Episode "Rage"
Né en 1980, KANOUTE Yamadou est né à Ivry sur seine et passe les 10 premières années de sa vie à Grigny centre. En 1990, sa famille rentre au Mali définitivement. Il continue son parcours scolaire au lycée français et rencontre en 1993, Simpson, son pote avec qu'il commence à écrire ses premiers textes. En 1996, il intègre le groupe "rage" et les shows et concerts underground s'enchaînent. Le nom du groupe s'installe et en 1998 le morceau Votemania, en collaboration avec naini Diabaté, propulse le groupe nationalement (haute rotation du clip sur ortm, sur toutes les radios nationales). S'en suit une série de concert au coté de Koffi Olomidé, de Khaled, de Penny Penny , de Positive Black Soul... Des concerts à Dakar, au Burkina, le groupe commence à être diffusé sur RFI, africa n.1. C'est l'ascension. En 2000, l'album est réédité en france(Night and day) après le succès en Afrique. Quelques scènes avec Dee Nasty, la flèches d'or, Mcm café introduisent le groupe en france.
Episode "Al peco"
Le groupe éparpillé pour des raisons d'ordre scolaire, Al peco et Koly se retrouvent à Toulouse et forme Rokia Sound en 2001(association organisatrice d'événement culturel) qui produit "Pec Exel" (premier maxi d'Al peco autoproduit et autodistribué). Les mixtapes et les compiles s'enchaînent tres rapidement (Mc's en faktion vol 2, Maximum boycott, Performers, Indipendenza, Sang d'encre, Stricly Street vol 3). Après avoir validé sa maitrise en économie et gestion, le street cd Bled Hard Concept sort en avril 2004 et son succès annonce Al peco comme révélation indé de l'année. Les sollicitations continuent à pleuvoir: GT1 (Génération t '1kiete !!) aux cotés d'Ofx, Disiz la Peste, Dadoo, La Fouine, Busta Flex..., Double Face 6, BO "Dans tes rêves», Rai'n'b Fever 2, Dis l'heure de Hip hop, pop rock avec Johnny Halliday notamment, Double Face 7 où il réalise un duo avec le rappeur numéro 1 aux Etats Unis, Chamillionaire...
Aujourd'hui Al Peco s'apprête à sortir le volume 2 de BledHard concept en septembre 2006 et son album. Concernant les scènes Al Peco est très actif, il écume l'ensemble des scènes du Sud et est fréquemment sollicité pour des premières parties internationales comme Jadakiss ou encore le groupe mythique Public Ennemy. C'est également lui qui réalise à Toulouse les premières parties des gros artistes nationaux tels que Diam's ou le Saian Supa Crew.
Si on devait donner un mot pour définir Al Peco, ce serait « authenticité », fier de ses racines, il s'en sert pour tracer, avec succès, son chemin dans le milieu du rap. Malgré tous ses projets actuels, il se livre en toute sincérité au jeu de l'interview...
1/ Tout d'abord présente toi pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore :
Al Peco 99 représentant ! pour tout les Bledhardz de Turquie au Congo qui sont venus se chercher ici pour se mettre bien !!!
2/ Tu as un parcours assez particulier, tu as commencé au Mali, qu'est ce qui t'as amené dans le rap ?
Le kiff tout simplement ! C'est la musique qui a touché le plus de jeunes dans le monde depuis les années 90 ! C'est un phénomène mondial. Ça a commencé avec Kriss Kross, Da Young Stars, Fu Shniken, Mc Solaar, Pbs , Daara J et tout ...
3/ Après ton succès en Afrique, comment as tu gagné le public français ?
98 à Toulouse pour faire mes études, en 2001 mon premier maxi « Pec Exel » et puis en suite mixtape sur mixtape , compils sur compils j'ai tout saigné sans me poser de questions. Et puis les gens ont remarqué la vibe particulière et que je transcrivais une autre réalité.
4/ 2004, tu sors ton 1er street album « Bled Hard » et tu deviens la révélation du rap indé, quel message voulais tu transmettre via cet album ?
« Bled Hard Concept » c'est du décoffrage de leust un peu , il y a des gros morceaux égotrip « Qui veut sucer du leust ? » ou « B Boy » et des morceaux posés comme « Hey Marianne » très deep, c'était pour me faire les dents ! et je t'avoue que ça a bien marché !! mais c'est pas du tout un album même si il y a beaucoup de titres qui ont tourné !
5/ Sur ce street album on peut retrouver la chanson « Hey Marianne » (ma préférée !). Tu l'as écrite pour quelqu'un en particulier ?
Je l'ai écrite en 3 heures pour te dire tellement ça coulait facilement ! Ben je pense à moi d'abord , mon vécu ! Tu sais là d'où je viens il y a tellement d'illusions sur la France et il faut être là pour le savoir ! Certains petits événements m'ont bien fait comprendre qu'ici t'es pas toujours le bienvenue ! Mais bon y'a foyyyyyyyyyyy !!!!!!!!!!! On est là et on fera ce qu'il y a faire avant de repartir inch'allah !!
6/ Depuis, on entend parler que de toi ! GT1 par ci (compilation « Génération T'inquiètes » aux côtés entre autres de La Fouine, Dadoo, Busta Flex, Disiz... - avril 2005), la BO de « Dans tes rêves » par là... Comme on dit chez nous « Bsartek » ! Mais comment tu vis ces sollicitations ?
Bien ça fait plaisir mais après il faut toujours bosser.
7/ Du coup « Marianne ne te fait plus ramasser les crottes des chiwawas » ?!
J'en ai jamais ramassé je te rassure mais c'est une réalité.
8/ Quelles sont tes influences dans l'écriture ?
J'en ai pas trop tu sais il m'arrive de pas écrire carrément. « je me parle à moi même » c'est assez spécial de me voir en studio. Je change beaucoup mes paroles , les instrus . J'aime faire plusieurs versions des morceaux
9/ Tu disais que tu ne participais qu'au choix des instru, est ce qu'à l'avenir, tu souhaiterais t'investir dans la production des instru cette fois-ci ?
Peut être , mais je suis souvent à l'origine des inspirations pour les instrus mais je les compose pas c'est trop relou les machines et puis chacun son taff mais par contre pour les arrangements je suis toujours là .
10/ Y a t'il un 1er album en projet ?
COLONIZASON, fin 2005 inch'allah ça va jacter !!
11/ Un dernier mot pour conclure :
KOTIGUI DEDO ? L'homme qui fait les choses. C'est l'homme qui a peur sinon ya foy ! Force ! COLONIZASON arrive...
M. Le Ministre de l'Intérieur:
J'ai atterri en banlieue parisienne en 78 je crois.
Monsieur le ministre permettez moi de vous faire un petit cours d'histoire.
mon pays le mali pendant longtemps a servi de colonie , la France s y est bien servie.
moi même à la France , j ai temps servi je peux pas cracher sur pays .
il m' a offert un travail au prix d'une ernie discale.
à part ça rien de grave sauf que j'essaie de tenter cette intégration mais bon!!
20 ans le même job , la routine et mon,..
mon patron écorche encore mon nom .
tellement l'impression de n 'être qu'un chiffre, un simple numéro de secu sociale,
un numéro d 'assedic , un numéro d'alloc familiale.
j'ai pas encore de numéro d'écrou mais c'est pas le cas de beaucoup d'entre nous.
tellement l'impression de n'être que du bétail, un maillon de cette chaîne de consommation interminable
Dites moi je suis malade , je ne le pense pas.
Citoyen français mais ne le ressent pas
Monsieur le ministre , je vous livre le fond de mes pensées sur votre politique.
enfin ce que je pense être ses excès,
stigmatiser cette France qui fait peur soi disant .
cette France du bruit et l'odeur comme le qualifiait l'actuel président.
je ne vous apprend rien quand je vous dis que c'est pas avec un pansement
qu'on arrête une hémorragie.
les causes du malaise sont nombreuses et profondes
la faute qui ? je ne sais pas vraiment.
Démission des parents, politique d'isolement de gens trop différent , illusion de ces enfants pensant réussir dans les voix de délinquants.
tant d'arguments et de causes qui cautionnent l'échec
optimiste , je le suis et vous ?
Mr le ministre de l'intérieur! je vous demande vous ?
Monsieur le ministre de l'intérieur je vous reproche votre manque de tact.
tout ces dérapages verbaux , on parle à des hommes pas des animaux.
oser parler de nettoyable au carcher mais c'est pour quand qu'on parle de retour de bétail en charter.
le trop peu de démonstration officielle, lors du triple incendie étrange de ces familles africaines.
et votre naturelle élocution à ce moment crucial aurait peut être pu avoir des vertus psycho médicales.
mais non trop distant , le pansement gouvernemental encore absent
et ces mamans pleurant en larmes la dépouille de leurs enfants partis en flammes.
mais vous croyez que ça plaint à qui d'habiter dans ce genre de taudis ? ces conditions de vie
je me rectifie de vivre dans ces conditions de survie , non pardon de survivre dans ces conditions de sous vie.
mr l ministre concernant l'immigration , un seul mot à votre bouche EXPULSION.
beaucoup vous qualifie d'homme d'action , excellant dans l 'art de la destruction puisque celui de la construction.
votre pouvoir de persuasion , votre charisme laisse perplexe ma diaspora d'Afrique.
cette diaspora qui se sent implicitement incrimée à chacun de vos discours !
des propos trop populiste à mon goût , j'ai l 'impression d'être un vrai boulet pour vous
oui je suis français , oui je vote !
oui je paie mes impôts comme tous les autres !
oui je vis ici , français mais pas d'origine !
Ces temps ci, en surfant sur le player de Rap2k, vous avez sûrement dû apercevoir le nom d'Al Peco associé à un morceau aux consonnances « Bled Hard » qui s'intitule « Kotigui ». Un terme qui peut paraître étrange pour un français lambda unilingue mais qui signifie beaucoup en Bambaraa (dialecte africain) pour ce malien qui ½uvre dans le rap depuis l'âge de 14 ans.
Kotigui = L'homme qui fait les choses
C'est le premier morceau de cet album, j'insiste sur ce terme car il permet de situer l'état d'esprit du Kotigui qui vous l'avez compris n'est pas en France pour jouer.
Ce morceau est un appel au réveil de son peuple et de manière plus large de toutes les communautés présentes dans les cités, histoire de rappeler que nous avons tous les moyens de réussir. « On ne peut pas passer notre existence à subir, au lieu de cramer des voitures rêve d'en construire ». Il se donne en exemple pour démontrer que tout est possible même quand le système fait tout pour prouver le contraire « J'ai eu mon Bac S a 17/ma maîtrise d'Eco à 22/je suis un Cerveau un vrai Crack pour eux/ Pourquoi tu fais du rap alors ?/Parce que t'es un merdeux / remonte 2 mesures plus haut je te dis je suis un matheux »
Une belle entrée en matière qui va au contre-courant de tous ce qui peut se faire dans le paysage rapologique francais actuellement, qui dans cette thématique est plus axée sur les problèmes que les éventuelles solutions.
Cependant, la problématique de Kotigui est traité sous l'angle opposé sur le morceau « Mr le ministre de l'Intérieur », un morceau ou le Kotigui s'adresse directement au n°2 du Gouvernement avec le respect qui lui est dû, sans violence, mais avec des mots lourd de sens qui marque plus les esprits qu'un simple doigt d'honneur. « Mr Le Ministre de l'Intérieur je vous reproche votre manque de tact/ Ces dérapages verbaux on parle a des hommes pas à des animaux/ Oser parlé de nettoyage au Karcher/ Mais c'est pour quand qu'on parle de retour de bétail en charter ? » Un message qui a sûrement comme principal objectif d'être entendu par l'intéressé tant les lyrics semblent clair et compréhensible par Tous. A quand la réponse ?
Sur « Parce que », le Kotigui répond au pourquoi de son rap sur une instru a la fois sombre et mélancolique, un mélange subtil qui dans le son et le texte reflète bien la motivation du Rappeur en général.
Sur « Lascars contre Bledhards », il oppose deux manières de penser bien distinctes, qui reflète bien l'image que l'un à de l'autre. Une prod explosive assurée par Alsoprodby et un thème très proche de la realité.
Certes, tout ceci nous laisse penser que le Kotigui possède un discours résolument engagé, presque politique, cependant il demeure un artiste accroc a son art, il nous le démontre sur « Combien de sacrifices » aux côtés de Kazkami ; un hymne a l'amour du rap sur une prod entraînante qui nous inspire beaucoup de nostalgie et de gaieté a la fois, une agréable sensation.
Rappeur sur « A.L.P.E.C.O » (pas très convaincant) ou « Cannibal Mc », de l'Egotrip à l'état brut bourré de punchline censé dévoré la concurrence « a l'apéro ou a 4 heures » selon les envies, brillamment orchestré par Koudjo.
Rappeur encore sur «trop nez gros» et son remix, ou lui et les stars montantes du rap français (Grodash, Taro OG, Nubi, Despo rutti, Alpha 5.20) font l'étalage de la force de leurs flows sur un thème porté sur l'autodérision. Je parierais presque pour un futur single, mais ça n'engage que moi !
Plus rappeur que jamais sur « Ridin' remix » en featuring avec le Chamillionnaire, ou le Kotigui ose se mesurer au dinosaure du Crunk avec un flow qui mélange la rapidité et la chansonnette. Un exercice difficile assez bien réussi par notre « Bledhard » national.
Rappeur, mais aussi « Décaleur » sur le morceau « Guerriers » en featuring avec Meiway. Un morceau qui ne rentrera probablement pas dans les classiques du Coupé Décalé mais qui a sûrement une utilité spéciale pour le Kotigui.
Enfin, après ce bref récapitulatif on peut mieux comprendre le concept de Kotigui : le combat d'un jeune malien émigré en France pour réussir. Certains trouveront probablement que son album tourne trop autour de ce même thème, le Kotigui assume cette idée sur le morceau « Paradoxal » produit par T.I.X.X.O pour qu'il n'y ai rien à redire sur cet album.
Je ne classerais pas cet album dans les classiques, mais je peux vous assurer qu'il restera l'un des albums les plus complet et des plus intéressants de cette année 2006.
A vous de me dire ce qu'il vous inspire !
Né en 1980, KANOUTE Yamadou est né à Ivry sur seine et passe les 10 premières années de sa vie à Grigny centre. En 1990, sa famille rentre au Mali définitivement. Il continue son parcours scolaire au lycée français et rencontre en 1993, Simpson, son pote avec qu'il commence à écrire ses premiers textes. En 1996, il intègre le groupe "rage" et les shows et concerts underground s'enchaînent. Le nom du groupe s'installe et en 1998 le morceau Votemania, en collaboration avec naini Diabaté, propulse le groupe nationalement (haute rotation du clip sur ortm, sur toutes les radios nationales). S'en suit une série de concert au coté de Koffi Olomidé, de Khaled, de Penny Penny , de Positive Black Soul... Des concerts à Dakar, au Burkina, le groupe commence à être diffusé sur RFI, africa n.1. C'est l'ascension. En 2000, l'album est réédité en france(Night and day) après le succès en Afrique. Quelques scènes avec Dee Nasty, la flèches d'or, Mcm café introduisent le groupe en france.
Episode "Al peco"
Le groupe éparpillé pour des raisons d'ordre scolaire, Al peco et Koly se retrouvent à Toulouse et forme Rokia Sound en 2001(association organisatrice d'événement culturel) qui produit "Pec Exel" (premier maxi d'Al peco autoproduit et autodistribué). Les mixtapes et les compiles s'enchaînent tres rapidement (Mc's en faktion vol 2, Maximum boycott, Performers, Indipendenza, Sang d'encre, Stricly Street vol 3). Après avoir validé sa maitrise en économie et gestion, le street cd Bled Hard Concept sort en avril 2004 et son succès annonce Al peco comme révélation indé de l'année. Les sollicitations continuent à pleuvoir: GT1 (Génération t '1kiete !!) aux cotés d'Ofx, Disiz la Peste, Dadoo, La Fouine, Busta Flex..., Double Face 6, BO "Dans tes rêves», Rai'n'b Fever 2, Dis l'heure de Hip hop, pop rock avec Johnny Halliday notamment, Double Face 7 où il réalise un duo avec le rappeur numéro 1 aux Etats Unis, Chamillionaire...
Aujourd'hui Al Peco s'apprête à sortir le volume 2 de BledHard concept en septembre 2006 et son album. Concernant les scènes Al Peco est très actif, il écume l'ensemble des scènes du Sud et est fréquemment sollicité pour des premières parties internationales comme Jadakiss ou encore le groupe mythique Public Ennemy. C'est également lui qui réalise à Toulouse les premières parties des gros artistes nationaux tels que Diam's ou le Saian Supa Crew.
Si on devait donner un mot pour définir Al Peco, ce serait « authenticité », fier de ses racines, il s'en sert pour tracer, avec succès, son chemin dans le milieu du rap. Malgré tous ses projets actuels, il se livre en toute sincérité au jeu de l'interview...
1/ Tout d'abord présente toi pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore :
Al Peco 99 représentant ! pour tout les Bledhardz de Turquie au Congo qui sont venus se chercher ici pour se mettre bien !!!
2/ Tu as un parcours assez particulier, tu as commencé au Mali, qu'est ce qui t'as amené dans le rap ?
Le kiff tout simplement ! C'est la musique qui a touché le plus de jeunes dans le monde depuis les années 90 ! C'est un phénomène mondial. Ça a commencé avec Kriss Kross, Da Young Stars, Fu Shniken, Mc Solaar, Pbs , Daara J et tout ...
3/ Après ton succès en Afrique, comment as tu gagné le public français ?
98 à Toulouse pour faire mes études, en 2001 mon premier maxi « Pec Exel » et puis en suite mixtape sur mixtape , compils sur compils j'ai tout saigné sans me poser de questions. Et puis les gens ont remarqué la vibe particulière et que je transcrivais une autre réalité.
4/ 2004, tu sors ton 1er street album « Bled Hard » et tu deviens la révélation du rap indé, quel message voulais tu transmettre via cet album ?
« Bled Hard Concept » c'est du décoffrage de leust un peu , il y a des gros morceaux égotrip « Qui veut sucer du leust ? » ou « B Boy » et des morceaux posés comme « Hey Marianne » très deep, c'était pour me faire les dents ! et je t'avoue que ça a bien marché !! mais c'est pas du tout un album même si il y a beaucoup de titres qui ont tourné !
5/ Sur ce street album on peut retrouver la chanson « Hey Marianne » (ma préférée !). Tu l'as écrite pour quelqu'un en particulier ?
Je l'ai écrite en 3 heures pour te dire tellement ça coulait facilement ! Ben je pense à moi d'abord , mon vécu ! Tu sais là d'où je viens il y a tellement d'illusions sur la France et il faut être là pour le savoir ! Certains petits événements m'ont bien fait comprendre qu'ici t'es pas toujours le bienvenue ! Mais bon y'a foyyyyyyyyyyy !!!!!!!!!!! On est là et on fera ce qu'il y a faire avant de repartir inch'allah !!
6/ Depuis, on entend parler que de toi ! GT1 par ci (compilation « Génération T'inquiètes » aux côtés entre autres de La Fouine, Dadoo, Busta Flex, Disiz... - avril 2005), la BO de « Dans tes rêves » par là... Comme on dit chez nous « Bsartek » ! Mais comment tu vis ces sollicitations ?
Bien ça fait plaisir mais après il faut toujours bosser.
7/ Du coup « Marianne ne te fait plus ramasser les crottes des chiwawas » ?!
J'en ai jamais ramassé je te rassure mais c'est une réalité.
8/ Quelles sont tes influences dans l'écriture ?
J'en ai pas trop tu sais il m'arrive de pas écrire carrément. « je me parle à moi même » c'est assez spécial de me voir en studio. Je change beaucoup mes paroles , les instrus . J'aime faire plusieurs versions des morceaux
9/ Tu disais que tu ne participais qu'au choix des instru, est ce qu'à l'avenir, tu souhaiterais t'investir dans la production des instru cette fois-ci ?
Peut être , mais je suis souvent à l'origine des inspirations pour les instrus mais je les compose pas c'est trop relou les machines et puis chacun son taff mais par contre pour les arrangements je suis toujours là .
10/ Y a t'il un 1er album en projet ?
COLONIZASON, fin 2005 inch'allah ça va jacter !!
11/ Un dernier mot pour conclure :
KOTIGUI DEDO ? L'homme qui fait les choses. C'est l'homme qui a peur sinon ya foy ! Force ! COLONIZASON arrive...
M. Le Ministre de l'Intérieur:
J'ai atterri en banlieue parisienne en 78 je crois.
Monsieur le ministre permettez moi de vous faire un petit cours d'histoire.
mon pays le mali pendant longtemps a servi de colonie , la France s y est bien servie.
moi même à la France , j ai temps servi je peux pas cracher sur pays .
il m' a offert un travail au prix d'une ernie discale.
à part ça rien de grave sauf que j'essaie de tenter cette intégration mais bon!!
20 ans le même job , la routine et mon,..
mon patron écorche encore mon nom .
tellement l'impression de n 'être qu'un chiffre, un simple numéro de secu sociale,
un numéro d 'assedic , un numéro d'alloc familiale.
j'ai pas encore de numéro d'écrou mais c'est pas le cas de beaucoup d'entre nous.
tellement l'impression de n'être que du bétail, un maillon de cette chaîne de consommation interminable
Dites moi je suis malade , je ne le pense pas.
Citoyen français mais ne le ressent pas
Monsieur le ministre , je vous livre le fond de mes pensées sur votre politique.
enfin ce que je pense être ses excès,
stigmatiser cette France qui fait peur soi disant .
cette France du bruit et l'odeur comme le qualifiait l'actuel président.
je ne vous apprend rien quand je vous dis que c'est pas avec un pansement
qu'on arrête une hémorragie.
les causes du malaise sont nombreuses et profondes
la faute qui ? je ne sais pas vraiment.
Démission des parents, politique d'isolement de gens trop différent , illusion de ces enfants pensant réussir dans les voix de délinquants.
tant d'arguments et de causes qui cautionnent l'échec
optimiste , je le suis et vous ?
Mr le ministre de l'intérieur! je vous demande vous ?
Monsieur le ministre de l'intérieur je vous reproche votre manque de tact.
tout ces dérapages verbaux , on parle à des hommes pas des animaux.
oser parler de nettoyable au carcher mais c'est pour quand qu'on parle de retour de bétail en charter.
le trop peu de démonstration officielle, lors du triple incendie étrange de ces familles africaines.
et votre naturelle élocution à ce moment crucial aurait peut être pu avoir des vertus psycho médicales.
mais non trop distant , le pansement gouvernemental encore absent
et ces mamans pleurant en larmes la dépouille de leurs enfants partis en flammes.
mais vous croyez que ça plaint à qui d'habiter dans ce genre de taudis ? ces conditions de vie
je me rectifie de vivre dans ces conditions de survie , non pardon de survivre dans ces conditions de sous vie.
mr l ministre concernant l'immigration , un seul mot à votre bouche EXPULSION.
beaucoup vous qualifie d'homme d'action , excellant dans l 'art de la destruction puisque celui de la construction.
votre pouvoir de persuasion , votre charisme laisse perplexe ma diaspora d'Afrique.
cette diaspora qui se sent implicitement incrimée à chacun de vos discours !
des propos trop populiste à mon goût , j'ai l 'impression d'être un vrai boulet pour vous
oui je suis français , oui je vote !
oui je paie mes impôts comme tous les autres !
oui je vis ici , français mais pas d'origine !
Bledhard Concept Vol.2:
Ces temps ci, en surfant sur le player de Rap2k, vous avez sûrement dû apercevoir le nom d'Al Peco associé à un morceau aux consonnances « Bled Hard » qui s'intitule « Kotigui ». Un terme qui peut paraître étrange pour un français lambda unilingue mais qui signifie beaucoup en Bambaraa (dialecte africain) pour ce malien qui ½uvre dans le rap depuis l'âge de 14 ans.
Kotigui = L'homme qui fait les choses
C'est le premier morceau de cet album, j'insiste sur ce terme car il permet de situer l'état d'esprit du Kotigui qui vous l'avez compris n'est pas en France pour jouer.
Ce morceau est un appel au réveil de son peuple et de manière plus large de toutes les communautés présentes dans les cités, histoire de rappeler que nous avons tous les moyens de réussir. « On ne peut pas passer notre existence à subir, au lieu de cramer des voitures rêve d'en construire ». Il se donne en exemple pour démontrer que tout est possible même quand le système fait tout pour prouver le contraire « J'ai eu mon Bac S a 17/ma maîtrise d'Eco à 22/je suis un Cerveau un vrai Crack pour eux/ Pourquoi tu fais du rap alors ?/Parce que t'es un merdeux / remonte 2 mesures plus haut je te dis je suis un matheux »
Une belle entrée en matière qui va au contre-courant de tous ce qui peut se faire dans le paysage rapologique francais actuellement, qui dans cette thématique est plus axée sur les problèmes que les éventuelles solutions.
Cependant, la problématique de Kotigui est traité sous l'angle opposé sur le morceau « Mr le ministre de l'Intérieur », un morceau ou le Kotigui s'adresse directement au n°2 du Gouvernement avec le respect qui lui est dû, sans violence, mais avec des mots lourd de sens qui marque plus les esprits qu'un simple doigt d'honneur. « Mr Le Ministre de l'Intérieur je vous reproche votre manque de tact/ Ces dérapages verbaux on parle a des hommes pas à des animaux/ Oser parlé de nettoyage au Karcher/ Mais c'est pour quand qu'on parle de retour de bétail en charter ? » Un message qui a sûrement comme principal objectif d'être entendu par l'intéressé tant les lyrics semblent clair et compréhensible par Tous. A quand la réponse ?
Sur « Parce que », le Kotigui répond au pourquoi de son rap sur une instru a la fois sombre et mélancolique, un mélange subtil qui dans le son et le texte reflète bien la motivation du Rappeur en général.
Sur « Lascars contre Bledhards », il oppose deux manières de penser bien distinctes, qui reflète bien l'image que l'un à de l'autre. Une prod explosive assurée par Alsoprodby et un thème très proche de la realité.
Certes, tout ceci nous laisse penser que le Kotigui possède un discours résolument engagé, presque politique, cependant il demeure un artiste accroc a son art, il nous le démontre sur « Combien de sacrifices » aux côtés de Kazkami ; un hymne a l'amour du rap sur une prod entraînante qui nous inspire beaucoup de nostalgie et de gaieté a la fois, une agréable sensation.
Rappeur sur « A.L.P.E.C.O » (pas très convaincant) ou « Cannibal Mc », de l'Egotrip à l'état brut bourré de punchline censé dévoré la concurrence « a l'apéro ou a 4 heures » selon les envies, brillamment orchestré par Koudjo.
Rappeur encore sur «trop nez gros» et son remix, ou lui et les stars montantes du rap français (Grodash, Taro OG, Nubi, Despo rutti, Alpha 5.20) font l'étalage de la force de leurs flows sur un thème porté sur l'autodérision. Je parierais presque pour un futur single, mais ça n'engage que moi !
Plus rappeur que jamais sur « Ridin' remix » en featuring avec le Chamillionnaire, ou le Kotigui ose se mesurer au dinosaure du Crunk avec un flow qui mélange la rapidité et la chansonnette. Un exercice difficile assez bien réussi par notre « Bledhard » national.
Rappeur, mais aussi « Décaleur » sur le morceau « Guerriers » en featuring avec Meiway. Un morceau qui ne rentrera probablement pas dans les classiques du Coupé Décalé mais qui a sûrement une utilité spéciale pour le Kotigui.
Enfin, après ce bref récapitulatif on peut mieux comprendre le concept de Kotigui : le combat d'un jeune malien émigré en France pour réussir. Certains trouveront probablement que son album tourne trop autour de ce même thème, le Kotigui assume cette idée sur le morceau « Paradoxal » produit par T.I.X.X.O pour qu'il n'y ai rien à redire sur cet album.
Je ne classerais pas cet album dans les classiques, mais je peux vous assurer qu'il restera l'un des albums les plus complet et des plus intéressants de cette année 2006.
A vous de me dire ce qu'il vous inspire !
