al peco

al peco
Episode "Rage"
Né en 1980, KANOUTE Yamadou est né à Ivry sur seine et passe les 10 premières années de sa vie à Grigny centre. En 1990, sa famille rentre au Mali définitivement. Il continue son parcours scolaire au lycée français et rencontre en 1993, Simpson, son pote avec qu'il commence à écrire ses premiers textes. En 1996, il intègre le groupe "rage" et les shows et concerts underground s'enchaînent. Le nom du groupe s'installe et en 1998 le morceau Votemania, en collaboration avec naini Diabaté, propulse le groupe nationalement (haute rotation du clip sur ortm, sur toutes les radios nationales). S'en suit une série de concert au coté de Koffi Olomidé, de Khaled, de Penny Penny , de Positive Black Soul... Des concerts à Dakar, au Burkina, le groupe commence à être diffusé sur RFI, africa n.1. C'est l'ascension. En 2000, l'album est réédité en france(Night and day) après le succès en Afrique. Quelques scènes avec Dee Nasty, la flèches d'or, Mcm café introduisent le groupe en france.

Episode "Al peco"
Le groupe éparpillé pour des raisons d'ordre scolaire, Al peco et Koly se retrouvent à Toulouse et forme Rokia Sound en 2001(association organisatrice d'événement culturel) qui produit "Pec Exel" (premier maxi d'Al peco autoproduit et autodistribué). Les mixtapes et les compiles s'enchaînent tres rapidement (Mc's en faktion vol 2, Maximum boycott, Performers, Indipendenza, Sang d'encre, Stricly Street vol 3). Après avoir validé sa maitrise en économie et gestion, le street cd Bled Hard Concept sort en avril 2004 et son succès annonce Al peco comme révélation indé de l'année. Les sollicitations continuent à pleuvoir: GT1 (Génération t '1kiete !!) aux cotés d'Ofx, Disiz la Peste, Dadoo, La Fouine, Busta Flex..., Double Face 6, BO "Dans tes rêves», Rai'n'b Fever 2, Dis l'heure de Hip hop, pop rock avec Johnny Halliday notamment, Double Face 7 où il réalise un duo avec le rappeur numéro 1 aux Etats Unis, Chamillionaire...

Aujourd'hui Al Peco s'apprête à sortir le volume 2 de BledHard concept en septembre 2006 et son album. Concernant les scènes Al Peco est très actif, il écume l'ensemble des scènes du Sud et est fréquemment sollicité pour des premières parties internationales comme Jadakiss ou encore le groupe mythique Public Ennemy. C'est également lui qui réalise à Toulouse les premières parties des gros artistes nationaux tels que Diam's ou le Saian Supa Crew.

Si on devait donner un mot pour définir Al Peco, ce serait « authenticité », fier de ses racines, il s'en sert pour tracer, avec succès, son chemin dans le milieu du rap. Malgré tous ses projets actuels, il se livre en toute sincérité au jeu de l'interview...

1/ Tout d'abord présente toi pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore :

Al Peco 99 représentant ! pour tout les Bledhardz de Turquie au Congo qui sont venus se chercher ici pour se mettre bien !!!

2/ Tu as un parcours assez particulier, tu as commencé au Mali, qu'est ce qui t'as amené dans le rap ?

Le kiff tout simplement ! C'est la musique qui a touché le plus de jeunes dans le monde depuis les années 90 ! C'est un phénomène mondial. Ça a commencé avec Kriss Kross, Da Young Stars, Fu Shniken, Mc Solaar, Pbs , Daara J et tout ...

3/ Après ton succès en Afrique, comment as tu gagné le public français ?

98 à Toulouse pour faire mes études, en 2001 mon premier maxi « Pec Exel » et puis en suite mixtape sur mixtape , compils sur compils j'ai tout saigné sans me poser de questions. Et puis les gens ont remarqué la vibe particulière et que je transcrivais une autre réalité.

4/ 2004, tu sors ton 1er street album « Bled Hard » et tu deviens la révélation du rap indé, quel message voulais tu transmettre via cet album ?

« Bled Hard Concept » c'est du décoffrage de leust un peu , il y a des gros morceaux égotrip « Qui veut sucer du leust ? » ou « B Boy » et des morceaux posés comme « Hey Marianne » très deep, c'était pour me faire les dents ! et je t'avoue que ça a bien marché !! mais c'est pas du tout un album même si il y a beaucoup de titres qui ont tourné !

5/ Sur ce street album on peut retrouver la chanson « Hey Marianne » (ma préférée !). Tu l'as écrite pour quelqu'un en particulier ?

Je l'ai écrite en 3 heures pour te dire tellement ça coulait facilement ! Ben je pense à moi d'abord , mon vécu ! Tu sais là d'où je viens il y a tellement d'illusions sur la France et il faut être là pour le savoir ! Certains petits événements m'ont bien fait comprendre qu'ici t'es pas toujours le bienvenue ! Mais bon y'a foyyyyyyyyyyy !!!!!!!!!!! On est là et on fera ce qu'il y a faire avant de repartir inch'allah !!

6/ Depuis, on entend parler que de toi ! GT1 par ci (compilation « Génération T'inquiètes » aux côtés entre autres de La Fouine, Dadoo, Busta Flex, Disiz... - avril 2005), la BO de « Dans tes rêves » par là... Comme on dit chez nous « Bsartek » ! Mais comment tu vis ces sollicitations ?

Bien ça fait plaisir mais après il faut toujours bosser.

7/ Du coup « Marianne ne te fait plus ramasser les crottes des chiwawas » ?!

J'en ai jamais ramassé je te rassure mais c'est une réalité.

8/ Quelles sont tes influences dans l'écriture ?

J'en ai pas trop tu sais il m'arrive de pas écrire carrément. « je me parle à moi même » c'est assez spécial de me voir en studio. Je change beaucoup mes paroles , les instrus . J'aime faire plusieurs versions des morceaux

9/ Tu disais que tu ne participais qu'au choix des instru, est ce qu'à l'avenir, tu souhaiterais t'investir dans la production des instru cette fois-ci ?

Peut être , mais je suis souvent à l'origine des inspirations pour les instrus mais je les compose pas c'est trop relou les machines et puis chacun son taff mais par contre pour les arrangements je suis toujours là .

10/ Y a t'il un 1er album en projet ?

COLONIZASON, fin 2005 inch'allah ça va jacter !!

11/ Un dernier mot pour conclure :

KOTIGUI DEDO ? L'homme qui fait les choses. C'est l'homme qui a peur sinon ya foy ! Force ! COLONIZASON arrive...


M. Le Ministre de l'Intérieur:

J'ai atterri en banlieue parisienne en 78 je crois.
Monsieur le ministre permettez moi de vous faire un petit cours d'histoire.
mon pays le mali pendant longtemps a servi de colonie , la France s y est bien servie.
moi même à la France , j ai temps servi je peux pas cracher sur pays .
il m' a offert un travail au prix d'une ernie discale.
à part ça rien de grave sauf que j'essaie de tenter cette intégration mais bon!!
20 ans le même job , la routine et mon,..
mon patron écorche encore mon nom .
tellement l'impression de n 'être qu'un chiffre, un simple numéro de secu sociale,
un numéro d 'assedic , un numéro d'alloc familiale.
j'ai pas encore de numéro d'écrou mais c'est pas le cas de beaucoup d'entre nous.
tellement l'impression de n'être que du bétail, un maillon de cette chaîne de consommation interminable
Dites moi je suis malade , je ne le pense pas.
Citoyen français mais ne le ressent pas

Monsieur le ministre , je vous livre le fond de mes pensées sur votre politique.
enfin ce que je pense être ses excès,
stigmatiser cette France qui fait peur soi disant .
cette France du bruit et l'odeur comme le qualifiait l'actuel président.
je ne vous apprend rien quand je vous dis que c'est pas avec un pansement
qu'on arrête une hémorragie.
les causes du malaise sont nombreuses et profondes
la faute qui ? je ne sais pas vraiment.
Démission des parents, politique d'isolement de gens trop différent , illusion de ces enfants pensant réussir dans les voix de délinquants.
tant d'arguments et de causes qui cautionnent l'échec
optimiste , je le suis et vous ?
Mr le ministre de l'intérieur! je vous demande vous ?

Monsieur le ministre de l'intérieur je vous reproche votre manque de tact.
tout ces dérapages verbaux , on parle à des hommes pas des animaux.
oser parler de nettoyable au carcher mais c'est pour quand qu'on parle de retour de bétail en charter.
le trop peu de démonstration officielle, lors du triple incendie étrange de ces familles africaines.
et votre naturelle élocution à ce moment crucial aurait peut être pu avoir des vertus psycho médicales.
mais non trop distant , le pansement gouvernemental encore absent
et ces mamans pleurant en larmes la dépouille de leurs enfants partis en flammes.
mais vous croyez que ça plaint à qui d'habiter dans ce genre de taudis ? ces conditions de vie
je me rectifie de vivre dans ces conditions de survie , non pardon de survivre dans ces conditions de sous vie.
mr l ministre concernant l'immigration , un seul mot à votre bouche EXPULSION.
beaucoup vous qualifie d'homme d'action , excellant dans l 'art de la destruction puisque celui de la construction.
votre pouvoir de persuasion , votre charisme laisse perplexe ma diaspora d'Afrique.
cette diaspora qui se sent implicitement incrimée à chacun de vos discours !
des propos trop populiste à mon goût , j'ai l 'impression d'être un vrai boulet pour vous

oui je suis français , oui je vote !
oui je paie mes impôts comme tous les autres !
oui je vis ici , français mais pas d'origine !



Bledhard Concept Vol.2:


Ces temps ci, en surfant sur le player de Rap2k, vous avez sûrement dû apercevoir le nom d'Al Peco associé à un morceau aux consonnances « Bled Hard » qui s'intitule « Kotigui ». Un terme qui peut paraître étrange pour un français lambda unilingue mais qui signifie beaucoup en Bambaraa (dialecte africain) pour ce malien qui ½uvre dans le rap depuis l'âge de 14 ans.

Kotigui = L'homme qui fait les choses
C'est le premier morceau de cet album, j'insiste sur ce terme car il permet de situer l'état d'esprit du Kotigui qui vous l'avez compris n'est pas en France pour jouer.
Ce morceau est un appel au réveil de son peuple et de manière plus large de toutes les communautés présentes dans les cités, histoire de rappeler que nous avons tous les moyens de réussir. « On ne peut pas passer notre existence à subir, au lieu de cramer des voitures rêve d'en construire ». Il se donne en exemple pour démontrer que tout est possible même quand le système fait tout pour prouver le contraire « J'ai eu mon Bac S a 17/ma maîtrise d'Eco à 22/je suis un Cerveau un vrai Crack pour eux/ Pourquoi tu fais du rap alors ?/Parce que t'es un merdeux / remonte 2 mesures plus haut je te dis je suis un matheux »
Une belle entrée en matière qui va au contre-courant de tous ce qui peut se faire dans le paysage rapologique francais actuellement, qui dans cette thématique est plus axée sur les problèmes que les éventuelles solutions.

Cependant, la problématique de Kotigui est traité sous l'angle opposé sur le morceau « Mr le ministre de l'Intérieur », un morceau ou le Kotigui s'adresse directement au n°2 du Gouvernement avec le respect qui lui est dû, sans violence, mais avec des mots lourd de sens qui marque plus les esprits qu'un simple doigt d'honneur. « Mr Le Ministre de l'Intérieur je vous reproche votre manque de tact/ Ces dérapages verbaux on parle a des hommes pas à des animaux/ Oser parlé de nettoyage au Karcher/ Mais c'est pour quand qu'on parle de retour de bétail en charter ? » Un message qui a sûrement comme principal objectif d'être entendu par l'intéressé tant les lyrics semblent clair et compréhensible par Tous. A quand la réponse ?

Sur « Parce que », le Kotigui répond au pourquoi de son rap sur une instru a la fois sombre et mélancolique, un mélange subtil qui dans le son et le texte reflète bien la motivation du Rappeur en général.

Sur « Lascars contre Bledhards », il oppose deux manières de penser bien distinctes, qui reflète bien l'image que l'un à de l'autre. Une prod explosive assurée par Alsoprodby et un thème très proche de la realité.

Certes, tout ceci nous laisse penser que le Kotigui possède un discours résolument engagé, presque politique, cependant il demeure un artiste accroc a son art, il nous le démontre sur « Combien de sacrifices » aux côtés de Kazkami ; un hymne a l'amour du rap sur une prod entraînante qui nous inspire beaucoup de nostalgie et de gaieté a la fois, une agréable sensation.

Rappeur sur « A.L.P.E.C.O » (pas très convaincant) ou « Cannibal Mc », de l'Egotrip à l'état brut bourré de punchline censé dévoré la concurrence « a l'apéro ou a 4 heures » selon les envies, brillamment orchestré par Koudjo.

Rappeur encore sur «trop nez gros» et son remix, ou lui et les stars montantes du rap français (Grodash, Taro OG, Nubi, Despo rutti, Alpha 5.20) font l'étalage de la force de leurs flows sur un thème porté sur l'autodérision. Je parierais presque pour un futur single, mais ça n'engage que moi !

Plus rappeur que jamais sur « Ridin' remix » en featuring avec le Chamillionnaire, ou le Kotigui ose se mesurer au dinosaure du Crunk avec un flow qui mélange la rapidité et la chansonnette. Un exercice difficile assez bien réussi par notre « Bledhard » national.

Rappeur, mais aussi « Décaleur » sur le morceau « Guerriers » en featuring avec Meiway. Un morceau qui ne rentrera probablement pas dans les classiques du Coupé Décalé mais qui a sûrement une utilité spéciale pour le Kotigui.

Enfin, après ce bref récapitulatif on peut mieux comprendre le concept de Kotigui : le combat d'un jeune malien émigré en France pour réussir. Certains trouveront probablement que son album tourne trop autour de ce même thème, le Kotigui assume cette idée sur le morceau « Paradoxal » produit par T.I.X.X.O pour qu'il n'y ai rien à redire sur cet album.

Je ne classerais pas cet album dans les classiques, mais je peux vous assurer qu'il restera l'un des albums les plus complet et des plus intéressants de cette année 2006.

A vous de me dire ce qu'il vous inspire !
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 18 mai 2007 09:11

Modifié le lundi 28 mai 2007 06:40

Mafia K1fry

Mafia K1fry
Le collectif Mafia K'1 Fry regroupe divers acteurs du rap issu du 9.4 comme le 113 (Rim-K, AP & Mokobe), Rhoff, Manu Key, Karlito, Kery James, Intouchable (Demon1 & Dry), Teddy Corona, Popa, Bakar, OGB, Mista Flo, Jessy Money, Selim du 9.4.
Le posse du 94 s'est fait la main sur divers compiles et sur un 1er album, "Légendaire", qui posait les bases d'un rap hardcore, réaliste mais jamais racoleur.
En 2003, "La Cerise sur le Ghetto" marque le retour au bercail, avant de nouvelles aventures de chacun de ses membres.

Mafia K 1 Fry en quelques mots ?
OGB : Avant d'être un groupe de rappeurs, notre collectif est une bande de potes.

D'où vient le nom ?
O : C'est parti d'une idée de Kery James. On avait le concept mais pas forcément le nom du groupe. Au départ Mafia K'1 Fry s'appelait L'Union et ça regroupait le 113, Rohff, Ideal Junior, Différent Teep (à la base Ideal J). Puis est arrivé Ideal Junior avec Kery James. A chaque fois, le public qui nous voyait ensemble nous appelait "Mafia K'1 Fry". On a apprécié ce nom, on l'a représenté et on l'a gardé.

Pourquoi le mot Mafia ?
Ca représentait plus une ambiance qu'on puisait dans des films. Mais on pourrait dire "organisation" dans le sens où c'est une cellule autonome.
Poppa : Le 113, Rohff, OGB, on est plus des personnalités à part entière, tous liés par la pieuvre. La pieuvre, c'est la Mafia. On aurait pu s'appeler "Organisation K'1 Fry".

Combien y a t-il de membres dans la MKF ?
O : On était seize. Maintenant on est quinze. Artistiquement dans l'album, il y a Manu Key, Intouchables, Karlito, Jessy Money, Rohff, Selim du 94, Teddy Corona, Bakar, Poppa, Mista Flow, OGB, Poppa, et 113.

Comment avez-vous travaillé ?
O : Dans l'équipe, il y a des gens qui ne rappent pas tous les jours mais qui apportent quelque chose au collectif. Mokobé ne rappe pas beaucoup mais il apporte au niveau de ses idées, de son relationnel. D'autres membres fournissent plus de choses au niveau artistique, c'est la même pour Jessy Money ou Selim du 94.

A quel moment avez-vous décidé de réaliser l'album ?
O : Depuis "Mafia K'1 Fry légendaire", certains disaient que c'était un produit sous mixé et on n'avait ni les moyens ni les connaissances pour le faire. Aujourd'hui, nous sommes prêts. On aurait pu le sortir plus tôt mais chacun était occupé à défendre son album.

Vous vous étiez fixés une date butoir qui, suite aux projets de chacun, était continuellement repoussée ?
P : Non, finalement, on ne s'est pas donné de date, on voulait déjà réussir à le réaliser. Il faut toujours une date butoir, donc c'était un moyen de se mettre la pression.

L'album ?
O : On voulait ramener des sons à la meilleure époque celle juste après "Mafia K'1 Fry légendaire" qui ramenait une couleur et un délire particulier représentant la Mafia K'1 Fry. Aujourd'hui il y a des mecs qui font du son avec les styles de Dre et de Pharell mais ils n'ont pas leur couleur. On a pas voulu ramener des beats saccadés à tout va ou des beats electro on a voulu ramener notre délire. C'est ce qu'on a réussi à faire. Pour l'anecdote, en écoutant l'album, Kery James a dit un truc qui m'a fait énormément plaisir il a dit "je pensais que c'était impossible de ramener le délire d'avant". Et on l'a super bien pris et en l'écoutant et en le réécoutant, on a vraiment ramené le délire de la meilleure époque de la Mafia K'1 Fry.

A qui était destiné l'album ?
L'album était destiné à notre histoire personnelle. C'est une idée qui date de 10 ans déjà. Et c'est l'album d'une bande de potes. Il est dédié à tous les gens qui achètent 113, Rohff, Différent Teep. Et il est dédié à tous ces gens qu'on a pu rencontrer dans les tournées respectives de chacun, qui nous disaient "c'est quand l'album Mafia K'1 Fry ?". Mais aussi à tous les professionnels, vous aussi, qui nous demandaient "pourquoi vous ne faites pas l'album du collectif ?".

Comment s'est déroulé le tournage du clip avec Kourtrajmé. On l'a trouvé squale, il est hardcore, dans l'ambiance, le fait qu'il y ait du monde qui déboule...
O : Par rapport à ça j'ai une anecdote, DOUDOU MASTA a regardé le clip, il a rien dit pendant tout le clip et à la fin il fait " c'est une manif, le clip ! " (rires). Il y a énormément de petits dans le clip, ils ont trop le sourire.

Comment avez-vous rencontré Kourtrajmé ?
O : Les mecs ce sont des vrais, on était morts de rires. Si On n'était pas dans le rap, on aurait fait ça en prenant notre pied. Il se trouve qu'on a produit nous mêmes un vinyl qui s'appelait " Pour ceux " et on a voulu produire nous même le clip. Manu Key, et Karlito sont partis chez Chronowax et ils ont vu ce que faisaient les Kourtrajmé. Les gars, ce sont des tueurs ! Mokobé connaissait aussi. Donc on dit "Ok", et les mecs nous disent "ça va être ghetto, on a que trois DV" On leur a dit de ne pas s'inquiéter de venir, sans synopsis, à 11 heures à la cité. Et pendant trois, quatre jours c'est venu tout seul

Il y a aussi le merchandising de Mafia K'1 Fry...
P : Oui, c'est grâce aux gens qui ont acheté les produits "Mafia K'1 Fry". Ils ont contribués à financer le clip et le vinyl.

Le morceau "Story Mafia" je l'ai trouvé dans la même lignée que "Hold-up", mais à un autre niveau...
O : Ouais t'as pas tort. Ca je n'y ai pas pensé mais "Hold-up" 113 sont les seuls à l'avoir fait. En fait "Story Mafia" c'est parti d'un délire, ouais on peut dire que "Story Mafia" c'est le hold-up de la mafia, sauf que hold-up on sait que c'est un braquage sans faire toc toc Etc...Ceux qui vont écouter "Story Mafia" vont se demander "qu'est-ce qu'ils ont embarqué, qu'est-ce qui se passe ?" Chacun donne libre court à son imagination. Tout ce qu'on sait c'est qu'on réussit et qu'on s'arrache.

Un morceau m'a fait rire c'est "Balance"...
P : Il est destiné à toutes les balances, TOUTES les sortes de balances. A tous les niveaux, les balances de la Cité, celles des halls, à ton travail...Chacun décrit sa vision, il y a une cohérence malgré nos différents styles d'écritures. Il y a toujours une balance que ce soit dans les grosses affaires ou ailleurs.
Je me dis que le gars qui a balancé, il ne va pas l'apprécier...
O : C'est clair on voulait que le gars qui a balancé il se prenne la tête. Tu imagines celui qui passe en bas d'une cité, il entend ce son ? il va se dire : "Mais ils savent ou quoi ?" (rires)...Le gars il va craqué avec les insultes, "t'es qu'une balance à vie".
Voilà ils ont leurs morceaux aussi...

... "Nuage de fumée 2" ?
O : Au tout début, Kery tenait à être dans l'album. Il nous a proposé un morceau "Nuage de fumée" qui est un classique du rap français. Il travaille actuellement sur une sorte de compilation avec des rappeurs, un projet social...on a entendu "Nuage de fumée" et on a kiffé.

Le morceau CBR ?
P : Karlito a trouvé un truc, il disait que CBR voulait dire 100 barres et nous on a kiffé. L'instru s'appelait CBR, et on a gardé ce nom parce que le morceau parle d'oseille.

Les projets par la suite ?
O : En fonction des tourneurs, et également selon la suite des événements. Et il y a quatre dates prévues. Deux gros concerts à Paris, Lyon, et Marseille. Pour tous ceux qui nous écoutent, il y aura tous nos plus gros morceaux.

Vous pouvez me parler des vêtements African Armure, et Mafia K1Fry?
P : On met en place tout doucement. On essaye de trouver un truc qui corresponde à notre image. Nous avons été capables de faire l'album, le clip. La marque est née comme des lyrics, je me suis bien retrouvé en "African Armure". Le rap c'est américain, on aime des artistes américains mais nous voulions ramener notre touche, l'Afrique.
O : Quand dans la rue tu vois une personne habillée en "African Armure" c'est comme si tu vois un artiste "African Armure". Le T-Shirt il a une identité. Quand je vois quelqu'un qui porte cette marque ou MAFIA K1 FRY ou bien la marque WRUNG qui sont des potes, je vais serrer la main à la personne.
P : A la base on dit merchandising mais on a commencé avec une dizaine de T-Shirts qu'on donnait aux gens...Et après on s'est dit qu'on allait répondre à une certaine demande. Au départ, on les donnait dans la cité, lors des concerts, et ensuite on s'est structuré.

Un message :
P : Ecoutez les lyrics, il y a beaucoup de gens qui nous cataloguent mais on assume. On dit des choses hardcores et écoutez les lyrics, c'est censé sincère.
O : Et je dirais de bien écouter l'album. On a mis dans le livret un lexique sur notre argot parce qu'on a pensé aux gens de province qui n'ont pas le même argot que nous. Et grosse dédicace aux lecteurs de 5 STYLES.

Balance:

Refrain
Tu deviens tout rouge, t'as chaud, tu t'reconnais
C'est à toi que j'parle balance
Tu m'reconnais, p'tit enculé, on peut pas t'aimer
Tu parles de moi aux flics, où est l'intérêt?

Mista Flo
Tu parles trop, on devrait t'arracher la langue avec une grue et t'la mettre directement dans le cul Tu baves en plus, tu salis la couche d'ozone, fais gaffe t'es recherché dans ma zone Passes-moi un marteau pour lui clouer son bec de lièvre On t'expose tout nu au soleil et t'attrapes la fièvre

Demon One
Alors t'as chaud, c'est cramé
Tout le monde sait que t'as balancé
T'oses même plus te balader dans le quartier, t'es grillé, fiché, poucav Sur toi ça parle, y'a plus d'un contrat sur ton crâne On a même parlé de toi à l'émission Tout Le Monde En Parle Alors t'es vert, t'as ouvert ton derrière au commissaire On sait plus comment te faire taire, t'es victime d'effets secondaires Hey yo, faut pas violer la loi du silence Hé gros, balance, et nous du haut d'un pont on te balance

Refrain

Dry
Si t'étais vraiment mon pote tu l'aurais pas fait
T'as gaffé, au lieu de fermer tes dents, gros, t'as bavé
On m'a dit pas sous les coups mais face à la tôle t'as perdu tes couilles Tu flippes du mitard et des embrouilles alors tu t'affoles Fais donc pas trop ta folle à frimer devant les halles mec Moi je rafale les putes qui renseignent les decks Si ton seul moyen de survie est de balance Ma devise est de balance, toujours un high kick quand ça balance

Teddy Corona
Je t'ai fait manger tu m'as fait plonger petit fils de pute
Tu connais le code de la rue petite langue de pute
En plus tu me connais, t'es chez toi, j'te hagal
Je vais te faire mener une vie d'alloc dans mon local
Six jours sans bouffer, sans boire ni péter
Tu cries, dans le quartier tout le monde sait que t'es une balance à vie

Refrain

Rohff
Pendant que mes potes se font remonter par l'ADN et les empreintes T'as de ces fils de putes qui jouent les chauds, qui portent plainte Aux amateurs d'mains courantes, appels anonymes J'imagine l'inspecteur a du mal à te suivre à la machine Tu frimes devant ta meuf, bluffe ton équipe, tu trahis ton baveux Devant les keufs passe aux aveux T'es qu'une balance à jamais gravée dans nos mémoires Une grosse balance quand ton reflet apparaît dans le miroir À ce qui paraît tu descends même plus en promenade au placard "Hechèm" ta famille dans l'tiéquar, tu t'fais hagar ...? T'as plus qu'à te ranger dans la droiture, changer de voiture Devenir un trave, faire une teinture On va se venger, ton cul va faire un tour de magie Assis sur une bouteille, elle disparaît devant tous les mecs de la téci Avec ton gros trou de balle à travers ta bouche on peut voir par terre tellement tu peux pas te taire Même les petits te disent plus bonjour, mais t'affichent Ce qui t'oblige à faire un grand détour pour rentrer parce qu'on t'a mis une fiche

AP & Rohff
Tu fais ça sans vergogne, avec nonchalance, balance
A chaque phrase on devrait te scier une phalange
Tu tiens plus en place, peur d'avoir une équipe sur le dos
Si c'est le cas pour t'en sortir faut que tu te surpasses, sale race Si tu l'as fait c'est que tu vas le refaire, trahir ton frère Alors qu'il voulait se refaire, tu peux en être fier Pas de saisie sans indic, nique les poucavs dans les histoires à vingt briques ou de la résine de cana Quand j'pense que tu faisais le canard pour qu'on te fasse quécro Maintenant tu veux nous carna, kâhba sous merde, t'es qu'une serpillière C'est de ta faute si des darons se font braquer à la première prière T'aurais dû garder le silence pour toi On bougera en silence, on aurait jamais dû te faire confiance, balance



Jusqu'à la mort :


Jusqu'à la mort, tel est le mot d'ordre de la plus célèbre Mafia du rap français.
On en attendait tant d'eux depuis la sortie de « La cerise sur le ghetto » qui, à l'époque, avait été assez bien apprécié par leur public.

Beaucoup d'interrogations planaient autour de ce dernier projet, le retour de Kery James, l'absence de Rohff, l'harmonisation du collectif étant donné l'avancement des carrières solos et des groupes ou encore les thèmes abordés.

Pour répondre à la question de Kery James, « Thug Life » semble être la meilleure réponse, un véritable classique comme il sait si bien les faire, qui vient asseoir définitivement la place de la Mafia K'1 Fry dans le c½ur de la rue, bien au delà du département du Val de Marne.

Pour le reste, l'impression qui reste la plus dominante est celle d'un retour aux sources avec des morceaux « ghetto » comme « Val de meurtre », « Microbes », l'entrée en lice dans le game de Mista Flow avec « M.I.S.T.A » ou l'excellent « Tu vois » orchestré par Sofly qui nous ramène à la bonne époque de la Mafia K'1 Fry légendaire.
Des morceaux Hardcore comme le premier single « Guerre », qui donne un constat assez sombre de la situation actuelle sur un beat envoûtant de Nino (Street Lourd) censé donner envie d'agir pour changer les choses, « Survivor » ou « Tout est possible » qui sont les morceaux qui lui font écho, nous montrant bien que l'idée est de se battre en comptant sur nos qualités propres pour ne pas subir.
Des morceaux conscients comme « Incompris », « La Balle » ou le bel hommage fait a leurs mamans « Mama », un morceau émouvant qui met en avant l'importance de la mère dans les familles africaines et le respect qui leur est porté.
Un morceau pour les clubs « K'1 Fry Club » qui paraît comme un cheveu dans la soupe qui malgré une excellente prod de Big Nas n'est pas très convaincant, mais bon, on ne peut pas dire que ce soit leur spécialité.

Pour conclure, je dirais que la recette qui a fait leur succès a encore fonctionné.
Cependant, Rohff manque quand même pour ses punchlines foudroyantes et malgré le morceau « Thug Life », on ne peut pas dire que Kery brille autant que ce qu'on aurait pu attendre de lui. Enfin, c'est un avis personnel et chacun des artistes du collectif aura encore beaucoup à dire sur leur prochains projets persos.

Longue vie à la Mafia K'1 Fry, et j'ose dire que moi aussi « je suis Mafia K'1 Fry » ;-)

# Posté le vendredi 18 mai 2007 09:03

Modifié le lundi 28 mai 2007 06:41

50 cent

50 cent
50 Cent, de son vrai nom Curtis Jackson, a vu le jour dans le Southside Jamaïca, Queens (New York), le 6 juillet 1976. Très tôt, son père quitte la maison familiale, pour laisser à sa mère, dealer de drogue, la charge de son éducation. Malheureusement, alors qu'il n'est âgé que de 8 ans, Curtis perd sa mère dans un mystérieux incendie qui ravagea sa maison. Dès lors, ces grands parents décident de l'accueillir, en lui offrant une vie davantage équilibrée. Cependant, le petit Curtis va, progressivement, commencer à suivre le chemin de sa mère, en dealant au sein de son quartier, lui donnant ainsi prendre le pseudo de "50 Cent" en l'honneur du grand dealer de drogue auquel il vouait une grande admiration, mais qui le conduira, aussi, à passer quelques fois par la "case prison".

Ce n'est qu'au milieu des années 90, que 50 Cent va commencer à réellement s'intéresser au rap. Ce changement va se réaliser grâce à sa rencontre avec Jam Master Jay, membre de Run DMC, qui va lui enseigner les bases du hip hop. Ce dernier lui offrira une cassette de beats afin qu'il se fasse la main. Surpris par le potentiel du jeune homme, Jam Master Jay le prendra sous son aile et lui fera signer un contrat avec son label, JMJ Records. Cette signature permit à 50 Cent de rencontrer le duo de producteurs new yorkais, les Trackmasters (composés de Tone et Poke), qui vont lui offrir, en 1999, la chance de signer avec Columbia Records et de travailler ensemble pour la production de ce qui aurait du être son premier album, "Power of the Dollar".
En deux semaines, 50 Cent va écrire 36 chansons. Afin de faire monter progressivement le buzz autour de ce dernier et de lui assurer une certaine promotion de son album, 3 singles sortiront. Les morceaux "Your Life's on the line", "Thug Love" (featuring Destiny's Child) et le sulfureux "How to Rob " seront finalement choisi. Ce dernier titre fera un véritable carton, grâce notamment à ses lyrics provocants, à travers lesquels, le rappeur new yorkais nous explique comment il dévaliserait quelques grands noms du rap game.

Le 24 mai 2000, sera sans doute une date clef dans la carrière musicale, et dans la vie de 50 Cent. En effet, ce jour là, il sera victime d'une véritable fusillade. Installé dans une voiture, devant la maison de sa grand mère, 161st Street Jamaica, Queens, (près de l'endroit où quelques années plus tard, Jam Master Jay trouvera la mort) , 50 Cent sera blaissé mortellement par 9 balles de 9 mm.et ceux quelques jours avant la sortie de son album. Ces jambes seront touchées à 7 reprises. Une balle atteindra sa main et une autre le touchera près de la machoire. Conscient du mauvais coup que 50 Cent venait d'endurer, et inquiet qu'il ne puisse plus poursuivre sa carrière et assurer ses futurs concerts à cause d'un possible handicap, Columbia décida de le lacher et d'annuler la sortie de son premier album.

Après de long mois de rééducation et durant deux années, 50 Cent va se tourner vers le circuit underground new yorkais. Avec ses amis d'enfance, Lloyd Banks et Tony Yayo, il fondera le crew G Unit, avec lequel il sortira un nombre incalculable de mixtapes afin de se relancer. Il travailla, alors avec le producteur Sha Money XL, (qui avait signé sur le label de Jam Master Jay, à la même époque que 50Cent) et Dj Whoo Kid. Le travail de qualité du Mc du Queens lui permi de jouir d'un certain prestige, ce qui commença à attirer l'attention de nombreuses personnes. De nouvelles perspectives se présentèrent à lui. 50 Cent décida finalement d'accepter la proposition d'Eminem, qui venait de fonder, avec Dr Dre, le label Shady/Aftermath,
En rejoingnant ce label, 50 Cent savait qu'il venait de "toucher le gros lot". Cette signature allait lui permettre de pouvoir enfin, sortir son album et de collaborer avec deux poids lourds du rap game. Il s'enferma durant plusieurs mois avec Dr Dre et Eminem afin d'enregistrer de nouveaux morceaux. Quelques mois avant la sortie de son premier album, "Get Rich or Die Tryin' ", Eminem invita 50 Cent sur la BO de son film ("8 Mile") retraçant les grandes étapes de sa vie. Le rappeur new yorkais participeras à 3 titres, dont le fameux "Wanksta", qui fera office de single précédant la sortie de "Get Rich or Die Tryin' ".
En début d'année 2003, souhaitant éviter que l'album "Get Rich or Die Tryin' " fasse l'objet d'un piratage trop important, le clan Shady/Aftermath décidera d'avancer la date de sortie de l'album de 50 Cent. Ce dernier estimait que son album, grâce aux tubes produit par Dr Dre et Em', pourrait se vendre autour des 5 millions d'exemplaires. Mais, dès sa sortie, 50 Cent savait qu'il allait devoir revoir ses objectifs à la hausse. En effet, ce premier opus allait faire tomber de nombreux records de vente. En l'espace de 5 jours seulement, près de 872 000 copies s'étaient déjà écouler. Au jour d'aujourd'hui, on estime que cet album a dépassé la barre des 11 millions d'exemplaires vendus...

Toutefois, 50 Cent ne se reposa pas pour autant sur ses lauriers, et fonda son propre label, G Unit Records, sur lequel il allait sortir l'album de son crew. Suite à la peine de prison que Tony Yayo devait purger, il fut décidé que le rappeur sudiste, Young Buck serait engagé afin de palier l'absence de ce dernier. Finalement, l'album du G Unit sortit en fin d'année 2003, et reçu un bon accueil de la part du public. Cet album se serait vendu à près de 4 millions d'exemplaires.

En businessman averti, 50 Cent savait qu'il se devait de diversifier au mieux ses activités, un peu à la manière d'un P.Diddy ou d'un Jay Z. En partenariat avec Reebok, il lança une collection de sneakers (chaussures). Il créa un marque de vétément à l'effigie de son crew (G Unit) et se lança dans le marché de la boisson énergétique., refusant toute offre pour les boissons alcoolisées, au motif qu'il ne buvait pas et que son ancien entourage l'avait quelque peu marqué. Il projeta l'idée de sortir un film retraçant, un peu à la manière d'Emimen, sa longue carrière ("Hustler's Ambition'').

Cependant, Curtis Jackson ne délaissa pas pour autant la musique qui l'avait élevé au rang de star planétaire. Il se remit, avec l'aide de ses compères du G Unit à innonder le circuit underground par le biais de mixtapes. Il lança la série "G Unit Radio", avec l'aide de son Dj "attitré", Dj Whoo Kid, sur lesquelles étaient invités de prestigieux "guest" (Jamie Foxx, Eminem etc...). Il participa activement aux albums de Lloyd Banks ("The Hunger for more") et Young Buck ("Straight Outta Cashville") qui sortirent en 2004, et qui s'écoulèrent entre 1,5 et 2 millions d'exemplaires. 50 Cent fit signer de nouveaux artistes sur son label. Outre l'arrivée d'Olivia, une chanteuse de R'n'B, il accueilli le rappeur The Game, originaire de Compton, avec lequel il collabora sur son premier album au sein de l'écurie "G Unit/Shady/Aftremath, intitulé "The Documentary" et qui sortit en février 2005. Malheureusement, des tensions apparurent entre les deux hommes, et le Mc californien en fit les frais. Ce dernier fit un cours passage sur le label, avant de se faire virer, pour "trahison" envers 50 Cent. Et ce n'est pas leur pseudo réconciliation , qui fit éviter à 50 Cent et The Game d'entrer dans un nouveau beef.

En mars 2005, 50 Cent sorti son deuxième album solo, intitulé "The Massacre", au style musical assez éloigné de ce qui avait été fait sur le précédent opus, mais qui reçut de la part des fans un accueil semblable à celui de "Get Rich or Die Tryin' ".


Discographie
Album solo
Get Rich or Die Tryin' (2003), The Massacre (2005)

Album avec le G Unit
Beg for Mercy (2003)

Quelques mixtapes
Power of the Dollar (1999), Guess Who's Back (2002), 50 Cent is the Future (2002), No Mercy, No Fear (2002), G Unit Radio (vol 1 ---- vol 11)

Autres Tracks
Bad News Travels Fast (feat. G-Unit)
Beef With Me
Clap Niggaz
Crazy
Dem Not Ready (feat. Sean Paul)
Doin My Own Thang (feat. G-Unit)
Follow Me Gangsta (feat. G-Unit)
G-Unit Anthem (feat. G-Unit)
Get On Your Knees (feat. G-Unit)
Hood On Smash (feat. G-Unit)
I Call Shots (feat. G-Unit)
If Dead Men Could Talk
If You Want It
Many Men Remix (feat. Brooklyn)
Niggaz Better Move (feat. Lloyd Banks)
Order of Protection (feat. G-Unit)
P.I.M.P. (feat. G-Unit & Snoop Dogg)
Places 2 Go
Right Therre (feat. Young Buck)
Rowdy Rowdy
Shorty Stay
U Think U Know Me (feat. G-Unit)
Wanksta
What's Poppin Niggaz (feat. Cocoa Brovas)
Ya Heard Me
Ya'll Not Ready (feat. G-Unit)

Collaborations
2Pac - Tha Realest Killas
Beyonce - Sexy Lil Thug
Cellski - Get That Money Mayne (feat. Lil Flip)
D-12 - Rap Game
David Banner - Like a Pimp Remix (feat. Busta Rhymes)
DJ Evny - What Goes Around (feat. G-Unit)
DJ Kay Slay - 50 Shot Ya
DJ Whoo Kid - Live & Die Freestyle
DJ Whoo Kid - We Run These Streets (feat. G-Unit)
DJ Whoo Kid - You Want Beef With Me
DMX - Shot Down (feat. Styles P.)
Eminem - Bump Heads (feat. G-Unit)
Eminem - Collapse Remix (feat. Eminem)
Eminem - Hail Mary (feat. Busta Rhymes)
Eminem - Love Me (feat. Obie Trice)
E-A-Ski, Lil Flip - Get That Money Mayne
Jay-Z - Da Kicks
Jennifer Lopez - I'm Gonna Be Alright
Juvenile - New Orleans 2 N.Y. (feat. Young Buck & Skippa)
Justin Timberlake - Cry Me a River Remix
Kandi - Cheatin' On Me (Track Master Remix)
Kobe Bryant - Thug Poet (feat. Nas & Broady Boy)
Lil Kim - Magic Stick
Mary J. Blige - Let Me Be the One
Mary J. Blige - Let Me Be the One Remix (feat. G-Unit)
Mary j blige feat. 50 cent & g-unit - ooh (remix)
Missy Elliot - Work It Remix
Next - Jerk
Obie Trice - We All Die 1 Day (feat. Eminem & Lloyd Banks)
Onyx - React (feat. Bonifucco, X-1)
Pretty Ugly - Hit Em Up (feat. P-Dap)
Self - War Story
Snoop Dogg - Beautiful Remix (feat. Lloyd Banks)
The Game - It's So Hard (feat. Balance, Lloyd Banks)
The Notorious B.I.G. - Tha Realest (feat. Eminem)
The Notorious B.I.G. - Tha Realest Niggaz
The Product G&B - Tired of Being Broke
Young Buck - 44's & calicos

21 Questions:

50 Cent
New York City!
Maintenant tu rappes avec...50 Cent
Tu dois aimer ça...
Je veux juste me détendre et danser
Prendre le soleil dans ma 7-45 (voiture)
Tu me rends fou bébé
J'ai besoin de te voir et de sentir ta présence à mes côtés
Je te donne tout ce dont tu as besoin
Et j'aime ton sourire, je ne veux pas te voir pleurer
J'ai des questions à te poser
Et j'espère que tu vas pouvoir y répondre bébé

Refrain - Nate Dogg
Bébé...c'est facile de m'aimer maintenant
M'aimerais-tu si j'étais fauché et dehors ?
Ressentirais-tu encore quelque chose pour moi ?
Bébé...il est facile de m'aimer maintenant
M'aimerais-tu si j'étais fauché et dehors ?
Ressentirais-tu encore quelque chose pour moi ?
Bébé...

50 Cent
Si je ne connaissais plus la gloire demain, m'aimerais-tu toujours?
Si je ne sentais pas aussi bon, me serrerais-tu encore dans tes bras?
Si je me faisais incarcéré et envoyé dans un centre pénitentiaire
Pourrais-je compter sur toi pour m'aider à surmonter une telle épreuve ?
Si à la place de ma Benz je reprenais ma petite voiture de rien du tout, me quitterais-tu et disparaîtrais-tu comme certains de mes amis ?
Si on me frappait et me blessait, serais-tu encore de mon côté ?
S'il était temps de travailler, le ferais-tu ?
Je sortirais, claquerais un négro, me détendrais et conduirais
Je pose toutes ces questions pour savoir comment tu es réellement au fond de toi
Si je ne rappais pas et que je faisais des hamburgers au Burger King
Aurais-tu honte de dire à tes amies que tu m'aimes?
Et si au lit je te faisais des trucs chauds, aimerais-tu ça?
Si je t'écrivais une lettre d'amour, me réécrirais-tu une à ton tour ?
Maintenant on peut se prendre une petite boisson, tu sais, un truc fort
Et on pourrait faire ce que tu veux, je sais que tu aimes ça

Refrain

50 Cent
Me quitterais-tu si ton père découvrait que je suis un gangster ?
Me crois-tu quand je te le dis, tu es la seule que j'aime
Cela te rend folle que je te pose ces 21 questions ?
Es-tu mon l'âme s½ur ? Si oui, alors bébé tu es un cadeau du ciel
Me fais-tu assez confiance pour me raconter tes rêves ?
Je te regarde pour essayer de comprendre comment tu peux rentrer dans ces pantalons
Si je n'allais pas bien, me remonterais-tu le moral?
Si je me trouvais avec une autre fille et que quelqu'un nous aurait vu
Et quand tu me demandes et que je te répond que ce n'était pas moi
Me croirais-tu? Ou te lèverais-tu me quitterais-tu ?
Quelle est la profondeur de notre relation s'il un rien te décide à partir ?
Et souviens-toi toujours bébé que nous faisons des fautes, que pour arranger les choses je ferai l'impossible
Je t'aime comme un gros gosse aime les gâteaux
Tu me connais, je ferai tout pour te faire sourire

Refrain

Pourrais-tu m'aimer dans une Bentley?
Pourrais-tu m'aimer sur un bus?
Je te poserai 21 questions, que sur nous
Pourrais-tu m'aimer dans une Bentley?
Pourrais-tu m'aimer sur un bus?
Je te poserai 21 questions, que sur nous


--------------------


50 Cent
New York City!
You are now rapping...with 50 Cent
You gotta love it...
I just wanna chill and twist a lot
Catch suns in my 7-45
You drive me crazy shorty I
Need to see you and feel you next to me
I provide everything you need and I
Like your smile I don't wanna see you cry
Got some questions that I got to ask and I
Hope you can come up with the answers babe

Nate Dogg
Girl...It's easy to love me now
Would you love me if I was down and out?
Would you still have love for me?
Girl...It's easy to love me now
Would you love me if I was down and out?
Would you still have love for me?
Girl...

50 Cent
If I feel off tomorrow would you still love me?
If I didn't smell so good would you still hug me?
If I got locked up and sentenced to a quarter century,
Could I count on you to be there to support me mentally?
If I went back to a hoopty from a Benz, would you poof and disappear like
some of my friends?
If I was hit and I was hurt would you be by my side?
If it was time to put in work would you be down to ride?
I'd get out and peel a nigga cap and chill and drive
I'm asking questions to find out how you feel inside
If I ain't rap 'cause I flipped burgers at Burger King
would you be ashamed to tell your friends you feelin' me?
And in bed if I used to my tongue, would you like that?
If I wrote you a love letter would you write back?
Now we can have a lil' drink you know a nightcap
And we could go do what you like, I know you like that

Nate Dogg
Girl...It's easy to love me now
Would you love me if I was down and out?
Would you still have love for me?
Girl...It's easy to love me now (Woo!)
Would you love me if I was down and out?
Would you still have love for me?
Girl...

50 Cent
Now would you leave me if you're father found out I was thuggin'?
Do you believe me when I tell you, you the one I'm loving?
Are you mad 'cause I'm asking you 21 questions?
Are you my soulmate? 'Cause if so, girl you a blessing
Do you trust me enough, to tell me your dreams?
I'm staring at ya' trying to figure how you got in them jeans
If I was down would you say things to make me smile?
I treat you how you want to be treated just teach me how
If I was with some other chick and someone happened to see?
And when you asked me about it I said it wasn't me
Would you believe me? Or up and leave me?
How deep is our bond if that's all it takes for you to be gone?
And always remember girl we make mistakes, to make it up I do whatever it take
I love you like a fat kid love cake
You know my style I say anything to make you smile

Nate Dogg
Girl...It's easy to love me now
Would you love me if I was down and out?
Would you still have love for me?
Girl...It's easy to love me now
Would you love me if I was down and out?
Would you still have love for me?
Girl...

Could you love me in a Bentley?
Could you love me on a bus?
I'll ask 21 questions, and they all about us
Could you love me in a Bentley?
Could you love me on a bus?
I'll ask 21 questions, and they all about us


Mes kifs : 50 Cent :


50 Cent était à Paris pour présenter son nouvel album. Alors qu'il répondait à notre interview, nous lui avons proposé de parler de son kif insoupçonnable, de sa collaboration rêvée ou de son meilleur ennemi. C'est l'interview Mes kifs de 50 Cent.

Ma collaboration rêvée
Ciara et Beyonce sur un album commun



Mon clash préféré
Ja Rule et moi, parce que j'ai détruit toute sa vie (rires).



Mon dîner idéal
Halle Berry et Penelope Cruz



Mon meilleur ennemi
Game. Parce que je fais de l'argent avec lui. A chaque fois qu'il parle de moi, je touche de l'argent (rires)



Moi et la politique
Je ne suis pas trop politique. Mais pourquoi pas, c'est vrai que ce sont des enculés (rires) !



Mon disque de chevet
Get Rich. Mais le nouveau est mon préféré maintenant.



Mon livre de chevet
From pieces to Weight', un livre que j'ai écrit sur ma vie.



Mon kiff insoupçonnable
Regarder la télé, affalé sur le canapé. Il ne me faut pas grand-chose !



Je suis doué pour
Le rap...et la boxe



Mon expression préférée
Les gens confondent ma confiance pour de l'arrogance



Ce que j'ai toujours rêvé de faire
Star du rap, pas depuis tout petit, mais peut-être depuis 1997.



Dans 10 ans je serai / j'aimerai être
Enorme. Je serai le roi de l'industrie de la musique.



Quand j'étais petit, je voulais être
Pilote de formule 1



Quand je serai vieux, je voudrais...
J'aime ma vie. J'aimerai continuer à avoir ce succès dans la musique.



Si j'étais un personnage, je serais
Brad Pitt pour sortir avec Angelina Jolie (rires) !
50 Cent : itw :


50 Cent crée l'événement. Le 25 juin, il arrive avec Curtis S.S.K., son nouvel album. Selon l'artiste, c'est le meilleur opus qu'il ait réalisé. Skyrock.com a voulu connaitre les raisons...Voici son interview exclusive !!!

Skyrock.com : Bonjour 50 Cent.
50 Cent : Salut.

Skyrock.com : Bienvenue sur Skyrock.com. Tu es venu nous présenter ton nouvel album, qui est dans les bacs le 25 juin. Il s'appelle Curtis S.S.K. Pourquoi as-tu choisi ce titre ?
50 Cent : Et bien, il s'appelle Curtis, parce qu'il parle de ce qui s'est passé avant Get Rich. Je l'ai appelé Curtis, parce que beaucoup de gens me reconnaitront en tant que tel, avant le succès de Get Rich.

Skyrock.com : Est-ce que ça signifie que tu ne veux plus être 50 Cent, ou que tu veux plus te présenter en tant que Curtis ?
50 Cent : Il y a un côté innocent de ma jeunesse en fait. C'est pour ça que j'ai voulu garder ça, mais ce n'est pas un changement définitif.

Skyrock.com : A quoi peut-on s'attendre ?
50 Cent : La barre a été montée très haute. La qualité est bien supérieure à ce qu'on a pu entendre. Je suis entré en studio avec Kanye West, Pharrell, Will.I.Am, Polo, Switz Beatz, Timbaland, Dr Dre, Eminem...Tous les grands noms ! Ils m'ont donné une créativité différente, la direction artistique était différente aussi. Mais j'avais de grandes idées avant de travailler avec eux. J'ai travaillé avec de nouveaux producteurs comme Dangerous LLC. Il n'a pas forcément le côté populaire, mais il m'a donné des idées incroyables, et des titres comme Window Shopper ou Hands up sur le dernier album de Lloyd Banks. C'est quelque chose de très surprenant. Il y a aussi Jay'n, qui a fait deux titres pour l'album. Il a fait une chanson avec Justin Timberlake et moi. Il y a un titre avec Mary J. Blige, qui s'appelle All of Me, un autre avec Eminem, enregistré à Detroit, Peep Show, également produit par lui. Il y a Fire, produit par Dr Dre, featuring Young Buck et Nicole de Pussycat Dolls. Il y a une chanson avec Robin Thicke, appelée Follow my lead.

Skyrock.com : Il y a beaucoup de collaborations.
50 Cent : Oui. En fait cet album a été fait avec une approche très différente. J'ai voulu une vision artistique qui soit très différente, jusque dans le studio.

Skyrock.com : Il y a beaucoup d'artistes américains qui font du Dirty South. Que penses-tu de l'émergence de ce mouvement ?
50 Cent : Je pense que le Sud a beaucoup de bonne musique. Ils ont un peu changé le hip-hop. Ça a changé la façon de bouger. Pendant un temps c'était ça (il bouge la tête ndlr), et pas plus. Ça donne un peu plus de fun au hip-hop. Même, quand j'ai fait mon album, j'ai voulu mettre un peu de fun, comme Straight to the Bank, sur le refrain. Je pense qu'un bon album a des émotions, comme un humain. C'est ce que j'ai voulu faire dans mon album, pour que les gens apprennent à apprécier encore plus ce genre de musique.

Skyrock.com : Ton premier single est Straight to the Bank. Pourquoi avoir choisi ce titre ?
50 Cent : C'est un single de mise en jambe comme on dit.

Skyrock.com : On a entendu pas mal de choses à propos de G Unit. Il y a un mouvement appelé Ban 50 Cent. Tu pourrais nous expliquer ?
50 Cent : Tu sais, tout va bien pour G Unit. C'est une évolution naturelle pour chaque artiste, qui a besoin d'être reconnu en tant que tel, pour son art. Lloyd Banks était récemment au Japon, Young Buck est dans le Sud là, et ils ont fait une tournée séparée, chacun de leur côté. C'est ce qu'ils veulent faire, avoir une certaine indépendance, et je trouve ça bien. Le mouvement Ban 50 Cent est le même mouvement que le G Unot. C'est la même issue. Ça ne me dérange pas, je n'y vois aucun mal, parce que le hip-hop est une compétition. Peu importe qui gagne, ce n'est pas une concurrence, mais plus une véritable quête de reconnaissance artistique qui est en jeu. De là à me bannir, non ! J'ai toujours ma liberté d'expression.

Skyrock.com : Tu as un skyblog Music.
50 Cent : Oui (sourire).

Skyrock.com : On peut écouter Straight to the Bank et d'autres titres. Est-ce que tu peux nous dire ce qu'on va retrouver dessus ?
50 Cent : L'album va être comparé à Get Rich. Les gens à qui je l'ai fait écouter avant, ont pensé à Batman Bigins, parce que c'est le film qui a donné naissance à Batman. Pour moi c'est un peu la même chose. Les gens ont beaucoup aimé en disant que c'était mieux que The Massacre ou que Get Rich, parce que la musique est encore plus forte. Pour Get Rich, j'avais des titres comme Many Men, qui me montrait tel quel et sur le même album, j'ai donné In Da Club, qui est la célébration de la vie, dans une autre ambiance. Il faut faire très fort pour arriver au niveau où je suis arrivé. Mais ce que j'ai fait là, avec Curtis, ça parle de la situation dans laquelle j'étais avant le succès.

Skyrock.com : Et pour le G Unit ? Tu as parlé du succès des membres, qu'en est-il des nouvelles signatures ?
50 Cent : Il y a Hot Rod, qui est aujourd'hui le plus jeune membre du G Unit. Je pense que ça va être un grand talent. Maintenant il travaille sur son nouveau projet, mais je suis déjà impressionné par ce qu'il donne. Il y a aussi Spider Lo, qui est de la Côte Ouest, on va aussi sortir son album. Il faut juste prendre le temps, mais c'est vrai que le hip-hop évolue. Après moi, il y a la sortie de l'album d'Eminem, parce qu'après Curtain Calls, tout le monde pensait qu'il ne sortirait plus d'album et qu'il ne ferait plus de musique. Mais je peux te certifier qu'il travaille sur un nouvel album. On va avoir de bonnes choses qui vont sortir. Il y a aussi l'album de Dr Dre, avec qui j'ai fait deux titres pour Detox. C'est en attente, d'ici peu de temps.

Skyrock.com : Pour revenir à Skyblog Music, tous les membres de G Unit ont leur Skyblog. Tu crois que c'est important de communiquer sur ce support ?
50 Cent : Absolument. Skyblog est une plateforme avec laquelle il faut compter. A chaque fois qu'on me donne l'opportunité de me montrer, je le fais (rires). En tant qu'artiste, musicien, c'est important de faire ça. On n'a pas toujours la possibilité, et c'est un forum où on peut faire passer ses idées.

Skyrock.com : As-tu de nouveaux projets, excepté l'album ?
50 Cent : J'ai produit le dernier album de Lil'Scrappy. J'ai fait le single Money in the Bank, featuring Lloyd Banks. Je vais produire l'album de LL Cool J, qui devrait sortir à la fin de l'été. C'est un des meilleurs artistes. C'est quelqu'un qui peut se construire seul et faire sa propre carrière. Ça fait des années qu'il est là, et les gens continuent de s'intéresser à sa musique. Si ça continue comme ça, c'est parce que non seulement c'est un type intelligent, mais aussi parce qu'il arrive à réunir les meilleurs. Quand j'ai travaillé avec lui, on s'éclate tout d'abord. Moi, je ne lui enseigne rien sur la musique, je n'ai rien à lui dire dessus. Il connait tout. Par contre on a beaucoup parlé du concept de l'album et vous allez voir le résultat.

Skyrock.com : Est-ce que tu vas faire une tournée ? Tu reviendras en France ?
50 Cent : Absolument. Après la sortie de l'album, je serai en tournée très rapidement. Vous allez me voir plus que la dernière fois pour la sortie de The Massacre. Ce que j'ai envie de faire, c'est peut-être travailler un peu plus à l'extérieur des Etats-Unis. Après la sortie, je fais ma promo aux Etats-Unis, et ensuite, on va aller à l'étranger.

Skyrock.com : Merci.

Get Rich Or Die Tryin :


Date de sortie: Février 2003
Label: Aftermath/Shady/Interscope

50 Cent dans l'underground était un clasheur hors-pair, un petit taquin qui ne manquait de descendre quelques rappeurs entre deux tirs. Lorsqu'il a sorti 'Power Of The Dollar' et des tas d'autres albums bootleg tels que 'Guess Who's Back', il était encore un dealer. C'est aussi l'un des premiers rappeurs à avoir conquis la rue avec grâce aux mixtapes vendues comme des petits pains.

Mais ce buzz a été d'autant plus amplifié lorsque le bulldozer Shady/Aftermath conduit par Dr Dre et son padawan Eminem ont pris 50 Cent sous leur épaule. Fort de ce coup médiatique, Curtis Jackson (pour les intimes) est devenu la coqueluche de tout le rap game. Adulé, apprécié, catapulté par une très bonne crédibilité et inversement décrié, déprécié, et décridibilisé. On retiendra surtout qu'il est « l'homme qui s'est fait tirer 9 fois dessus », plutôt que le rappeur de SouthSide (Queens) qui a repris l'avatar d'un célèbre gangster local. Tous les projecteurs sont braqués sur lui du jour au lendemain.

Il est d'ailleurs l'invité d'honneur de la bande originale d'Eminem, '8 Mile', sur lequel il balance un "Wanksta", pour suivre une phase transitoire et grossir sa base de fan avant son album 'Get Rich Or Die Tryin'. Un titre sans aucune ambiguïté, montrant clairement le but de 50 Cent, et une pochette symbolique au fort impact (là c'est ambigu). Cet opus a pour intention d'alimenter les fantasmes 'gangsta' du public sous toutes ses formes : 50 est dangeureux, 50 est glamour, 50 est extravagant, 50 est la star du gangsta rap. Et peu importe que les gens en parlent en bien ou en mal, la polémique et la publicité tourne toujours à son avantage. Mais que demande le peuple ?

Cet album a démarré comme un décollage de fusée pour atteindre un succès éclair hallucinant, planétaire. Et ceci est dû une nouvelle fois à l'ingéniosité de Dr Dre, signant la première grosse bombe "In Da Club". On passe les autres gros hits "P.I.M.P.", "21 Questions","If I Can't"... l'intérêt ne se porte heureusement pas sur les morceaux 'de surface' destinés aux auditeurs néophytes. La première partie de l'album reste des plus remarquables, avec des morceaux tels que "Patiently Waiting" feat Eminem et "Many Men (Wish Death)", à classer entres les meilleurs extraits de 2Pac et Notorious BIG. "Heat", "Like My Style" et "Back Down" tempèrent l'album dans cette ambiance street, où l'auditeur peut sentir les balles passer près. Ca douille !

L'un des défauts de 'Get Rich Or Die Tryin' vient d'un certain contraste entre les nouvelles productions signées Eminem et Dr Dre, et les anciennes préconçues avant le transfert de 50 Cent dans le clan Aftermath. L'autre coup marketing vient de la présentation des membres de son groupe G Unit : Young Buck (sur le morceau down south "Blood Hound"), Lloyd Banks et Tony Yayo. Pourquoi ne pas sortir du crew après son succès ? Une option facile qui vient grossir encore plus la base de fans, mais avec un tel tremplin, une occasion pareille ne manquerait surtout pas d'être ratée.

Depuis l'avènement mondial de 50 Cent, le monde du rap a été divisé en plusieurs catégories : les 'groupies' et autres 'suceurs', les adeptes du clan Shady/Aftermath et les 'haters', venant créer à eux trois un certaine équilibre dans le rap game. Mais pas pour empêcher les débordements.

'Get Rich Or Die Tryin' est considéré pour certains comme un classique rap contemporain, alors que pour d'autres il ne s'agit que d'une simple galette de plastique purement commerciale. Reste à savoir quelle est la meilleure réponse... Dans tous les cas, depuis fin 2002 et onze millions d'albums plus tard, 50 Cent et son fidèle gilet pare-balles demeurent intouchables. Pour combien de temps?

"If David could go against Goliath with a stone/I can go at Nas and Jigga for the throne"



The Massacre :


Massacre à la sulfateuse de l'homme aux neuf trous de balle

L'été 2004, David Guetta chantait "Money! Get rich! Or die tryin!". Un tube dance très jet-set qui parle de ce que ça parle. Pendant ce temps-là, dans la bastion d'Aftermath, 50 Cent enchaîne les prises de bec avec de nombreux rivaux tels que Ja Rule, Jadakiss et compagnie, en plus de mettre en orbite sa nouvelle recrue The Game qui a cartonné ce début d'année avec 'The Documentary'. Donc les diss pour se faire un peu pub, 'The Valentine's Day Massacre' repoussé et écourté en 'The Massacre' pour faire monter la sauce : c'est encore du marketing signé Aftermath/Interscope, du rap bizness autrement dit. Sans parler de la formule déjà bien rôdée par son mentor Eminem, c'est-à-dire la 'controversy sells'. Autant de faits qui ont pour effet de faire croire que l'album sera exceptionnel. Mais ne vous leurrez pas, ceci n'est que du spectacle orchestré par 50 lui-même et ses deux producteurs, Slim Shady et Dr Dre. Depuis 'Get Rich Or Die Tryin' sorti il y a deux ans, Curtis Jackson pour les intimes, est devenu un véritable fauteur de trouble et cette fois, il a fait tomber le gilet pare-balles pour se montrer torse nu (voir cover). Un corps musclé pour exprimer une certaine immunité mais dont les traits soulignés rappellent que tout ceci n'est que superficiel et qu'il marche avec 'S' on his chest. Le challenge maintenant pour celui qu'on aime detester: vendre encore plus. Normal pour une personne qui relativise le talent en terme de ventes, question d'assurance? Et tiens, pour bien commencer ce massacre, sachez que The Game vient d'être limogé du G Unit! Donc ne le cherchez pas déjà en featuring sur l'album (aurait-ce été prémédité?).

L'une des questions que l'on se posait sur 'The Massacre' était de savoir si Eminem et Dr Dre allaient produire ce disque en intrégralité. La réponse est non. Plutôt curieux surtout qu'il s'agit là de la seconde grosse sortie majeure du clan Aftermath de cet Hiver 2005. Eminem produit en tout et pour tout trois morceaux. On s'attarde en premier sur "I'm Supposed To Die Tonight" qui est un peu la suite de "Many Men (Wish Death)". L'instrumental est moins 'classique' que ses productions actuelles alors que le thème est 'classique' puisque ça parle de crever sous les feux. Les deux rappeurs font la paire sur "Gatman & Robin" plutôt trippante et entraînante grâce à ses basses de fond et ses riffs de guitares rock au refrain pour énergiser le tout. Le bon docteur quant à lui n'a laissé que deux beats (le fédérateur "Outta Control" et "Gunz Gon' Come Out") , c'est presque radin. Bon il faut dire qu'il a produit la moitié du dernier Eminem ('Encore') et quelques autres pour son protégé The Game. Ces deux morceaux restent dans les standards actuels de Dr Dre sans être exceptionnelles, à croire qu'il ait réellement gardé ses meilleurs beats pour 'Detox'! Toutefois 50 Cent s'en sort plutôt bien sur celles-ci même si une bombe du calibre de "In Da Club" aurait été la bienvenue. L'implication de Dr Dre et Eminem est donc moindre sur ce 2e opus, mais ils ne sont jamais loin quand il s'agit de mixer les autres morceaux.

50 Cent n'oublie pas non plus ses racines new-yorkaises caricaturée façon gangsta. Il a beau être la personne la plus detestée de New York, les morceaux plus Eastcoast lui conviennent bien mieux. Tant pis, on charge le disque et après une introduction bien morbide, on enchaîne avec "In My Hood" (prod. C Styles & Bang Out) et son finish au saxophone, et "This Is 50" (prod. Sha Money XL). Hi-Tek ensuite apporte sa patte avec "Get In My Car" et "Ryder Music", avec comme vous pouvez le voir des sujets similaires. La dernière ressemble aussi un peu à "Runnin" (Cf 'The Documentary') mais en plus agréable et plus glamour en tout cas. Dans le même lot des petites tueries East, ajoutez "Ski Mask Way", "Position Of Power" et la finale "I Don't Need Em" (prod. Buckwild) et son instru repris déjà par GhostFace (Cf 'The Pretty Toney Album') ce qui ne l'empeche pas de changer de flow en fonction des couplets. A l'inverse, on compte pas mal de bangers très typés orientaux, bizarrement, pour les dancefloors. Evidemment Scott Storch en est à l'origine: le single "Candi Shop" et ses sous-entendus très sexuels, "Just A Lil Bit" et le très bon "Build You" featuring l'Oscar du Meilleur Acteur 2005 avec Ray, Jamie Foxx. Plus "Disco Inferno" même si elle paraît moins attrayante que le reste. Autant les morceaux Eastcoast permettent à l'album de garder le cap, le style est plus adouci, d'autant plus que les tracks plus r&b n'arrangent pas forcément les choses (elles restent plutôt bonnes dans l'ensemble malgré tout).

Côté guests G Unit, on remarque d'abord la nouvelle recrue Olivia, chanteuse r&b. Ex-signataire de J Records (comme Busta Rhymes), elle est propulsée en exclusivité sur le premier single ("Candi Shop" et son refrain semblable à celui de "Magic Stick"): top promo pour la topless bien greluchée. Pour l'anecdote, Clive Davis l'avait qualifiée de "voix de diva avec des lèvres de salopes". On la retrouve pour donner un peu de charme sur "So Amazing" (prod. JR). L'un des membres qui fait une nouvelle fois forte impression, c'est Tony Yayo sur "My Toy Soldier" (prod. Eminem), puisqu'il reste le joker attitré de 50 Cent. Redoutable, voix particulière, lyrics assez francs, on attend de plus en plus impatiemment son album prévu cette année! Le G Unit au complet rejoint 50 sur le remix de "Hate It Or Love It" (le remix en bonus), produit par les producteurs/plagieurs Cool & Dre (on aurait cru du Kanye West) et déjà présent sur 'The Documentary' mais avec un verset différent de The Game. En tout et pour tout 6 featuring sur 22 morceaux, ça laisse pas mal de morceaux solo. Un bon point.

On passe plus en détail sur quelques chansons. "Baltimore Love Thing" qui relate les effets de l'héroïne en la comparant à une femme, un peu comme Nas parlait de l'argent sur "Money Is My Bitch". Résultat, on croit encore à tort que 50 Cent parle encore de femmes... "God Gave Me Style" (prod. Needlz) reste un égotrip 'détestable' et vantard. Mais qui peut lui reprocher d'avoir raison? 50 fait maintenant parti des plus gros vendeurs rap et son succès mondial attise les convoitises. Ce qui nous mène à ... (frottez vous les mains) la chanson qui fait couler beaucoup d'encres et autant de commentaires, la fameuse diss track "Piggy Bank" (traduisez la tirelire). Peu importe que le beat de Needlz ressemble à "Let Me In" de Young Buck, on s'attarde sur les textes. Beaucoup de rappeurs sont concernés: Shyne ("Big ol' chrome rims, clean you know why I shine/ C'mon man, you know how I shine"), Jadakiss ("Jada don't fuck with me if you wanna eat/ Cause I'll do your lil ass like Jay did Mobb Deep"), Fat Joe ("That fat nigga thought Lean Back was "In Da Club"/My shit sold 11 mill, his shit was a dud"), Lil Kim ("Freak bitch look like Kim before the surgeory/ Its an emergency, a Michael Jackson see") et Nas et Kelis ("Kelis said her milkshake brings all the boys to the yard/ Then Nas went and tattooed the bitch on his arm"). Faut reconnaître sans être de mauvaise foi que c'est de la réplique facile mais l'effet est là puisqu'il se nourrit de ses détracteurs pour continuer à amasser à la pelle.

Que conclure? D'abord le million d'album dépassé cinq jours seulement après sa sortie(!), battant de nouveau le record de vente d'un album rap qu'il détenait déjà avec 'Get Rich Or Die Tryin' (plus de 800 000 exemplaires vendus en une semaine). Reste à savoir si les ventes de 'The Massacre' surpasseront celles de leur prédecesseur mais vu le lot de singles potentiels, il n'y aura aucun mal à allonger la durée de vie d'un album qui sonne plus G Unit que Shady Aftermath. Le massacre reste un cran de sureté en dessous de 'Get Rich' et légèrement en dessous de 'The Documentary' au niveau du fond. Les thèmes restent les mêmes : femmes, flingues avec le charme gangsta en plus des variations de flows et les refrains caractéristiques. Les auditeurs qui s'attendaient à une bombe le trouveront médiocre, contairement à ceux qui le trouveront plutot satisfaisant s'ils appréhendaient un disque sans aucun intérêt. Comme quoi, 50 Cent a beau avoir perdu beaucoup de street credibility, vendre son produit c'est ce qu'il fait toujours de mieux.



Power Of The Dollar :


Date de sortie Juillet 2000
Label: Trackmasters/Columbia/Sony

Drogues, clashs, embrouilles, rap, c'était la vie de 50 Cent à la fin du millénaire dernier alors qu'il trimait encore dans SouthSide Queens. Des échos de son fameux talent sont arrivés dans les oreilles des chasseurs de tête de Columbia. ''Power Of The Dollar' devait être officiellement le tout premier disque de Curtis Jackson, avant que celui-ci se fasse tirer dessus par neuf fois - ce qui a entraîné illico sa rupture de contrat avec la maison de disque.

Ce qui surprend en premier, c'est la voix de 50 Cent : claire, ni enfumée par le blunt, ni enraillée par une balle dans la gorge. Normal vu que le disque étant enregistré avant la fusillade ! Par contre, son flow est reconnaissable entre mille donc on retrouve vite ses repères. 'Power Of The Dollar' est produit par les TrackMasters et contient en fait pas mal de surprises et de détails assez interessants expliquant le style actuel de 50 Cent.

D'abord les thématiques : la vie de hustler-gangster, les flingues, les filles, bref la thug life. Des sujets de prédilections encore repris aujourd'hui ! Déjà quelques morceaux destinés au sexe opposé comme "Material Girl" par exemple, et ses sonorités proches de "P.I.M.P" (!). 50 Cent avait aussi déjà l'art du « refrain-qui-tue » et facile ("Good Die Young"), limite chantés ("As The World Turns" feat UGK). Noreaga vient préter main forte sur "By Any Means" alors qu'on retrouve des scratches de Jadakiss sur "I'm A Hustler" ! Les changements de flow sont monnaie courante aussi, une habitude qu'il a perpétuée jusque maintenant.

Pour ceux qui ont écouté les bonus tracks de 'Get Rich Or Die Tryin', il ne seront pas surpris de retrouver "Life's On The Line" où il laisse quelques rimes concernant Nas et Jay-Z. Ce dernier a d'ailleurs répondu sur son 3e volume (Cf Chronique de 'Life & Times of Shawn Carter'). Une des chansons qui a fait beaucoup de bruit reste "How To Rob", véritable mode d'emploi du braquage de l'industrie du disque.

En tout et pour tout pas mal de petites anecdotes mais pas pour autant un album anecdotique même si celui-ci est trouvable uniquement en bootleg ou sur Internet. 'Power Of The Dollar' est la preuve en tout cas que 50 Cent a su rester fidèle à lui-même et à son style. Avec le succès et la grosse tête en plus.



The Massacre (Special Edition CD/DVD) :


Puisque 50 Cent a décidé de vendre plus que son premier album (soit 11 millions de disques à travers le monde), il sort une réédition de son 2e opus 'The Massacre' (dans les bacs depuis Mars) avec un nouvel extrait, « Outta Control (Remix) » feat le duo du Queens Mobb Deep (nouveaux signataires sur G Unit Records) et produit par Dr Dre, et un DVD bonus. L'idée de ce DVD annexe est assez sympathique puisque 50 a enregistré un clip pour chaque chansons de son album : Faites vos calculs, 21 chansons donc 21 vidéos. Il vient presque d'inventer le premier album qui se regarde ! Donc au niveau du CD en lui-même, le remix remplace la version originale de « Outta Control » et le remix de « Hate It Or Love It » a disparu du tracklisting (devinez pourquoi).

Le commentaire qui va suivre, et la note finale, ne concernera donc uniquement les vidéo-clips et non l'album. Si vous voulez (re)lire la chronique de 'The Massacre', cliquez juste sur le lien hypertexte.

On va déjà passer en vitesse les clips qui ont déjà été diffusés sur les grandes chaînes TV musicales, à commencer par « Candy Shop » et l'exotique « Just A Lil Bit ». Pas vraiment de choses à redire sur « Disco Inferno » avec ses paires de grosses fesses à profusion. Passage obligé sur la grosse nouveauté « Outta Control (Remix) » avec les M.O.P en début de clip et un couplet remarqué de Prodigy des Mobb Deep (« I'm young/ I'm black/ I'm rich yes !! » ), la poster de Dre sur le mur en fond. Pour l'instant, les extraits n'étaient que les gros club-bangers de 'The Massacre' et pas forcément les morceaux qui reflètent le mieux la tonalité de l'album.

Evidemment, il paraît normal de discuter du fameux diss « Piggy Bank », dont le clip en image de synthèse a provoqué plus la polémique que les textes en eux-mêmes, assez simplistes. 50 Cent est le héros d'un jeu vidéo de boxe dans lequel il ridiculise un Fat Joe en short, Jadakiss en tenue de tortue ninja boulimique, un Nas déguisé en Superman courant derrière le camion de Milkshake, Cassidy en survêtement rose et pour finir The Game en Mr Patate. Bling bling à souhait en plus de ça. Pour rester dans le trip clips virtuels 3D, « My Toy Soldier » propose quelques cinématiques plutôt violentes tirées de son prochain jeu vidéo 'Bulletproof', mais le mieux foutu reste celui de « I Don't Need 'Em » en noir & blanc.

On transite sur un autre clip en N&B, celui de « In My Hood » qui débute le DVD, où 50 se ballade tout seul dans QueensBridge. Tout comme le pseudo clip de rue « Ski Mask Way » et « God Gave Me Style », se faisant tirer le portrait par un peintre, notre rappeur a préparé des clips très simples avec très peu de prises de vues. Quelquefois, tout le clip n'est filmé que sur un seul plan (ou deux), avec des effets de lumières ou un fond changeant seulement. C'est le cas de « This Is 50 », le bédéesque « Gatman & Robin » avec Eminem ou le réussi « Gunz Come Out ». OK pour saluer le concept de ce DVD mais on garde tout de même cette impression désagréable de bouclé à la va-vite. Avec la fortune qu'il possède, n'a-t-il pas été capable de faire une série de mini-films tape-à-l'oeil dans le meilleur des cas? Et ce n'est pas tout.

Trois clips ont été tournés en amateur pratiquement (« I'm Supposed To Die Tonight », « Get In My Car » et « Ryder Music », il fallait s'en douter), filmant 50 Cent dans des voitures de luxe en train de rapper au volant. Certaines séquences sont entrecoupées de moments en studio avec Eminem, Dr Dre et Snoop Dogg (sur « Outta Control »), d'autres instants dans le bus de tournée (« A Baltimore Love Thing ») ou encore en boîte de nuit avec greluches à gogo-danseuses. Vu sous cet angle, on aurait cru regarder le making-off de 'The Massacre' tourné par un vidéaste lambda.

Il est clair que 50 Cent n'a pas investi des millions de dollars dans ce projet dont on a l'impression qu'il y avait des contraintes de temps: il a fait les choses vraiment à moitié sur ce coup-là. Cela dit, le fond multimédia vidéo/sonore reste efficace dans l'ensemble (style pour faire des karaokés) malgré une finition et des montages limite fait avec du scotch qui laissent parfois à désirer. Même si dans le fond, cela change des habituels DVD musicaux, ce fut une nouvelle fois qu'une cascade purement et simplement marketing.

Les bonus ne sont pas si exceptionnels que ça, puisqu'il s'agit simplement de la bande annonce de son prochain film, 'Get Rich Or Die Tryin' bientôt dans nos salles obscures, ainsi celle de son jeu vidéo 'Bulletproof' qui sort prochainement sur PlayStation 2 et Xbox.




Get Rich Or Die Tryin' (OST) :


Alors que l'actualité Hip Hop de ces temps-ci fuse dans tous les sens (Réconciliation Jay-Z/Nas, Cam'Ron blessé par balle, les affaires de Murder Inc,...), 50 Cent aka le Napoléon du rap continue son parcours, et refait encore une fois de plus parler de lui, n'en déplaise aux gens, cette fois-ci pour la bande originale du film relatant sa vie intitulé "Get Rich Or Die Tryin' ". Ce film semi-autobiographique ne parle absolument pas de son parcours actuel dans l'industrie musicale mais plutôt de son ascencion, de son enfance jusqu'au résultat d'aujourd'hui. Même si son dernier album 'The Massacre' s'est plutôt bien vendu, il faut reconnaître qu'il était dans une tout autre direction artistique et d'un niveau inférieur par rapport à celui qui fit son succès. Cette B.O était donc une bonne occasion de voir comment Curtis Jackson allait évoluer entre ce (trop?) court laps de temps.

Les premiers extraits "Hustlers Ambition", sur un bon sample à l'ancienne, et "Window Shopper" sur un sample de Bob Marley ("Burnin' And Lootin"), ne nous laissent pas indifférent. Dès la première écoute, on a tout de même l'impression de découvrir un 50 Cent différent, ou peu être tout simplement le 50 Cent à ses débuts: celui qui était dans le rap underground new-yorkais et qui montrait toute son ambition sur des tracks non sophistiquées et non formatées “grand public”. Par contre, il balance toujours autant sur ses rivaux, c'est ce qui l'a fait percer d'ailleurs (dans les deux sens du termes ^^). Et donc il continue la même recette, car ici dans "Window Shopper" il en remet une couche sur ses têtes de turc actuels, à savoir Jadakiss, Nas et Fat Joe, plus encore dans "What If" il jette une petite pique à AZ. On a vraiment l'impression que le milieu du Hip Hop est parfois comme une classe d'école mais sans professeur, et que l'élève turbulent Jackson tire des boulettes de papiers sur ses 'camarades' avec sa sarbacane fabriquée à l'aide d'un vieil effaceur, ceux-ci répondant machinalement histoire que la boucle soit bouclée. Bref outre ces absurdités, passons dans le vif du sujet avec ce qui nous interesse le plus, à savoir la musique.

Ce CD est surtout un bon moyen de faire exprimer toutes les nouvelles recrues qui ont gonflé les rangs du G-Unit crew. Tel un consommateur qui a fait ses courses dans un supermarché du Hip Hop, 50 Cent n'a pas eu de mal à attirer les Mobb Deep, Mase, M.O.P,... Bon évidemment on entendra toujours des gens grogner dans leur barbe à propos de ces signatures, mais bon il faut se mettre à l'évidence, c'est-à-dire que si ça peut élargir les connaissances rapologiques de certains, c'est vraiment pas plus mal. On avait déjà que cette combinaison 50/Mobb avait donné le très satisfaisant "Outta Control (Remix)", et en récidivant ici avec un autre bon morceau "Have A Party" avec la participation de Nate Dogg sur une production du vieux loup de mer de la Westcoast, Fredwreck. Par contre le morceau des Mobb Deep ("You A Shooter") avec 50 au refrain laisse place à une certaine déception, ou lassitude. Mais passons aux deux autres poids lourds que sont les M.O.P. sur le surpuissant "When Death Becomes You": cette chanson rageuse est vraiment l'exemple type qui montre que les artistes signés chez G Unit Records ne se sont pas restreints, et qu'ils peuvent continuer la lignée artistique qu'ils avaient dans par le passé.

Après plusieurs écoutent, on se dit qu'il y a vraiment de bonnes choses mais comme pendant la puberté, il y a tout de même quelques points noirs à percer. Le morceau sans doute le plus répugnant reste celui de Tony Yayo avec "Fake Love". Lui qui ne fait qu'une brève apparition avec cette chanson ne remonte vraiment pas sa cote de popularité depuis son controversé album solo ('Thoughts On a Predicate Felon', NDlR). Bref si vous cherchiez un point commun entre les commentraires footballistiques de Jacques Santini et cette chanson, c'est que les deux sont aussi interessant à écouter. Et puis bon, l'autre touche qui déplaira à beaucoup c'est le morceau "We Both Think Alike" de 50 et Olivier heu pardon...Olivia (pour être allé au concert du G Unit à Bercy je peux vous dire que c'est bien Olivia avec un grand A). Certes beaucoup la critique mais à vrai dire elle se débrouille plutôt bien, même si ce morceau est faible. Il faut en revanche signaler que c'est elle que l'on entend sur le morceau ultra-connu d'Erick Sermon "Genius E Dub", ça prouve qu'elle en a quand même dans les cordes vocales. C'était pour la petite anecdote.

Il nous reste à parler des autres membres originels du G-Unit. En premier lieu d'un Lloyd Banks (qui s'est malencontreusement fait pirater pas mal de chansons de son prochain album) qui en tout cas se débrouille plutôt bien sur ses deux solos avec un "Get Low" et un "Born Alone, Die Alone", restant sur une même longueur d'onde. Ensuite d'un Young Buck, toujours aussi excité, sur le plaisant "Don't Need No Help" (produit par Hi-Tek & J.R.) et sur la bonus track "I'll Whip Ya Head Boy" feat 50 Cent, dans une ambiance plus dirty south. Ah oui, on allait oublier de vous dire que Mase fait une brève apparition sur le lourd "I Don't Know Officer" tenu en haleine par les touches de piano du producteur Jack One, et où se succèdent 50, Lloyd, Prodigy et Spider Loc (alias la touche Westcoast du G-Unit), assez discret côté apparition bien qu'on le retrouve sur le bon "Thing Change".

Voila voila, donc pour résumer cette B.O est de bonne qualité hormis quelques défauts. A vrai dire tous les morceaux en solo de 50 Cent sont agréables à l'image des singles, mais aussi des productions de Dr Dre : le mélancolique "When It Rains It Pours", sur un somptueux riff de guitare signé Mike Elizondo, et "Talk About Me" qui évoque parfaitement ce que souhaite le rappeur du South Jamaïca Queens. On regrette seulement le fait que certains membres ne soient pas plus présents (surtout les M.O.P.).

# Posté le vendredi 18 mai 2007 08:29

Modifié le samedi 09 juin 2007 05:53

ntm

ntm
Le groupe est composé de Joey Starr (Didier Morville) et de Kool Shen (Bruno Lopes), tous deux originaires du département de la Seine-Saint-Denis (93). Ils ont débuté dans le hip hop dans les block-partys de Dee Nasty où ils côtoyaient notamment le groupe Assassin. Ils se sont d'abord fait connaître grâce au breakdance et surtout au graffiti (ligne 13...), ils évoluaient alors dans le posse 93 NTM (formé des DRC (Da Red Chiffons) et des TCG), dont Rockin' Squat faisait également partie.
NTM apparaît publiquement à partir de 1989, sur Radio Nova puis, en 1990, leur titre Je rap est édité sur l'album Rapattitude, la première compilation de rap français. Un an plus tard sort Authentik, leur premier album. Les tubes d'alors sont Le Monde de demain, L'Argent pourrit les gens, C'est clair, Authentik, entre autres.
Suivra en 1993 1993... J'appuie sur la gâchette, réalisé par DJ Clyde (Assassin) d'où est issu le morceau Police, qui sera à l'origine de l'« affaire NTM ».[1]
En 1995, Kool Shen et Joey Starr sortent leur troisième album, Paris sous les bombes avec des titres poignants comme Qu'est ce qu'on attend, Tout n'est pas si facile, La Fièvre et le cultissime Pass pass le oinj ou encore le morceau en featuring avec NAS, Affirmative Action, ainsi qu'une VHS.
En 1998 sort l'album de la consécration : Suprême NTM, d'où sont issus des morceaux comme Ma Benz, That's my People ou Laisse pas traîner ton fils. C'est aussi cette année que seront créés les deux labels Boss Of Scandalz Stategys (BOSS) pour Joey Starr et IV My People pour Kool Shen. En 1998, sort également le CD live de la tournée NTM et le DVD du concert.
En 2001, ces deux labels sortent d'ailleurs l'album Le Clash, un remix des plus grands morceaux du Suprême NTM. À noter aussi le DVD Authentiques, un documentaire sur le groupe réalisé par Sear et Alain Chabat, ainsi que les trois album live, NTM Live (1995), 93 Party (1998) et NTM Live... du Monde de demain à Pose ton gun (2000), ce dernier regroupant tous les plus grands titres des concerts parisiens de NTM.
Malgré son énorme popularité en France, dans le reste de l'Europe et même jusqu'au Canada, NTM a été très critiqué pour la violence de ses paroles. Le titre Police leur vaudra en novembre 1996, en première instance au Tribunal correctionnel de Toulon, une condamnation à trois mois de prison ferme (et trois mois avec sursis), ainsi que six mois d'interdiction « d'exercer la profession de chanteur de variétés », pour « propos outrageants » envers les forces de l'ordre lors d'un concert à La Seyne-sur-Mer. NTM fait appel et, en juin 1997, la Cour d'appel d'Aix-en-Provence allège le jugement du Tribunal de Toulon et condamne Kool Shen et Joey Starr à 50 000 Francs d'amende et deux mois d'emprisonnement avec sursis.[2]

Evolution de carrière

Joey Starr et Kool Shen poursuivent des carrières solo depuis 2001 (le second a sorti l'album Dernier round en 2004 avant de se retirer du rap en tant que chanteur). Ils sont également à l'origine de deux marques de streetwear, Com8 ou, plus récemment, Wild West Indies (Joey Starr) et 2 High (Kool Shen).
Aujourd'hui, Kool Shen s'occupe de produire et de dénicher des artistes « nouvelle génération » via sa structure IV My People. Joey Starr, lui, continue de manier le micro. Son premier album en solo, "Gare au jaguar", est sorti le 16 octobre 2006. En attendant, il a sorti début 2006 sa biographie, Mauvaise réputation, co-écrite avec Philippe Man½uvre et un album compilation réunissant une sélection de ses titres préférés, My Playlist, chez Wagram Music.

Discographie:

Albums:
1990 : Compilation Rapattitude, titre Je rap
1991 : Authentik
1993 : 1993... J'appuie sur la gâchette
1995 : Paris sous les bombes
1995 : NTM Live (maxi 5 titres)
1996 : Come Again 2 Le Retour (maxi vinyl)
1998 : Suprême NTM
1998 : 93 Party (maxi 6 titres, live)
2000 : NTM Live... du Monde de demain à Pose ton gun


Authentik :

(Kool Shen)
Authentique oui trop typique Cette saveur aromatique
Oui jamais identique
Reste pourtant poètique
Car sans limite
Ma vocation est unique
Non je ne suis pas de ces loustics
Complétement idiopathiques
Et ma vertu est acoustique
Et j'en suis fanatique
Car je tiens tous ces mots
D'une inspiration mystique
Donc sur ce beat chaotique
Pietinant toute critique journalistique
Je suis authentique

Refrain

Authentik, Authentik...

(Kool Shen)
NTM a su rester véridique
Semant la panique
Defrayant la chronique
Le Fléau s'installe
Impose son toucher digital
POUR
La bonne cause, je m'étends
Sans prendre de pause
Kool Shen des Supremes NTM en action oui j'ose
Revendiquer notre authenticité
CAR
Voila une vertu bien rare
Beaucoup trop rare de nos jours
POUR
Etre attribuée a tort et a travers
Trop vite adjugée a des gens
Qui ne sont que des blairs
UN enchaine le deux
Voila le trois
Ce deuxième couplet
Est adresse a tous les médias
Enfin presque
A tous ceux
Que l'infamie démange
Ecrivant expliquant
Ce qu'ils veulent
Ce qui les arrange
STOP
Ne t'avise pas
De nous faire ca
Car pour t'éliminer
Pas besoin de contrat

Refrain

Authentik, Authentik...

(JoeyStarr)
Outrepassant a tout moment
Chaque limite j'ai le doigté
Tout le monde sait
L'arrogance souhaitée
Evitant les coups dans le dos
Assome par les médias
Qui font vent de mon nom
Avec si peu de conviction
Alors juste pour l'éclat
De mon omnipresence
Oui car ceci
Est un faire-part pour une dose
Une leçon pour qui ose
Tout l'temps, tout l'temps, tout l'temps...
Oui j'ai le type NICK TA MERE
Incontestable authentik
Toujours 2R aussi pervers
Avec ta mère sans compassion
Je suis la pour la potion cérébrale
Authentique et radicale
La langue du controleur aèrien
Sera le coup de trique
A toutes ces plumes anachroniques
Car je suis authentik

Refrain

Authentik, Authentik...

(Kool Shen)
L'univers de la rue
A fait naitre deux poètes
Tu contestes
Tu conteste, et pourtant
La preuve est faite
Ote-toi de mon passage
Degage tu salis mon image
Peu importe si je n'ai pas
Dans ton journal la première page
Halte aux critiques
Systèmatiques
De personnes non qualifiées
Qui se donnent
Le droit de juger
Au nom de qui, au nom de quoi
La vérite habite la rue
Juste en face de chez moi
CLAIR
C'est clair, que ceci reste clair
Le rap n'est pas un kit
Que l'on remonte a l'envers
Recuperer l'affaire
Pas si facile a faire
Et prendre le train en marche
N'est pas une mince affaire
QUI
En France
Prétend connaitre le Rap
Quel journaliste peut écrire
Sans faire de fautes de frappes
La critique est facile
Creer est beaucoup plus difficile
A moins de possèder le style
Et d'avoir l'imagination fertile
Ce qui n'est pas vraiment le cas pour toi
Tu crois passer
Du Rock au Rap
En claquant les doigts
Seulement voilà
Si tu parles de moi
Ne fais pas de faux pas
Car pour t'éliminer pas besoin de contrat
[/f]


Suprême NTM :


Kool Shen et Joey Starr, Joey Starr et Kool Shen. Deux noms qui restent forcément ancré dans la tête de toutes les personne qui ont écouté du rap français avant que celui-ci n'investisse les radios sous sa forme la plus aséptisée. Pas de complaisance, pas de demi-mesure, loin des discours consensuels des chanteurs rattrapés par les impératifs de l'industrie du disque, et à des milliers d'années lumières du politiquement correct, c'était ça, l'esprit NTM. "Au dessus des lois je bâtirai mon toit". Fort d'une discographie solide et respectée, le groupe est "Back dans les bacs" en 98, avec des ambitions encore revues à la hausse. Il s'agit cette fois d'imposer le style NTM à l'ensemble du public français en frappant fort, et de marquer une arrivée à mâturité pour un duo vieux d'une petite dizaine d'années déjà (à l'époque).

Avec ce quatrième album, NTM prend effectivement une nouvelle dimension. Après une "Intro" qui sonne le réveil de la bête, planquée dans les bas fonds de la capitale, Kool Shen et Joey Starr, pleins de fougue et le verbe haut, annoncent leur retour en force dans le rap game. Une entrée en matière musclée, qui rappellera aux fans les plus belles heures du groupe. Sur "Laisse pas trainer ton fils", l'un des plus gros tubes de cet album, les deux compères (sur une production de Sulee B Wax) laissent parler leur expérience d'adulte en tenant un discours aux antipodes de leurs débuts. Plus mûrs, plus réfléchis, moins provocateurs, ce NTM surprend un peu les détracteurs du groupe qui n'avaient compris dans le message que le provocateur "Nique la police". Cette tendance se vérifie sur l'excellent "Pose ton gun", qui éxorte les jeunes à employer d'autres moyens de se faire entendre et respecter que la violence, et surtout à ne pas se tromper de combat. Toujours d'actualité.

Dans un style plus proche de l'esprit auquel on s'attend de la part de Kool Shen et Joey Starr, des titres solides et puissants tels l'énérvé "On est encore là" (part I et II), "Odeurs de soufre", ou encore l'énorme hymne du 93 "Seine-Saint-Denis Style", qui éxacèrbe énérgiquement la fierté de tout un département. Rejoints par Jahyze (d'Afrojazz), les deux acolytes se lancent dans un massif "C'est arrivé près d'chez toi", qui dresse un état des lieu rapide d'une société à la dérive, marquée par toujours plus d'injustice et d'incompréhension. Rempli à raz-bord de tracks superbement produites et intelligemment menées, cet opus, qui sera le dernier d'NTM, a nourrit une époque entière du rap français. Certains se souviennent peut-être qu'à cette époque, Skyrock (l'enemi public numéro un d'aujourd'hui...), faisait tourner en boucle 4 ou 5 titres de cet album, simultanément. Parmi les titres les plus emblématiques et les plus influents de ce disque, le tube par excellence "Ma Benz", produit par la future colonne vértébrale du BOSS (Joey Starr et DJ Spank), avec un featuring mythique de Lord Kossity, et un thème tendancieux et sulfureux.

Certains diront que cet album n'est pas le meilleur du groupe, et que ses prédécesseurs regorgeait de plus de hargne, qu'il était marqué par une lutte plus féroce. D'autres réaliseront qu'avec cet opus, son dernier, NTM a réussi le tour de force de se réinventer et de conquérir durablement le public français. Appuyé par des productions impeccables (dont le brillant "That's my people", par Sully Sefil), le discours raisonné du duo incendiaire gagne en impact sans perdre son intérêt. Une dernière aventure studio commune pour deux des figures les plus mythique de notre rap. Deux des pères fondateurs du rap français. Kool Shen le discret, et Joey Starr le furieux, ou le duo le plus complémentaire qu'on ait connu. Les deux ont aujourd'hui décidé de séparer leur chemins, sans éclats de voix. Kool Shen a raccroché le micro après un solo concluant. Joey Starr a semble-t-il définitivement mis de côté l'éventualité d'un disque personnel. De quoi nous laisser un certain goût de nostalgie de cette période dorée. Le chant du cygne, que cet album qui avait donné lieu à la tournée la plus monumentale à laquelle le rap français ait eu droit. Les vrais savent...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 17 mai 2007 16:10

Modifié le lundi 28 mai 2007 06:52

sniper

sniper
Sniper est un groupe de hip-hop français composé de quatres mecs : El Tunisiano, Aketo, Black Renega et DJ Boudj.

El Tunisiano, originaire de Deuil-la-Barre et membre fondateur du groupe Sniper, intègre à 16 ans, M Group qu'il quitte en 1997 pour rejoindre le collectif Comite de Deuil, dans lequel il rencontre Black Renega, avec ce dernier il fonde Personnalité Suspecte.

C'est au Hip-Hop Folies de La Rochelle en 1997 que le groupe s'agrandit avec l'arrivée d'Aketo. Cette scène met fin au groupe Personnalité Suspecte et donne naissance à Sniper.
Aketo est aussi originaire de Deuil-la-Barre et intègre à l'âge de 13 ans le Comite de Deuil. M Group lui offre sa 1ère apparition discographique sur le mini album Tu disais quoi?.
Black Renega est né à Montfermeil et possède un passé déjà chargé dans le milieu du rap; KDM, Kaotik, Comite, Personnalité Suspecte, où il développe ses facilités pour le ragga hip-hop.
Enfin DJ Boudj est originaire de St Denis, commence à mixer dès 1992, notamment pour les soirées Mastergroove.

En 2001, ils sortent leur 1er album Du rire aux larmes.
Deux ans plus tard, Graver dans la roche sort dans les bac en novembre 2003. Le groupe issu de Deuil-la-Barre confirme avec ce 2ème album sa qualité d'écriture et du même coup relève la barre (parfois glissante) du rap hexagonal. 35 Heures, Jeteur de Pierres ou encore Visions Chaotiques transportent l'auditeur dans cet univers où il ne fait pas toujours bon vivre, mais sans jamais faire preuve de misérabilisme.

Parfois comparé à la Fonky Family, Sniper trace pourtant sa propre route et semble être sûr de sa destination... Du rap sans concession mais pas racoleur pour autant. Un vrai plaisir!

Moi, c'est Blacko, la petite touche ragga du groupe. J'ai commencé à rapper, il y a super longtemps, j'avais douze piges. J'ai fait pas mal de groupes et puis il y a eu la rencontre avec ces messieurs.

Aketo

Aketo, je suis un des trois rappeurs du groupe. Avant Sniper, j'ai eu un peu le même parcours que Blacko. J'ai fait différents groupes, différentes formations.
El Tunisiano

Moi, c'est Tunisiano, rappeur du groupe. Avant, j'étais dans M Group, ça a été commercialisé avec un LP qui est sorti et qui s'appelait "Tu Disais Quoi". Après M Group, il y a eu Sniper.

DJ Boudj

Boudj, originaire de Saint-Denis. Je connaissais Aketo depuis longtemps, on est des amis d'enfance. Aketo connaissait Tunisiano et Blacko, ça nous a tous rapprochés et on travaille ensemble depuis 98.

Skyrock.com : Vous revenez aussi sur l'affaire Sniper avec France (2). C'est une façon de mettre les points sur les i ?
Tunisiano: C'est une façon de montrer à tout le monde les vraies causes du conflit. Beaucoup ont vu les propos de Sarkozy au JT, où il disait qu'il allait nous attaquer pour racisme, antisémitisme, propos injurieux. On voulait expliquer à tout le monde d'où ca partait réellement, c'est-à-dire d'un groupuscule d'extrême droite qui a mis la pression. Ça a fait boule de neige jusqu'à un syndicat de police, puis à une députée UMP ( ndlr :Nadine Morano) et enfin à Sarkozy.

Skyrock.com : Comment expliquez-vous cette tournure ?
Tunisiano: C'est une espèce de manipulation. Ils ont pris des phrases en les sortant de leur contexte. Ils nous ont fait passer pour ce qu'on n'était pas. Vu que le rap en France est une musique qui dérange, ça tombait bien. Sarkozy a toujours la matraque à la main. Dès qu'il a moyen de taper, il intervient pour dire "Je suis là, je vais remettre de l'ordre". Du coup il est monté au créneau.

Skyrock.com : Maintenant, la censure c'est quelque chose à laquelle vous pensez ?
Tunisiano: Cet album va être épluché par ces personnes. Ils vont essayer de trouver la phrase ou les propos qui dérangent de manière à pouvoir nous attaquer. On a déjà eu quatre procès, tous gagnés. On était attaqués par rapport à des représentations sur scène. A la base, ils voulaient s'en prendre au morceau La France. Mais comme il était sorti depuis longtemps ils ne pouvaient pas, il y avait prescription. A chaque fois ils changeaient les chefs d'inculpation. C'était un morceau anti-flic, après c'était un morceau anti-blanc, ensuite il portait atteinte à la dignité humaine. Là, on attend deux autres affaires qui arrivent. On va voir les nouveaux chefs d'inculpation (rires).

Skyrock.com : Vous invitez à aller dans votre univers avec Dans Mon Monde. C'est qui Aketo, Blacko et Tunisiano en dehors de Sniper ?
Tunisiano: En dehors du groupe ? C'est Bachir, Karl et Ryad. On est chacun dans notre délire, on a chacun nos habitudes, nos petits trains de vie.
Aketo : Tout ce qu'il y a de plus normal.

Skyrock.com : Il y a des titres plus légers, comme Tanguy, qui parle de cette génération qui reste de plus en plus tard chez les parents.
Tunisiano : Le titre parle du film, c'est clair. C'est une réalité qu'on retrouve autour de nous. Même nous, ça commence à arriver à grand pas. Perso, je suis encore à la baraque.
Aketo : Pareil. (rires)

Skyrock.com : C'est autobiographique alors ?
Tunisiano : Non, quand même pas. C'est un peu tourné en dérision. Ça veut dire "Oh, garçon, prend-toi en main", réveille-toi, fais quelque chose.

Skyrock.com : Le titre d'amour du disque c'est Elle, au singulier, où chacun fait sa déclaration.
Blacko : C'est pas une déclaration, c'est une requête. (rires). Non, en fait c'est comment on imagine la "Elle", qui nous correspondrait. Celle qui resterait jusqu'à la fin, dans les pires moments comme dans les meilleurs, jusqu'à ce que t'aies les cheveux blancs.

Skyrock.com : C'est un morceau que vous auriez pu faire avant ?
Aketo : Peut-être pas, non.
Blacko : Quand on était jeunes, nos albums c'était bambambambambambam. On était au taquet.
Aketo : Mais c'est humain. Comme n'importe que mec, au bout d'un moment tu veux te poser.

Skyrock.com : Mais d'abord il faut quitter papa et maman.
Aketo : Oui dans un premier temps !
Tunisiano : Ou alors, tu trouves la meuf et après tu décides de...
Blacko : Tout le monde chez maman ! (rires)

Skyrock.com : L'album se termine avec Fallait Que Je Te Dise, qui dure 9'36. Vous aviez déjà fait ça avec Visions Chaotiques. C'est encore le morceau le plus long de l'album, mais il est un peu différent.
Tunisiano : C'est un morceau très personnel. Ça peut parler aux gens. Tout le monde a quelque chose à dire aux personnes de leur entourage. Comme toi, par exemple, tu peux avoir des choses à dire à ton père, que tu n'arrives pas à exprimer clairement, soit parce que t'as honte, soit par une espèce de pudeur ou de fierté. Vu qu'on est plus doués pour écrire et poser des lyrics, on a préféré en faire un morceau et leur dire clairement...
Aketo : Des choses qu'on n'avait jamais dites. Chacun a vidé son sac, s'est soulagé.

Skyrock.com : Quelque chose à rajouter ?
Les trois: Le 22 mai, Trait pour Trait. Sniper, on est là de retour. Au revoir.

Skyrock.com : Avec Brûle, qu'on entend beaucoup en ce moment, vous revenez sur les émeutes de banlieue. Vous l'aviez déjà sorti avant. Pourquoi avoir choisi de l'inclure quand même ?
Aketo : Quand on a vu que le morceau était toujours d'actualité, on a décidé de l'utiliser. Il était passé un peu inaperçu vu qu'il était sorti sur une mixtape.
Blacko : Avec une petite mise à jour.
Aketo : Ouais. On a voulu le mettre "au grand jour". On pensait que s'il était sur l'album, il pouvait toucher plus de monde. On l'a réactualisé en changeant l'instru et quelques paroles par rapport aux derniers événements.
Tunisiano : Et on a demandé la participation de Joey Starr. Parce que Blacko, dans son couplet, disait "Donne-moi des balles", et c'est une de ses phrases. On voulait qu'il ramène sa voix pour dire cette phrase, précisément. Et puis comme l'enregistrement s'est passé à Puteaux, dans les mêmes studios où on avait fait notre premier morceau, Exercice de Style, pour la compile B.O.S.S., c'était l'occasion de lui faire un big up. On l'a appelé et du coup il a accepté.

Skyrock.com : Quel regard portez-vous sur ces émeutes, six mois après ?
Blacko : Il y a du bon comme du mauvais dans ce qu'il s'est passé. Certaines personnes ont ouvert les yeux, mais beaucoup de voitures ont brûlé inutilement. Les jeunes ont brûlé des voitures de mères qui vont travailler le matin. Ils n'ont pas beaucoup réfléchi au truc, ils sont juste descendus dans la rue pour brûler quelque chose.
Aketo: On ne voit pas trop ce qui a changé.

Skyrock.com : Et la prise de parole des rappeurs, les actions du type Devoir de Mémoire, emmené justement par Joey Starr ?
Aketo : Oui, le fait d'inciter au vote, c'est positif. Mais après, au niveau de la société, rien n'a changé.

Skyrock.com : Le discours politique sur l'immigration est encore un thème qui revient, avec Hommes de Loi. Vous abordez notamment la question de la représentation dans les médias, en disant "Sébastien Follin n'est qu'un quota". Vous tenez un discours assez politique.
Aketo : Mettre un mec comme Sébastien Follin ou Magloire, c'est l'arbre qui cache la forêt.
Tunisiano: On a toujours eu ce discours-là. C'est notre façon de voir les choses. C'est une espèce de constat plutôt sombre, mais bon, c'est la réalité. Dans l'album, il n'y a pas que ça, mais c'était important pour nous d'en parler.

Skyrock.com : A un an des élections présidentielles.
Tunisiano: En plus, oui. C'est pour ça que dans ces deux morceaux, on répète que le plus important est d'aller voter et de se faire entendre d'une manière positive. Dans Brûle, par exemple, le vrai sens des paroles ce n'est pas "va tout brûler".
Aketo : Ce n'est pas une incitation.
Tunisiano: C'est brûle tout positivement, que ce soit dans les études ou ailleurs. On peut le prendre dans ce sens là. S'il y a un message qui devrait ressortir de ces deux titres là, c'est aller voter et faites-vous entendre.

Skyrock.com : Sniper bonjour. Bienvenue sur Skyrock.com. Vous venez nous présenter Trait pour Trait, votre nouvel album, dans les bacs le 22 mai. Trois ans après Gravé dans la Roche, vous n'êtes plus que trois. Comment avez-vous travaillé pour ce disque ?

Blacko : Ça s'est fait comme pour les autres albums en fait. On est rentrés en studio, et puis on a attendu que le courant passe entre nous trois.
Tunisiano : Soit on bossait à l'instinct, soit on avait un thème qui était déjà construit à l'avance, avec des textes écrits. Ensuite, on cherchait l'instru adéquate.
Aketo : D'autres fois c'était l'inverse. Une instru pouvait nous inspirer et on se mettait à écrire. Après, le choix final est toujours difficile, parce qu'on est trois. Il faut qu'on tombe tous d'accord.


Skyrock.com : Sur Trait pour Trait vous abordez pas mal de thèmes. On a l'impression que c'est une mise au point. Rien que dans la chanson Trait pour Trait, il y a des phrases comme « Je ne veux pas de ce star-system », « Pour avoir du crédit il faut un trou dans l'abdomen ». C'est par rapport à quelque chose qui se passe actuellement dans le rap ?
Aketo : Ouais. Et ce n'est pas notre état d'esprit.
Tunisiano : C'est toute cette soi-disant gangstérisation du rap français. On a l'impression que pour être crédible aujourd'hui, il faut se donner une image de gangster, de mec hardcore.
Blacko : La prison c'est devenu le nouveau diplôme. Certains en parlent comme si c'était quelque chose de bien.
Aketo : Ce qui nous dérange c'est la glorification de tout ça.
Tunisiano : Qu'est ce qu'il ne faut pas dire pour être crédible.

35h:
35h

[Tuni]
6 heures du matin que c'est dur de s'réveiller
Assez de ce même chantier et de ce boss qui m'prends pour un chien
Bon voila, l'air de rien à l'heure à la pointeuse
Café calva, prends le marteau piqueur et la pelleteuse
? déja à la pause et pt'être quelque minutes de rab
Pendant qu'le contremaitre me cause "Oh c'est quoi c'travail d'Arabe?"
Ca y est c'est le break,
A ma montre midi et demi
Passe à Franprix,
Ca me casse les couilles d'bouffer au grec
Ce caissier est seul, fais un effort accélère
Casser la croute dans la voirie, ça s'appelle bouffer au lance pierre
[Aket']
Payé au lance pierre, j'ai une queue pas possible à ma caisse
La seule d'ouverte, en matinée y a que moi qui bosse
Encore une vieille qui met 2 plombes a sortir ses pièces
J'reste aimable et souriant mais bon j'me force
Ridicule dans ma blouse à l'éfigie de l'enseigne
Je renseigne, je conseille, j'applique les consignes
J'vois défiler de l'oseil, des cartes et des chèques qui se signent
Les produits qui défilent sur le tapis roulant me filent la migraine
Et ces p'tits cons qui se croient pas yé-gri
Un clin d'oeil au vigile et ils dépassent pas la sortie

Taffer, pour ma sécu faut qu'j'cotise
Taffer, pour ta société ou ton biz
Taffer, a chaque fin de moi c'est la crise
Taffer (tous les jours), taffer(comme un con)
Taffer, pour remplir le frigo faut
Taffer, au chantier ou au bureau
Taffer, j'ai beau jouer j'touche jamais le loto
Taffer (tous les jours), taffer (nan)

[Blaco]
Moi j'ai l'oeil,
J'suis le gros brutos posté près de l'accueil
Pour des piles ou des chips,
Celui qui chippe moi j'le cueille
Rien ne m'échappe on me surnomme la tour de controle
C'est moi qui controle
Ca fait 2 piges que j'fais ce taf et j'm'y plais dedans
Ca me change de cette boite de nuit ou j'y laissais dedans
Oh là, j'm'accro là, p'tit gros là, viens par là
Fais voir la tablette de crunch et l'paquet de granola
"Oh excuse moi, j'ai rien fais hein"
J'les connais les survet' Lacoste
Aujourd'hui j'ferme les yeux
A la Brink's, tout le monde à son poste
[Tuni]
J'arrive à l'heure pile
La place réservée est occupée
Bad trip, obligé de me garer en double file
La j'flippe et pense à tous les morts de la profession
Mes coéquipiers me couvrent le temps de la transaction
Passe à l'action, la main sur le flingue, convoyeur de fonds
Serre au fond, faut vivement qu'j'sois dans le camion
Les bandits tirent et tuent
Si on me braque, ya pas de primes pour corp percé
Direct j'lache les sacs
Bon pas de gangster en planque,
C'est la fin de la tournée
Bientot celle de la journée,
Allez direction la banque

Taffer, y a pas moyen faut qu'on me raque
Taffer, en plus j'ai le crédit de la baraque
Taffer, déclaré ou au black faut
Taffer (ça fait chier), taffer (nan)
Taffer, faut des points pour la retraite
Taffer, même si le patron me maltraite
Taffer, pour des biftons dans la tirette
Taffer (nan), taffer (nan)

[Aket']
Moi c'est Bruno, directeur de banque jeune et dynamique
C'est moi qui gère, j'suis celui qui fait travailler ton fric
Derrière mon bureau, j'remplis les bordereaus
J'aurais jamais cru voir défiler autant d'euros
Pour un retrait j'te dis qu'c'est mort avec le sourire
"s'te plait il m'en faut un d'ouvert"
Et ben j'm'en tape ils ont qu'a tous mourrir
On prête qu'aux riches, en plus vous êtes a découvert
J'peux rien faire pour vous désolé, allez au revoir
[Blaco]
J'suis dans la file d'attente
Moi et mon brolic on s'impatiente
La pression monte j'passe à l'acte après cette cliente
Ca y est elle s'barre, à moi les parts et les barres
Je sors le calibron et c'est la panique à bord
Fermez-la et toi va fermer la
Porte, tire les stores et coupe les caméras
Ok, si personne bouge y aura pas de blessés
Me regarde pas comme ça, ouvre le coffre au lieu de stresser
C'est quoi ton blaz?
"M'tuez pas m'sieur, moi c'est Bruno"
Alors pas d'entourloupe ou sinon j'te colle un pruneau
C'est ça mon taf, il est sale mais qu'est-ce-que je l'aime
J'devrais m'lever comme les autres mais bon j'ai trop la flegme

Taffer, en CDD ou CDI
Taffer, foutre du mazout dans le TDI
Taffer, cet été faut qu'j'vois du pays
Taffer (ok), taffer (ouais)
Taffer, même si mon dos est esquinté j'dois
Taffer, on dit qu'le travail c'est la santé
Taffer, tous les jours obligé de pointer
Taffer (j'en peux plus), taffer (eh merde)
(taffer y a pas que ça dans la vie)
(oh puis merde)



Sniper : l'interview :


Skyrock.com : Sniper bonjour. Bienvenue sur Skyrock.com. Vous venez nous présenter Trait pour Trait, votre nouvel album, dans les bacs le 22 mai. Trois ans après Gravé dans la Roche, vous n'êtes plus que trois. Comment avez-vous travaillé pour ce disque ?
Blacko : Ça s'est fait comme pour les autres albums en fait. On est rentrés en studio, et puis on a attendu que le courant passe entre nous trois.
Tunisiano : Soit on bossait à l'instinct, soit on avait un thème qui était déjà construit à l'avance, avec des textes écrits. Ensuite, on cherchait l'instru adéquate.
Aketo : D'autres fois c'était l'inverse. Une instru pouvait nous inspirer et on se mettait à écrire. Après, le choix final est toujours difficile, parce qu'on est trois. Il faut qu'on tombe tous d'accord.



Skyrock.com : Sur Trait pour Trait vous abordez pas mal de thèmes. On a l'impression que c'est une mise au point. Rien que dans la chanson Trait pour Trait, il y a des phrases comme « Je ne veux pas de ce star-system », « Pour avoir du crédit il faut un trou dans l'abdomen ». C'est par rapport à quelque chose qui se passe actuellement dans le rap ?
Aketo : Ouais. Et ce n'est pas notre état d'esprit.
Tunisiano : C'est toute cette soi-disant gangstérisation du rap français. On a l'impression que pour être crédible aujourd'hui, il faut se donner une image de gangster, de mec hardcore.
Blacko : La prison c'est devenu le nouveau diplôme. Certains en parlent comme si c'était quelque chose de bien.
Aketo : Ce qui nous dérange c'est la glorification de tout ça.
Tunisiano : Qu'est ce qu'il ne faut pas dire pour être crédible.



Skyrock.com : Vous en parlez aussi dans S.N.I., le premier titre du disque.
Aketo : On ouvre l'album avec S.N.I. Sur les autres disques, on avait des morceaux d'ouverture comme Sniper Processus et Processus 2003. On ne l'a pas appelé Processus 2006 pour ne pas faire répétitif. Mais c'est un peu dans la continuité, dans le même esprit.



Skyrock.com : Avec Brûle, qu'on entend beaucoup en ce moment, vous revenez sur les émeutes de banlieue. Vous l'aviez déjà sorti avant. Pourquoi avoir choisi de l'inclure quand même ?
Aketo : Quand on a vu que le morceau était toujours d'actualité, on a décidé de l'utiliser. Il était passé un peu inaperçu vu qu'il était sorti sur une mixtape.
Blacko : Avec une petite mise à jour.
Aketo : Ouais. On a voulu le mettre « au grand jour ». On pensait que s'il était sur l'album, il pouvait toucher plus de monde. On l'a réactualisé en changeant l'instru et quelques paroles par rapport aux derniers événements.
Tunisiano : Et on a demandé la participation de Joey Starr. Parce que Blacko, dans son couplet, disait « Donne-moi des balles », et c'est une de ses phrases. On voulait qu'il ramène sa voix pour dire cette phrase, précisément. Et puis comme l'enregistrement s'est passé à Puteaux, dans les mêmes studios où on avait fait notre premier morceau, Exercice de Style, pour la compile B.O.S.S., c'était l'occasion de lui faire un big up. On l'a appelé et du coup il a accepté.



Skyrock.com : Quel regard portez-vous sur ces émeutes, six mois après ?
Blacko : Il y a du bon comme du mauvais dans ce qu'il s'est passé. Certaines personnes ont ouvert les yeux, mais beaucoup de voitures ont brûlé inutilement. Les jeunes ont brûlé des voitures de mères qui vont travailler le matin. Ils n'ont pas beaucoup réfléchi au truc, ils sont juste descendus dans la rue pour brûler quelque chose.
Aketo: On ne voit pas trop ce qui a changé.



Skyrock.com : Et la prise de parole des rappeurs, les actions du type Devoir de Mémoire, emmené justement par Joey Starr ?
Aketo : Oui, le fait d'inciter au vote, c'est positif. Mais après, au niveau de la société, rien n'a changé.



Skyrock.com : C'est peut-être trop tôt ?
Aketo : Je ne sais pas si c'est trop tôt, mais en tout cas on ne voit rien pour l'instant.



Skyrock.com : Le discours politique sur l'immigration est encore un thème qui revient, avec Hommes de Loi. Vous abordez notamment la question de la représentation dans les médias, en disant « Sébastien Follin n'est qu'un quota ». Vous tenez un discours assez politique.
Aketo : Mettre un mec comme Sébastien Follin ou Magloire, c'est l'arbre qui cache la forêt.
Tunisiano: On a toujours eu ce discours-là. C'est notre façon de voir les choses. C'est une espèce de constat plutôt sombre, mais bon, c'est la réalité. Dans l'album, il n'y a pas que ça, mais c'était important pour nous d'en parler.



Skyrock.com : A un an des élections présidentielles.
Tunisiano: En plus, oui. C'est pour ça que dans ces deux morceaux, on répète que le plus important est d'aller voter et de se faire entendre d'une manière positive. Dans Brûle, par exemple, le vrai sens des paroles ce n'est pas « va tout brûler ».
Aketo : Ce n'est pas une incitation.
Tunisiano: C'est brûle tout positivement, que ce soit dans les études ou ailleurs. On peut le prendre dans ce sens là. S'il y a un message qui devrait ressortir de ces deux titres là, c'est aller voter et faites-vous entendre.



Skyrock.com : Sur Eldorado, vous parlez de ceux qui quittent leur pays en espérant une vie meilleure ailleurs. L'intro est très touchante. Comment vous est venue l'idée ?
Aketo : L'idée nous est venue après avoir regardé un reportage. D'ailleurs, l'intro vient de là aussi.
Tunisiano: C'était un reportage sur ce qui s'était passé au Maroc, avec les Africains qui essayaient de passer en Espagne. On a vu pas mal d'images qui nous ont marqué et choqué. On a décidé d'en faire un titre parce qu'on voulait en parler.
Aketo : Et l'aborder sous l'angle de la fiction.




Skyrock.com : Oui, vous jouez des personnages sur ce morceau.
Aketo : On a préféré le faire comme ça, plutôt que d'énumérer les faits.
Tunisiano: On s'est mis dans la peau de deux frangins qui décident de partir pour l'Eldorado, pour l'exode en Occident. Un veut se soigner et l'autre veut du boulot, il a soif de richesse. La morale est assez sombre, mais la réalité aussi. La traversée de l'Afrique à l'Occident se finit mal la plupart du temps.
Aketo : C'est un rêve qui se termine en cauchemar.



Skyrock.com : On ne parle pas souvent des raisons qui poussent certains à quitter leur pays, comme l'envie de se soigner que vous soulignez.
Tunisiano: Oui. C'est souvent « Ils viennent pour foutre la merde et le désordre ». Alors que parfois il y a une vraie cause derrière tout ça. Ils ne viennent pas en Occident forcément pour trouver la fortune. Ils ont plein d'autres raisons valables comme la médecine, qui n'est pas aussi développée en Afrique qu'ici.



Skyrock.com : Il y a beaucoup plus de reggae sur Trait pour Trait que sur vos autres disques. Pourquoi ? C'est une cassure ou c'est venu petit à petit ?
Blacko : Je ne rappe plus du tout. J'ai enterré le rap. Ça ne me plaît plus, m'écouter rapper ça ne me fait plus rien. Je préfère faire ce que j'aime. Dans ce sens, c'est une évolution.



Skyrock.com : On voit ca sur Zamalia, où il n'y a que toi. Tu peux nous parler de ce morceau ?
Blacko : Zamalia, c'est ma petite appellation pour la Réunion. J'entendais Guyana, Gwadada, et nous on avait rien. Alors j'ai sorti mon petit mot, Zamalia, et j'ai fait un morceau sur ça. Je l'ai passé à quelques personnes de chez moi, et ça tourne bien au bled. Les gens ont apprécié.



Skyrock.com : Vous revenez aussi sur l'affaire Sniper avec France (2). C'est une façon de mettre les points sur les i ?
Tunisiano: C'est une façon de montrer à tout le monde les vraies causes du conflit. Beaucoup ont vus les propos de Sarkozy au JT, où il disait qu'il allait nous attaquer pour racisme, antisémitisme, propos injurieux. On voulait expliquer à tout le monde d'où ça partait réellement, c'est-à-dire d'un groupuscule d'extrême droite qui a mis la pression. Ça a fait boule de neige jusqu'à un syndicat de police, puis à une députée UMP ( ndlr : Nadine Morano) et enfin à Sarkozy.



Skyrock.com : Comment expliquez-vous cette tournure ?
Tunisiano: C'est une espèce de manipulation. Ils ont pris des phrases en les sortant de leur contexte. Ils nous ont fait passer pour ce qu'on n'était pas. Vu que le rap en France est une musique qui dérange, ça tombait bien. Sarkozy a toujours la matraque à la main. Dès qu'il a moyen de taper, il intervient pour dire « Je suis là, je vais remettre de l'ordre ». Du coup il est monté au créneau.



Skyrock.com : Maintenant, la censure c'est quelque chose à laquelle vous pensez ?
Tunisiano: Cet album va être épluché par ces personnes. Ils vont essayer de trouver la phrase ou les propos qui dérangent de manière à pouvoir nous attaquer. On a déjà eu quatre procès, tous gagnés. On était attaqués par rapport à des représentations sur scène. A la base, ils voulaient s'en prendre au morceau La France. Mais comme il était sorti depuis longtemps ils ne pouvaient pas, il y avait prescription. A chaque fois ils changeaient les chefs d'inculpation. C'était un morceau anti-flic, après c'était un morceau anti-blanc, ensuite il portait atteinte à la dignité humaine. Là, on attend deux autres affaires qui arrivent. On va voir les nouveaux chefs d'inculpation (rires).



Skyrock.com : Ça a influé sur la composition de Trait pour Trait ? Vous pensez que ce type de censure contre les rappeurs va se développer ?
Blacko : Oui je pense.
Tunisiano: C'est malheureux, mais moi aussi.
Aketo : Comme tu peux entendre, on ne s'est pas retenus pour dire ce qu'on avait à dire. Mais ce genre d'affaire ne date pas d'aujourd'hui. Il y a déjà eu les cas de NTM, du Ministère A.M.E.R. et d'autres.



Skyrock.com : Mais ça ne risque pas de s'amplifier aux vues des propos de certains hommes politiques ?
Tunisiano: Tu veux dire après les émeutes ? Comment il s'appelle ? Gros...Gros ...
Aketo : Grosdidier
Tunisiano : Ouais. Je pense que c'est une façon de se décharger du fardeau qu'ils portent sur les épaules. Parce qu'il fallait assumer tout ce qui s'était passé. C'est facile de dire que c'est de la faute de la polygamie, c'est de la faute des rappeurs. Le fardeau est lourd. Alors ils mettent un petit caillou là, un autre là-bas.



Skyrock.com : Vous invitez à aller dans votre univers avec Dans Mon Monde. C'est qui Aketo, Blacko et Tunisiano en dehors de Sniper ?
Tunisiano: En dehors du groupe ? C'est Bachir, Karl et Ryad. On est chacun dans notre délire, on a chacun nos habitudes, nos petits trains de vie.
Aketo : Tout ce qu'il y a de plus normal.



Skyrock.com : Dans Retour Aux Sources, vous parlez de votre rencontre avec le hip-hop. Vous avez trois albums à votre actif, plusieurs compiles et collaborations. Quel regard vous portez sur ce parcours ?
Aketo : C'est passé bien vite ! On ne se rend pas trop compte.
Blacko : On regarde derrière, mais pas de trop près non plus. Pour continuer, on essaie de rester dans notre mode rêve. Parce qu'une fois que tu réalises, tu ne profites plus du truc.
Aketo : On savoure.



Skyrock.com : Il y a des titres plus légers, comme Tanguy, qui parle de cette génération qui reste de plus en plus tard chez les parents.
Tunisiano : Le titre parle du film, c'est clair. C'est une réalité qu'on retrouve autour de nous. Même nous, ça commence à arriver à grand pas. Perso, je suis encore à la baraque.
Aketo : Pareil. (rires)



Skyrock.com : C'est autobiographique alors ?
Tunisiano : Non, quand même pas. C'est un peu tourné en dérision. Ça veut dire « Oh, garçon, prend-toi en main », réveille toi, fais quelque chose.



Skyrock.com : Le titre d'amour du disque c'est Elle, au singulier, où chacun fait sa déclaration.
Blacko : C'est pas une déclaration, c'est une requête. (rires). Non, en fait c'est comment on imagine la « Elle », qui nous correspondrait. Celle qui resterait jusqu'à la fin, dans les pires moments comme dans les meilleurs, jusqu'à ce que t'aies les cheveux blancs.



Skyrock.com : C'est un morceau que vous auriez pu faire avant ?
Aketo : Peut-être pas, non.
Blacko : Quand on était jeunes, nos albums c'était bambambambambambam. On était au taquet.
Aketo : Mais c'est humain. Comme n'importe quel mec, au bout d'un moment tu veux te poser.



Skyrock.com : Mais d'abord il faut quitter papa et maman.
Aketo : Oui dans un premier temps !
Tunisiano : Ou alors, tu trouves la meuf et après tu décides de...
Blacko : Tout le monde chez maman ! (rires)



Skyrock.com : L'album se termine avec Fallait Que Je Te Dise, qui dure 9'36. Vous aviez déjà fait ça avec Visions Chaotiques. C'est encore le morceau le plus long de l'album, mais il est un peu différent.
Tunisiano : C'est un morceau très personnel. Ça peut parler aux gens. Tout le monde a quelque chose à dire aux personnes de leur entourage. Comme toi, par exemple, tu peux avoir des choses à dire à ton père, que tu n'arrives pas à exprimer clairement, soit parce que t'as honte, soit par une espèce de pudeur ou de fierté. Vu qu'on est plus doués pour écrire et poser des lyrics, on a préféré en faire un morceau et leur dire clairement...
Aketo : Des choses qu'on n'avait jamais dites. Chacun a vidé son sac, s'est soulagé.



Skyrock.com : Les gens à qui c'était destiné ont écouté ? Quelles ont été leurs réactions ?
Aketo : Ma mère était contente.
Blacko : De très, très bonnes réactions. Très émotives.
Aketo : Même nous quand on l'entend cette chanson, ça fait un pincement au c½ur. Quand j'entends leurs couplets, ça me touche.
Blacko : Ouais, à chaque fois il m'allume celui-là. Le morceau dure 9'30. C'était une façon de se mettre le pied à l'étrier. Maintenant, on peut s'assoir en face d'eux et balancer le reste. A la fin on a mis deux enfants qui disent je t'aime à leurs mamans, c'est eux qui font la morale du morceau, qui montrent la simplicité.



Skyrock.com : L'interview est diffusée sur Internet. Est-ce que vous êtes des utilisateurs ?
Blacko : Pas trop.
Tunisiano : Moi j'utilise un peu. Pour prendre du son...
Blacko : Quoi ? Tu télécharges !! (rires)
Tunisiano : Légalement ! J'achète après. Mais c'est surtout pour tchater avec les potes. C'est un gain de temps. Parfois je n'arrive pas à les joindre. Karl est souvent sur messagerie. Mais quand je vais sur MSN, il est connecté !
Blacko : Je suis toujours là !



Skyrock.com : L'album sort le 22 mai, dans moins d'une semaine. Comment vous sentez-vous ?
Blacko : Comme pour les deux premiers albums, on ne sait vraiment pas comment ça va se passer.
Aketo : C'est le public qui va décider.
Tunisiano : On espère qu'on a fait quelque chose de bien, et qu'on ne va décevoir personne.
Blacko : On sait qu'on en aura déjà vendus trois ou quatre, parce qu'on ira l'acheter le jour de la sortie. Quatre de vendu, c'est déjà ça.
Tunisiano : Ma frangine va sûrement l'acheter aussi.



Skyrock.com : En parlant de vente d'albums, ça vous inquiète le téléchargement musical ?
Tunisiano : C'est incontournable aujourd'hui.
Aketo : On ne peut pas en vouloir aux gens. Ils ont ça devant eux, à disposition.
Blacko : Il ne faut pas taper sur les gens qui téléchargent, il faut fermer les plates-formes d'accès Peer-to-Peer. C'est comme si on ouvrait les portes de Carrefour en disant « sers-toi ». Personne ne dira « Ce n'est pas juste parce qu'après les fabriquant ne pourront pas vivre de leur métier ».
Tunisiano : Pour moi, c'est comme la télé-réalité. Ça peut être positif comme négatif. Un petit groupe inconnu qui veut faire parler de lui, il peut mettre son morceau sur un site P2P, il le renomme avec un nom super connu et ca lui permettra de diffuser son produit à X personnes. Après, c'est clair que niveau business, c'est nuisible.



Skyrock.com : Vous avez une tournée prévue ?
Blacko : Elle se met en place pour septembre.
Tunisiano : Il y aura peut-être des petites dates cet été à droite à gauche. On n'est sûr de rien pour l'instant.



Skyrock.com : Vous avez écouté quels albums dernièrement ?
Blacko : Plus de rap pour moi, que du reggae. J'écoute beaucoup le dernier de Turbulence.
Tunisiano : Pour moi, Jay-Z, T.I
Aketo : Et Juelz Santana.



Skyrock.com : Vous pensez vous diriger vers des projets solos ?
Blacko : C'est ce que je veux faire.
Tunisiano : Oui, c'est prévu. Le plan c'était d'abord de faire cet album, de le défendre un maximum et après on part chacun sur nos solos.



Skyrock.com : Quelque chose à rajouter ?
Les trois : Le 22 mai, Trait pour Trait. Sniper, on est là de retour. Au revoir.



Taxi 4 : Médine et El Matador :

Médine du Havre et El Matador de Marseille, se sont retrouvés à Skyrock.com, à Paris, pour une interview Spéciale Taxi 4. Fédérateur...

Skyrock.com : Bienvenue Médine et El Matador sur Skyrock.com.
Médine : Merci.
El Matador : Ça fait plaisir d'être là.

Skyrock.com : On vous reçoit à propos de la B.O de Taxi. Est-ce que chacun vous pouvez nous dire comment vous êtes arrivés sur ce projet ?
El Matador : Tefa & Masta faisaient la réalisation avec Europa Corp, nous on est passés par eux. Ils nous avait passé des instrus de Tefa pour essayer de faire quelque chose dessus. Le morceau que j'ai fait, Génération Wesh Wesh était déjà maquetté, c'était un morceau que je devais mettre dans mon album, et il est tombé dessus et a dit que c'était ce morceau qu'il voulait. Le titre a été pris, donc ce n'est que du bonus.
Médine : C'est un peu différent, je suis passé par Kilomaître, Tefa & Masta, on se connait depuis longtemps, on bosse ensemble, comme pour Hostile ou sur l'album de Bakar. Ils nous ont proposé des prods pour Taxi 4, et il fallait leur proposer un titre, je me suis mis au boulot. J'ai proposé deux titres et un a été sélectionné.



Skyrock.com : Est-ce que c'était des titres écrits dans l'optique de Taxi 4 ?
Médine : Le premier était pour Taxi 4 et le second, je l'écrivais, mais je ne savais pas où j'allais le mettre et au final je l'ai personnalisé pour Taxi.
El Matador : Quand Jérôme Lateur a écouté mon morceau, c'était vraiment une maquette, le refrain était fait, et je l'ai retravaillé avec des éléments du film, pour qu'il s'adapte à la compile et à l'univers Taxi.



Skyrock.com : Est-ce que vous pouvez nous parler de vos titres respectifs ?
Médine : Mon titre s'appelle Les contraires. Ça part d'un principe de physique. On sait très bien que lorsqu'on essaie de coller deux aimants, les deux charges positives se repoussent. Alors que si on met la charge positive et la charge négative, ils se collent. C'est ce que j'ai essayé de développer cette idée avec tous les aspects de la vie que l'on peut retrouver. Entre l'homme et la femme, noir, blanc, hémisphère nord et hémisphère sud. J'ai trouvé intéressant de mettre ça en lien, et la morale générale est de profiter de nos différences pour se rassembler. Ce qui nous oppose peut nous rassembler, c'est l'esprit du morceau.
El Matador : Moi c'est Génération Wesh Wesh, vachement rassembleur, je fais plein d'allusions comme nous sommes dans une période pré-électorale, mais le titre regroupe tout. Ma génération qui essaie de s'en sortir comme elle peut, à l'oreille ça passe bien, la preuve, il a été sélectionné pour être en playlist de Skyrock. J'ai mis quelques phases pour incorporer taxi, Marseille...Le dernier Taxi se passe sur Marseille, la boucle est bouclée. C'est pour tirer un coup de chapeau à l'équipe du film qui représente bien la ville.

Skyrock.com : Qu'est-ce que ça vous évoque Taxi ?
El Matador : Moi ça m'a fait super plaisir. Quand le premier est sorti, je ne rappais pas encore. Je me suis dit que j'allais relever le défi. C'est la première qui m'a le plus marqué. C'est là où il y a les classiques, la Fonky Family, ça a été la révélation pour des groupes comme Carré rouge...Je me suis lancé et je me suis dit que je n'avais pas le droit à l'erreur parce que Taxi c'est une image de marque en terme de bande-originale.
Médine : Je suis un nostalgique de la première époque Taxi, il y a des morceaux comme Chien de paille. Je suis allé dans cet esprit, en disant qu'il fallait faire mieux que le premier. Les acteurs du rap français sont assoiffés de cette époque 1998. S'il faut redonner un peu de lumière en reprenant les anciennes recettes, on va le faire. On ne copie pas, on s'inspire de la vibe.

Skyrock.com : En dehors de Taxi 4, quels sont vos projets ?
Médine : Toujours la promo de Table d'écoute, comme on n'en avait déjà parlé, je suis en préparation aussi de ce 3ème album qui est Arabian Panthers.
El Matador : Mon street album, Bombattak MC est dans les bacs, avec une signature de mon label, Brasco. Sinon je prépare mon album et j'ai signé deux génériques de fin, une c'est 13m², un film indépendant d'un jeune réalisateur, qui s'appelle Barthélémy Grossman, et la deuxième, c'est pour le film 300. J'ai fait un morceau avec Brasco et Alonzo des Psy 4 de la Rime. Ça fait plaisir.

Skyrock.com : C'est un gros phénomène l'association de B.O avec le hip-hop, il y a Taxi, il y a aussi eu Prison Break avec Faf Larage.
Médine : Ils ont reconnu qu'il y avait la patate et je ne pense pas qu'il y ait une musique aussi percutante que le rap à cette époque, et puis qui dit des choses.





Mes kifs : Tunisiano :

Tunisiano a dévoilé à Skyrock.com ses kifs...Viens lire son interview !!

Ma collaboration rêvée
Lil' Wayne

Mon clash préféré
J'ai bien aimé J'T'emmerde et Aketo Vs Tunisiano

Mon dîner idéal
Entre amis.

Mon meilleur ennemi
Moi

Moi et la politique
Je m'y intéresse de plus en plus, on ne peut pas faire autrement et on a toujours incité les jeunes à aller voter dans nos textes. J'ai toujours trouvé ça passionnant. Parfois je les trouve bluffants.

Mon disque de chevet
Jim Jones

Mon livre de chevet
Le vol des cigognes de Granger

Mon kiff insoupçonnable
La boxe

le suis doué pour
Le rap

Mon expression préférée
Par contre ou entre autres.

Ce que j'ai toujours rêvé de faire
Footballeur ou rappeur.

Dans 10 ans je serai / j'aimerai être
Toujours dans le rap.

Quand j'étais petit, je voulais être
Footballeur

Quand je serai vieux, je voudrais...
Peut-être chef d'entreprise

Si j'étais un personnage, je serais
Massoud.


Mes kifs : Aketo :

Tout comme Tunisiano, Aketo s'est prêté au jeu des questions-réponses de l'interview Mes kifs...

Ma collaboration rêvée
Je ne sais pas, ce n'est pas que je sois blasé, mais on a réalisé tout ce qu'on voulait.

Mon clash préféré
Aketo Vs Tunisiano (rires)

Mon dîner idéal
Une bonne charchoura au Bled.

Mon meilleur ennemi
Moi sûrement

Moi et la politique
Je m'y intéresse parce que c'est la période.

Mon disque de chevet
En ce moment Three 6 Mafia.

Mon livre de chevet
Closer et Voici, qui sont les livres de chiottes (rires)

Mon kiff insoupçonnable
Il est insoupçonnable (rires)

Je suis doué pour
La musique, je dessine et je dors bien

Mon expression préférée
T'es sérieux là ?

Ce que j'ai toujours rêvé de faire
Dieu merci, ce que je fais aujourd'hui

Dans 10 ans je serai / j'aimerai être
Avoir une famille, être à l'abri et je ne me vois pas rapper dans 10 ans.

Quand j'étais petit, je voulais être
Rappeur

Quand je serai vieux, je voudrais...
Une ribambelle de gosses et de petits-enfants

Si j'étais un personnage, je serais
Moi.





Du rire aux larmes :


Aujourd'hui, pour beaucoup, Sniper est un des nombreux groupes de rap français adepte du son "commercial" (i.e dont le seul objectif est de vendre), mais ces mêmes personnes oublient qu'en 2001 elles ont toutes écouté et réécouté Du rire aux larmes. Sniper, un quartet composé de Tunisiano, considéré par bon nombre de personnes comme l'un des meilleur rappeur français, Aketo et Black Renega aka Blacko, avec son style atypique entre rap et chant, sont irréprochables tant au niveau du flow que des lyrics, le trio accompagné de DJ Boudj (qui malheureusement aujourd'hui ne fait plus parti du groupe).

Tout d'abord comment parler de cet album sans évoquer l'énorme single « Pris pour cible » qui les révéla au grand public, et qui tourna pendant des semaines sur les stations de radio, un morceau parlant de la persécution que subissent les jeunes, avec un couplet de Tunisiano en arabe. Les deux autres chansons phares sont sûrement « La France », rendue tristement célèbre à cause du procès intenté par le député François Grosdidier (procès où ils furent acquittés au nom de la liberté d'expression) à cause de la phrase "On est tous chaud / Pour mission exterminer les ministres et les fachos". Un titre hardcore avec un Tunisiano en solo en très grande forme, nous livrant sa haine envers l'état. Le second extrait représentatif de l'album, c'est le mélancolique « Du rire aux larmes » résumant leurs hauts et bas de la vie, comme le dit la chanteuse du refrain "Je sais que c'est dur mais baisse les armes / Même si tu passes du rire aux larmes / Penses au futur la vies est pure et pleine de charmes".

Mais Sniper c'est également des bons délires comme « Le crew est de sortie », où nos trois compères se retrouvent en boîte pour fêter la sortie de l'album. S'ajoute « La rumba » aux accents latinos, avec la phrase d'Aketo qui résume très bien la chanson ("J'ai les chicos acérées / Surtout quand il y a des gos à serrer"), ou encore le très célèbre clash bon enfant arbitré par Blacko entre Tunisiano ("J'vous présente Aket' / Le nez pointu comme une fléchette / Et vu d'profil la superficie d'une raquette / Galbé comme une baguette / Il a un zen en acier trempé / Et son nom il le signe à la pointe de son nez") et Aketo ("A mes côtés Tunisiano aka Mâchoire d'acier / Quand il était encore marmot les tétines il les déchiquetait / Ses dents il s'les faisait sur n'importe quoi même du métal / C'est pour ça qu'aujourd'hui Tuni a les chicos en freestyle") qui se charrient sur leur physique. On y trouve également du story telling comme « Tribal poursuite », racontant nos trois rappeurs se faire poursuivre par une horde de skinheads neo-nazis armés jusqu'aux dents (avec comme mission "ne pas finir dans la Seine victime de la folie des fachos"), puis de l'égotrip sur « Sniper processus » avec comme mot d'ordre de faire "un concept différent".

Il y a également des morceaux traitant des thèmes plus graves comme la jalousie vis-à-vis de la réussite (« La sentence »), les « Faits divers », qui appelle au vote car "Aller voter c'est un droit et un devoir qu'on a" comme dit Aketo. Et encore sur « Faut de tout pour faire un monde », qui peut paraître cliché mais qui réussi très bien à montrer du doigt toutes les choses horribles de notre monde, mais bon comme ils le disent dans la dernière track « On s'en sort bien ».

Au final Du rire aux larmes est un premier LP excellent, passant par tous les registres du rap, un album qui a marqué toute une génération et a même fait aimer le rap à beaucoup de personnes. Dommage que les MCs aient (définitivement ?) changés de registre, avec Blacko qui fait désormais du reggae/ragga. Ce qui n'est pas pour déplaire au groupe car c'est une aubaine pour les refrains, et les deux autres bien moins incisifs dans leurs couplets. Mais le futur album solo de Tunisiano pourrait changer la donne avec un possible retour aux sources, nous ne pouvons que l'espérer...




Trait pour trait :


Retrouvons Aketo, Tunisiano et Blacko (désormais séparés de DJ Boudj) là où nous les avions laissés : en pleine tempête. En effet, si le groupe est connu pour ses quelques tubes radios, et qu'il rallie une bonne partie des auditeurs actuels de rap français, Sniper a pris une autre dimension un peu contre sa volonté. C'est en mêlant provocation, engagement, prise de position politique et discours un brin maladroit que le crew s'est attiré l'attention non pas du public, mais des autorités et des instances politiques et judiciaires. Un peu malmenés, les trois compères ont toutefois su rebondir comme le prouve la suite du morceau dans la ligne de mire, "La France (itinéraire d'une polémique)". Ce titre en dira beaucoup sur les intentions des artistes qui, s'ils paraissent sincères dans leur démarche, n'en semblent pas moins jouer de leur statut d'ennemis publics certifiés.

Passé ce morceau dont chacun pensera ce qu'il voudra, l'album s'avère légèrement différent des précédents, avec la volonté d'aborder des sujets graves et de dépasser un discours désormais trop convenu de jeunes "jugés coupables à chaque fois". Notons par exemple le poignant "Eldorado" (ft. Daara J) qui traite de l'immigration (vue du côté de l'émigration), sorte de chronique d'un drame humain annoncé, mais tellement réaliste. Le ton se fait plus léger, mais relève d'une observation sociale non sans finesse, sur "Génération Tanguy". Comme son nom l'indique, cette track évoque avec humour les jeunes adultes qui ne parviennent pas à s'éloigner du cocon familial, avec quelques coups bas lancés aux internautes patentés. Bons points également pour des thèmes simples comme "Dans mon monde", déscription sans fioiture et sans romance d'un quotidien "normal", invitation réussie dans la vie de tous les jours.

Les faux pas ne sont pas légion sur ce nouvel opus de Sniper, même si l'ouverture "S.N.I", par exempe, n'apporte rien. On pourra pourtant reprocher au groupe de difficilement varier ses thèmes musicaux (à quelques rares excéptions près), d'être limité dans son écriture, et assez banal en terme de flow (même si Tunisiano se démarque), mais aussi de surexploiter le penchant désormais incontournable de Blacko pour la musique jamaïquaine. A la manière de Samuel au sein du Saïan, Blacko donne souvent le ton dans le même registre, et si ses progrès son flagrants et louables, ils passeraient presque pour redondants sur un album estampillé "rap". Passé cette considération somme toute relative, il nous reste un disque qui s'inscrit dans l'évolution du groupe : du changement mais pas trop.

Quoi qu'il arrive, le succès est déjà assuré pour cet album qui, à défaut de proposer de beaux singles clipés est déjà accompagné d'une vidéo amateur qui fait parler. C'est meilleur que les stickers pour le buzz. Encore une fois, c'est l'aspect extra-artistique qui fera parler du groupe, puisque sa musique, elle, ne retient pas l'attention de grand monde. Dommage qu'ils soient plus prompts à provoquer des polémiques et autres scandales ("à l'insu de leur plein gré"), qu'à proposer un contenu artistique consistant...


[

# Posté le jeudi 17 mai 2007 16:04

Modifié le lundi 28 mai 2007 06:55