan Supa Crew, Driver, L'Skadrille...)

Grâce notamment à plusieurs articles parus dans la presse et à de nombreux concerts donnés aux quatre coins de la France, elles arrivent petit à petit à se faire un nom aux yeux du public. Aux premiers abords, il semble stupéfait, mais très vite, il adhère à leur concept et à leur spécificité première : Enigmatik est en effet un des très rares groupes de rap féminin français...

Pourtant, fin 2003, le trio est en proie à une remise en question : les filles continuent de taquiner les rimes mais se font discrètes en gardant une certaine distance avec le microcosme du rap français qui ne leur ressemble guère.
Malgré ça, deux ans de pause n'altèrent en rien l'envie aux filles de remonter sur scène ensemble. Fin 2005, elles reprennent les chemins du studio et maquettent avec acharnement pendant plusieurs mois.
Eté 2006, elles livrent leur premier-nouveau titre « De battre la musique s'est arrêtée », toujours sur vinyl comme pour affirmer leur respect et leur soutien à la base.

Aujourd'hui, Salima, Aïcha et Faty (âgées de 24, 22 et 21 ans) reviennent avec une nouvelle équipe de producteurs-compositeurs mais toujours au sein du label UGOP.

Au travers de leurs titres, elles se veulent porteuses d'un nouveau souffle musical, en alliant habilement féminité et franchise dans le monde masculin qu'est le Hip-Hop. Elles dénoncent ce qu'elles appellent les « artistes éphémères », en abordant des thèmes variés et personnels, s'inspirant de leur vécu ou de ce qu'elles voient au quotidien.

Avril 2007, après presque 10 ans de rap dans les jambes, elles s'apprêtent à sortir leur premier Street-Album, « Un Nouveau Souffle».

# Posté le jeudi 17 mai 2007 08:05

Modifié le dimanche 03 juin 2007 13:19

Bakar

Bakar
Bakar, jeune chartrain de 25 ans, nouvelle signature du label Kilomaitre (Mission Suicide, Tandem, 2Bal 2Neg) est un lyriciste, une plume puissante au service du fond et de la forme.

Ses paroles, ponctuées d'images fortes et de métaphores poétiques retranscrivent son expérience de la vie dans les quartiers aux alentours de Chartres.

Bakar commence le rap à l'âge de 14 ans sous le nom de « Dely » et ce jusqu'en 1999, date de la perte de son ami d'enfance Aboubakar. Il décide alors de changer de nom de scène et troque Dely pour Bakar en hommage à son frère parti trop vite.

C'est au début 2000 que la rencontre se fait avec la team Kilomaitre, grâce au maxi « On Fout Le Bordel », issue de la compilation « Mission Suicide », vendue à 50 000 exemplaires. Dans la foulée, il enregistre son premier maxi avec son comparse Tonio Banderas : « Souffle de Vie ». Dès lors tout s'enchaîne très vite, signature chez Kilomaitre, plusieurs featurings : Tandem, Sniper, Sinik, Chiens de Paille.

Il vous présente aujourd'hui son premier maxi solo « Mon CV » qui retrace son parcours dans le rap depuis ses début. Cette petite bomba artisanale produite par Jo le Balafré, annonce le street album intitulé « Pour les Quartiers », dont la sortie est prévue le 11 octobre 2005.

Sur de ses capacités, Bakar promet de surprendre en 2006 à l'occasion de la sortie de son 1er opus.

Classik:

Le rap a évolué, changé de face où chaque époque à ses classiques ,
Old school new school, peu importe ; l'important c'est le respect de la musique

Aéroport de Bogotta paré au top avec Boudj, Kilomaitre, Hematome , Mad musique. C'est la bak mafia
Ca fait plaisir de kicker sur ce classique, une spéciale pour mes couses caceded à oxpuch
Et bouge, si t'as pas la dalle derrière, ça pousse
C'est pour mes s½urs en foulard et les ambiances au youyou
Un couplet crade sorti de la veca
T'inquète pas, j'ai peut-être des ptits bras, mais j'ai la tatepa
Fuck les maisons de skeud et leur magie du tiroire
C'est le arbouch de treschar qui marche dans l'anonymat
Trucs de fou, trucs de dingue, trucs de félés, trucs de malades
Fuck Le Pen, fuck Sarko, on est tous corda, c'est pour ma smala
Et nos rouyas qui marchent droit depuis le 11, on pointe du doigt les bubars en chichiya
Vert, jaune, rouge, tu connais le drapeau ; je caceded les gethos youth un gros iodht à l'état voyou
25 berges, humble et loyal, ya trop de batards pour un peu de dollars, y'a trop de poignards
J'emmerde Le Pen Jean-Marie et sa pétasse de Marine quand ce fils de putain crèvera
On aura le sourire, les élus brassent plus de barres que les dealers michtonneuses en van deuth
Les types veulent percer à la willtord ; la darome s'inquiète, grand frère décroche une signature
Les parents savent pas que petit frère casse des voitures,
C'est pour les types une spéciale au sale môme
Y'a pas besoin de fumer un cône pour voir que le monde est stone
Une spéciale pour mes accolytes tous fanas de montana tony
Mes débuts dans une veca avec une bougie
Pas besoin de fumer pour trouver l'inspi et frelo j ' suis naturel, je carbure à l'air pur
L'illicite ne va pas avec la ièrepri mais si tu veux goûter je te roule un splif de mesure

Les bifs changent de main fait leur passer le mot
On n'hésite pas à se salir pour alimenter le frigo
C'est la dèche, on attend le jour de paie, le drapeau blanc pour symbole de paix
Je véhicule un tas de tristesse dans le couplet
J'y mets de la finesse y'a des gosses qui peuvent écouter
Certains dans la luxure ont le regard noyé
Regardez bien ce qu'est la souffrance, vous la voyez
D'un côté, y a ceux qui m'aiment, je m'accroche pour eux
De l'autre, y'a les haineux et les jaloux qui me zyeutent
Mon blaze résonne ; ma plume coule autant que le sang
Chaque faiblesse enferme ses raisons fait un tour en banlieue
Y'a trop de c½urs qui saignent
Pour ma part c'est les rimes que je préfère viserre
Aucun talent pour finir sur les bancs de fac
Le crime est un piège ; nombreux ont mordu l'appat

Imagine une prunelle dans la face à Le Pen
Fils de putain mérite qu'on l'enterre
Imagine en Thaïlande où les gosses qui tapinent
Si ils légalisent le bedo, ça vendra la cocaïne
Imagine, Bakar disque d'or
T'imagine l'Algérie qualifiée en coupe du monde
Imagine tous ces mômes qui meurent de famine
30 ans l'espérance de vie au Brésil
Je suis venu tocker à leur porte ; ils m'ont demandé c'est qui
Je leur ai dit c'est reloto des blocs faut de tout pour faire un monde
Passe une prod je te la découpe, je lui casse ces cotes
En mode guerrier comme sur les sentiers de Beyrouth
Bakar c'est le gars ; blida j'avance à petits pas ; dégage
C'est pour la millaf rbaya au village
C'est pour les bonhommes et les ptites canailles
C'est pour ceux au placard ; surtout garder le panache
C'est pour les frères qu'ont la foi ; c'est pour les ptits Zidane
C'est pour ceux qui ont le plastique pour éviter le sida
C'est pour les futurs fidèles et les futurs Imames
Est-ce vraiment de la tristesse que tu me lis au fond de mon regard dis-moi

J'ai pour nos morts quelques rimes à dédier
En quelques mots c'est un hommage à tous les quartiers
Les armes apportent que dalle à part la mort
Si tout le monde lève le poing, c'est qu'on est tous d'accord
Sachez que jouer du flingue n'est pas un jeu
Messieurs les députés venaient faire un tour en banlieue
Combien de bavures commises sur un bronzé
Combien de frères tabassés et combien d'étouffés
Combien de mères en pleurs, combien de frères en taule
Combien de familles nombreuses dans une petite piaule
J'ai mal,et ça se ressent dans mes écrits
Toute ma gera est contenue dans tous mes titres
Le temps défile assis pénard sur un banc
Mais bon, en attendant mon encre coule autant que le sang
Une spéciale pour mes rent-pa qu'ont tant trimé
Je n'oublie pas d'où je viens, même si j'ai signé

C'est pour ma famille, ma kiloteam
Et ceux qui me suivent, que dieu me préserve du mauvais ½il amin

La vie d'en bas n'est pas tous les jours facile
Y'a les proches qui partent et les problèmes de famille
Ibrahima, Karim, Cathy, Aboubakar, Jerome ; on n'oublie pas tout ceux qui sont partis
Quelques rimes versées à des amis que j'aimais, je me rappelle de ces fous rires qu'on a partagés
Le temps passe et je continue de vous aimer ; votre présence nous manque si vous saviez

Ok c'est Bakar ; tu reconnais l'intonation du bonhomme
Une paire de Nike, un Levi's ; j sui pas un zoulu de New-York
Samourai sur la prod avec un flo coupe coupe
Sur le chemin de la gloire te fais pas de carotte tes couilles
J'excelle dans ce que je sais d'mieux faire kicker
Je passe des heures à gratter ; mes erreurs m'ont écorché
Je prends la vie comme elle vient ; peu importe le décor
Y'a que pour dieu qu' je pose les genous au sol ; on est d'accord

Hardcore comme la bombe Hiroshima en 45
Quand t'apprends que ta gamine, à 14 piges, est enceinte
Hardcore tous ces batards de politicien mafieux
Ce putain de taf d'usine qu'a esquinté la santé de nos vieux
Hardcore lorsqu'un ami donne ton blaze en garde à vue
Ce fils de pute tire un trait sur l'époque du cartable
Hardcore lorsqu'on te braque ton darron pour le dépouiller
Parce qu'il a pas voulu te signer t'es parti le douiller
Hardcore comme ta première branlette en cachette
Comme Ntm à l'époque de j'appuie sur la gâchette
Hardcore comme un mollard sur le drapeau français
Hardcore comme cette dope qui circule en sachet
Hardcore comme ces prêtres qui violent des mômes à l'église
Hardcore toutes ces bouches qui parlent mal des muslim
Hardcore comme un beat lourd de mad musik
Comme voir des gosses qu'ont la quinzaine porter un fusil
Hardcore alcaïda gagne aux échecs contre New-York
Harcore comme l'autre connard qui rate Chirac en pleine tête
Hardcore quand un poulet se fait rôtir en banlieue
Hardcore car j'ai le son qui met la pression mon vieux
Y'a ma voix dans les enceintes
Y'a le chetane qui t'entraîne dans la descente
Y'a ceux qui cherchent un peu d'amour avec des billets
Y'a ceux qu'ont pas été décorés, faut pas les oublier
Y'a mon blaze qui tourne y'a ceux qu'on le zen poudré
Y'a les bouffonnes qu'ont rien à branler, à part jouer les poupées
A la peinture y'a mon blaze gravé à la tienne ; on se boit un verre au café
A la santé de ta liberté
Y'a la France qui a une dette envers l'Afrique tu sais
Y'a des choses à en pas faire y'a les types à ne pas inciter
Y'a l'album dans le four y a la tape le 11 octobre hors de question de lâcher
T'inquiète, je me cramponne, je voudrais remercier
Kilomaitre et Boudj, Hematome explosif et Mad musik
Marre des fausses équipes des sans flot qui rappent mal
Moi je reste classik, bakar car c'est la loi du point final



Bakar taxi 4 :


Bakar a été emballé par le projet Taxi 4. Il dit tout à Skyrock.com sur ses projets, sa participation au film et le cinéma !!

Skyrock.com : Bonjour Bakar. Bienvenue sur Skyrock.com.
Bakar : Salut. Ça fait plaisir d'être là.

Skyrock.com : Tu es là pour parler de ton titre qui est sur la B.O de Taxi 4, dans les bacs le 12 février. Comment es-tu arrivé sur le projet ?
Bakar : Ce sont mes producteurs qui sont à l'origine. En fonction de ça, ça s'est fait naturellement, ils m'ont fait écouter un son, j'avais déjà écrit un truc sur un autre son, après, j'ai accordé mon couplet au nouveau son. J'ai fait le morceau Etre un homme, qui est sur la B.O de Taxi.

Skyrock.com : Est-ce que tu peux nous parler de ce titre ?
Bakar : En fait, ça n'a rien à voir avec le film, c'est un titre conscient. C'est ma définition de comment être un homme, il y a Taïro au refrain.

Skyrock.com : Comment Taïro est arrivé dessus ?
Bakar : Taïro est aussi signé chez Kilomaître, il a participé à mon album sur un morceau qui s'appelle Conscience d'Arabe. On travaille un peu en équipe, j'aime bien son style de voix, il est venu et a posé, ça s'est fait naturellement.

Skyrock.com : Est-ce que tu sais quand ton morceau apparait ?
Bakar : Pas du tout ! Je ne sais pas ce qu'ils vont en faire ! On verra.

Skyrock.com : C'est la 4ème B.O et film. Tu as dû voir les précédents. Ça t'évoque quoi Taxi ?
Bakar : Pour un film français c'est bien. On n'a pas à envier tout le temps les américains parce qu'on fait des bons trucs. C'est vraiment le premier que j'ai aimé, après, quand la voiture a commencé à voler dans les airs c'était trop. Je n'ai pas vu le dernier, j'attends celui-là. Apparemment ils sont revenus dans le délire du début, sur Marseille. Je pense que ça va être un bon truc.

Skyrock.com : As-tu des projets au-delà de la B.O ?
Bakar : Je suis sur mon album, à l'heure où je vous parle il reste quelques trucs à peaufiner, il s'appelle Rose du béton. On devait le sortir le 26 février à la base, mais on l'a repoussé, ça m'a laissé le temps d'écrire de nouveaux morceaux. On a balancé un premier morceau, Les gens comme eux, et le temps que le morceau prenne, on aurait été justes par rapport à la promo. Je reviens d'une tournée avec Sinik...La sortie sera courant avril, on n'a pas encore de date précise. Ça va être un album de 18 titres, il y a Kery James dessus, Mélissa, qui fait des ch½urs, Taïro et j'ai fait un remix All stars des Gens comme eux avec Médine, Sinik et normalement Lino.


Pour Les Quartiers :


Après Tandem, Kilomaitre Production s'occupe une nouvelle fois d'un nouveau phénomène. Cette fois-ci il s'agit de Bakar pour son premier Street Album intitulé "Pour Les Quartiers". A 25 ans, Bakar, qui débarque de la ville de Chartre, est encore méconnu du grand public et pourtant, cela fait déjà 8 ans qu'il est dans le circuit ; vous avez déjà pu l'entendre il y a quelques années de cela sur des projets qui ont eu un certain succès comme "Fat Taf", "Mission Suicide" ou encore "Sachons Dire Non 2" avec l'excellent morceau « Niquer le Système » que l'on peut retrouver en collaboration avec Eben, Tandem et Sniper.

Le premier extrait 'Classik' (en écoute sur le site) a fait l'effet d'une petite bombe et a accentué sa notoriété. Dans ce morceau, il rend hommage au rap francais en rappant sur des instrus classiques de morceaux d'Ideal J, Oxmo Puccino, Lunatic, Kool Shen, IAM, etc. Un bon morceau qui montre son talent de rappeur à pouvoir poser sur n'importe quel tempo. Si vous voulez tout connaître de l'artiste, il vous suffit d'écouter le morceau "Mon CV" sur une bonne prod de Joe Le Balafré, racontant son parcours et ses motivations et les origines de son blaze en l'hommage à son ami d'enfance Aboubakar.

Influencé par des groupes comme Public Enemy ou NTM, Bakar aborde avec rage certains thèmes d'une plume métaphorique et affutée, comme sur "On Revient Choquer La France" feat Sniper, où il s'en prend fortement à la société et aux problèmes de relation entre celle-ci et les jeunes de banlieue.

"Dit leur que j'baise leur administration / avec un son impur qu'abreuve nos sillons / On chante l'espoir en vert blanc rouge/ on graille cacher on digère mal les poulets en bleu blanc rouge"

Comme le titre de l'opus l'indique, bon nombre de morceaux relatent des faits et des histoires de quartiers ('Le Block', 'Le Roloto Des Blocks'...) mais d'autres sujets sont aussi abordés comme le touchant "Mémoires d'Immigrés" sur un sample d'accordéon malgré tout trop répétitif. Côté collaboration on trouve du beau monde, avec également un autre phénomène du nom de Médine, accompagné d'Asheem, rappeur originaire de Brest, sur le lourd "Sans Artifice" trainé d'un sample de violon, mais aussi Lord Kossity et sa voix rocailleuse sur 'Legendaire' ou encore Sako, du groupe trop sous-estimé Chien De Pailles, pour 'Sous Pressions Part 2'.

Bien que Bakar ait progressé depuis ses débuts, ce Street Album, qui reste bon avec des productions accrocheuses, s'essouffle néanmoins petit à petit et nous laisse une impression que l'artiste n'a pas exploité tout son talent, cela dit ca reste prometteur pour son album prévu pour 2006, affaire à suivre donc.

# Posté le mercredi 16 mai 2007 14:35

Modifié le lundi 28 mai 2007 07:06

Saïan Supa Crew

Saïan Supa Crew
A l'origine, le Saian Supa Crew est un collectif de sept rappeurs tous issus de la région parisienne. Ils formaient à la base trois groupes différents : OFX, Explicit Samouraï et Simple Spirit. Formé en 1996, OFX réunissait Vicelow (né en 1978, Martiniquais - Togolais), Feniksi (né en 1976, d'origine Nigérianne) et KLR. Explicit Samouraï était composé de Leeroy Kesiah (né en 1978, Franco-Marocain) et Specta (né en 1975, Martiniquais). quant à Sir Samuel (né en 1977, Guadeloupéen) et Sly THe Mic Buddah (né en 1974, d'origine Congolaise) ils formaient Simple Spirit. Les sept membres se sont rencontrés fin 1997 dans le studio de DJ Fun (aujourd'hui DJ du Saian) à Paris. En écoutant les morceaux des uns et des autres, ils décidèrent de former le "crew des supers guérriers" en référence au dessin animé Dragon Ball Z qui a berçé leurs enfances. Leurs références hiphopistiques sont Afrika Bambataa, Busta Rhymes, Wu Tang ...

L'accueil du milieu hip-hop est plutôt froid, mais le groupe se forme et se fait connaitre en faisant des concerts. Leur carrière débute réellement en 1998 avec un premier maxi autoproduit, Saian Supa Land tiré à 1000 exemplaires. Armé de cet EP, le groupe se met à démarcher les maisons de disques. En avril 1999, KLR meurt d'un accident de voiture. Les six membres restants conservent leur motivation et finissent par décrocher un contrat avec le label Source, division du groupe Virgin Disques. Un maxi éponyme sort alors en mai 1999. Octobre 1999, KLR, le premier album voit le jour. Cet opus qui rend hommage à leur ami décédé, est produit par Alsoprodby et DJ Fun et remet le human beat-box au goût du jour. Il doit aussi son originalité aux influences reggae, soul, zouk. Sans diffusion radio, le succès est pourtant immédiat et le groupe entamme une grande tournée. Le premier extrait, "Raz de marée", révelera le Saian au grand public. Les radios commencent à s'y interesser quand Levi's choisit ce titre pour une publicité. "Angela" le second single est un tube zouk et un énorme succès dont le mattraquage radio ne plait pas à tous les membres du groupe. L'écléctisme, l'originalité et l'humour de cet album feront de lui une disque d'or et du Saian Supa Crew, la révélation rap de l'année 2000.

Pendant cette année 2000, le groupe sort plusieurs maxis, participe à plusieurs compilations dont notamment une contre le SIDA : Sachons Dire Non, avec le titre « Condoms. En octobre 2001, les six rappeurs sortent leur deuxième album qui s'intitule X-Raisons. Dans la même verve que KLR, mais plus aboutit. L'album est plus intimiste, les productions assurées par l'Block, c'est à dire les membres du groupe eux-même et DJ Fun. Les thèmes abordés y sont plus variés : la police, la religion, la nostalgie, la banlieue, le SIDA, les rumeurs dont ils sont victimes...et la dérision est toujours aussi présente. Les extraits seront "X-Raisons", "A demi-nue" et "Polices". L'album s'écoulera à 200 000 exemplaires en France et 100 000 à l'étranger. Le Saian Supa Crew est l'un des rares groupes de rap français qui bénéficie d'une notoriété internationale et qui aujourd'hui a plus de succès en Allemagne, Angleterre, même aux Etats-Unis qu'en France.

RZA du Wu-tang les qualifiera même de "Wu-tang français". Ce succès international permet au crew d'enregistrer un maxi 6 titres intitulé Da stand out EP avec des artistes anglophones qui sortira en novembre 2002. Les invités sont Brand Nubian, Dwellas, Kimani Marley, Arsonists et Roots Manuva. En 2003, un break s'oppèrent au sein du groupe. En janvier, Specta quitte le Saian malgré qu'il entretienne toujours de bonnes relations avec ses collègues. En effet, il ne partage plus les mêmes aspirations artistiques et décide de se consacrer entièrement au groupe Explicit Samouraï qui est à présent composé de lui, Leeroy et leur ami Eddy Kent. La parenthèse est donc ouverte et les groupes originaux entament leurs différents projets. OFX (Vicelow et Féniksi) sort Roots en décembre 2004. Explicit Samouraï sort un maxi en 2004, puis l'album Rap en janvier 2005. Sir Samuel sort Vizé Pli O en avril 2005 qui mêle efficacement dancehall, reggae roots et hip-hop. Quant à Sly The Mic Buddah, il a sorti en juin 2005 un maxi entièrement consacré au beat-boxing.

Après que toutes les entités du groupe se soient exprimées, le Saian sera de retour en octobre 2005. Le troisième album, qui se fera donc à cinq et s'appelera Live and Direct. Après avoir redoré le blason du rap français, le Saian n'a plus rien à prouver. Mais nul ne doute que le troisième album de ces virtuoses de la rime sera un retour en force.

Specta:

Nouma mie ton mini mal manie sa manou l'amour nous manie tel manie marions-nous ma lune demie elle est ma lune et elle émane une pure caresse de dune, goutte manile manie, jamais nue à demi, elle m'a mis nu, elle Emma est ma nana, jamais ma nounou sommes, compris celui qu'est le plus abruti est l'homme qui pense que de servir la femme un jour le pourrit

Refrain
Quand elle s'est mise à demi nue, elle m'a ému, elle m'a eu

Feniski
J'étais plus sage et, la fille bien plus âgée
Une teen intéressée parce qu'en sexe on dit mon peuple usagé...
Victime...
D'abord c'était quoi 2,3 baisers volés
Nos affaires volent et nous voilà volets fermés, tous v½ux dévoilés...
"Hey! Aurais tu de quoi couvrir l'ami Paul?"
"Hein, hein!!"
C'est là qu'elle me pointe une montagne de capotes.
Au lit, j'ai fait tiep comme un gars de "tec" poli
1.J'étais mort
2.Elle amère
3.Et moi marre d'être au lit...

Sir Samuel
Plus raffinée, plus douce et plus subtile
selon moi j'avais trouvé la fille
Encore immaculée, avec respect je patientais
mais lors d'un rendez vous à la gare de sa ville
je vois son ex et qui me dit: elle sent bon la vanille, un parfum que j'avais moi même acheté
Odeur que tout le monde connait

Refrain

Sly
C'était prédit mon body et mes 10 doigts à son dos nu je devais être ready
Je suis en ébats alors qu'elle se déshabille
Dans ses yeux l'offre d'ébats je suis ébahis
Elle me téma dans mes mathématiques me dit pas de panique lâche les cinématiques
Sur l'instantané je peux même pas imiter intimidé je perdrai mon intimité dans la matinée

Vicelow
C'était à je ne sais quelle saison
Environ 15-16 ans, ému comme Kersozon
De ma traversée, j'étais aux anges
Malgré l'odeur du zoo, je marquais son corps de ma bouche en losange
En fond, le son n'était pas Gun's and Roses, c'&tait Boy'z'men
J'avais du mal à avoir le gros zizi mais je jouais le cow boy quand même
J'ai dégainé(1fois), dégainé(2fois)

Refrain

Leeroy
Ben j'ai bien senti qu'elle me mentait (elle m'a menti) j'étais l'élu bien trop gentil (émue) et m'u-tilisait pour scandaliser (elle m'a eu) milié p't'être que j'ai dû trop gesticuler, vu l'état d'mes cellules après l'déluge
Ben j'allais parler mal d'elle, àa les f'rait marrer
J'avais peut être, je l'avoue j'avais les boules qu'ont calées
Quelle malédiction... même j'hallucinais, fallait m'voir passer dans la classe, vaner cette garce damnée quand j'vois l'âge qu'on avait
Quelle belle année!

Refrain x3



KLR :


Octobre 1999 : un groupe de fous débarque dans le paysage rapistique français.

"Ça est v'là les super crew [...] on y comprend q'dalle".... Pas si sûr que ça en fait.

A première écoute, on comprend que cet album est dédié à un certain KLR. La dernière track nous apprend que cet ancien membre du groupe, est malheureusement décédé. C'est d'ailleurs lui qui ouvre le bal (dans l'intro) et ses collègues lui rendent hommage dans l'outro en en parlant de façon personnelle, du vide qu'il a laissé auprès d'eux.

Ensuite on se rend compte que la deuxième motivation du groupe est l'amour de la musique. Leurs influences musicales sont plus que diversifiées, ce qui engendre un contraste avec les productions monocordes du rap français de l'époque. Non seulement les instrus sont toutes hyper rythmées, comme l'annonce le premier single "Raz-de-marée" produit par Gadjo aka Feniksi. Mais cet album remet au goût du jour le human beat-boxing et fait la part belle aux autres courants musicaux que le rap. C'est notamment le cas sur le second single "Angela", une instru zouk en partie beat boxée. Ce choix de single est un pari osé, mais d'autres morceaux illustrent l'éclectisme musical du groupe. Le titre "Ragots" dénote lui par une production dans le style ragga. Dans "Soul Mwa Pas", la voix de Sandy Cossett et l'instru nusoul rendent la chanson carrément envoûtante, tandis que "Ring My Bell" rend hommage au disco d'Anita Baker. Enfin, l'outro "KLR" reprend des rythmes bossa nova. Les talents de beat boxeurs de Leeroy et Sly sont confirmés sur "Pitchy & Scratchy Show", titre egotrip dans son style où les 2 MCs "maîtrisent" les rythmes des chansons de Claude François, Elsa, Jay-Z, ODB... avec une pointe de scratch. Alsoprodby assure la majorité des productions, les autres étant réalisées par DJ FUN ou le SSC.

Pour finir, ces artistes sont amoureux du MC-ing. Ils le revendiquent et s'estiment maîtres en la matière. Plusieurs titres egotrip le clament, notamment le "Malade Imaginaire" et "La Méthode". Leur écriture utilise beaucoup un vocabulaire varié, allitérations et assonances comme ici dans le titre "Histoire d'Un Homme Faible" : "Vicelow amène les pompes funèbres, / Le diable est maître, il éclaircit l'aumône du prêtre, / Fiançailles, tu peut fermer portes et fenêtres, / Lucifer te prend en épousailles puis t'envoie paître". Seuls par moment les couplets de Sly peuvent laisser perplexe. Les thèmes abordés sont variés, hormis les égotrip, on se souviendra notamment de "La Preuve Par 3" qui est un jeu rôde rôles où pour traiter de trois forme de racisme différents (anti-noirs, anti-arabes et anti-blancs) les rappeurs se mettent à chaque fois, à la place d'une victime pour répondre à son agresseur. On y trouve également certains délires tels que "G-Padpo" et l'interlude caché à la fin de "Ragots", à ne pas manquer. Au niveau flow, chaque MC a ses spécificités. Leeroy a un phrasé assez rapide aux airs ragga, tandis que Specta est plus lent et posé.

En conclusion ce premier album du Saïan Supa Crew allie les éléments essentiels du rap. Le flow, lyrics percutants et instrus créatives....ce premier essai fait date. La combinaison Leeroy, Vicelow, Sly, Samuel, Specta et Feniksi ne donne rien d'autre que du Hip Hop français. Tout simplement.

C.Q.F.D



Hold Up :


Connu et surtout reconnu pour sa puissance et sa maîtrise scéniques, le Saïan Supa Crew fait figure d'OVNI dans le paysage rapologique français. Savant mélange de d'influences rap, reggae, ragga, zouk, soul ou encore rock, le combo a généralement brillé par sa capacité à représenter les valeurs du hip hop, y compris en dehors de l'hexagone. Après un stand by ayant permis aux différentes entités du Crew (OFX, Explicit Samouraï et le solo très teinté reggae de Sir Samuel), la bande revient (sans Specta, donc pas vraiment au complet) pour ce troisième opus impatiemment attendu par les fans.

Toujours aussi complices et audacieux, les emcees renvoient puissamment dans les cordes Diddy et son "Shake ya tailfeather", avec un titre d'ouverture ("Blow"), qui ne manquera pas d'allumer la mèche en concert. Hymne fédérateur s'il en est, ce titre, bien qu'assez facile, annonce d'entrée le retour en force du Saïan. Dans la veine des tubes annoncés dont regorge l'opus, on retiendra le bien nommé "Jungle", le single subversif "Zonarisk" (et son instru sous haute tension sur lequel il est question de la stigmatisation des banlieues, de la fascination qu'elles suscitent, et du voyeurisme citoyen) ou le sympathique "96 Degreez" éclairé par le refrain reggae de Patrice. On passera ou on adorera, selon les convenances, les délires lubriques "Feceps" (et dire qu'on se moquait du "Zizi" de Pierre Perret !) et "Originales", apologie surprenante des rondeurs (voire plus) féminines qui pourra choquer certaines âmes bien pensantes.

S'il excelle dans les ambiances festives, le Saïan se plaît également à évoquer les sujets les plus brûlants de l'actualité ou de l'histoire. Ainsi, hormis le pré-cité "Zonarisk", le groupe se rappelle au bon souvenir de son tube "La preuve par 3" avec des tracks engagées telles que la critique policière du très bon "Poison", et surtout la ballade "Rouge Sang", témoignage poignant des traumatismes de la colonnisation et des blessures qu'elle a engendré (et engendre toujours), finement évoquées par un excellent Samuel ("J'écris la douleur, mais les mots ne font pas assez mal / Rouge Sang coule sur nos mémoires").

Concentré de talent et d'inspirations, ce nouvel opus du crew le plus plébiscité du rap français s'impose comme une belle preuve de la mâturité aussi bien artistique que personnelle des artistes. Franchement contestataires et engagés, les textes savent se faire plus légers sans perdre en intensité et en intérêt. Même si certaines baisses de régimes ("So into you", pas franchement inoubliable, ou encore le crossover "La Patte", qui convie le nouveau prince du hip pop, Will.I.Am des Black Eyed Peas) ne sont pas à exclure, difficile de bouder notre plaisir de voir revenir le Crew jaune, qui en plus d'afficher un micro virtuose et une plume pleine de déxtérité, assure lui même un large partie des productions. Les plus pointilleux ne manqueront pas de signaler que les influences reggae sont de plus en plus présentes (notamment sous le poids d'un Samuel en verve), au détriment parfois de la fougue et de l'esprit hip hop pur. Il n'empêche que le résultat sonne bien, s'écoute parfaitement et reste fidèle à l'esprit de ses auteurs.



Hold Up Tour : Live in Paris (DVD) :


Globalement, tout le monde s'accorde à le dire : depuis la grande époque de Kool Shen et Joey Starr, le Saïan Supa Crew fait office de référence française sur le plan scénique. Energiques et maîtrisés, les shows de la bande, placés sous la couleur jaune, ne manquent jamais de créer la sensation dans toutes les salles qui les accueillent. Ainsi, à l'instar des artistes les plus populaires et les plus prisés pour leurs représentations, l'arrivée d'un DVD live estampillé Saïan ne nous a pas étonné. Mieux, on l'attendait de pied ferme depuis un pas mal de temps désormais. Histoire de revivre quelques grands moments d'un spectacle Hip Hop impeccable, ou simplement de se donner encore des raisons de ne pas manquer le prochain passage du groupe dans notre ville.

Enregistré au cour du Hold Up Tour, ce DVD nous propose de retrouver Leeroy, Vicelow, Sir Samuel, Feniski et Sly lors d'un concert au Bataclan. Dans une ambiance surchauffée, les Saïan du rap français enchaîne deux heures de show de grande qualité, passant en revue certains des grands tubes qui les ont rendu incontournables (y compris en dehors du cercle fermé des auditeurs de rap). Ainsi, chacun replongera dans la discographie déjà bien remplie du groupe à l'écoute des hits « Raz de marée » (ou comment provoquer un embrasement général dans une salle déjà très réceptive), « La preuve par trois », « X-Raisons », ou encore l'ovni « Angela » (véritable point de départ de la renommée du combo). Loin de verser dans la nostalgie des standards de leurs débuts, les Saïan livrent avec panache bon nombre de titres issus de leur dernier opus, en tête desquels les interprétations de l'oppressant « Zonarisk », de l'euphorique « Jump Up », « La patte », du terrile « Police » ou encore le duo reggae avec le chanteur Patrice sur « 96 degreez », viennent assurer le spectacle et l'ambiance (pour un public conquis dès l'intro coup de poing et fédératrice « Blow »). Les personnes qui suivent les membres de la bande au delà des aventures du groupe seront également ravies de retrouver des titres tirés des solos des différents artistes (ou des duos reformés sur la base du groupe, comme Explicit Samouraï). Un large place revient ainsi à la voix de Sir Samuel, qui confirme sa prise de dimension dans une veine reggae, ou encore l'énergie débordante d'un Leeroy dont l'album solitaire à venir promet grandement.

Animé par des artistes en pleine possession de leur art, ce show du Saïan Supa Crew ne manquera pas de ravir les fans du groupe (ils sont nombreux), tout en conquérant de nouveaux adeptes d'un style vitaminé et maîtrisé, sous tendu par une musique irrésistible de rythme, d'idées et de prouesses vocales (voir les parties de beat-box présentes sur le DVD). Reste à encourager tout le monde à se tourner vers un tel document, afin de mieux appréhender la puissance du crew sur scène. Pour ceux qui ne s'y seraient pas encore mis, vous pouvez toujours guetter fiévreusement en espérant que Leeroy, Sly, Sir Samuel, Feniski et Vicelow ne passent par chez vous dans un délai raisonnable...

# Posté le mercredi 16 mai 2007 14:11

Modifié le lundi 28 mai 2007 07:10

Kennedy

Kennedy
peine plus de 20 ans , Kennedy n'est pourtant pas ce qu'on pourrait appeler un nouveau venu. Son son tourne déjà depuis un bout de temps dans le désormais célèbre département du 94 et même bien au delà.

Ali Touré de son vrai nom n'a pas attendu longtemps pour se mettre au rap. A 14 ans, lorsqu'il débute ça n'est alors que pour le plaisir de la rime, celui de la musique et bien sûr la fierté de représenter son quartier et les siens. Grâce à un grand frère passionné de musique, il grandit en écoutant les classiques de rap made in USA (Biggie, Nas, Wu-Tang, etc..) qu'il conjugue avec l'élite du rap français (Ideal J, Time Bomb, Mafia K1fry , etc..). Kennedy est alors touché par cette émulation musicale qui révolutionne alors le paysage musical français. Les valeurs véhiculés alors par cette musique, qui sont l'amour du style, la représentation des minorités et l'esprit de compétition l'amènent rapidement et naturellement à prendre le micro.

De ses premiers textes aux premiers concerts de quartier, Kennedy va continuer encore et toujours à pousser la rime un peu plus loin. Il décide de passer à la vitesse supérieure et de s'exporter en dehors des limites de son département. A 17 ans il enregistre son premier maxi via le label 357 Records et sort un maxi 4 titres, « Kennedy Le Sale Gosse ». Il y invite ses partenaires en rime : Diam's & Sinik . On retrouvera également intouchable sur un des titres. Pour la première fois il va se confronter à une audience et à la critique extérieure.

Grâce à un bon travail indépendant son disque arrive dans les rédactions des différents magazines spécialisés. Les critiques sont unanimes pour qualifier ce premier projet d'abouti et de très prometteur. Le magazine groove dira même de lui qu'il fait parti de l'avenir du rap français.

Avec ce maxi le public découvre un jeune rappeur talentueux, fougueux mais aussi lucide. Kennedy n'a pas froid aux yeux ne mâche pas ses mots. Mais surtout on remarque vite son amour pour le rap qui claque tant il tient a réaliser une performance à chacune de ses apparitions. Le plus étonnant est peut-être son sens de la chanson. Alors qu'il s'agit de son premier projet, le jeune MC présente des titres étonnement bien réalisés : couplets & refrains s'harmonisent à merveille et remplissent toujours leur fonction. Le tout offre toujours une ambiance cohérente du début à la fin. Consciente de son potentiel, Diam's va lui demander de l'épauler sur scène et l'invite alors sur toute sa tournée nationale. Il y fera ses premières grosses scènes aux côtés de Sinik.

Cette période va constitué une étape clé dans la construction de Kennedy en tant qu'artiste. Cela va être pour lui l'occasion de rencontrer différents publics et en même temps de développer une vie scénique à sa musique. Il va également approfondir les plaisirs de l'émulation de groupe, puisque avec Diam's et Sinik ils vont développer une forte affinité artistique au point que dans l'euphorie du moment ils parleront même d'un projet d'album commun.
L'idée n'était certes pas mauvaise mais à cette époque Kennedy ne voit pas encore la musique comme un projet de vie, et la perspective d'une carrière est alors encore très abstraite. Kennedy se contente de donner le meilleur de lui et de vivre le moment présent.

De retour à Villeneuve le Roi le rêve s'arrête, même s'il est invité sur différent projets indépendants, il retourne rapidement dans une vie de quartier mouvementée mais d'avantage par les faits divers que par la musique. Cette période va durer un certain temps pendant lequel Kennedy va se faire rare et observer l'industrie du disque plus que de la pénétrer. Toujours aussi passionné de musique, Ali continue à se nourrir de rap et à construire son univers musical. Quelque peu déçu par une grande vague commerciale qui à ses yeux oublie trop souvent les fondamentaux du Hip Hop, Kennedy réalise alors l'importance d'exprimer une sonorité qui lui ressemble et qui lui serait propre.
Il aura quelques propositions pour sortir de nouveau projets mais n'en fera rien à ce moment là.

Inévitablement après avoir pris pas mal de recul l'envie et le projet de retourner au front vont naître. Épaulé d'un nouvel associé/manager et d'Akos pour la musique il va produire quelques nouveaux titres via le Label 1 Temps D'Avance (Futur, Flashback). Les titres vont quelque peu tourner sur les ondes des émissions spé et cela sans même avoir de disque dans les bacs. Ses titres vont également passer par les oreilles des « insiders » de l'industrie et c'est en très peu de temps que le nom de Kennedy va gagner une nouvelle dimension. Des dires de ses pairs dans la musique il s'est révélé comme étant la prochaine grosse sensation du rap français. Lors d'une interview, On demandera à Booba s'il écoute du rap français, et il répondra Kennedy.

Il est alors invité sur une multitude de projets (voir discographie).
Il faut battre le fer quand il est chaud et Kennedy l'a compris. Cela nous conduis aujourd'hui au projet « Flashback». Un cd très abouti sur lequel on retrouve essentiellement de titres inédits mais aussi de quelques titres qui ont contribuer à son « Buzz ». Les invités ne sont autre que ses proches dans la musique à savoir : Disiz, Diam's, Sinik, Les productions sont assurées entre autre par Akos (Dadoo, Akhenaton, Taxi 2), Medeline (Booba, Sat, Pit,...), DJ Komplex (Disiz, Busta Flex, Sniper), et Teknik (Funky Maestro). Conscient de ce qu'il vaut mais aussi du fait qu'il a tout à prouver, Kennedy entend bien marquer les esprits. A l'écoute de ce EP on se dit qu'il est sur la bonne voie! A vous de Juger.

Biographie de Molotof


Projets à venir :
- Avec l'Skdrille et Fdy Phénomen pour « Hématome concept », le projet de compilation du groupe Tandem - à paraître prochainement
- Compilation multi artistes Ecko - à paraître prochainement
- Projet "It Was All A Dream" - à paraître prochainement

Quelques points de sa discographie :
- « Personne N'est à l'Abri » - Rap Performances (2005)
- « Parce Que Le Monde » Avec Diam's sur la compilation « Street Lourd » de la
- « On revient Choquer La France » Avec Sinik sur le street cd de Dj Boudj
- « Le Ciel La Limite " En duo avec Nubi sur la BO du Film "Dans Tes Reves"
- « Premier contact avec les flics » avec Mista Flow, Seyfiu & Alibi Montana sur "1260 Jours" l'album d'Alibi Montana
- « Mon Son Tourne » - Talents Fâchés 2 (2003)
- « Hardcore » feat. Sinik. – Les Têtes Brûlées (2004)
- « Mec du 94 » - Talents Fâchés (fin 2003)
- «C l'Bordel” & “Freestyle Art Secret» feat. Joe et Cross, Jongo Jack, Ol'Kainry & Philemon - Compilation l'Art Secret
- « Futur v.1”B.O. “RRRrrr » (Fabolous, BOSS, Nouvelle Done, Fuck Dat, etc.)
- « Ce Qu'on Fait » feat. Flag (Fuck Dat) & Disiz - Disizenkane mix tape
- « Les Pieds Dans La Merde » (feat. Diam's, Sinik & Intouchable)Maxi 4 titres,1999



Flashback:

on est le 16 mai 1982
maman m attend mais j'veux rester au chaud juste encore un peu
je veux decouvrir le monde sourir j entends maman soufrir
et a cause de moi ils vont lui ouvrir le ventre
16h30 il etait temps que je sorte j suis un bebe marron
un ptit renoi de 4 kilogrammes
Ali c est le nom que je porte
la ou je dors c tout ptit c miniscule j ai l impression d etre en Afrique
j suis juste a la goutte d'or, comment veux-tu que je dorme
le mec qui habite au-dessus met des coups de coudes a sa pouf
qu'a sniffe toute sa poudre blanche
c est comme un drame dans mon crane j suis comme balafre
en 2-3 ans j ai vu 2-3 mecs se jettes par la fenetre put1 la vie c violent
j suis choque souvent j suis au CP maintenant vu que j ai 6ans
y en a qui me voient comme une grosse merde et se demandent
comment ca se fait qu il a une grosse tete un gros nez et des grosses levres
personne joue avec moi mais moi j'suis content d etre la moi
j'calcul pas ces fils de putes qui croyent que j ai honte d etre noir
tu sais c'qui m'fais rire peut etre qui m'trouvent debile
mais a la recre c est ferme ta gueule et donne moi toutes tes billes

j ai 11 piges quand j'rentre au college
des 16 des 18 sur mes bulletins scolaires
mais un sal comportement tu connais le probleme
j aime le sport ouais j aime la mettre au fond
demande aux gardiens de but comment j'leur cause du tort
13 piges j ai pas de gen-ar de la delinquance dans l ame
plein d'gendarmes courent apres moi et mes airs d'jordan
j'me croyais fort mais ils m ont attrape j aime trop comme ils s'la racontent
ceux aux commissariats qui m ont escorte pour la premiere fois
j'me retrouve dans une cellule toute grise
j ecris en gros A-L-I nique la police
14 ans j'marche la tete haute quoiqu'il arrive
j'traine toujours avec les memes zonz quoiqu'il arrive
ca c est l epoque du wu tang
j ecris mes premiers textes avec Teddy j'traine la nuit
putain j'laime ma vie
j'suis un gosse a problemes tout ce que j'voulais c etait trouver l amour merde
dans mon amour y a trop de haine putain

j ai deja 15 ans maman desole j'fais couler tes larmes
souvent parait que j'suis devenu un jeune incotrolable
que rien contraint que tout le monde craint qur personne comprend
qui perd son temps a tout baiser qui est jamais content
au college j'passe mon temps a me faire remarque
en dehors jamais j arrete de me faire embarque
dans des histoires che-lou ici les gens ils racontent que d'la merde
et comme je les crois et ben j'fais que d'la merde
ecoute j'suis venu en paix mais la vie c est que d'la guerre
si par hasard t as du keuss a perdre
parie avec moi qu on est pas ces embrouilles betes dans lesquels t as plus que du keuss a perdre
et tu perds ton oseille
mais tout ce que j'sais c est qu'a cause de ca
y en a qu'ont plus remis les pieds a l ecole apres

j ai 16 piges j ai peur de personne
en cours j ecris plus mes lecons parce que de lecons j veux en recevoir de personne
les profs disent que j ai un intelligence au-dessus de la moyenne
que je fous rien mais qu'mes notes sont au-dessus de la moyenne
que j'suis insolent violent c est ce qu'ils disent a ma mere dans le bureau du proviseur
j en ai rien a foutre de toute maniere donc laissez moi tranquille c est trop
c est ca qui va pas d abord les autres me niquent ensuite on se nique on s en sortira pas
j ai 17 piges pour moi l avenir ca veut dire pas grand chose
j ecoutais pas quand on m a dit Ali tu pars en couilles
moi j ai pas cette impression la pourtant les faits sont la
c est dur d un coup mais j'tient le coup tant que les vrais sont la
les vrais c est Alfa Teddy Booba Yanni
c est ou c est en soiree ou bien c est a Chatelet qu on s est deja croise
on est une bande de jeunes ages de 15 a 20 ans
les jours de fetes on nique tout sur Paris a 15-20-30
le temps passe vite j ai 18 ans la
je sais que j'suis plus un enfant la
qu'il est grand temps de s'faire d'l'argent la
j'me dis chaque jour quand j'sors d'mon lit que j'traverse la ville
une plaquette dans chaque poche de mon jean clean
si dans la zone j'vis dans la peau d un mauvais garcon
spliffe dans la bouche c est naze mais laisse moi faire mon biz negro
j essai juste de gratter en attendant le jour J
on m a deja demande mes papier 3 fois aujourd hui
toujours j'parle de cash de voitures de luxe meufs
entraine comme des oufs a reconnaitre les voitures de keufs
A volbert ya trop d'expert en pilotage
ma vie c est l ecole mon rap les potes et quelques tass
dans l'ghetto mon maxi tourne fais du bruit dans l'mouv
j'suis l avenir du rap francais c est c'que j ai lu dans l'groove
certains m ont encourage d autres m ont hais
j ai ete trahi
j'suis toujours le meme Ali
V-R-A-I
j ai vu des potes devenir des putes
j aime ceux qui parlent de moi en bien ou en mal ils posent pour moi
ils me font d'la pub gratuite
quand j arrive tout l'monde m'regarde
quand j'dis un truc tout l'monde en parle
c est toujours la meme chose
des que j'fais un truc ces putes font la meme chose
19 piges j'nique les profs les keufs et les proc'
les meufs qui s'la raconte parce qu'elle croit qu'elles sont bonnes
j'suis la entre les concerts et l impact mec
j'suis l eleve qui nique les profs t inquiete j ai eu mon bac mec
mais c est toujours la merde frere y a rien a faire
avant on s'battait pour des billes et pour des biftons c est la guerre merde
trop d'mithos qui veulent te prouver qu' c est pas des pd
alors ils ont tire et c est mon pote qu est decede d une balle dans la gorge
decharge de 22 dans la poitrine
les mecs qui ont fais ca des qu'ils sortent vaut mieux qu'ils s expatrient
ca aurait pu etre moi ca aurait pu etre toi mais c est tombe sur lui
me demande pas pourquoi ce monde est pourri putain j ai mal
depuis ce jour plus rien n est comme avant j ai begayer pendant 3 jours
ceux qui savent peuvent croire en Dieu maintenant
a la naissance on est tous des soldats on s en rend compte apres
la vie c est la guerre mais moi j'suis venu en paix



Flashback :



Il en aura fallu du temps et de la patience pour enfin voir naître le premier projet solo du rappeur prodige nommé Kennedy... En effet, ce dernier avait fait forte impression en lâchant ses freestyles en radio et en laissant tourner certains de ses morceaux sur différentes mixtapes ou projets en groupe, le dernier en date étant « Rap performance ». Le jeune rappeur issu du 94 nous arrive donc avec un street-CD intitulé « Flashback » et qui regroupe 14 morceaux de choix.

Tout d'abord l'introduction que Kennedy nous sert est une série de messages posés sur son répondeur par différents individus de son entourage ou même encore inconnus de ce dernier (à noter a la présence de Diams ou encore Disiz La Peste). Le premier morceau du CD s'intitule comme celui-ci: « Flashback ». Dedans, Kennedy raconte toute son histoire du jour de sa naissance jusqu'à maintenant. On a le droit a une bonne prod et surtout un véritable technique de la part de Kennedy qui réussit a raconter son vie tout en rappant et ne perdant pas son flow, et surtout il arrive à accrocher l'auditeur sans forcement enchaîner des tas de rimes.

Le second morceau est un peu un hymne à tous les quartiers dit 'chauds'. Là aussi, nous avons le droit a un MC racontant les choses clairement quitte a être cru à certains moments (« un bon flic est un flic mort »). Mais ceci dit, ce titre n'est pas un appel a la rébellion ou quelque chose du genre mais plutôt a une vision de la réalité vue par Kennedy. Alors « Hollywood » est surement un des sons les plus technique de l'album du fait que le rappeur s'amuse à rimer avec différents thèmes de films son quotidien: « on veut se ranger comme Kayne dans 'Menaces'/ Avant que sa finisse comme l'impasse/ Quitte a changer de tête comme volte face ». Je continue donc à parcourir cet album et je tombe sur le cinquième morceau, « Futur ». Dans ce dernier Kennedy, explique simplement qu'il n'est pas venu dans le rap pour faire figuration et qu'il est bien décidé à faire parler de lui, encore avec des lyrics toujours aussi francs: « quand je baisse mon froc c'est juste pour me faire sucer ».

Nous voila arrivés à la partie du CD la moins travaillée musicalement niveau prod puisque les quatre morceaux qui suivent sont tous issus de prods déjà bien connues. Je commence tout d'abord avec le featuring avec B.O DIGITAL intitulé « Montré du doigt » qui a pour instrumental « The Illest » de Havoc (Mobb Deep); néanmoins le morceau suis tout a fait l'instru et Kennedy ainsi que ses compères s'occupent très bien d'entraîner l'auditeur en abordant le thème de l'intégration et du manque de droit des étrangers. Les deux morceaux d'après sont les featuring avec Sinik: inutile de dire que ces morceaux sont sans doute les plus bourrins du disque. Le premier, « On vient choquer la France » sur l'instru de « Got it twisted » des Mobb Deep (encore) est un morceau bien hardcore rempli de rimes sanglantes et peut être même choquantes pour beaucoup: « t'es raciste, moi je suis le noir qui baise ta fille »; mais néanmoins, il reste un bon morceau, la reprise de « Hardcore ». Inutile de vous présenter le concept du morceau classique de Ideal J. En tous cas les deux MCs reprennent parfaitement la chose mais il faut l'avouer, n'égalent pas l'original ! Nous voila au morceau neuf qui est clairement le plus émouvant de l'album, « La rue te guette » sur « Dead President » de Jay-Z et le sample de la voix de Kery James. Le sujet est simple l'histoire: d'un jeune homme qui avait tout pour réussir mais qui est tomber dans le piège du quartier.

Nous voilà maintenant au featuring avec miss Diams laissant place à deux rappeurs qui ont faim et qui sur une prod limite techno (du moins je trouve), arrivent à se marier avec la musique et à nous lacher de bons couplets, pousser de gros coups de gueule. Pour ce qui pensaient que Disiz la Peste était mort rapologiquement parlant, il vient démontrer le contraire en balançant un court mais très gros couplet sur « Quoi qu'il arrive ». Kennedy et Flag the Name assurent leur tour sans forcer leur talent. « Mec du 94 » est le morceau du CD qui rend un petit hommage au département d'où est issu Kennedy mais qui n'a pas grand chose d'innovant par rapport aux autres. Je dirai que ça reste du Kennedy cru et énervé dans les paroles. Ceci dit il est succédé du très bon « Mon son tourne », un des morceaux phare de l'album ou l'on reconnais clairement le style « Kennedy ».

Cet album se conclut par « Mon hip hop », une sorte de clash où Kennedy s'adresse aux rappeurs qui voudraient s'en prendre a lui ou a sa musique: « ne seront vexés que ceux qui se sentent concernés ». En conclusion, on a un bon street-CD de la part de Kennedy. Pour ce qui ne le connaissent pas, ce sera l'occasion de découvrir son style et pour ceux qui le connaissent déjà, ils ne seront pas déçus.

# Posté le mercredi 16 mai 2007 14:07

Modifié le lundi 28 mai 2007 07:12

Lino

Lino
Le rap français est mort, paraît-il. Ah bon ? À l'écoute du premier solo de Lino, la fine plume du groupe légendaire Ärsenik, il va falloir réviser le verdict de l'autopsie : en 17 titres qui sentent la poudre, la sueur et le bitume, Monsieur Bors vient remettre les pendules à l'heure : ce qui est mort, c'est le rap à papa avec ses rimes en bois et sa naïveté de pucelle. Borsalino, lui, continue à faire vivre son art et à écrire les pages sublimes d'une musique délinquante et mal-aimée.

Après les deux albums d'Ärsenik Quelques gouttes suffisent et Quelque chose a survécu, Lino se lance avec son frère Calbo dans la confection du troisième album. Mais la magie ne se décrète pas : au bout de quelques semaines en studio, Lino sent qu'il fait fausse route. « Je ne sais pas si on allait dans une bonne direction. Je n'étais pas à l'aise. Du coup, on a embrayé sur mon solo. »
C'est le début de la saga du Paradis assassiné. Lino continue sa recherche de sons. Jimi Finger répond présent et produit cinq tueries dont « Justice sauvage » et l'incroyable « Sentiers de gloire », titre inattendu basé sur un morceau des Choristes alliant l'angélisme des voix enfantines à la brutalité des lyrics de l'assassin qui se parfume à l'Ärsenik : « en Dieu on croit, même si pour le mal on a nos préférences/La foi, c'est une aveugle qui donne ses yeux à l'espérance ». La profession de foi d'un génie du caniveau qui a toujours eu le sens de la rime meurtrière. Qui a dit « opportuniste » ? « Moi j'aime bien les ch½urs en canon », explique Lino, « alors j'ai appelé Jimi pour qu'on trouve le sample, paf, il met une batterie dessus, je trouve les lyrics... C'est de la musique ! Je n'ai aucun problème avec ça, s'il y en a qui en ont, je m'en branle. »
Les autres producteurs de cet album essentiel sont variés et classés dans la catégorie poids lourds : l'Américain JR (« Braque les spots » et « À part ça... Tout va bien »), le cartel de Medeline (« Rien à foutre »), Madizm et Sec. Undo de IV My People (« Chant libre »), Eben des 2Nèg' (« Où les anges brûlent » et « Paradis Airlines »), Gallegos (« Interview (Conversation avec Bors) » et « 100 rounds (Mohamed Ali) »), Skread (« Macadam philosophie »), les Belges de Street Fabulous (« Délinquante musique »)... Une armée de mercenaires dévoués à leur boss Bors qui savent donner le meilleur d'eux-mêmes pour accompagner la meilleure plume du rap français.

Au-delà des cabrioles linguistiques d'Ärsenik, Lino en solo se livre intimement. « Avec mon frère Calbo, il faut garder une unité dans l'écriture et rester un binôme. Tout seul, je peux partir dans mes délires. Dans Paradis assassiné, il y a des textes personnels. » Quelques barres suffisent pour que l'auditeur s'aperçoive du niveau atteint par Borsalino dans sa quête du lyric parfait : tout est dit en 17 morceaux brutaux, tendres, émouvants, sans rémission ni faiblesses. « Y'a que sur le beat que je passe aux aveux », confesse Lino qui ouvre le livre de sa vie avec des sataniques versets tempérés par une sensibilité qui affleure sur tous les titres.
Et pour ce qui est des invités, Lino a su là aussi viser juste : Booba participe à « Première catégorie » avec Calbo tandis que les autres artistes présents sont des proches qui évoluent dans l'ombre d'Ärsenik depuis un moment (T-Killa, Beks, Kazkami) ou des prometteurs jeunes déchireurs de mic' (Ascension, Rash, Sboko, Vichy Las Vegas, Besti).
Plutôt que de se travestir dans l'illusoire espoir d'aguicher les FMs, Lino a choisi de rester lui-même et d'éviter les concessions. Le résultat ? Un album qui pue la maturité et la jouissance des mots qui claquent, le disque adulte d'un trentenaire qui crache son venin sans oublier de l'adoucir avec son talent pour les formules définitives. « La meilleure arme ? Le savoir, c'est vrai dans ce monde corrompu/Mais bon, un schlass ou un calibre c'est pas mal non plus ».

Loin des médias dominants, Lino trace sa route et n'attend rien d'autre que l'estime des siens et la satisfaction d'avoir tout donné. « Le rap, ça m'a rapporté beaucoup d'argent, d'emmerdes et de gloire. Enfin, la gloire à notre petite échelle, ghetto superstar ! »

Une « ghetto superstar » qui vient récupérer sa couronne. Monsieur Lino est en solo, et le hardcore ressuscite comme Jésus au septième jour.

Paradis assassiné : brutal comme le 11 septembre, précis comme un bombardier furtif.


Mille et une Vies:

Du putain d'bateau aux tranchées
Des HLM aux cellules
J'ai trop dansé, gobé la pilule
Entassé les merdes,
Couleur ébène, gueule cassée
Les peines se chantent
Musique accouchée dans la douleur
Assez, mes mots stressent comme des bruits d'chaîne
Mon héritage vient parler au peuple
Comme Bob et Rita, Marley
Peuple au pouvoir comme dit le slogan,
J'veux pas mourir au p'tit détail d'l'histoire
Dans un monde trop grand
J'veux arriver à enseigner
J'me suis tapé pour être libre
Traîner des narzis, mais qui en parle dans les livres
Ma zik (musique) tourne comme la roue
On m'a troué la peau
Ma vie pour un drapeau bleu blanc rouge
Elle tient le destin dans sa paume
La chienne !
Et j'suis mort ce putain d'jour d'octobre noyé dans la Seine
J'ai mis du temps à l'comprendre
Où pousse la mauvaise graine
On coupe la tête pour soigner la migraine
Condamné sans verdict dans une prison sans toiture
La misère, ça donne raison pour cramer des voitures
Les sirènes, les cocktails, l'essence ça laisse des marques
Ça change rien avec ou sans Harry Roselmack
La France black, blanc, beur
S'arrête aux limites du stade
J'aurais jamais parié sur la paix si j'étais un flambeur
J'veux l'rapper, péter l'thermostat, réveiller les squares
J'rêvais d'paradis, trop tard, j'suis mort brûlé dans un squat

J'suis pas v'nu m'plaindre
Vu du bled, j'ai d'la chance
Aides sociales, quelques bavures, une crèche à Cachan
Trop lucide, j'vois à travers leurs fumigènes
On parle d'indemniser les tirailleurs
Juste après Indigènes
Futur écrit au pistolet mitrailleur
Y'a pas si longtemps, ça parlait d'bruit et d'mauvaise hygiène
Quand les p'tits jeunes ont plus d'repères
Ils r'tournent la ville
L'Etat détourne leurs r'gards
Ça donne le 21 avril 2002
La vie c'est ça,
Mon avis c'est le mien
Le CSA nous charcute
J'ai toujours l'mic (micro) dans la main
J'ai pas quitté ma rage tant qu'j'suis pas acquitté
Et c'putain d'jour d'octobre,
J'suis mort électrocuté

Ecoute !
La drogue m'a soufflé des rimes
M'en a pris la moitié
Souvent mes couplets dépriment
Comme les murs du quartier
La société a les crimes qu'elle mérite, pour ceux qui kiffent (aiment)
Le temps des colonies et parle de rôle positif
J'ai mon doigt dressé
Et 2-3 vers sanglants
Blessé, le corps peut plus faire semblant
Dresser les barricades dans le bloc
Comme dans les coeurs
Les portes saignent et le Diable ricane c'est dans les coeurs
J'te passe les karchers, Blabla,
Les gosses par terre, à plat ventre
Mains sur la nuque, l'espoir part en charter
Les degrés grimpent, tricard (vus) dans l'pédigré
Pas de grands écarts entre ici et l'bled
J'suis pas intégré
J'suis incrusté dans l'sol
Gosse de l'hexagone, boosté par la rage que seul le vice console
Que l'cannabis console
Augmente la fréquence,
Fais une pause et juge la cause avant les conséquences
J'ai traversé l'époque avec un couteau dans l'dos
Les blocs nous cachent l'horizon
J'y vois plus clair, j'arrache le bandeau
La rage, ma prison, ma cage
La coc (cocaïne) dans un landau
D'l'espoir, tourne la page, brûle le livre et réécris l'histoire (x2)
Un coeur de clando (clandestin)
Avec une carte de résident
Mon texte allège ton fardeau
A coups d'feu, une lettre au président
Danse pas près du gouffre, si t'as peur du vide
J'rap comme je souffre
J'ai mille et une vies


Interview Lino :


Skyrock.com: Bonsoir Lino, bienvenue sur Skyrock.com à l'occasion de la sortie de ton 1er solo Paradis Assassiné, dans les bacs le 12 septembre.

Lino : Bonsoir.

Skyrock.com: Paradis Assassiné, c'est un titre que vous aviez fait avec Ärsenik sur Quelque chose a survécu, pourquoi avoir repris ce titre pour illustrer ce 1er album solo ?

Lino : Parce qu'il illustrait bien ma vision du monde actuelle et c'est ce que je décrie dans l'album. Puis, j'aimais bien le titre, il était poétique.

Skyrock.com : A l'écoute de l'album, on remarque que tu fais pas mal référence à l'univers cinématographique que ce soit comme dans Délinquante musique, tu dis : "ça saigne comme Tony les narines plein de coke", donc une référence précise ou même dans la manière d'écrire ou dans les instru'. Dans les instru', le titre 1ère catégorie, l'intro sonne western moderne à la Tarantino et dans la manière d'écrire il y a le titre Où les anges brûlent ? qui est très visuel. C'est ce qui te nourrit ?

Lino : Ouais, c'est vrai que je mange beaucoup de films. Donc forcément après ça t'inspire et y a des trucs qui reviennent. Mais le morceau Où Les anges brûlent ?, je voulais qu'on suive l'histoire des 3 personnages. Limite, c'est un petit film.

Skyrock.com : Oui, c'est ça c'est très scénarisé. Quand tu l'as fait, tu l'as écrit différemment des autres ?

Lino : J'ai voulu le faire comme si on était en plein dedans, pour qu'une fois qu'il arrive une galère ça choque. Comme quand à la fin, le mec il tire, on est avec lui. C'était fait pour.

Skyrock.com : L'univers du cinéma est aussi présent dans le titre 100 Rounds, qui était aussi sorti en maxi, avec les extraits de film et on est en même temps dans l'univers de la boxe. C'est un univers qui te fascine, tu fais de la boxe ?

Lino : (En souriant) J'ai commencé un peu à la salle, mais la boxe c'est raide, j'étais jeune, j'ai arrêté, j'ai fait quelques entraînements et après j'ai fait autre chose. Mais j'aime beaucoup la boxe. 100 rounds, c'est par rapport à Ali et j'ai mis entre parenthèse Mohammed Ali. C'est un morceau qui parle de détermination et pour moi la personne qui représente le plus la détermination c'est Mohammed Ali.

Skyrock.com : Il y a le titre Musique Délinquante, et je voudrais savoir ce que tu veux dire quand tu dis: "Je ferai de la musique délinquante", qu'est-ce que la musique délinquant ?

Lino : La musique délinquante n'est pas une musique de délinquant. Et donc musique délinquante parce que le rap c'est un peu le vilain petit canard de l'industrie musicale. Même si ça peut vendre en France, même beaucoup des fois, ça reste toujours à part. C'est la musique délinquante, on est toujours un peu marginalisé. Il y a toujours ce côté associé à de la violence alors que parfois il y a des messages qui sont légitimes mais c'est toujours associé à la violence ou autre chose. C'est pour ça que j'appelle ça de la musique délinquante.

Skyrock.com : Par rapport à la perception que les gens ont de cette musique.

Lino : Voilà, c'est ça.

Skyrock.com : Dans le morceau 100 Rounds à un moment tu dis : "avant que je l'achève mon skeud tourne déjà dans la chambre d'un internaute", là on est sur le web, donc comment tu te positionnes par rapport au téléchargement ?

Lino : Il y a le côté accessible parce que tu peux tapoter sur ton ordinateur sans mettre un seul euro et prendre de la musique donc je peux le comprendre. Mais d'un autre côté, il y a de l'abus quand c'est constamment, je connais des jeunes qui ne font que ça donc nous qu'est-ce qu'on est sensés faire ? On fait de la musique, on fait des pochettes de disques, on se prend la tête en studio pendant des heures, des années pour essayer de sortir de la musique plus ou moins correcte qu'on aime ou qu'on aime pas. Il y a un travail derrière, ce n'est pas facile. Les gens ont tendance à dire, ils ne se prennent pas la tête, ils ont de l'argent, souvent j'entends ça. Mais, il faut respecter le travail. C'est vrai qu'il peut y avoir des trucs que tu n'aimes pas et que tu as envie de télécharger enfin que tu n'aimes pas si tu télécharges c'est que tu t'y intéresses mais qu'après tu n'as pas kiffé. Mais je pense que quand tu es intéressé par la musique ou un artiste, il faut faire l'effort d'aller acheter son disque. Il ne faut pas se contenter d'avoir un petit CD gravé sans pochette, sans rien du tout. Même avant quand je n'avais pas spécialement de caillasses je m'arrangeais toujours pour avoir mon disque parce que j'ai envie de lire ce qui se passe, de voir les crédits, c'est important, ça fait partie du kif de la musique. J'ai l'impression que les jeunes kiffent plus trop, ils veulent juste la musique, ils s'en foutent de qui fait quoi, on s'en fout du titre des chansons, tu vois. Mais ce qui se passe c'est qu'ils ont une alternative, c'est soit tu l'achètes, soit tu le télécharges, donc le problème est là.

Skyrock.com : Donc il faut rappeler qu'il y a un vrai travail visuel, et il y a aussi des lyrics, même si c'est vrai qu'on les trouve aussi sur Internet maintenant,...

Lino : Je pense vraiment que si tu aimes un artiste, il faut acheter son disque.
(Tout en souriant et en pointant du doigt vers la caméra, Lino rajoute) Donc en gros va acheter mon disque, le télécharge pas.

Skyrock.com : Et cette aventure en solo, elle a commencé quand ?

Lino : C'est après qu'on est arrêtés la conception du 3ème album (ndlr : d'Ärsenik). On a tous décidé que je devais sortir mon solo vu que j'étais bien avancé au niveau de la conception.

Skyrock.com : Et il y a des textes que tu avais écrits il y a super longtemps pour cet album ?

Lino : Non pas trop. On a gardé un texte, celui qu'on avait fait avec Booba.

Skyrock.com : Première catégorie.

Lino : Ouais. Sinon non.

Skyrock.com : Tout ce que tu as écrit c'est à partir du moment où tu as décidé de te lancer seul...

Lino : Mais j'avais déjà des concepts, j'avais posé des idées et tout ça. J'avais déjà des titres et je savais quel morceau je voulais faire donc j'étais bien avancé. Une fois que j'ai eu tous les sons j'ai pu enchaîner.

Skyrock.com : Justement au niveau des sons tu as bossé avec qui ? Tu avais des idées précises des instru' que tu voulais ?

Lino : Non pas pour tout. Parce que quand je bosse avec des concepteurs, ils m'envoient des CDS et y a des sons où je vais à l'aveuglette, y a un son qui me plaît donc j'enchaîne et un son peut m'inspirer quelque chose si je n'ai pas déjà un concept. Et j'ai bossé avec pas mal de monde Eben, Medeline, J.R, Gallegos, Djimi Finger, Ozan, Madizm,.... Voilà en gros.

Skyrock.com : Et qu'est-ce que tu as kiffé le plus dans cette aventure solo ?

Lino : Le seul truc avantageux, c'est plus de liberté dans les concepts et dans le travail du disque, je peux aller où je veux sans chercher à coller avec les idées de mon frère. Là je peux y aller, c'est ce que j'ai dans le crâne, dans mes tripes.

Skyrock.com : Faire des morceaux un peu plus perso comme 95 rue Borsalino (Je me confesse).

Lino : Exactement. Je peux raconter ma vie (Rires). Quand on est en groupe ce n'est pas évident, il faut être un peu à 2.

Skyrock.com : Même quand on travaille en famille. On doit avoir un peu plus de liberté quand on travaille en famille que si c'était un pote ?

Lino : Bien sûr, il y a plus de liberté parce qu'on a plus de complicité. Mais même si on est frères, on n'a pas spécialement la même vie, ni la même vision des choses parfois. On est dans le même univers mais pas la même vision des choses et là c'est ma vision à moi.

Skyrock.com : Et le plus difficile, ça a été quoi ?

Lino : Ça a été justement d'écrire complètement des titres, 3 couplets et un refrain, et de tout enchaîner tout seul alors qu'on a l'habitude de bosser à 2.

Skyrock.com : Tu parles de l'écriture donc tu avais écrit Madame Qui ? pour Diam's et je voulais savoir si c'était la 1ère fois que tu écrivais pour quelqu'un ?

Lino : Non, j'ai déjà écrit pour d'autres mais je ne peux pas dire...

Skyrock.com : C'est quelque chose que tu vas développer ?

Lino : Ouais bien sûr. Moi, je n'ai aucun problème avec ça. J'ai des trucs sur le feu, il y a des gens qui me demandent d'écrire, il y a des trucs que je vais faire cette année.

Skyrock.com : Et on le saura ou ce sera secret ?

Lino : Ça dépend après. Pour ceux que je citais tout à l'heure ce n'était pas utile de le dire. Mais il y a des choses que je vais faire.

Skyrock.com : Dans Stress, tu dis : "fatigué d'entendre que le rap français, ça groove pas",...

Lino : Ouais c'est souvent ce qu'on entend dire.

Skyrock.com : Ça ne passe pas dans les clubs après ça ne veut pas dire que ça ne groove pas, c'est ce que tu voulais dire...

Lino : Oui c'est ça. Je pense que c'est juste un parti pris des Djs qui ont un peu une crainte de mettre des disques français pour ne pas plomber l'ambiance.

Skyrock.com : Toi en club, tu danserais sur du rap français ? (Rires)

Lino : Hein ?? Moi je ne danse plus. (Rires)

Skyrock.com : Et en même temps sur le même morceau tu dis : "Fatigué de ces rappeurs qui ont le même faux vécu, même flow".

Lino : Ouais.

Skyrock.com : C'est un peu paradoxale tout ça ?

Lino : Non pourquoi ?

Skyrock.com : D'un côté tu le défends et de l'autre tu bon les mecs...

Lino : Ça n'empêche pas je peux me prendre la tête sur le fait que les Djs en France sont réticents à passer du rap français et dire qu'il y a des rappeurs qui partent en couille. Il n'y a pas de problème avec ça.

Skyrock.com : Et tu écoutes tout ce qui se fait, tu es à l'affût ?

Lino : Non pas à l'affût. J'écoute quand je peux et si vraiment s'il y a un MC qui arrache le papier peint, je vais écouter direct et si je kiffe je vais suivre un peu ce qu'il fait.

Skyrock.com : Et les derniers trucs que tu as kiffé, qu'est-ce qui tourne, que ce soit français ou pas, dans ton lecteur mp3 ?

Lino : K.Ommando Toxic, Rash, Kazkami

Skyrock.com : Présents sur l'album.

Lino : Et d'autres. Y en a plein.

Skyrock.com : Toujours dans Stress, tu dis : "j'incite pas à la violence, moi je l'encourage si nécessaire", c'est quoi, c'est de la provoc' ?

Lino (rit) : T'es dure. (Il boit un coup)
Ouais provoc' quelque part et il y a de l'ironie, il en faut aussi. Puis, je ne suis pas un partisan du "On tend l'autre joue".

Skyrock.com : Il faut se défendre.

Lino : A un moment, s'il faut se défendre ça nécessite de la violence, tu vois donc voilà ce que je voulais dire.

Skyrock.com : Un autre morceau Macadam Philosophie, dans le refrain tu dis : "Si l'amour est aveugle, je te crèverai les yeux pour que tu m'aimes encore plus", c'est quoi...

Lino est mort de rire. C'est de la poésie, j'aime bien ces conneries de poésie Cyrano,...

Skyrock.com : Quand tu as écrit ça tu pensais à quoi, tu as envie d'être écouter quoi ?

Lino : Ouais, j'ai envie d'être écouter, j'ai envie qu'on me kiffe, c'est normal. C'est un truc d'artiste, je ne pense pas qu'on devient artiste pour dire "je n'aime pas qu'on me kiffe, je m'en fous". Et c'est une métaphore pour dire : "Aime-moi bordel" !! (En souriant)

Skyrock.com : Quand on écrit, on a vraiment peur de ne pas être compris parce que dans le même morceau tu dis : "Je veux pas attendre de me faire caner pour qu'on me comprenne", quand tu écris tu dis j'espère que les gens vont me comprendre ?

Lino : Oui c'est vrai, il y a ce côté-là aussi. Parce que souvent on fait du rap et comme je disais toute à l'heure dans Délinquante musique, c'est toujours associé à un truc et on essaie pas d'écouter. Souvent j'entends dire : "Mais ça crie. Qu'est-ce qu'ils disent ?" et des fois il y a des trucs qui sont vraiment pointus dans le rap et qui touchent le c½ur des problèmes mais les gens veulent pas écouter spécialement ou alors ils passent à côté.
Et ça c'est dommage. J'aimerais bien que les gens écoutent autrement au lieu de dire c'est un truc de voyous, de banlieusards. Même si parfois on joue aussi le jeu en ayant des attitudes qui font que...mais je pense qu'il faut avoir une tolérance par rapport à ça. Autant moi je peux écouter d'autres musiques sans aucun jugement alors pourquoi on ne pourrait pas écouter du rap.

Skyrock.com : D'ailleurs dans un morceau à un moment tu dis : "J'ai crié Hip Hop pour qu'il revienne", c'est un délire qui t'es passé par la tête,...

Lino : Ah Christophe !!

Skyrock.com : Ouais, t'as entendu la chanson et...

Lino : Non, ça m'est venu comme ça. Et d'un autre côté, c'était par rapport au fait que le Hip Hop au sens Hip Hop du terme, moi ce que j'aimais dans le Hip Hop c'est cette période du film "Beat Street", je ne sais pas si tu as connu ce film. Si t'as pas connu, faudrait que tu le regardes, c'est important. C'est un film ricain de 1984 et je kiffe ce délire avec les mecs qui avaient des coupes vents. Même si je n'étais pas bon breaker, ni bon graffeur, j'aimais cette énergie là.

Skyrock.com : Mais est-ce que ce n'est pas parce que le rap a pris le dessus finalement.

Lino : Bien sûr, carrément. Après, je ne suis pas un mec qui va te parler de nostalgie à la con. J'ai kiffé cette époque là mais je suis conscient que les jeunes de maintenant n'ont pas grandis avec ça donc ils ne peuvent pas vraiment connaître.

Skyrock.com : C'était une énergie différente avant.

Lino : C'était plus axé sur la performance, plus axé sur la création. Aujourd'hui, on est plus contrat,...Après c'est la vie qui évolue, on ne peut rien y faire.

Skyrock.com : C'est parce que le business qui est entré dedans aussi.

Lino : Voilà, c'est l'enchaînement de la vie.

Skyrock.com : Il y a aussi le morceau Interview qui ouvre l'album, comment est venu le délire ?

Lino : C'était une façon, même si je n'ai pas tout dit, de faire une petite interview que j'aurais voulu qu'on me fasse.

Skyrock.com : Voilà c'est ce que j'allais dire. T'es pas fan des interviews, avec Ärsenik vous avez jamais trop aimé les interviews,...

Lino : Mais on en a fait quand même. Ce n'est pas les interviews qui me gênent, c'est les interviewers. Quand les questions sont bien faites et je ne dis pas ça parce que tu es là mais là ce qu'on est entrain de faire c'est parfait on discute, mais après quand ça devient un peu bateau, tu vois ce que je veux dire. Après souvent on a tendance à dire mais les rappeurs ont rien à dire mais posez nous des bonnes questions. Permettez nous de parler correctement et voilà.

Skyrock.com : Donc c'est l'interview qu'on t'a jamais faite ?

Lino : C'est des trucs que j'avais envie qu'on me pose comme questions et des trucs que je sais qu'on ne m'aurait pas spécialement posés donc je l'ai fait sur un morceau.

Skyrock.com : Le morceau 1ère catégorie avec Booba et Calbo, tout à l'heure tu disais qu'il était prévu pour le 3ème album d'Ärsenik. Comment ça s'est fait de faire venir Booba ?

Lino : C'était naturel. Booba, c'est quelqu'un qu'on apprécie depuis longtemps, depuis Lunatic. Avec lui et Ali, on avait déjà fait des trucs par rapport à la mixtape Sang D'encre. On avait parlé de faire des titres et tout ça donc voilà.

Skyrock.com : Et qui a fait la prod de ce morceau ?

Lino : Djimi Finger. Et Booba, on l'a appelé, il est arrive en studio et on fait le titre.

Skyrock.com : Il devait y avoir un autre titre d'Ärsenik Fais le 17 sur l'album mais finalement non. Comment tu as fait justement pour choisir les morceaux qui sont sur l'album ?

Lino : Ça doit suivre un rythme en fait. Il ne faut pas que j'enchaîne bizarrement.
(Interrompu par le tél).

Skyrock.com : Travail en famille sur Agent dormant aussi. Comment il est venu ce morceau ?

Lino : Ouais, c'est avec T.Killah. Comme quand on est en studio, tout le monde est là donc ça se fait naturellement, il n'y a pas de calcul. J'ai besoin d'une voix au refrain, je lui vas-y viens poser et ça se fait rapidement.

Skyrock.com : Finalement, c'est un peu du travail à l'ancienne avec du monde en studio qui vient poser ?

Lino : Ouais, c'est bien d'avoir des gens au studio. Pas 10.000 personnes mais des personnes bien précises pour savoir un peu où tu vas. Il ne faut pas rester là dans sa tour après tu vas dans des directions bizarres.

Skyrock.com : Tu es entouré de pas mal de jeunes, ça booste pour montrer qu'on est encore là ?

Lino : Bien sûr, même si les petits jeunes je les emmerde (en riant)!!
Non mais bien sûr, c'est important, c'est une musique de challenge, il faut toujours être à la pointe et c'est vrai les jeunes ont du talent. Enfin, les petits jeunes, je suis jeune moi aussi (Rires). Les plus jeunes ont du talent donc c'est bien de se confronter aussi.

Skyrock.com : On va sortir un peu de l'album. Il y a Kery James qui a fait son morceau Ghetto Super Class, il vous fait un gros clin d'½il sur le morceau et en interview il a précisé que l'expression à l'origine, les 1ers qui ont dit ça en France, c'était Ärsenik avec Ghetto Super Star. Tu l'as écouté le morceau ?

Lino : Ouais j'ai écouté et d'ailleurs j'aimais beaucoup ce titre.

Skyrock.com : C'est une petite fierté quand on a un clin d'½il comme ça ?

Lino : Non mais bien sûr c'est toujours un kiff, c'est normal. Surtout d'un mec comme Kery qu'on apprécie pour son parcours, pour la musique.

Skyrock.com : Il y a un autre morceau, c'est 95, rue Borsalino (je me confesse) , qui est un titre perso, c'est une petit bio,...

Lino : Ouais, je survole un peu.

Skyrock.com : Sur un morceau c'est normal. A un moment, tu dis : "Je fais pousser des roses sur un tas de boue", tu peux expliquer cette phase ?

Lino : Ça veut dire que malgré les galères qu'on peut avoir, je ferai quelque chose de bien de tout ça.

Skyrock.com : C'est vrai que l'album quand on l'écoute il est dark, mais il y a des petites touches d'espoir.

Lino : Oui tout n'est pas sombre. Paradis Assassiné, c'est ma vision du monde et je trouve qu'on dit pessimisme ou optimisme mais le truc, il n'est pas là. Le monde va mal, on ne va pas se le cacher.

Skyrock.com : D'où le visuel qui représente un monde chaotique, qui est tout ce qu'on voit dans les journaux tv ?

Lino : Oui voilà. Exact. Donc on ne peut pas se le cacher. Après il y aussi les bons côtés, ça fait partie de la vie aussi.

Skyrock.com : Il y a aussi Braque les spots, avec Jango Jack ?

Lino : Oui, ça c'est les bons côtés de la vie. (Rires)

Skyrock.com : Ouais, on s'amuse. Et pourquoi Jango sur ce morceau ?

Lino : Moi j'aime bien Jango de par le fait de sa maîtrise du chant.
Lino s'arrête et ajoute en pointant son doigt vers la caméra Là, j'ai bien parlé, j'ai dit de par le fait, hein, ça faut filmer (Rires).
Bon, déjà à la base Jango est rappeur aussi, donc il a une facilité à rentrer dans les titres et à se les approprier, donc j'avais envie de cette vibe là sur le titre. J'ai appelé Jango, avec un petit style à la Nate Dogg.

Skyrock.com : Et la voix féminine sur le morceau, est-ce que c'est Toy ?

Lino : Non ce n'est pas Toy. C'est une ricaine qui bosse avec J.R qui a fait le son du morceau.

Skyrock.com : Il y a une présence féminine avec Wallen. J'imagine que c'était une évidence. Dès son 1er album avec Ärsenik, vous étiez dessus (Rester moi-même) et sur son dernier album, vous avez fait un morceau tous les 2. (Qu'est-ce que je suis supposé faire ?). Quand tu t'es lancé dans l'album, c'est quelqu'un a qui tu as pensé direct ?

Lino : Ouais ouais. Et moi, je suis plus fan des voix de femmes au niveau du chant et Wallen, c'est une fille qui a des histoires à raconter quand tu écoutes ses albums. Elle a des choses à dire puis humainement et musicalement c'est quelqu'un que j'apprécie.

Skyrock.com : Et le morceau Le langage du c½ur, c'est toi qui a amené le thème, comment vous avez bossé ensemble ?

Lino : Je lui ai fait écouter une musique et on va parler sur ça. Et elle a enquillé directe, elle avait envie de rapper en plus, elle a lâché son petit couplet et voilà.

Skyrock.com : Il y a un morceau qui représente pas mal l'album c'est ta façon de voir dans Chant Libre avec Janik. C'est-à-dire que quand on écoute l'album, on sent que tu as fait vraiment ce que tu voulais, que tu t'es fait plaisir.

Lino : Ouais, j'avais envie de donner de la liberté sur ce morceau parce que c'est important. Parce que je trouve qu'on n'est pas assez libre dans ce qu'on fait. On a toujours besoin d'être dans un moule, dans une file, il faut être là, il faut se saper comme ça, il faut dire ça et il ne faut pas dire ça,...Une fois que tu es un peu en marge, c'est mort.

Skyrock.com : Quand tu dis ça justement, est-ce que quand tu as fait l'album tu t'es dit j'aimerai bien de faire ça et finalement je ne vais pas le faire parce que...Est-ce que tu te mets des barrières tout seul ?

Lino : Non, les barrières que je me mets, c'est parce que c'est des trucs que je trouve bizarre par rapport à moi et non pas par rapport à ce que les gens vont dire. C'est important aussi d'interpeller les gens dans la musique, il ne faut pas faire du politiquement correct, il faut qu'il y ait une réaction au niveau des paroles. Les gens si tu veux les interpeller, tu ne les caresses pas, tu leur mets un coup de marteau dans le crâne, c'est un psychopathe qui a dit ça dans un film. C'est dans "Seven", je crois.

Skyrock.com : Et Chant libre, il y a Janik.

Lino : Janik apporte sa vibe. J'apprécie beaucoup Janik pour sa maîtrise du reggae. Je trouve que c'est un mec qui écrie un peu comme un rappeur, il a ce truc reggae mais qui est rap aussi.

Skyrock.com : Et est-ce qu'on va pouvoir te retrouver sur scène ?

Lino : Ouais. On a des scènes que je vais faire en même temps que pour la sortie de l'album de Noyau dur qui sort en novembre.

Skyrock.com : Dans les projets à venir ça va être Noyau Dut et Ärsenik ?

Lino : Ouais. On va enfin le sortir cet album Si quelques doutes subsistent, après Noyau dur.

Skyrock.com : Une année bien chargée.

Lino : Et après, il y a plein de projets dont on parlera peut être plus tard, si on a le temps et si on en a l'occasion. Donc des projets en groupe, j'aime bien la musique en groupe.

Skyrock.com : Et sur scène aussi, souvent c'est des scènes à plusieurs. Après le 2ème album d'Ärsenik, vous aviez fait une tournée avec les Psy 4 de La rime.

Lino : Oui, exact. Maintenant, c'est un peu comme ça que ça fonctionne. Si tu vois aux Etats-Unis, c'est souvent des plateaux que les gens offrent. Quand Game vient, il vient avec Snoop, c'est un peu comme ça.

Skyrock.com : Qu'est-ce que tu aimerais qu'on retienne de cet album ?

Lino : J'ai fait un album, j'ai dit les choses que j'avais en moi, et j'aimerais juste qu'on me comprenne. Et qu'on l'achète (Rires). Alors achète-le et comprend le !!

Skyrock.com : Est-ce qu'il y aura les lyrics dans le livret ?

Lino : Non, mais je les mettrai sur le net.

Skyrock.com : Oui, d'ailleurs il y a un site, c'est paradis-assassiné.com.

Lino : Exact. Et je mettrai tous les lyrics sans faute.

Skyrock.com : Un dernier mot si tu as quelque chose à rajouter.

Lino : Le 12 septembre.

Skyrock.com: Merci

Lino : C'est moi


Paradis Assassiné :


Alors qu'on attendait la sortie du 3ème opus d'Arsenik, le groupe a pris ses fans à contre pied pour sortir le premier album solo de Lino. Une explication toute simple nous est avancée part ce dernier: "Je ne sais pas si on allait dans la bonne direction. Je n'étais pas à l'aise. Du coup on a embrayé sur mon solo". Voilà comment a vu le jour, le premier album de Monsieur Bors: "Paradis Assassiné".

Je passerai sur la traditionnelle présentation du personnage, car je ne serai le faire aussi bien que le premier morceau de l'album. Cette "Interview" reste en 3'18, le meilleur moyen pour découvrir le rappeur. Etat civil, jeunesse, motivations, débuts musicaux, politique, goûts cinématographiques, littéraires, musicaux, tout y passe. L'une des grandes plumes du rap français nous balance sa vie à coup de rhymes ou de vers bien trachants: "La meilleur arme ? Le savoir, c'est vrai dans ce monde corrompu. Mais bon, un schlass ou un calibre, c'est pas plus mal".

Contrairement à ce qu'il faisait sur les album sortis avec son frangin Calbo, Lino a davantage de possiblités pour se livrer grâce à des titres beaucoup plus personnels que ceux entendus sur les deux opus du groupe. Dans son "Paradis Assassiné", le rappeur profite pour donner des détails et anecdotes plus intimes, comme en témoigne l'un des trois titres produits par Djimi Finger, (cont "Agent dormant") "93, rue borsalino (j'me confesse)": "La daronne voulais que je deviennes toubib. (...) J'ai fais un bide grave/ L'école et moi c'est Arafat et Sharon/ Désolé Mr le Commissaire, y a que sur le beat que je passe aux aveux". Outre ce délicieux titre, on pourra retrouver la touche Djimi Finger sur le sanglant "Première catégorie", où l'auditeur découvrira une collaboration entre Lino, Calbo, et Booba dans un style complétement différent du morceau précédement cité. Lino, et ses invités ressortent le bleu de chauffe.

Les productions auront été confiées à des producteurs tout aussi variés que les thèmes abordés par Lino. En complément de D.Finger, l'américain J.R. (50 Cent, Tony Yayo...) aura la tâche de produire deux morceaux. On passe ainsi d'un "Braque les spots" assez festifs, où sont présents Jango Jack et Nancy (aux choeurs), à un morceau plus conforme au style Lino/Arsenik, "A part ça... tout va bien" où divers jeunes rappeurs nous montrent un aperçu de leur talent (Ascencion, Rash, Sboko, Vichy, Las Begas, Besti, Jamadon...). Eden des 2Nég' a aussi répondu présent à l'invitation de Lino pour lui offrir deux titres particulièrement réussis à tous les niveaux: le long "Où les anges brulent" et "Paradis Airlines" en interpellera plus d'un par l'émotions que Mr Bors véhiculent grâce à aux divers histoires (sordides) qu'il y narre. L'égotrip suivant, "Tant que la foule braille (rien à foutre)" sera une nouvelle fois l'occasion de réunir de nombreux invités assez proches d'Arsenik. Accompagnant Lino, Beks, Kazkami, T Killa , Rash, et Blasphem se succéderont pour poser leur couplet sur une prod signée par le duo Medeline, qui avait déja tapé un grand coup sur l'album "Illicite Projet".

Pour ce qui est des invités, outre ceux pré-cités, on pourra apprécier les performances de Janik grâce à un morceau bien écrit, et produit par Madzim et Sec Undo, "Chant Libre", hymne dédié à la liberté comme son nom l'indique, ou écouter la voix de Wallen sur les refrains et un couplet rapé sur "Langage du coeur".

En définitive, les amateurs de rap français ne pourront pas passer à côté de ce premier album offert part Lino. Les fans d'Arsenik ne seront en aucun cas déboussolés par la direction prise par ce dernier, qui s'inscrit principalement dans la continuité de ce qu'il savait si bien faire avec son frère. On aura ainsi une nouvelle fois la possibilité de se délecter des lyrics sans concessions de Mr Bors et son timbre de voix si distinctif. Quant à la qualité des divers instrus, elle ne fera qu'embellir le bon travail réalisé par le rappeur.

Un premier essai concluant

# Posté le mercredi 16 mai 2007 13:16

Modifié le lundi 28 mai 2007 07:13