akhénaton

akhénaton
Cet homme est devenu une des personnalités les plus médiatiques de Marseille. Il est aussi et sans aucun doute un des représentants le plus écouté du rap en France.... pour vous, la biographie du rappeur :

Philippe Fragione alias Akhénaton est né le 17 septembre 1968 dans le XIIIème arrondissement de Marseille. Issus d'une famille d'immigrés italiens originaires de Naples, le jeune Philippe et son frère Fabien vivent dans la banlieue phocéenne avec leur mère, employée de l'EDF.
Philippe ne s'intéresse pas vraiment à l'école alors qu'il semble réellement curieux, désireux d'apprendre. A l'âge de 8 ans, on lui achète une encyclopédie qu'il lira du début à la fin. Il se passionne pour les dinosaures puis pour l'Egypte ancienne. Il trouve là, ce qui sera plus tard son pseudonyme, Akhénaton (autre nom du pharaon Aménophis IV...!).
Jusqu'à ses seize ans, Philippe, appelé aussi Chill partage son temps libre entre les copains, le football et ses lectures. Après un séjour dans la famille de son père, installée à New York, Philippe découvre le Rap. De ce jour, sa vision de la vie change totalement. Il vit alors avec son père, fonctionnaire à la Sécurité sociale et lui annonce alors qu'il n'a que 17 ans, son désir de faire du Rap. Il poursuivra tout de même ses études mais abandonnera lors de sa première année de DEUG en biologie !
Ses rencontres avec Shurik'n, Kheops et Imothep vont lui permettre de monter un groupe. En 89, sous le nom d'IAM, ils sortent une cassette auto-produite. En 91, sort le premier album du groupe, titré "... De la planète Mars".
Incontestablement leader d'IAM, Akhenaton devient rapidement de par son charisme, sa facilité de parole, son sens aigu de la critique, mais aussi sa sincérité et sa franchise, un interlocuteur de choix pour les médias. Il sait défendre les couleurs du Rap, mais aussi celles de Marseille. Il intervient dans les débats politiques et sociaux, donnant ainsi son avis sur des sujets très divers.
Très intéressé par les religions, c'est vers l'Islam que Chill se tourne. Il se convertit en 93 un peu avant son mariage avec Aïcha, une jeune Marocaine, devenant ainsi Abdel Hakim...!
Avec le succès national du célébre titre d'IAM "Je danse le Mia"(sorti en 1993), les Marseillais sont devenus des figures incontournables du Rap Français. Alors que le groupe après une longue tournée, met un frein à ses activités, Akhenaton en profite pour livrer son premier album solo en octobre 95, enregistré en partie à Naples, ville d'où une partie de sa famille est originaire qui est titré "Métèque et Mat". Cet album est une ouvre très personnelle où l'on retrouve la faconde du rappeur. Il y évoque la mafia ("La Cosca"), la rébellion face au système établi ("Je rêve d'éclater un type des Assedic"), etc... . Sur le titre "Lettres Aux Hirondelles", il se permet même de sampler "Saïd et Mohamed" de Francis Cabrel. Par ailleurs, "Une femme seule" est inspirée de la vie de sa mère. Ce coup d'essai se transforme rapidement en coup de maître avec 300.000 exemplaires écoulés. Avant de passer à autre chose.
Ce travail personnel n'a pas enlevé son envie de poursuivre l'aventure d'IAM, car la notion de collectif est essentielle pour Akhénaton : il s'investit alors dans la production, monte un label "Côté Obscur" et une maison d'édition, "La Cosca". Il continue bien évidemment ses activités au sein d'IAM !!!
Le 19 juin 2002, Akhénaton réapparaît en solo sur la scène musicale avec un single "AKH" annonciateur d'un album qui sortira en octobre 2002, "Sol Invictus" ("soleil invincible"). Contrairement à son premier opus concocté seul dans son coin, le rappeur fait appel pour ce disque, à Shurik'n, aux Chiens de Paille ou à Dadoo du KDD. Plutôt nostalgique, voir désabusé, "Sol invictus" est résolument tourné vers le passé, que ce soient par les thèmes évoqués ou par le son très "années 80" que l'on entend presque tout du long des 18 morceaux. Cet opus se vendra à plus de 175.000 exemplaires.
Quelques mois plus tard, en novembre 2002, Akhénaton sort un "Black album" constitué de morceaux composés lors de l'enregistrement de l'album précédent mais non retenus et de titres destinés à des B.O.F. Au même moment, un DVD "Live au Docks des Suds", la vidéo de l'unique concert qu'il a donné en Avril de la même année à Marseille est mise sur le marché.
Depuis 2001, Akhénaton s'est remis à travailler par intermittence sur le nouvel album tant attendu d'IAM. C'est ainsi qu'après des enregistrements entre New York, Paris et Marseille, "Revoir un printemps" sort en septembre 2003. Le travail du leader du groupe reprend donc au sein du collectif....!
Mais Akhénaton nous a aussi montré son talent d'acteur et son amour pour le cinéma en écrivant avec Khéops la bande originale d'un des plus gros cartons de l'année cinématographique française en 98, "Taxi" de Gérard Pires dont le producteur n'est autre que Luc Besson. En février 99, ils reçoivent d'ailleurs la Victoire de la Musique pour la meilleure bande originale de l'année.
Mais ce qui reste le grand projet d'Akhenaton en cette fin d'années 90 est sans aucun doute le film qu'il cosigne avec son acolyte Kamel Saleh, "Comme un aimant" qui est un long métrage de fiction dont l'action se déroule dans un quartier de Marseille. Akhenaton écrit la bande originale avec Bruno Coulais, auteur entre autres de la B.O du film "Microcosmos". On trouve aussi des pointures soul internationales comme Cunnie Williams ou Isaac Hayes. Un jeune Marseillais, Bouga, chante "Belsunce break down" et le single fait vite partie des sommets des charts français.
Bref, Akhénaton est un véritable pilier dans le Rap çais-fran avec ses qualités de rappeurs, en collectif ou en solo et ses qualités d'acteurs également...!



Entre La Pierre et La Plume :


INTRO
Comment ne pas s'éprendre de ces lames
Forgés dans la revanche et le bain salé de ces larmes
Du haut de ces montagnes, vois-tu leur sombre dessein
Et la menace enfantée dans leur cour, accomplir son destin
Si tu avais vu nos guerriers, magnifiques et fiers
Partir pour des rêves dans des éclats de feu et de fer
Tu n'aurais su quoi dire, la cause était perdue
Mais jusqu'à l'aube nos plumes ont dansé sur la cire
Il n'y a plus rien à attendre sinon des moissons perfides
Et je suis là, à l'aplomb de leurs mensonges, à dompter mon vertige
Seule la rime garde sa force, sa tête droite
Grâce à la flamme qui s'consume en nos torses
Maintes campagnes remportées au fils de l'épée
D'autres avec le sourire, sans rage, ni cris, ni écume
Ce sont les plus belles victoires et on vient te conter
La légende des poésies du crépuscule, entre la pierre et la plume

Shurik'N
Entre la pierre et la plume, le clan s'précise quand l'brouillard s'dissipe
Six disciples armés de mots donc moitié homme moitié cible
Ils font nos lois, appliquent les leurs
Le cul entre soie et platine, c'est les miens qu'on décime
Pris entre chômage et vie facile
Sabre sur 220V, monture syncopée, mic entre les dents
Choix évident entre laisse et révolte, un chemin dépourvu de roses
Plein de caméras mais le sourire des nôtres après le combat
Recharge nos proses

AKH
Armures étincelantes, nos vies insolentes
Sont relatées en ces pages où nos stylos jettent l'encre
Tristes poésies avec ces vers comme fer de lance
Combien de lampes pour éclairer nos voies ?
Nos centuries louvoient hors des sentiers battus
Entre joie intense, peine, enluminures et ratures
Ainsi la vie est faite, douceur et amertume
La mienne se résume à l'espace pris entre la pierre et la plume

Shurik'N
Entre la pierre et la plume naissent ces germes issus de nos cursus
Nos écrits feront de nos petits frères des graines de Maximus
La rage hors du fourreau, peu importe ce qu'ils feront tant que nos rimes danseront
Y'aura des trous dans les cloisons
Souvent pris entre le marteau et l'enclume
Les torches dans les c½urs se consument
Lentement oublié comme une clope sur un mur
Un seul remède contre l'usure, la guérilla
Plume au clerc, regraver les chroniques de la France d'en bas

AKH
Entre la pierre et la plume, les rêves sont rendus possibles
Une vie d'homme libre et non pas de larbin docile
Ou d'un chassé croisé quotidien dans les coursives
Zigzag entre les regards des flics et ceux des grossistes
On s'bat pour le mieux quand c'est le chaos qui s'profile
Les plumes s'éguisent à force de voir tous ceux qui profitent
Dictature de l'émotion, nous, pions sur le croquis
Nous sommes la multitude, mais notre apathie les motive

Shurik'N
Entre la pierre et la plume assouvir nos passions
Sans chercher à faire la une pour l'honneur du blason
Pour vous, des routes y'en a qu'une
Taille dans les buissons où se cachent peur, doute, haine et suspicion
Chaque vers déposé entre calme et surtension
Claire comme la rosée, le message vole via le sillon
Une grappe au départ à présent admire nos légions
La stratégie est décidée, on charge style du bison

AKH
Entre la pierre et la plume, il n'y a que des plans concis
Fallait bien qu'un jour on sorte des terres où on nous confine
Ils nous pensent bêtes mais on sait tout de leurs consignes
Au premier faux pas c'est direct en CAP qu'on signe
J'ai ramassé leur arme, mes frères en étaient ravis
Ma plume a dansé au son austère de mes nerfs à vif
A partir de là c'est brasse coulée dans les rapides
Et fiesta d'malade à chaque centimètre qu'on grappille

Shurik'N
Entre la pierre et la plume, j'ai planté mes quartiers, récolté une forteresse
J'y ai mis mes idées issues de ceux que le pouvoir n'aime pas trop visiter
Dès qu'la parole passe par là, on se jette sans hésiter
Pas questions qu'nos voix par les caras soient parasitées
Entre l'or et la cocaïne, ils veulent nous voir écrouler
Suivre leur schéma de star : grosses voitures, gros nénés
Ici on dort pas, ils nous blousent pas avec leur télé
Rap strict, dynamite, pure guerre de tranchées féroces pour les nôtres
On cause pas de gorge tranchée entre faim et crise de foie
Y'a pas de réponses à donner
Passe nous l'encre et dis nous juste où on doit la pointer

AKH
Entre la pierre et la plume, nos troupes arrivent massives
La tyrannie oppresse le plus souvent les gentils passifs
Nos escarmouches relèvent malheureusement du pari à risque
Mais en 20 ans ici, on s'paie un putain de charivari
Méritant car oui, ces caravanes sont parties à vide
D'MRS la base aka « Mère patrie aride »
Plume sur silex et tout à coup la magie agit
La vie suit son cours bien attifée en machine à gifles
En route pour les .... Et les ... dans leur assise
Fonde une famille aussi mythique que les frères Gracie
Derniers samouraïs de l'école impériale asiatique
Lutte pour ses idées quand la masse demeure statique...



interview akhenaton :


Soldat de fortune” vient de sortir, tu peux nous rappeler comment tout à commencé ? Ca fait un peu album de crew au final avec 10 invités.

A la base, je suis parti sur un street album. Le fait d'être indépendant, ça ne met aucune pression d'obligation ou d'être en arrêt sur des titres. D'ailleurs, il y a 12 titres que je n'ai pas mis sur l'album qui font partie d'une même histoire. Sinon, je suis un peu comme un chien de groupe, le fait de partager je trouve ça mieux. C'est une question d'habitude et de philosophie peut-être... Je fais des albums comme tu envoies un truc en l'air et il tombe où il tombe. L'album a été enregistré entre mars et octobre 2005. Il a été bouclé rapidement en fin de compte alors qu'en général, je prends beaucoup de temps. Celui là a été fait instinctivement. Les premiers morceaux ont été “Mots blessés”, “Bronx river” et “Do it, do it”.


C'est drôle que tu aies commencé par ces trois morceaux car ils ont des ambiances très marquées les uns des autres. “Soldat de fortune” choque par son absence de direction artistique.

Mon expérience du Hip Hop elle ne se limite pas à 97-98 et le Queensbridge. J'ai commencé à écouté du rap en 81, il y avait des groupes qui jouaient live, en 84 j'écoutais de l'électro, en 86 le sampling est arrivé. Je suis une somme de tout ça. Quand je décide de faire un album de manière décontractée, tu vas avoir des morceaux plus Soul ou plus électro. Ma direction artistique si je devais en avoir une, ça serait de ne pas en avoir. Si demain je devais prendre une boucle de Abdelhalim Afez c'est faisable. En 1989, on a été les premiers à sampler de la musique arabe avec IAM et ça a été perçu de manière hérétique à l'époque. Et depuis que Timbaland le fait, c'est génial !
Le rap ne doit pas se limiter. En ce moment, je lis un recueil de poésie arabe du 7ème siècle. Ils écrivaient des poésies et en dessous des publications tu avais les crédits : le poète, le musicien et le type de musique. Il y avait 9 grades de musique pour autant de type. Le rap n'a rien inventé et s'inscrit dans une linéarité de tradition orale. Que ce soit arabe, afriquain ou aisiatique, il y a toujours eu cette poésie métrique se déclinant en plusieurs registres.


Mais musicalement, c'est finalement très déroutant quand même !

“Soldat de fortune” ressemble plus à la tradition musicale de “Ombre est lumière” où les instrus mis bout à bout n'ont pas de cohérence. Ca va à l'opposé de la tradition moderne qui veut qu'il y ait une cohérence de producteurs. Quand tous les sons se ressemblent alors que ce sont des producteurs différents, ça me pose un problème. En France, je pense qu'il faut prendre des risques sur la prod. C'est notre point faible. On a vécu avec la MPC 2000 les grosses caisses claires samplées sur Prodigy et Havoc pendant 6 ans, il faut tourner la page ! Il y a une nouvelle génération de producteurs qui est plutôt bonne et qui ose des trucs. Je viens de rencontrer Skread, CHI ou les Soulchildren qui sont plus dans notre patrimoine “Primorien”. Dans le rap français, c'est très important l'atmosphère du son. Sur des atmosphères plus mélancoliques et plus poignantes, le texte prend du relief. Mais avec la culture de l'atmosphère, on a mis un peu en off la culture du rythme. Les Américains ont développé ce côté, ils peuvent faire des morceaux qui ne tournent que sur la rythmique maintenant.
Tu sais ça part dans tous les sens : j'écoute un son à la FNAC, j'entends un morceaux dans un supermarché, je retiens des lignes de percu... C'est éclectiques au possible. Maintenant, carrément, je fais rejouer mes samples de Soul comme pour “Alamo”, comme “Vu de la cage” où c'est un groupe franco-malgache qui joue.


A l'instar de producteur comme Nikkfurie ou Logilo, ça n'aurait pas été plus intéressant d'avoir une couleur de son à toi avec justement des touches musicales différentes ?

Dans ma perception du rap, ça ne me pose pas de problèmes dans le sens où ce sont des influences qui cohabitent en moi depuis des années. Pour “Ecole de samba” par exemple, j'étais en train de péter un gars à PES et j'ai sorti “Je-produis-un-jeu-différent” et on en a fait un morceau ! J'ai des inspirations à la con, après ça peut partir sur des lectures comme Cheikh Anta Diop, Laotsu.
La couleur de son par contre, je n'en ai jamais eu. Je ne suis pas un producteur qui... A ce sujet, il faut que je vous raconte. Sur “Revoir un printemps” par exemple, un tas de gens m'ont dit “- Chill tu as fait les sons, c'est bizarre que ce ne soit pas Imothep”. Ils ne sont pas rendu compte que sur “L'école du micro d'argent”, j'avais produit plus de la moitié des sons quand même !


Sauf que sur “L'école du micro d'argent”, les musiques étaient créditées Imothep/Akhenaton !

Et on a cru que j'avais apporté des disques et qu'Imothep avait fait le travail ! Non en fait, ça ne s'est pas passé comme ça. *rires* L'absence d'Imothep sur “Revoir un printemps” n'est vraiment pas de son fait. Il aurait préféré être là à mon avis. Pour en revenir à cette histoire de cohésion, le jour où tu vas écouter l'histoire des 12 morceaux qui s'enchaînent, tu verras qu'ils sont dans la même veine. “L'école...” c'est pareil en fait. Il a été fait à New-York et a été refait entièrement à Paris en un mois et demi. BOUM !!! Tous les morceaux accouchés dans la même veine. Des fois, il y a une part de hasard : ça peut faire des choses bien et des fois on se gauffre.


Mais tu as conscience de ce que les gens attendent de toi par rapport à “Métèque et Mat” et “L'école du micro d'argent” ?

En fait, je ne veux pas capitaliser sur ce que j'ai fait avant. Les virages brusques que l'on peut faire dans une carrière avec IAM, effectivement, on peut perdre des gens et puis on va les rattraper 6 ans plus tard et puis les reperdre à nouveau. D'un autre côté, ça assure une sorte de pérénité de ton et de liberté artistique sur la longueur. Techniquement je ne peux pas resortir des recettes déjà réchauffées. Sinon j'aurais décliné “L'école du micro d'argent” en platine, or, vermeille... Dernièrement, j'ai enregistré avec Sokrate (Tandem), “Au nom de tous les miens”. Tout le monde me dit “- Terrible Chill putain !” mais je leur réponds “- Vous êtes des nostalgiques de Queensbridge !” Le problème c'est que vous voulez que le rap évolue mais vous voulez nous entendre sur des standards où on a été très fort.


Tu dis sur “Alamo” : “Des MC comme Faf sont sous-estimés” et finalement on le retrouve sur “Comode le dégueulasse” qui ne le change pas de son registre humoristique...

En fait, je l'ai invité sur deux morceaux qui font partie de “L'histoire” qui devait faire partie de l'album et comme j'ai fini par les écarter, il ne se retrouve plus que sur “Comode...” Sans rentrer dans les détails, j'héberge un SDF du nom de Faf à la Cosca. *rires* Je l'héberge dans une pièce à côté de mon studio. Il ne fait pas parti de la structure, c'est juste un ami. Ca fait deux ans qu'il enregistre son album et il galère pour signer mais je te jure que tu l'écoutes le cul par terre, c'est vraiment très fort.


Qu'est-ce que tu penses de la surenchère de la violence dans le rap aujourd'hui ? Tu trouves pas que l'aura d'artistes comme IAM, Fabe ou Oxmo Puccino en patit beaucoup ?

Bien sûr, parce que faire le mal c'est bien ! Je sais pas si vous avez écouté le deuxième album de Sinik. Franchement, j'en étais content dans le sens où l'on sent une volonté d'aller vers quelque chose de plus positif. Le mal c'est une ligne droite, c'est trop facile de faire plus dangereux. Il faut être patient et ne pas plonger dans l'aigreur. Par exemple, quand je n'ai pas eu d'air play sur cet album pour ne que Skyrock, je ne me suis pas mis à dire dans les magazines “- Skyrock enc*lé de ta mère, on va te niquer ta race !” *rires*
Les maisons de disques elles ont aussi leur rôle. Si le rap qui vendait c'était celui avec une plume d'autruche dans le cul... Le problème des artistes qui jouent le créneau de la violence, c'est que ça génère des problèmes pour eux, sur scène... Les gens te renvoient ce que tu leur donnes. J'ai peur que ça re-regénère une nouvelle génération de concerts à problème et dimage du rap biaisée. On est à l'image de la société : tu as la possibilité d'écouter du rap descent, bien produit, violent, non violent, tu as le choix.
Mais c'est peut-être aux radios, aux webzines de mettre en exergue les bons artistes. Le plus ennuyeux pour vous par contre, c'est que les rappeurs habitent à trois stations de métro et si tu chroniques mal leurs albums ils font une descente chez toi. A un moment dans la presse, personne ne parlait mal de personne, sauf sur IAM parce qu'ils habitaient à 800 Km. J'ai eu une discution avec des journalistes qui ont eu l'honneteté de le reconnaitre. Tu peux trouver des trucs bien ou mauvais dans nos carrières solo ou de groupe, il faut juste être équitable.


Un détail qui nous a étonné sur ton album, lorsque Shurik'n est invité il est crédité feat IAM et quand c'est Freeman, il est indiqué feat Freeman. Il ne fait plus partir du groupe ?

Question administrative. Shurik'n est toujours en contrat avec Delabel et donc on a fait des morceaux de groupe pour ne pas avoir de soucis juridiques avec ça. La question qui revient souvent c'est la présence de Malek (Freeman) au sein d'IAM. Pour moi, il doit être entre “L'école...” et “Revoir un printemps”, c'est quelqu'un qui a une culture verbale complètement différente, qui est ancré dans la génération Fonky Family. Y a des fans intégristes qui ont dit pour “Revoir un printemps” : “- Trop présent Malek, vade retro” ! Du coup, il a tendance à se mettre en retrait par rapport à Jo et moi mais c'est pas une question de niveau, plus une question de musique. On en discute entre nous sans langue de bois.
Aaaaah, l'enregistrement de ce dernier album a été très très compliqué pour tout le monde. Ca a été la congrégation de la guigne sur six personnes ! A ça tu rajoutes notre relation qui devenait complexe avec la maison de disques, Red et Meth qui attendent pour le budget du clip et qui finalement partent en tournage pour How high... obligé de les faire en dessin animé ! Avec ces histoires de budget, je suis le plouc qui s'est grillé avec Chris Robinson et tous les réalisateurs de clips New-Yorkais !
A partir de “Stratégie d'un pion”, on a monté notre structure qui s'appelle Alamut et on a réalisé nous-même nos clips. J'ai écrit “Soldat de fortune”, on a fait “Black desperado” pour Oxmo Puccino et le prochain Hocus Pocus. Diam's nous avait demandé pour “La boulette” mais on était trop chargé, c'est dommage. On travaille à l'artisanale, au lance pierre comme pour “Troie”. On a loué un studio une journée, c'était tout dans la bricole.


Justement, tu sors sur ton label 361 Records cette fois, comment tu jauges ce retour à l'indépendance ?

Je te cache pas que ça m'a fait drôle de sortir sans marketing, j'avais plus l'habitude depuis 15 ans. Dans mon contrat en taux de royauté, j'ai le même qu'avec mon contrat avec Delabel. Si l'album fonctionne un temps soit peu au sein de la structure, c'est bien pour nous. Ca nous permettra d'accomplir d'autres projets. Par contre, j'avais des propositions de grosses maisons de disques, j'ai attendu pour voir... et j'ai finalement opté pour l'indépendance. Cet album c'est un peu de la dépollution pour moi : je reviens à des basics, c'est une liberté totale. Un jour j'ai envie de faire des trucs, je n'ai pas les budgets, j'essaie de trouver des idées pour faire autrement. Je suis complètement booké, même ma MPC a pris la poussière. Mais c'est bien, j'apprends toujours au bout de 20 ans de Hip Hop !
Avec cet album, je me replonge à Générations, FPP, on arrive à être en contact avec vous. C'est plus dur avec une maison de disques, on faisait 5 jours de promo sur Paris et on ne choisissait pas ce qu'on faisait. Je déteste mettre une échelle d'importance comme ça. Pour le prochain IAM, je ferai en sorte que vous ne soyez pas mis de côté.


Dans le DVD Au coeur d'IAM, vous partez à Bucarest rencontrer un orchestre. Tu aimerais monter sur scène avec des musiciens ?

On l'a fait sur la dernière tournée d'IAM. C'est un objectif d'avoir peut-être une petite formation mais il ne faut pas briser l'intégrité du rythme. Tout serait axé autour du batteur, il faudrait trouver un batteur qui arrive à jouer Hip Hop. C'est à dire que le batteur mette son égo de batteur de côté et arrête d'improviser des solos quand t'es en train de rapper derrière ! *rires* J'en ai envie depuis un moment, peut-être plus pour monter un spectacle théâtrale...


Tu dis sur “Soldat de fortune” : “Si tu penses en avoir pour ton blé, vas l'acheter”.

L'autre jour je parlais avec des gamins de ça justement. Le téléchargement c'est le trou du cul de ton budget, en haut tu as une paire de basket à 250¤. Maintenant, ça ne te fatigue pas de télécharger des sonneries MP3 fatiguées à 3¤ ? Non ! C'est une question d'éducation. Personnellement, j'utilise internet comme une borne d'écoute, j'en télécharge 50 et je vais acheter les 2-3 qui sont vraiment bon. C'est ça la vraie démarche à mon avis et je te parle pas de mon album là !
Autrement, on n'a pas enregistré le quart des morceaux que l'on a écrit, internet c'est bien pour les bootlegs. Ces morceaux que l'on a jamais sortis et/ou enregistrés, on les a fait en freestyle, en concert. Je pense notamment à “IAM a mis un therme à vos carrières musicales”, “Style de la mouette”, “Je suis un vrai”... mais il faut savoir jeter, des fois ça sert juste d'exercices de décrassage.


Concernant les artworks, de vos albums vous marchiez toujours avec Tous des K, là c'est plus le cas.

Ce qu'il faut savoir, ce sont les artistes qui le payent. On va être bête et méchant, je vais vous parler chiffre. Sur Revoir un printemps quand tu sors un Digipack, c'est 30% d'abattement sur les royautés d'un artiste. Un artiste touche entre 8 et 15% (selon le contrat) sur le prix de gros hors taxes d'un album (72 Frs), ça fait moins de 10 Frs. Pour peu que tu partes en campagne télé où l'abattement est de 50% pendant trois mois, t'es abbatu de 80%, je regardais les crédits de Sinik, il écrit “Fuck les abattements”, il a tout compris !


Et c'est pour ça que vous sortez des éditions limitées ?

En fait c'était faussement limité, il y en avait plein. La limite était... quelque part ! *rires* Disons que c'est limité aux FNAC et Virgin parce que les grandes surfaces ne veulent pas de boitiers Digipack, elles ne veulent que du crystal. Il y a les nouveaux boitiers comme celui de Booba qui sont vraiment très beaux, c'est un nouveau standard qui va s'étendre. Sur Soldat de fortune, on a mis une encre sélective, un booklet de 20 pages, tout ça se sont des efforts à notre charge.


Ce soucis d'image et de beau produit fini, c'est une révolution liée à la dématérialisation de la musique ?

Non, il y a toujours eu des artistes s'attachant à ces détails. Non, la vraie révolution dans la musique c'est le home studio. C'est ce qui a entraîné la mort de certains studios sur Paris et qui a permis aux labels indépendants d'exister.


Mais au détriment de la qualité... Sans parler du mix, la différence entre un son français et américain reste flagrante.

Ca c'est parce qu'ils ont des systèmes de bande et de fréquence d'échantillonage différents, il faut enregistrer là-bas. Ici, on travaille avec Protools et après on mixe sur une console SSL4000. Tu ne peux pas rivaliser, il y a une limite technique que tu ne peux pas dépasser. C'est comme au cinéma. On aura jamais l'image du cinéma américain dans le cinéma français parce qu'ils utilisent des bandes Fuji différentes.


A une époque, on voyait une scène marseillaise attentiste vis à vis d'IAM. On voit émerger des rappeurs comme Kalash l'Afro, Keny Arkana, vous en êtes où ?

Ou même El Matador tu vas en entendre parler. C'est un petit qui travaille d'ailleurs avec Original Bombattak. Il n'y a plus vraiment de frontières, nous-mêmes on travaille avec Tefa, Hematome. Chez nous, ils rappaient tous comme Le Rat Luciano. A Paris, ils rappaient tous comme Booba. Quand tu as quelqu'un de très fort, il imprime une image à toute une génération, c'est inévitable. Ca ne fait pas du bien mais après on a toujours du temps pour se dégager de ses influences.


A ce sujet, il y a une critique que l'on entendait sur Paris qui disait que sur L'école... vous étiez influencés Time Bomb. Tu l'as entendu aussi ?

Non. On était très proche avec les X-Men, j'ai d'ailleurs toujours de bons contacts avec Cassidy. C'est de l'inter-influence, peut-être même que Chien de Paille nous a influencé dans notre manière de travailler.
Il y a des mecs avec qui je suis en RDV depuis six albums. On discute avec des mecs pendant 10 ans et on ne fait jamais rien alors qu'un autre peut passer à Marseille, on discute et on fait un truc à la volée. C'est notre côté désorganisé que l'on essaye de diminuer.


Après une si longue carrière qu'est-ce que tu peux espérer encore ?

M'amuser, juste des objectifs d'amusement. La question qui me fait toujours rire c'est “- Tu comptes prendre ta retraite ?” Je suis pas un joueur de football, j'ai pas de problèmes de jambes ne vous inquiétez pas ! Si je vends 2, 3 disques, ça pourra passer pour une retraite mais je continuerai à faire des sons dans mon petit lab. Ca fait longtemps que je voudrais reprendre des standards arabes ou de la grande musique classique arabe et rapper dessus mais je serai encore déroutant pour des mecs comme Tetsuo ! Alors je te sortirai “L'école du micro de vermeil” avec des prods Queensbridgiennes en 2007. *rires*
Maintenant, je ne sais même pas ce que je vais faire... ah si, on a des échéances pour IAM. Je peux déjà vous dire qu'il n'y aura pas que des producteurs d'IAM pour des questions de délai. Je ne veux pas que l'on attende encore trois ans à se disperser, je veux un truc instinctif, risqué... BLAH ! En 3-4 mois comme L'école... entre juin/juillet et novembre. C'est un premier objectif, faire un bon album d'IAM.
Ensuite, je voudrais sortir “L'histoire”, ma dizaine de morceaux qui s'enchainent en caméra subjective. Je voudrais boucler les budgets pour faire les clips en une quarantaine de minutes. Historiquement, j'ai toujours fait des histoires comme “Le soldat” ou “Un brin de haine”. Je tiens vraiment à le sortir en audio ET vidéo. Et ça c'est très compliqué. Sinon, je le sortirai en CD EP en édition limitée...


Une vraie édition limitée cette fois !

Par la force des choses oui ! Autre exemple, on a eu des propositions pour sortir le street album volume 2 de La Cosca et on l'a volontairement limité à 10000 parce que l'on n'est pas un label de disques mais un label d'éditions. C'est surtout monter une tournée, mettre les artistes en avant. On a été chez EMI pendant 15 ans et ils ne nous ont jamais mis sur aucun plan. L'édition, s'il n'y a pas d'édition active c'est l'administration la plus chère du monde, elle te prend 50% de tes droits d'auteur. On essaye d'inventer une édition vraiment active, pas coffrage. C'est pour ça que l'on fait dans le familiale aussi. On a besoin de voir les gens plusieurs fois pour voir si humainement ça peut coller sinon il n'y a aucune justification pour que je prenne 50% juste pour déposer les papiers des mecs. C'est compliqué, surtout quand tu as en plus des artistes qui gagnent beaucoup et qui cohabitent avec d'autres qui gagnent peu.


Du coup, signer des artistes parisiens ou d'ailleurs, ça serait encore plus difficile ?

On signera le jour où l'on aura une antenne sur Paris. Il faudrait pour ça que l'on ait un gros succès d'album ou que malheureusement, l'on vende une partie de notre capitale à une grosse maison de disques. Il faut le faire quand tu es glorieux avec les lauriers sinon on te rachète “Tiens, minable !”. Une autre solution, ça serait de trouver des partenaires hors du domaine de la musique. Le plus difficile avec 361 Records, si on aligne 3 succès on tourne pendant 3 ans, 3 échecs et on ferme. Là, on dure depuis 7 ans. J'ai même hypothéqué ma maison dans cette société et des fois, j'ai senti les flammes proches des volets de mon salon ! *rires*



Bonus question : Quelques mots sur ce que tu aimes en rap américain en ce moment ?

J'aime les trucs un peu extrême en rap américain. Je m'attarde plus sur leur manière de rapper comme Saigon qui a fait “My favorite things” (une des meilleurs morceaux de ces 5 dernières années), Papoos ou Ness de la team Bad Boy. J'aime pas trop les rappeurs des états du Sud, en dessous de Philadelphie, j'ai du mal... Je regardais la prod de TI cet enculé de Scott Torsh, elle est fantastique ! J'étais dégouté, j'aurais aimé la faire !
Tu vois la TR-808 qu'il y a dans le morceau “One love”, ça me renvoie à cette époque de techno rap du label Profile qui sortait des rappeurs qui ne posaient que sur des boites à rythme. Des groupes comme Original Concept et c'est à cette époque qu'est sorti Mantronix, le père spirituel de Pharell. Pharell a accouché de la jambe gauche de Mantronix... mais c'est bien ! Il vaut mieux être le fils de Mantronix que celui d'un sombre producteur dégueulasse. Honnêtement, j'aurais rêvé d'être le fils spirituel de Hi-Tekk, Diamond D ou Pete Rock. Sinon des mecs comme Pharaoe Monch m'ont beaucoup influencé dans l'écriture comme dans l'écriture. J'adore quand il a rappé “I sold doublewood in the hood”.


album Soldats de fortune :


Beaucoup se sont acharnés sur le dernier album d'IAM (Revoir un printemps), poussant bien vite le crew marseillais à la retraite, et occultant les qualités indéniables de ce disque. C'est avec un sentiment de revanche, sans doute, qu'Akhenaton, le leader du groupe (on se lance...) s'est attaché à la préparation de son troisième opus solitaire (sans compter le Black Album), et que contrairement à ses habitudes, il est arrivé sans tarder dans les bacs (trop, s'empressent d'ajouter les mauvaises langues). Pourtant, qu'on l'aime ou qu'on le deteste, difficile de ne pas s'intéresser à AKH, ni de s'impatienter d'écouter tout ce qui sort de sous son nom. "Trop normal pour avoir sa marionnette aux Guignols" (selon ses mots...), mais suffisamment talentueux, créatif et combattif pour occuper sans relâche le devant de la scène depuis quinze ans (...selon les miens), Chill et sa troupe déterrent la hâche de guerre et se font Soldat de fortune le temps d'une bataille, celle de la reconnaissance.

Produit par ses soins, ce nouvel opus du fer de lance d'IAM regorge de surprises. Fidèle à ses bonnes habitudes, il nous offre quelques fresques historiques de haute volée, comme l'excellent "Troie", qui nous plonge dans une vision antique finement imagée de notre époque, servie par un beat conquérant et guerrier sans faiblesse. Dans une veine comparable, celle de la référence historique judicieuse et imparable, notons la bombe "Alamo", ou l'acerbe "Comode - Le dégueulasse" (feat. Faf Larage et Veust), qui brille par son acidité deversée sur les rappeurs bas de gamme qui infestent les ondes et trustent les bacs (suivez leurs regards en coin). Certaines rimes du couplet de Veust ne manqueront pas de provoquer l'hilarité de certains d'entre nous ("Il a rien dans l'ventre / Même son ver solitaire veut s'barrer / Demande lui d'faire un gangsta freestyle si t'as envie d'te marrer").

Aux côtés de ces fresques majestueusement interprétées, AKH ne manque pas de saluer de nouveau ses origines napolitaines sur le nostalgique "Canzone di malavita", qui, comme il l'annonce, célèbre le plaisir d'être triste et la douce mélancolie du temps qui s'écoule. La simple amertume n'est pas de mise, et ce sont les blessures du quotidien qui reviennent à la surface lorsqu'AKH reçoit les Psy4 sur le très bon "Vu de la cage", qu'il sert lui-même d'une belle production. "Mots blessés", "Déjà les barbelés" (avec l'efficace Sako des non moins efficaces Chiens de Paille), ou encore "Du mauvais côté des rails" sont autant de perles noires dans un ensemble brut et réalisé avec le coeur (comme la pépite "Quand ils rentraient chez eux").

Pas décidé à se laisser aller dans les sentiments les plus sombres qui l'animent, Chill se fait plaisir (et à nous avec), en proposant des moments d'effort collectif bien sentis et à l'energie communicative. "Livedsladsktk (Live dans la discothèque)" étonne et plaît, de même que l'hallucinant "L'école de Samba" sur lequel Shurik'N se lâche complément et se décide à nous faire profiter de ses qualités de chanteur (!).

Puissant, complexe, relâché, riche, introspectif, engagé, osé, nostalgique, optimiste, nombreux sont les qualificatifs que nous pourrions coller à côté de ce Soldats de fortune. "One Luv" cotoie "Cosca Crew Part", Comode en prend pour son grade alors que "La fin de leur monde" (en digne successeur de "Demain c'est loin") renverra six pieds sous terre ceux qui ont parié trop vite sur la fin du mythe IAM. Doté d'une plume toujours aussi fine et auteur d'un propos sans cesse plus posé et pertinent, AKH revient réussir une percée conquérante et renverse sur son passage une grosse partie de ses opposants. Derrière le titre humble de Soldats de fortune se cache en réalité le Général des armées du rap français. Précis et courageux, épaulé par son ésquadron de luxe (Shurik'n et l'équipe de La Cosca sont très présents), Chill s'en va en guerre. Et ça fait du bien.

PS : si AKH passait un jour lire cette chronique, juste merci pour ces années de musique...



album Sol Invictus :


On ne présente plus Akhenaton. Des albums d'IAM à ses ecapades solo, des DVD de concerts aux best of, de son label à ses prises de paroles dans le débat public, notre homme est depuis plus de 15 ans sur le devant de la scène, n'en déplaise à ses nombreux détracteurs. Son discours, réfléchi et mature, souvent taxé de "démago" en a conquis autant qu'il en a écoeuré. Pourtant, avec une telle longévité dans le rap game (milieu éxigeant et déstructeur s'il en est...), force est de constater que Chill occupe toujours le haut du pavé. Après un Métèque et Mat acclamé par la critique, et un album classique d'IAM (L'Ecole du micro d'argent), Akhenaton revient aux affaires en solo en 2001 avec Sol Invictus, longtemps éspéré et franchement attendu. Premier contact avec ce disque, et premières impressions : un visuel sobre et plutôt mystérieux, bien en accord avec le personnage en somme ; des prods d'AKH en majorité, qui laisse quelques miettes à Akos et DJ Ralph, les producteurs maison de La Cosca. Tout ça promet.

L'album s'ouvre le magnifique "Paese", dédicasse de Philippe Fragione à ses origines napolitaines qui réchauffera tous les Italiens de coeur, avec quelques bribes d'un chauvinisme aiguisé et d'auto-dérision bien sentie ("Beaucoup d'gens nous détestent, ils voudraient être comme nous / Reconnaissons qu'dans l'monde y'en a peu classe comme nous les ritals / j'viens d'là où parler avec les mains c'est vital / Où on te recoud le bras à la place d'une jambe à l'hopital"). Excellent. L'intro qui suit permet à AKH de mettre quelques choses au point avec les idées reçues le concernant (sur un léger air de jazz), comme il le refera ensuite dans l'emporté "C'est ça mon frère", qui lui permet de recadrer ses derniers détracteurs. Comme un écho au très bon "Un brin de haine" (sur son premier solo), "Le fiston" (ft. Lyricist), évoque le décalage intergénérationnel entre un père et son fils qui lui échappe, le tout sur un beat musclé.

Akhenaton aime traiter les sujets assez personnels qui tiennent à coeur. Il le fait de manière éclatante sur l'oriental "Horizon Vertical", bel hommage à ses convictions et à la culture à laquelle il aspire. Dans une veine tout aussi intimiste, le superbe "Mes Soleils et Mes Lunes" (ft. Sako), sur l'amour qu'il porte à sa femme et à ses enfants, et l'importance qu'ils occupent dans sa vie ; ou encore l'excellente cloture de l'album, "Mon texte, le savon". Ce disque regorge de perles incontestables tel qu'Akhenaton sait les proposer. Au rayon des merveilles, citons encore "New York City Transit", dans lequel Chill rappelle de manière inspirée et émue la naissance du rap, à laquelle il assistait lors de son séjour prolongé à NYC.

Pour les titres un peu moins réussis, qui ne sont pas légion, notons quand même la transparence de certains titres tels que "Entrer dans la légende" ou "Quand ça se disperse", qui n'apporte pas grand chose au final. De même, les instrus éléctro de "Teknishun" (ft. Lino), "Une impression" (ft. Shurik'n) et "Gemmes" (ft. Bruizza), dénotent quelques peu dans l'ensemble. On a parfois l'impression qu'Akhenaton se plait bien mieux en solo, et qu'il quitte la sphère intime (voire intimiste) dès qu'i invite un autre artiste sur une track.

Loin de nous décevoir, cette nouvelle livraison personnelle d'AKH s'avère réussie, et ne manquera pas de satisfaire les fans (nouveaux comme anciens) de l'artiste. Dommage, néanmoins, que certains titres ne soient pas complétement indispensables, et qu'ils fassent retomber la tension à des moments clés de l'album. Un bel opus quand même, qu'il convient d'avoir écouter attentivement, et qui regorge de titres riches et profonds.



Métèque et Mat :

Cher Philippe,

De nombreuses années se sont écoulées avant que je ne me saisisse de ma plume la plus révérencieuse pour te faire part de ces quelques mots. Non pas que je ne puisse contenir ma trop humble inspiration, mais parce qu'il le fallait, enfin. Tu devais savoir à quel point nous te sommes reconnaissants de ce que tu as fait pour nous, plus jeunes ou moins vieux, qui nous sommes plongés dans la musique en suivant tes pas, balancés entre les récits épiques de ton groupe, ou la sincérité perçante de tes échappées intimistes. Je me souviens encore de mes balbutiements musicaux, pas encore vraiment décidé à choisir, amusé par « Le Mia », animé par « Le Feu ». Et puis, en même temps, ou presque, que tu as franchi le pas de la confession solitaire, tu as entraîné avec toi une vague de convaincus, qui le sont restés depuis ces jours dorés.

Peut-être est-ce parce que tu aimes Le Bon, la Brute et le Truand, sans doute parce que nous partageons des origines du sud de l'Italie, ou serait-ce simplement parce qu'elle est humaine et universelle, ta musique a bercé mon adolescence et me fait aujourd'hui connaître une forme de nostalgie, plus qu'aucune autre. Des sensations qui ne reviendront pas, mais qui se manifestent par réminiscences à chaque écoute, douze années plus tard. Les premières notes de « La Cosca » et sa narration ancrée dans une réalité historique et culturelle plus rude encore que Coppola lui-même n'a voulu le faire croire, sonnent comme les fondations d'un retour aux sources qui se poursuivra dans le temps avec « Paese » ou « Canzone di Malavita ». Une identité propre à nouveau déclinée avec une virtuosité comparable à la mesure de l'éloignement entre les racines et les branches de « L'Americano », qui scintille comme un phare dans la nuée des contradictions entre les cultures et leurs influences réciproques (avec parfois une dose de naïveté déchue au souvenir des représentations d'antan). Bien sur on rit quand tu dresses ton autoportrait caricaturé sur « Je suis peut-être », on rit autant qu'on acquiesce à chaque fin de strophe, « Putain qu'est-ce que [tu] tues sur le micro ». Pas pour la technicité de ton flow, pour être franc (bien que des tas d'autres n'aient jamais vraiment rattrapé le niveau), mais parce que ton écriture est profonde, fine, lucide et honnête. On rit aussi du sarcasme dont tu fais preuve en rappelant la mauvaise volonté de l'administration à tenir les promesses de l'Etat, en fustigeant un système paresseux avec « Eclater un type des Assedic ». On en redemande lorsque tu t'en prends à la médiocrité artistique de l'époque avec un « J'ai pas de face » devenu incontournable, quoi que la situation ait désormais empiré dans le domaine que tu visais alors... On ne sourit plus, enfin, mais on songe aux temps anciens à l'entame d' « Au fin fond d'une contrée », du troublant « Lettre aux hirondelles », ou lorsque tu dresses le constat meurtri de l'immigration et de ses affres à travers le storytelling adroit, « Un brin de haine ». Que dire, évidemment de ce tube qui a traversé les années, « Bad Boys de Marseille », qui nous ferait presque te souffler nos arrières pensées à l'égard de cette époque d'unité regrettée du rap marseillais...

Avec des morceaux comme « Le calme comme essence » ou « Dirigé vers l'est », tu nous donnes à te connaître. Je confesse volontiers que j'ai souvent réfléchi et que parfois je m'en suis voulu en méditant « Je ne suis pas à plaindre »... bien plus en tous cas que je n'ai dérapé en prenant « Le Shit Squad » au pied de la lettre, sache-le. C'est sans doute aussi pour cette raison que tu gardes une place de choix dans nos c½urs d'auditeurs privilégiés, nous qui avons vécu sans trop nous en rendre compte le plus beau passage de notre rap hexagonal. Tu partages avec certains de tes rivaux originels plus qu'une « Gueule de métèque » : une emprise sur ton art comparable à celle de « la Mafia sur l'Italie ».Si loin et si proche à la fois, le temps de « La Face B »... Je ne voudrais pas pour autant laisser croire que tout est fini, loin de là, et je t'adresse à nouveau toute mon admiration pour ta sincérité d'homme et ton talent d'artiste, souhaitant vivement que ces quelques pensées arrivent jusqu'à toi, et qu'elles te trouvent à la tâche pour d'autres pépites susceptibles de renforcer l'éclat de ta couronne déjà bien sertie. Une page est tournée, certes, mais le Grand Livre reste ouvert. A bientôt de t'entendre à nouveau,



Black Album :


Si pour certains un Black Album constitue une lumineuse porte de sortie vers la vraie fausse retraite, il s'agit pour d'autres d'écouler quelques titres sauvés des archives. Les fonds de tiroirs d'Akhenaton n'étant pas comparables à ceux du premier venu, cet opus fantôme (en promo, en tous cas) lancé dans la foulée de Sol Invictus représente une caverne que les fans ne regretteront pas d'avoir exploré. Compilant majoritairement des morceaux mis au rebus de son opus précédent (plus quelques extraits de bandes originales), le leader d'IAM livre ici bon nombre de pièces à même de venir s'ajouter à sa collection, sans pour autant échapper aux écueils habituels du projet élaboré sur le tas.

A l'instar de sa face visible, Sol Invictus, ce Black Album comporte les différentes dimensions d'une période charnière pour dans les aspirations de son auteur. Le temps d'une confession, d'abord, Akhenaton remet en question certains passages de sa carrière (et notamment l'épopée "Shit Squad") sur le troublant "Une journée chez le diable". Plus tout à fait en phase avec ce qu'il considère comme des aspérités dans son parcours, le Marseillais fait amende honorable de ses erreurs, et renoue avec le mysticisme qui lui a fait connaître ses plus belles heures (et nous avec). "L'esprit de nos cimeterres" et "A vouloir toucher Dieu" tombent alors à point nommé pour introduire l'opus avec finesse et distinction, alors que "Musique de la jungle", plus vigoureux, assure la pression de l'ensemble. Passé le tube "AKH", usé jusqu'à la corde par les rotations radios, Akhenaton balaie d'un revers de la main critiques et attaques personnelles avec le cinglant "J'voulais dire" (déjà présent sur la BO de Comme un aimant). Malheureusement, la fin de cet opus un peu fourre-tout s'étouffe alors que défilent les titres somme toute assez fade ou simplement en désaccord avec la couleur de l'½uvre. L'enchaînement "Bionic MC's", "Esprit Beatstreet" et "Ancient Scriptures" (qui prouve que Bruizza n'est pas franchement heureux dans ses collaborations avec Akhenaton) tombe comme un cheveu sur la soupe et rompt brutalement l'équilibre de la tracklist, qui peine ensuite à regagner en intérêt. Même le renfort de Shurik'n pour le justement nommé "Au minimum" ne suffit pas à rendre cette fin palpitante, alors que la version acoustique de "Mes soleils et mes lunes" (ft. Sako) s'avère bien moins puissante que l'original.

Bien lancé et reposant sur une ligne directrice solide pour la première partie de l'opus, ce Black Album perd progressivement en cohérence à mesure que les titres sélectionnés s'éloignent du rythme et de l'ambiance imprimés. Dès lors, ce qui apparaissait comme une continuité idéale pour Sol Invictus n'en devient qu'un complément de bonne qualité mais insuffisamment rigoureux dans la finition. L'essai demeure convaincant dans sa dimension représentative des travaux oubliés du membre d'IAM, et regorge de certaines pépites dont on ne peut que remercier Akhenaton de nous en avoir gratifiés



Electro Cypher :


En plein essor artistique et unanimement salué pour ses derniers projets, le terrain était idéal pour qu'Akhenaton se permette de laisser la parole à son inspiration en cette période faste de sa carrière. Si la Soul était à l'honneur sur la bande originale de Comme un aimant, c'est ce sont cette fois les années 80 et la musique électro qui s'invite dans les compositions du membre d'IAM et dans celles de son pool de producteur, Al-Khemya. Inattendu, cet hommage d'Akhenaton à l'une de ses premières amours musicales s'adresse d'abord à un public averti, quoi qu'en laisse penser le sympathique tube "Une autre dimension" (ft. Freeman et K-Rhyme le Roi). Un public averti donc, mais surtout dans les intentions puisque la réalisation, elle, n'est pas toujours à la hauteur des oreilles les plus amatrices du genre. Souvent plat dans le rendu final ("Dreams", "Stomp ya feet", et une poignée d'autres), le travail des Sya Styles, Akos, et autres AKH s'apprécient trop souvent à un degré simple. Manquant souvent de profondeur, de variations et de surprises, les compositions en lasseront les moins enthousiastes du lot.

Partie d'une affinité particulière avec l'électro-Hip Hop plus que d'une réelle vocation de producteur dans le genre, cette compilation estampillée La Cosca ne manque toutefois pas de quelques moments forts intéressants, et qui ne font qu'accentuer les regrets par rapport à des morceaux visiblement bouclés trop souvent trop vite. Parmi les excellentes livraisons, la tracklist réserve aux b-boys des perles comme le "Wonder" de Sya Styles et son clavier contagieux accompagné d'un beat, progressif par moment, du meilleur effet ; de même que le rugueux et originel "Yes ya'll" sur lequel Akhenaton se fait vraisemblablement autant plaisir qu'à nous. Le DJ des Psy 4 et le boss de La Cosca s'en tirent d'ailleurs le mieux sur la durée, mettant le mieux à profit le champ du possible en matière d'électro. A noter également en ghost track le remix du "Belsunce Breakdown" (qui n'avait cependant pas attendu cette mouture pour sonner électro) de Bouga. Pas évident d'accès, parfois léger dans l'approche artistique, Electro Cypher reste un support de prestige pour danseurs et les nostalgiques du style représenté ici (si toutefois ils s'y reconnaissent réellement). Surtout un succès d'estime et un bel exercice de style. La rumeur colporte même qu'un deuxième volet serait en route.



Comme un aimant (OST) :


En plus d'être un artiste au talent maintes fois éprouvé, Akhenaton a du succès dans ses affaires. C'est sans doute l'ampleur de la reconnaissance dont il bénéficie qui a permis au leader d'IAM de se lancer quelques années en arrière dans un projet de film co-écrit et co-réalisé avec son ami d'enfance Kamel Saleh (et mettant en scène quelques uns de ses proches). Entrée en matière dépaysante pour un Akhenaton version 2000, plus ouvert que jamais à la diversité des influences, et tout disposé à partager sa passion dévorante pour la Soul via la bande originale de son film. Ainsi, si la version grand écran de Comme un aimant a suscité plus de curiosité que de passion, sa transposition sur disque demeure comme l'une des pièces maîtresses de l'½uvre d'Akhenaton.

Epaulé par le musicien spécialiste du genre dans l'écriture de cette B.O., Akhenaton livre ici vingt compositions originales mêlant les époques et les genres. Acquis à la cause Soul depuis toujours, le Marseillais convie de grands noms de la Black Music à s'illustrer comme à leurs plus beaux jours. Souvent méconnus du grand public mais unanimement acclamés par les auditeurs avertis, les hôtes d'AKH et de Bruno Coulais se nomment Millie Jackson (avec le superbe « Prisoners of Love » en duo avec un Shurik'n inattendu, ainsi que l'aérien « One Day My Soul Opened Up »), Gerald Alston (pour le très balancé et irrésistible « Sugar »), Isaac Hayes (et sa voix de crooner faisant des ravages sur « Is it really home ? »), ou encore The Dells (« You promised me ») et Marlena Shaw (pour le très Gospel « What's your answer »). Tirant des artistes invités le meilleur d'eux mêmes, la doublette aux commandes de l'opus effectue un travail d'orfèvre pour faire revivre la Soul des 70's et donner aux interprètes l'occasion d'éclabousser les jeunes auditeurs de leur talent. Cunnie Williams, offre pour sa part une prestation impeccable pour le single « Life goes on ». Plus étonnante encore, la présence du groupe de polyphonie corse Affrescu et de son OVNI « A Filetta » complètement incorporé à l'ensemble. Le chanteur Napolitain Mario Castiglia (déjà présent sur le morceau « La Cosca » de Métèque et Mat) apporte pour sa part le soleil (« Sta Voglia E'te ») et les lamentations contemplatrices du Sud de l'Italie (sur l'intense « Ammore Annascunnuto »), comme pour établir le pont entre les racines d'Akhenaton et sa maturité d'homme et d'artiste. Enfin, et puisqu'il représente un volet non négligeable de l'ensemble, le rap s'invite également à ce festin auditif. Malheureusement, si le duo Chiens de Paille livre une nouvelle pièce de maître (« Comme un aimant »), tout comme le véhément « J'voulais dire » du commandant de bord, d'autres protagonistes tels qu'un Talib Kweli desservit par un beat en rupture avec l'esprit de la BO, ou Bruizza manquent ici une occasion de ne pas collaborer avec leurs homologues européens. Restent les Psy 4 de la Rime (malgré un refrain somme toute assez déplacé eut égard au contexte) et K-Rhyme le Roi qui ne faiblissent pas, alors que Bouga participe vocalement au tube « Belsunce Breakdown » (qui présente la particularité d'être le seul titre audible de la carrière du luron marseillais).

Envolée, profonde, teintée d'une Soul originelle, cette bande originale relève de la prouesse véritable. Réalisée par des fans avant tout, cette collection de perle (qui vaut surtout pour son large versant Soul, donc) semble tout droit sortie des combles des années 70 pour ressurgir sur un disque, mêlant les influences et les genres avec succès et virtuosité. Trop peu évoquée dans le parcours d'Akhenaton, la bande originale de Comme un aimant demeure comme l'un des grands moments de sa carrière. Une sortie qui lorgne bien plus loin que le strict cadre du rap, et même du Hip Hop. Celle d'un artiste décomplexé et en pleine possession de son talent

# Posté le samedi 19 mai 2007 16:57

Modifié le dimanche 03 juin 2007 12:53

antilope sa

antilope sa
Antilop Sa est originaire du Congo, qu'il quitte à l'âge de 3 ans avec son père, pour aller s'installer à Paris. Il démarre dans le rap à 16 ans, à la fin des années 90, au sein du groupe ATK. Antilop Sa pose d'abord sur Balle Perdue, en featuring avec Pit et Cyanure. Cette première mixtape, sortie en 1995, est distribuée en édition limitée. Le collectif underground du rap français, qui réunit au début 21 personnalités différentes parmi lesquelles Matt et Pit Baccardi, se réduit par la suite à sept personnes.

Trois ans plus tard, ils sortent Micro Test et leur premier opus Heptagone, qui se vend à 50 000 exemplaires. Axis, Test, Fredy K, Freko Ding', Cyanure et Antilop Sa participent à la première compilation du label Nouvelle Donne, avec le morceau Attaque au Mic Armé. Grâce à ce titre, Antilop Sa devient un des membres actifs du label. Il finira par signer sur Nouvelle Donne après son départ d'ATK.

Après avoir enchaîné des apparitions sur différents projets comme Factor X et Le Collector 2, Antilop Sa sort ses deux premiers maxis en tant que rappeur solo, Secoue ça et Shootez l'huissier. Sans vouloir sauter les étapes, il prend le temps de faire mûrir ses textes et prépare tranquillement L'encre en guise de larmes pendant quatre ans. La rencontre avec le musicien Jaaos lui fait prendre un tournant dans sa vision du rap.

Il sort en 2003 L'été sera chaud, son premier single, avec Jango Jack. L'encre en guise de larmes son premier album solo arrive dans les bacs en février 2004. Avec des sons dancefloor comme Antilop Sa Party, mais aussi des titres plus sombres, l'album retrace parfaitement chaque période de sa vie.

Antilope Sa prépare actuellement un nouveau disque dont le titre sera Anti.



"C'est pour tous les faux quand


Antilop lâche son flow"



Depuis Ce Jour:


J'ai attendu ce jour, mais ce jour n'est pas venu
Le coeur meurtri, l'oeil humide mais j't'en ai pas voulu
Je tourne en rond dans cette pièce, y a trop de tristesse
J'me souviens de ton sourire et tout ça m'blesse
L'amour dans tes yeux quand tu m'disais j't'aime
Aujourd'hui t'es plus la et mon coeur tremble
J'nous voyait ensemble une vie entière, bonheur, amour
Malheureusement j't'ai vu partir, hélas tout ça s'efface
Fini l'époque ou on manger des glaces sur la p'tite place
On s'embrassait on s'enlaçait, j'ai mal au coeur
J't'écris c'est la seul issu
Un gouffre sans fond ou tomber j'me suis laisser
Rêve brisé, mais moi j't'aime tu sais
Parfois mal agi, mais moi j't'aime tu sais
Pardon pour le mal que j'ai pu t'faire
Jeune con fière, aujourd'hui coeur solitaire
J'ai connu l'amour grâce a toi ici
Mon âme soeur, cupidon m'as eu t'es comme mon sang
Besoin de sérénité, j'suis trop envahissant
Coeur déchiré ouvert, l'encre coule comme mon sang

Refrain (x2)
Depuis ce jour, j'ai du mal a digérer,
Depuis ce jour, j'passe mes nuits a prier,
Depuis ce jour, j'te jure qu'j't'aime infiniment,
Mes sentiments viennent du coeur et pas du cinéma.

Te souviens-tu de ce banc, ou on s'est embrasser,
Hier j'ai l'impression, mais l'temps est passé,
Belle comme aucune autre, un rayon de soleil,
Une merveille quand j'y pense, j'ai une larme sur l'oeil,
Des gens nous enviez, d'autres félicitez,
Dans les bras même après s'être dis des méchanceté,
Ma passion, ma raison, un amour fou,
Aujourd'hui triste car y a plus de feu,
Tête dans les nuages, tu m'parlais d'mariage,
Aujourd'hui fin prêt, tu n'est plus que mirage,
Pourquoi l'amour n'dure pas une éternité,
J'aurais aimer connaître les joies d'une paternité,
Souviens-toi mon amour, j't'aimerai pour toujours,
Effacez j'peux pas, d'toute façon j'veux pas,
J'aurais tant voulu que tes enfants m'appelle papa,
J'aurais tant voulu alors effacer j'peux pas,

Refrain (x2)

Depuis ce jour, ma vie a entièrement basculé,
J'réagit plus, en fin d'compte on m'as bousculé,
Ma force, elle est partit avec toi,
J'suis perdu, depuis qu'on est plus sous le même toit,
Ca fait mal d'aimer, tout ira mieux demain,
Mais ce n'sont que des mots, ça fait plus mal demain,
J'voulais tant, que tu sois fière, me voir fort,
Mais hier soir, j'ai récupéré mes affaires,
Séparation, j'vous déjà des personnes ravi,
Qui rêver qu'notre couple soit une roue crever,
Mais moi j't'aime, ça personne pourra me l'enlever,
Pour l'éternité, a bientôt si Dieu l'veut,
Enfin j'espère que toi ta vie va gérer,
Simple plats de résistance, j'ai du mal a digérer,
Prends soin de toi ma chérie j't'aime infiniment,
Mes sentiments viennent du coeur et pas du cinéma.

Refrain (x4)





interview antilope sa:

Qui est-tu ?
Antilop Sa, membre du collectif « ATK ».

Tes affinités avec « ATK » ?
Au départ, on était 21. Tu retrouvais Matt Houston, Ghetto Diplomat, Pit Baccardy, Les Refrés, Metek. Ensuite parce qu'on avait pas les mêmes aspirations, on s'est retrouvé à 7 avec, Freko, Scianure, Test, Fredy k, Dj Taxil, Axil et moi- même.

Ton album solo correspond t-il à une période de remise en question ?
Ouais parfaitement. Tu sais avec « ATK », on a vendu 50 000 exemplaires de l'album « Heptagone », le succès nous a miné, aussi les galères avec les producteurs...On allait tous se bouffer, fallait temporiser la carrière du groupe. Du coup, ça a nous a permis d'aller à voir ailleurs.

Tu peux expliquer ton blase ?
« SA » pour Société Anonyme, c'est un groupe que j'avais au tout début où j'ai commencé à rapper. Après, ça a pris une toute autre signification, « antisalope » parce que je veux pas de fausses affinités autour de moi, du fait d'un buzz qui commence à s'installer. Aujourd'hui, ça me fait bizarre que ça puisse être faussé, avec « ATK », notre politique c'était de calculer même la personne qui balayait.

Maintenant t'es obligé de faire des concessions même avec les personnes fausses ?
Ouais, y'a des compromis à faire, toutes proportions gardées.

Qu'est-ce qui t'as amené dans le rap ?
L'album d'Ideal J « Ideal junior », je me souviens y'avait la tête de Kerry James, on avait la même tranche d'âge, je me suis dit qu'il fallait que je fasse la même. Mais à l'époque c'était inaccessible de faire un disque. Après pour la culture, y'a MTV etc.

Ton parcours en tant que rappeur ?
Le premier texte c'était avec Société Anonyme pfff ! ! ! y'a longtemps, tu vois aujourd'hui, j'ai 24 ans. Après « ATK », c'était un truc de proximité, à l'époque on étais tous dans le même coin, le même bahut. Ensuite, quand ça s'est réduit, j'suis resté car humainement, ça me correspondait. On a fait « Microtest » en vinyle, qui nous a installé dans le truc, puis « Heptagone », où j'ai affirmé ma personnalité. Pour moi le rap c'est un message, l'écriture c'est ma ligne directrice, je me place dans un contexte de narration, je raconte des choses aux gens.

Pourquoi avoir attendu 4 ans pour l'album, il fallait autant de temps ?
Peut-être pas, mais ce temps il m'a permis de me nourrir des expériences des personnes du label et d'autres qui n'y sont pas. J'ai pu capter à quoi les gens étaient ou n'étaient pas réceptifs. Au début c'était frustrant de voir Jango, Kamnouze qui sont arrivés après moi, sortir leur projet. Mais, y'avait une certaine maturité que j'avais pas à l'époque, alors plutôt que de me cramer, j'ai attendu. Aujourd'hui j'suis content !

4 ans , t'as pas eu l'impression d'avoir perdu ton temps ?
Je me le disais, mais ce qui m'a rassuré récemment, c'est l'exposition de « L'été sera chaud ». Ca m'a permis de toucher un public plus large.

Justement, tu penses pas que c'était prendre un risque, vu ton intégrité avec « ATK », tu t'affirmes dans un autre camp, c'est pas contradictoire ?
Non, vu que ma ligne directrice c'est l'écriture. Je pense que sur l'album, tu retrouves plus l'écriture que des titres du style « L'été sera chaud ». Sur ce point je rejoins Diam's, qui dit que sur un album tu peux t'amuser, c'est ce que j'ai essayé de faire. Mais je pense pas que cela ait brouillé les gens, au contraire ce titre m'a ouvert des portes (télés , magazines ...), je peux que le défendre !

Les critiques, pour toi c'est dur ?
Non, moi j'accepte que quelqu'un soit pas dans mon délire. Ça va même pas m'empêcher de parler avec, après si je vois qu'elle est conne, ouais alors je décroche. Mais faut savoir lesquelles sont constructives et celles qui ne le sont pas.

Comment tu situes l'écriture, le flow , la prod maintenant ?
C'est sûr que prioritairement l'écriture ça sera en premier. Avec « Nouvelle Donne » j'ai appris à casser mon flow, avant c'était linéaire, c'était juste les textes. Le travail que j'ai fait avec Jaoos (mon concepteur), c'est de le mettre en avant.

Comme producteurs, tu bosses avec qui ?
Ben y'a Jaos qui a fait « L'été sera chaud », El'Hadj pour « Pacte avec les anges », Déossif pour « L'encre en guise de larmes », et Tat.. .. du label « Nouvelle Donne ».

Les invités c'est ton choix ?
C'était très spontané, lors des cessions d'enregistrements. Par exemple, Ablaye M'Baye, on faisait le morceau en studio on pensait que c'était judicieux de mettre une voix africaine dessus, Kojo nous a présenté. Singuila, pareil, j'écoutais déjà ce qu'il faisait. Et sur les autres ce sont des potes.

Pourquoi avoir choisi de signer sur ce label ?
Je les connais depuis bientôt 10 ans, humainement ça c'est très bien passé. Au moment où je cherchais mon deal, j'voulais pas aller quelque part où j'aurais été snobé. En plus on avait déjà bossé ensemble, et la connexion a été bonne. C'est important d'être bien installé dans tes affaires.

T'es éclectique comme gars, quels en sont les avantages et les inconvénients ?
Par rapport à mon concept, cela permet de toucher un plus large public mais tout le monde comprend pas ma démarche. Le public underground, se demande pourquoi « L 'été sera chaud » et pas un titre comme « clichet » ? J'ai pas envie de ghettoïser notre musique, et je ne veux pas faire mon « Yannick » !

L'idéal en terme d'image ?
Si je dois te donner une image, c'est faire comme Jay-Z, réussir à lier ghetto et grand public. C'est jongler.

Le mot de la fin ? Aux lecteurs qui découvrent votre magazine, continuer à le lire, c'est un bon support. Oubliez pas d'écouter mon album !



[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 19 mai 2007 16:36

L.I.M

L.I.M
L.I.M. hachisch L.I.M. SA hachisch Salim est un des membres du groupe Mo'vez Lang (qui est composé de Cens Nino, Boulox et L.I.M.). Issu du 92 département (représentant pont-sèvres), LIM a bien entendu fait parti du collectif Beat de boul, crew dans lequel lui et son groupe ont grandi. A 21 ans aujourd'hui, il fait pourtant figure d'ancêtre dans le rap français avec plus d'une décade d'activité (Eh oui, lui et ses acolytes ont bien commencé l'aventure en 1990, à 9 ans déjà comme le titre d'un de ses morceaux). En 1994, il participait à la tournée européenne des Sages Poètes De La Rue (aujourd'hui il a fait plus de 100 apparitions scéniques et cela se ressent dans sa capacité à communiquer avec le public, à foutre la merde). La première apparition discographique a lieu en 1995 dans les cool sessions 2 de Jimmy Jay (ah ouais !! ça date) avec le morceau " Poison juvénile " avec son groupe Mo'vez guezeuleuzeu. Vu leur âge, on pouvait s'attendre à un morceau parlant de billes, de bonbons ou de tortues ninjas, mais non déjà du bitume style, pas de concession dés le plus jeune âge, ce n'est pas à l'âge adulte que cela va changer. Puis avec ses acolytes, L.I.M. va affiner son style énergétique, ce rap patate avec des variations selon l'instru où selon les lyrics, jusqu'à la sortie en 1997 du mini LP Beat de boul " Dans la sono " qui les fait redécouvrir au public avec " Originale Future Style " en même temps que Malekal Morte ou Sir Doum's. Ensuite arrive l'étape du premier album du groupe Mo'vez Lang en 1999, précédé de quelques apparitions remarquées grâce à l'énergie dégagée sur mixtapes et autres compilations (Rencontre Paris New York, Nouvelle Donne). Cet album est bien ruff et à part 2 titres un peu déconne et permet de se faire une première idée sur le personnage LIM. Les textes collent à l'asphalte (" J'ai hérité de la rue donc je lui suis fidèle ") et ouvrent toujours une lucarne pour la réflexion. Les diverses qualités d'un all - around MC sont entrevues : de la narration dans le texte " D'où vient l'erreur " à l'improvisation sur le freestyle " B2B Session ". Des grosses phases sont dans cet album dont le violent " si tu vois mon skeud, vole le dans le supermarket ". Prémisse à sa carrière solo, le morceau autobiographique " A 9 ans déjà " qui scratche une autre grosse phase " je pensais connaître l'amour mais la haine m'a souris ". Ce morceau est très important car LIM y précise sans rejeter son mode de vie qu'il aurait pu prendre une autre voie (Personne n'a le droit de juger, le bien et le mal sont dés fois fortement relatifs). Puis le deuxième volet de Beat de Boul, où il apparaît sur le morceau " Kidnapping ", mais on retiendra surtout en 2000 le terrible morceau " Appelle l'ONU " avec la Malekal Morte qu'il produit et où il nous rappelle qu'un de ses fantasmes est de faire sauter l'Élysée. Enfin en 2001, on note le maxi vinyle auto produit "Paix" qu'il a accompagné d'un vidéo clip " Ce soir je déconne ".Aujourd'hui LIM toujours membre de Movez Lang (please, ne me demander pas si Mo'vez Lang existe toujours vous venez de lire qu'ils sont toujours al), est chez 45 scientific mais en solo. L'aventure en solo lui permet de raconter des choses qui le concerne plus et surtout va permettre à l'auditeur de voyager dans son " merveilleux monde ", dans sa dimension qui paradoxalement n'a pas de limite. L'appartenance à 45 scientific est tout à fait naturelle car vu les affinités avec la Malekal Morte et les Lunatic, il n'y avait pas à chercher autre part surtout que ce label ne peut que le laisser aller plus loin dans son propre délire (combien de labels produiront un clip certain de ne jamais passer à la télé, trop gangsta pour la télé comme dirait Suge). LIM bénéficie aussi d'un gros avantage c'est qu'il est un producteur sonore aussi et cela lui donne au moins l'assurance de n'avoir besoin de personne mais aussi de savoir qu'il pourra aider les autres artistes recherchant du son. L'illustration de l'impact de ce multi-talent chez 45 est ce clichée : LIM pose sur l'instru de géraldo pour son morceau " Tous illicites ", donne une instru à Ill pour le morceau " Ghetto packman " et fait un featuring sur " Animals " dans l'album de Booba.
Son " monde merveilleux " est fait de fumée, et de liquide alcoolisé. Dans ce monde on ne dit pas ça pue le shit, on dit ça LIM. A la question qu'est ce qui se passe dans le LIM world on répond toujours R.A.S. (Rap Alcool et Shit). Dans notre monde, on est souvent à la recherche des FF (Francs Français) dans le sien on cherche les FFF (Feuilles, Flash et Fornication), car la devise du créateur de ce mini-monde est celle-ci " Ce que j'aime c'est l'alcool, le shit et le cul ". C'est de ce monde qu'LIM va nous donner sur disque ses réflexions sur le nôtre, et ses impressions sur le sien.


Anti Teshmi :

Arrête où j'te plombe, Arrête où j'te plombe
Arrête-toi, couche-toi, couche-toi
Parce que t'sais j'en ai marre de courrir après des mecs comme-toi
Couche-toi, quoi, j'vais te plomber moi, j'vais te plomber, j'vais te plomber
J'vais te plomber te plomber ta gueule, connard.

C'est pour les reur-ti,(reur-ti) demande a Denver (Denver)
C'est pour les ler-dea, voleurs de ture-voi, ceux qui traînent dans mon hall
(Vas te faire enculer)
Antiteshmi (x6)

J'veux d' l'argent sans cesse, en diffusant dans tes oreilles du sensass
J'veux être classe pour toutes ces bombes aux culs bombés , y'a que quand dès que j' baise que j'suis heureux. Le quotidien de ma vie me rend nerveux.
Qui passe a emblé vas te faire enculé. Aucuns doutes sur mes propos kho.
Comme la plus part de mes concitoyen, j'suis fait d'argent et d baise
J'veux peser gros, devenir un idole comme un dealer d' drogue, avoir pleins de femmes d'Harley beaucoup de d' femmes.
Fumer pleins de joins avant qu' je canne.
J' enmerde la flicaille qui passe devant moi avec leur regards genre nerveux. Bande de p' tit merdeux j'encule la B.A.C. j'encule la B.R.B j'encule la B.R SUP
Pose ton calibre et ton trou d' cul
Teshmi,anti teshmi si la vie est une pute j' suis né pour être son macro
Mais dans ma ZUP le stup m'insulte aux pas de Sarko.
car dans mon calbute croco j'ai les couille a Rocco, le shit la coco comme toi frèro j' suis la pour péter le score.
Handek v' la les porc avec leur flashball, sors mec pour les iep sans tiep cachés dans nos hall
Stone comme Gainsbourg ou Doc Gynéco, même à 15 ont les bourre même dans leur comico
Anti teshmi(x2) on veut la chatte à Georges Bush anti teshmi(x2)

Y'a pas d' vie sans encombre, écoute la jeunesse qui gronde.
Les embrouilles s' font à coup d' point d' battes crosses calibres ou d' bombes.
Certains s' prépare à une 3e guerre mondiale, s' fournisse en armes lourdes, grenade j'f'r'ai tout péter.
si l individu s' sen menacé BOOM.
Les flics s' prennnent pour des cow-boys, font des contrôle à coup de flash ball.
Tous le monde veut rouler en grosse bagnoles agréable pour interpeller des cochonnes. Et pas une tâche sur l' siège en cuir ou j' me fâche salope. T'as une belle robe t'es une bombe.
Dans le ghetto c'est le grand schlem tous le monde s'entend mais personne s'aime.
L'argent abrutit fais péter les plombs. Beaucoup d' personne confondent les voyelles et les consoles.
Une bombe est lâchée, v' nue s'imposer sans concession.

On est là pour niquer l'Etat par toutes les voies possibles.
Moi j' suis pas droit mais ... nuisible, toujours présent pour faire péter le fusibles.
Fais tourner ta fusée invincible.
Sachez que j' mens bat les couilles. Gangsters recherche les douilles pour faire place à la dépouille.
A la dépouille car la vie n'est que brouillard, embrouille, trouillard et fuyards qu'on crève dans les trous noir. Les putes sucent des bites
Ouais ça bat combat dans mon hall crades, anti brigades de fils de pute.
Yo, qui nous tire dessus yo flic suces moi la bite yo (fils de pute) et jump jump oué jump jump vas-y jump jump sale flic jump jump
C'est moi qui a arracher les Pump à ton gosse. Avant qu'il devienne idiot, j' commence à jouer le philo.
Allo qui est au bout du fil?
C'est celui qui nique ta mère, idiot!
j ai pas d'idéaux, j'allume mon briquet en t'arrosant de déo, ouais LIM le fléau




Interview lim:

Pourquoi on t'appelle LIM ?

Pasque moi j'm'apelle Salim et depuis mon enfance tous mes potes m'appellent Lim-sa ... Puis au fil du temps c'est resté Lim ... J'l'ai pas choisi c'est comme si la rue m'avait appelé comme ça quoi, c'est plutôt mes frères qui m'ont appelé comme ça ... Tu vois c'que j'veux dire
T'as toujours voulu rapper ?

Ca c'est une bonne question, pasque à la base ouais, j'aurais préféré être docteur, avocat, pourquoi pas ministre ou un truc dans c'délire quoi tu vois mais ... Déjà à l'âge de 9ans j'savais qu'l'école c'était pas fait pour moi tu vois, j'pouvais pas m'en sortir avec, j'faisais trop d'conneri dans la rue, heu j'étais grillé tu vois c'que j'veux dire. C'est la vie qu'à fait en sorte que j'sois là quoi ... t'sais moi jpense que tout ça c'est écris tu vois tu vois moi j'suis très croyant donc heuu ... J'pense que tout ça c'est écris quoi tu vois c'que j'veux dire pasque ... Ma vie c'était écris que j'devais devenir un rappeur et tout donc voilà quoi
Comment t'as débuté ?

Heuu j'rap depuis 9, 10ans a peu près quoi, j'ai commencé la musique à 9ans plutôt en tant que danseur, j'dansais pour un groupe de ma cité quoi, y'avait Raouf ... Des mecs avec qui j'ai grandi quoi des potes à moi et j'ai dansé aussi pour guégué, arafat ... et voilà quoi tu vois et au fur et à mesure j'ai kiffé j'écoutais des mecs rapper autour de moi j'voyais qu'ils déchiraient et tout ça ... et j'me suis mis dans l'bain quoi, j'ai écris des textes et ... Me voilà dans la dansee !!

... "Chaque soir on prit pour rester entier, pour pas finir évantrer ou balafrer pasque chez moi y'a pas d'balance et quand j'pren l'microphone, j'nik la France, mon nom c'est LIM aka Sadam Hussein, me voilà terroriste ... " ...

La formation de Mo'vez Lang :

Au début on s'appelait les ??...! donc j'te parle de ça tu vois on avait 10ans ... Boulox il habite en dessous d'chez moi, il habite au 5 j'habite au 6, Cens Nino il habite en face heu Kaiser dans l'même immeuble que Cens Nino, Furax dans l'même immeuble que Cens Nino, Donc heu on est tous des potes d'enfance quoi ... On était dans les même écoles, on a eu les mêmes galères et voilà quoi donc au fur et à mesure y'a des affinités qui se sont mises en places et vu qu'on kiffait tous le rap et tout ça donc heu ... On est devnu des rappeuurs
Comment vous avez rejoins Beat De Boul ?
On faisait des p'tit concerts t'sais ... le quartier était organisé par le Mrab et tout ça quoi tu vois et après lors d'un concert on a rencontré Zoxea tu vois, c'est un mec de notre cité voilà donc il est venu nous voir et nous a dit comme quoi que vous assurez quoi et tout ... Il pouvait faire quelque chose pour nous quoi tu vois c'qie j'veux dire ... Donc après on la suivit, les années sont passées et donc on a formé Beat De Boul avec les Sages Poètes de la Rue puis y'a eu Malekal, ensuite y'a eu Lunatic qui sont arrivés et voilà quoi, mais bon vu que y'a eu des ptits problèmes au niveau des contrats et tout ça quoi tu vois c'que j'veux dire ça a pas toujours été carré et voilà quoi tu vois j'vais pas carrément m'étaler sur c'sujet pasque ça m'met les nerfs à chaque fois tu vois donc après j'vais mal parler sur les gens donc heu voilà quoi
" Courte apparition de Mo'vez Lang dans un concert, Un freestyle d'Lim, Explication de la Mo'vez Lang par Boulox, Dans les studios d'enregistrement avec Furax, Explication de la Mo'vez Lang par Cens Nino, Autre apparition scénique de la Mo'vez Lang, Cens Nino Boulox et Lim sur le sujet de la tune ... Et dans les studios d'enregistrement avec Mala "

Comment t'as rejoint 45 Scientific ?

Après Beat de boul y'a eu l'aventure 45 Scientific où on a rejoint Lunatic, Malekal Morte, Sir Doum's dédicasse à Sir Doum's et voilà quoi on a continué l'aventure quoi en gros c'était Beat De Boul sans les Sages Poètes de la Rue ... y ont pas signés la bas quoi ... j'ai gravité autour d'eux ils m'ont appris beaucoup d'choses et voilà quoi après 45 Scientific j'ai volé de mes propres ailes quoi comme on dit tu vois c'que j'veux dire donc j'suis arrivé avec Tous Illicites Prod, j'ai monté ça avec un mec de mon quartier tu vois, avec un mec avec qui j'ai grandi, qui à l'époque rappais moi j'dansais pour lui alors voilà quoi tu vois c'que j'veux dire, on a connu les mêmes galères, on été lié comme les doigts d'la main donc ... Hamdoulidah !
Pourquoi Tous Illicites ?

Faut savoir que, avec mon associé RAT et qu'y'avait rien a gratté quoi, depuis l'enfance on est illicite donc voilà quoi tu vois c'que j'veux dire ... Donc voilà le nom du label ... Tous illicites, tous illicites haha
" Apparition de RAT et Freestyle d'Lim"

Les mixtapes de la haine (Violences Urbaines et Double Violences Urbaines)

Le concept du truc c'est d'arriver, de parler, de rammener vraiment la vérité, de dire vraiment c'qu'on pense sans se censuré, sans rien du tout tu vois c'que j'veux dire c'est la liberté d'expression total tu vois c'que j'veux dire, et en ... vu qu'c'est ça ben donc dans ces mixtapes là tu retrouves nos vies, et si c'est ma vie c'est la tienne puisqu'ici on est tous pareil frère, c'est la rue qui s'exprime quoi
Comment tu choisis les rappeurs ?

Bon la plupart c'est mes potes, tu vois c'que j'veux dire, les artistes comme Denver, haute dédicasse à Denver, à Midas ... J'aime bien leur flow quoi tu vois ils rappent, y sont là pour péter le score tu vois c'que j'veux dire, et c'qui faut savoir aussi c'est que les mecs que j'mets la dessus, principalement c'est des mecs qui sont pas connu tu vois c'que j'veux dire, y sont là y veulent faire leur place dans l'rap français tu vois alors en éspérant que la mixtape puisse leur ouvrir une porte ou quoi qu'se soit tu vois, j'pense à des artistes ou des groupes comme Ennemis D'Etats heuu Cartes sur Tables, Pas mal d'artiste comme ça tu vois

>>>>Triple Violences Urbaines ?<<<<

Ha, est-ce qu'il y aura une Triple Violences Urbaines ? Ben la Triple Violences Urbaines elle est prévu pour 2006, ça va arrivé pendant l'hiver j'pense tu vois c'que j'veux dire ... En attendant j'travail sur l'album Mo'vez Lang qui va sortir en Octobre, faut pas l'oublier on est de retour et on va jamais partir, mais bon on est de retour dans les bacs on va dire donc voilà Mo'vez Lang tu vois c'que j'veux dire, entre temps y'a plein de projets à faire avec le label tu vois c'que j'veux dire, y'a une compil qui va sortir qui s'appel "Bien Vi-Ser", Moi j'vais sortir une Mixtape "Featuring Lim" donc ça va etre des gars que en featuring avec moi tu vois c'que j'veux dire donc y'aura pas mal de choses quoi voilà

" Apparition de Kaiser, de Fantom et de RAT "
T'écoutes du Rap ?
On peut dire du rap ??...! Américain ou sinon surtout du rap français tu vois c'que j'veux dire, Beaucoup des rappeurs de chez moi quoi c'est à dire ... Zeler ! Faut pas l'oublier, pas très connu mais il arrive y va faire fort, y va faire très mal, y'a Fantom aussi, y'a Nysay et y'a la Kronik, Malekal Morte, Mala, Booba, Ali Voilà quoi j'écoute tout ça tu vois c'que j'veux dire donc voilà quoi dédicasse à vous les frères, et sinon j'écoute beaucoup de rappeur qui sont pas connu tu vois, vu qu'on m'envoit des CD par rapport à mon site internet tu vois dès que ça raconte la vérité j'accroche direct quoi tu vois c'que j'veux dire, Inchalah quoi, vous arriverez à péter la barraque et on fra découvrir ça à tout le monde quoi tu vois, à une population que tout l'monde pourra écouter, c'qui s'passe dans l'ghetto français !

" Apparition de Denver dans les studios d'enregistrement "


T'écoutes d'autres musiques ?

J'écoute tout types de musique tu vois c'que j'veux dire, tant qu'le message est bon, qu'le son est bon j'écoute quoi tu vois donc heu j'suis pas trop variété française quoi tu vois c'que j'veux dire c'est pas trop mon truc tu vois, pasque l'amour il est facultatif chez moi et heu ça arrete pas d'parler d'amour tu vois donc voilà c'est pas mon truc quoi, à part la chanson là, c'est quoi déjà ... Anti Sociale !
Ta chanson favorite ?

ba déjà c'est pas un morceau de rap tu vois c'est un morceau de Raï qui s'appele "??...!!" C'est Idir qui chante ça tu vois ... les ??...!! m'comprendront tu vois et heuu ça c'est une tuerie frère



" freestyle sur l'Algérie, Eywa Eywa ... Algéria, Algéria, Algéria ... "
Qu'est-ce qui t'inspire ?

Mon quotidien, la rue hein (Lim devant l'ordi pour un Mix de Passe-Moi)

Pourquoi t'écris pas un livre ?

Pasque j'suis pas fort dans l'écriture des livres, tu vois c'que j'veux dire, moi j'sais juste raconter ma vie avec mes mots de tous les jours donc heu en vocabulaire pas forcément heu .... Y'a beaucoup d'argot tu vois c'que j'veux dire, dans mon langage, dans mon écriture donc ça serait difficil tu vois, donc voilà alors si un jour je ferais un livre ça serait pas moi qui l'aurait écris quoi tu vois, j'aurais ramené le script et y'aurait une personne qui l'aurait écrit quoi tu vois c'que j'veux dire donc pour l'instant j'préfère pas, j'préfère rester indépendant au maximum tu vois donc voilà j'reste dans c'que j'sais faire = du son et écrire des texte voilà quoi

" Cens Nino et l'écriture banlieuzart ! Lool "


Penses-tu inciter à l'illicite ?

Déjà faut savoir que dans ma musique, j'incite à aucun acte illicite, j'incite personne ça faut très bien l'savoir, j'suis là j'parle de l'illicite pasque ça a été toute mon enfance, toute mon adolescense tu vois, j'le cache pas, toute mon enfance, toute mon adolescense j'ai vendu d'la drogue, j'étais dealer, j'ai volé, j'ai eu des histoires avec la justice j'ai eu des galères comme tout le monde, comme chaque mec de quartier tu vois c'que j'veux dire, j'en pas eu plus ou moin qu'un autre voilà j'suis pas un warrior tu vois c'que j'veux dire donc c'que j'fais j'raconte que ma vie et aussi comment on dit ... j'retranscrit ma vie, j'retranscrit ma vie, j'apporte la vérité tu vois c'que j'veux dire donc à la base j'suis pas là pour faire danser les gens tu vois c'que j'veux dire, j'suis plutot là pour les faire penser tu vois c'que j'veux dire, qu'y comprene des choses quand ils m'écoutent quoi voilà tu vois !


(Rires ...) Oui pendant toute mon adolescense, j'ai été ammené à vendre de la drogue pour payer un McDonald le soir, baiser des putes dans des camions, et boire de la Vodka, voilà benef !

" Délires avec Denver "



Tes textes sont parfois contradictoires :

C'est vrai que dans certains disques, nous les rappeur, on s'contredit dans certains morceaux tu vois c'que j'veux dire, ou comme dans un morceau j'dis " Inspecteur j'suis pas c't'acteur mais c'casseur, qui rêve de devenir passeur, traceur de ligne de coke sur le cul d'ta soeur !" Tu vois alors que sur un autre j'dis "Laisse tomber Hélène t'sais jette là dans la Seine, tout comme Caroline qui tapine sur l'terrain d'Mary Jane !" Y faut savoir que t'as eu des périodes dans ta vie tu vois c'que j'veux dire qui ... où y s'est passé des choses où t'as écris ces textes là, à cette période là tu vois c'que j'veux dire, donc tu parles de ton vécu tu vois ... A cette époque là c'était mon vécu et tout tu vois c'que j'veux dire donc voilà quoi
Et que faut pas oublier que l'homme y change, tu vois c'que j'veux dire
Pourquoi tu hais l'état ?

Ben ça j'crois qu'y faut demander à la vie tu vois c'que j'veux dire, pasqu'on vit tous les jours


"Lim et RAT expliquent pourquoi ils niquent la France ;
Lim : Quand moi j'dis nik la france, c'est pas pour la France directement, c'est pour l'état Français tu vois, faut bien comprendre tu vois quand nous les jeunes on dit "nik la France" c'est pour l'état Français pasque aujourd'hui hein, ils font tous pour que nous les jeunes de quartier on sorte pas d'notre cité tu comprend c'que j'veux dire ? Pourtant la France c'est un beau pays hein tu comprend ou pas ?
RAT : Avec de bonnes écoles, de belles écoles !
Lim : Voilààà !
RAT : Mais nous on les a pas les bonnes écoles
Lim : Nous on les a jamais eu
RAT : Nous on veut les mêmes écoles que les fils des ministres, nous on veut inverser les rôles, on veut qu'les fils des ministres, y vont dans nos écoles et nous on va dans leur école et tu vas voir même le fils de ministre, y va commencer à vendre, y va commencer à voler, y va commencer à racketter pasque c'est normal, et nous on va dans leurs écoles, on va commencer à avoir des diplômes et tout, y nous ont bien niké, au moin on sait qui nous ont niké, on est pas bête hein, on est pas des idiots, on est pas des bouriquot ! Donnez nous les mêmes écoles que vous et on s'en sortira, bandes d'enculés !"

# Posté le samedi 19 mai 2007 12:13

Modifié le samedi 19 mai 2007 12:27

LA FOUINE

LA FOUINE
Originaire de Trappes-78, La Fouine s'est fait connaitre il y a quelques années déjà avec un premier EP "J'avance". Après quelques morceaux calibrés Maxde109 et une mixtape concept "Planète Trappes", l'album "Bourré au son" a la lourde tâche de crédibiliser un rap français aux teintes westcoast. Dit comme ça, la tâche paraît rude, néanmoins avec Animalsons à l'oeuvre pour la majorité des titres, le pari peut être tenu.

"J'rappe pour le fric mais attention pour en faire suffit plus d'une meuf sur le refrain et d'un instru qui pue la merde"

Un ambianceur avec un gimmick qu'il martèle tout au long de l'album, La Fouine c'est un peu ça. Son plus gros travers c'est peut-être justement de tomber dans cette facilité de single pourri. Rap de genre oblige, il verse dans le débilo-glitter pour adolescent sur Groupie love. Quant à Basta, le propos est moins fin qu'un bon épisode de Melrose Place. "Bourré au son" déborde ça et là par quelques phases légères et des titres comme C'est ça ou J'roule sont très borderline.

"Bourré au son" ne s'écoute pas sans déplaisir.

Les différentes inspirations outre-atlantiques n'auront pas forcément raison des détracteurs du genre, il n'en reste pas moins que "Bourré au son" est un premier essai encourageant. On reprochera juste à La Fouine une envie de grailler, vite et mal, mal dissimulée sur certains morceaux. L'album aurait gagné à être plus concis.


cLaSh KaMeLaNcIeN :


Tu cries code 187, mais tu ferais pas de mal à une mouche
Arrête de parler de braco, tu sais pas ce que c'est rho
T'as une voix trop bizarre, j'crois que t'as trop sucé des bites
J'suis obligé de mettre REPEAT, j'comprends rien à tes aboiements de pit
T'as rien d'un ancien, moi j'innove, toi tu pompes
C'est des gifles dans tes dents que tu vas prendre, pas des coups de fusil à pompe
78 capitale du crime, reliqué jusqu'aux couilles, j'te laisse jouer à l'escrime
J'suis pas Snoop Dog, t'as raison à part que...
J'ai tournée Doggy Style 3 avec ton flow et ma grosse queue
A force de mettre de PENTO , (connard) t'as plus les idées claires
Tchik et bra... t'as rien dans les couilles, t'as rien dans les bras
T'es ni un rat, ni une fouine, ni un rappeur, ni un backeur, ni un braqueur
T'es juste un grateur, un imposteur
Ca sert à quoi d'ouvrir ta grande gueule si t'as une petite bite
Ca sert à quoi de péta le flow d'L.I.M, t'es pas illicite (connard)
T'as rien d'un ancien, t'es juste un mec en chien,
T'es juste en chienne, en fait t'es ma petite chienne (wouaf wouaf wouaf)
Tu sais pas rapper, retourne faire des backs
J'vais te mettre une gifle dans tes dents, tu vas danser le Lean Back !
T'essaies de rapper dur, moi j'rappe pour le fric
Arrête Kamel, j'prefere Kamel d'Alliance Ethnik
T'es la fin d'mon join, j'vais te keusti keusti
T'es pas hardcore et deuspi, t'es simple et même pas funky !
Tu sais pas rapper, tu sais que gratter
Un feat ou bien deux... ton style est bien glouteux
Moi j'fais d'la musique, toi t'es qu'un suce bite
Handek, j'pourrais caner de mort subite
Moi c'est 78, toi j'sais pas d'où tu sors
Arrête de faire l'ennervé, de faire le hardcore
Goûte à ma fouini fouini bite dans ta bouche
Ramasse ta savonnette... Elle est tombée sous la douche Quand les mecs du 7.8 parlent, ferme ta gueule
Tu parles trop, t'as pas de couilles rebeu (Ferme ta gueule)
Tchiki bra, tu racontes quoi? Ferme ta gueule
Moi c'est 78, c'est 78
Parait que t'as braqué, que t'as tiré... Ferme ta gueule
Tu parles d'Islam et tu veux clasher... Ferme ta gueule
T'es tout mou, prends de la CC... Ferme ta gueule
Menteur, à part les tunes, j'vois pas quel est ton réacteur
Ton rap n'est pas bon, ton rap n'est pas fort
Ton rap n'est pas hardcore, ton rap il bouffe du porc
D'vant moi tu te rabaisses, derrière tu t'élève
Si la bouffonnerie enseignait, tu serais son meilleur élève
Le rap à fait une fausse couche et te voilà
T'es là sans être là, parait que tu rappes, mais bon, je ne te vois pas
A Mantes, j'ai voulu rapper derrière toi, mais le micro puait le sperm
J'me demande où ta bouche traine
Traitre, tu mens, t'es doux comme un prêtre
Joue pas le bad boy, tu pues d'la chatte boy !
Chacun sa voie, moi j'ai déjà choisi ma voie, déchirer avec ma voix
Pendant que des petites putes comme toi aboient
La Fouine, c'est comme ça que j'm'appelle
Pour enterrer ton rap, j'ai ma pioche et ma pelle
Ta rien d'ancien, à part ton style, à part ton flow
Et tu piques celui des autres, sans même mettre de carreau
Quand on s'est croisé, tu m'as sucé la bite
Parait que tu m'en veux rebeu tu sais où j'habite
T'es ni de l'ancienne, ni de la new school
Ton rap pue de la gueule, il aurait besoin d'un KissKool
Tu parles de taper, mais tu vas te faire tarter
A vos marques, prêts, feux, toi et ton flow partez !
T'as pas connu la merde, t'as pas connu la zermi
T'as jamais fait de gard'av, tu parles toujours de zonpri
T'es un donbi, tu parles, les gens ont compris
T'es un faux, et si le rap s'est fait baisé, t'es une nympho
Fouini Fouini, bite dans ta bouche...
Ramasse ta savonette, elle est tombée sous la douche Quand les mecs du 7.8 parlent, ferme ta gueule
Tu parles trop, t'as pas de couilles rebeu (Ferme ta gueule)
Tchiki bra, tu racontes quoi? Ferme ta gueule
Moi c'est 78, c'est 78
Parait que t'as braqué, que t'as tiré... Ferme ta gueule
Tu parles d'Islam et tu veux clasher... Ferme ta gueule
T'es tout mou, prends de la CC... Ferme ta gueule
Menteur, à part les tunes, j'vois pas quel est ton réacteur Quand on s'est croisé à Mantes La Jolie
Sal petit PD, t'es bien venu me sucé la bite en studio
Quelques semaines après j'entends que tu veux clasher
Sal bouffon va...
Ca sert à quoi de parler d'Islam si tu fais de la médisance
T'es pas musulman, t'es juste un mec qui ment
Tu parles de djins, des grosses chiennes dans le Kayene
Qui t'appartient même pas, et tu te la pètes dans Ripa
T'es pas crédible, trou du cul t'es dans ma cible
Trappes c'est la jungle...78 indestructibles
Tu parles d'indépendant, t'as jamais rien sorti
J'posais mes premières tueries, t'écoutais encore 2Be3
D'ailleurs, t'en as gardé la coupe, le tee shirt, et le jean's
La première fois que je t'ai vu, putain j'ai cru que t'étais un skin
Avoue ton homosexualité,
Ton rêve de pouvoir faire un feat avec Alizée peut se réaliser
T'es la risée du rap, et tu sors jamais seul
J'crois que t'es l'enfant seul, tu sais que c'est toi!
Bienvenue gros bouffon dans les quartiers neufs
Bref dans ton cul la même souffrance
T'es vraiment un lâche, un hypocrite
Si seulement les gens savaient à quel point tu puais la bite
Fouini, fouini, bite dans ta bouche
Ramasse ta savonette, elle est tombée sous la douche Quand les mecs du 7.8 parlent, ferme ta gueule
Tu parles trop, t'as pas de couilles rebeu (Ferme ta gueule)
Tchiki bra, tu racontes quoi? Ferme ta gueule
Moi c'est 78, c'est 78
Parait que t'as braqué, que t'as tiré... Ferme ta gueule
Tu parles d'Islam et tu veux clasher... Ferme ta gueule
T'es tout mou, prends de la CC... Ferme ta gueule
Menteur, à part les tunes, j'vois pas quel est ton réacteur Hey petit bouffon... ferme ta gueule
J'pourrai jamais t'appeller l'ancien, sur la vie d'ma mère
Peut-être l'en chien... Ferme ta gueule!
Le chien... ou Kamel la chienne...ou Kamel en chien Ferme ta gueule
Rentre dans ta niche... Kamel le chien


...HISTOIRE DU CLASH...

L'origine de se clash et que Kamelancien devait apparaître sur l'album de La Fouine mais,
celui-ci a changé d'avis et a decidé que Kamelancien y apparaîtrait pas.
Suite a ca Kamelancin a écris un couplet sur un son en featuring avec rimeur d'elite "Reste vrai" dans lequel il dis :

-Je suis ni un rat ni une FOUINE.
Moi, je suis kamelancien, issue de la banlieu sud 9.4, cousine je viens pas du QUEEN.
-Je t'ai vu te prendre pour Snoop Doooogg,
rien que tu pompe, tu croit que tu rap comme lui, OH MY GOOOOD !!!

Suite a ça La Fouine réplique en solo sur un son dans lequel il dis :
Il pose sur l'intru de Eazy E "real mothafucking G"...

J'suis pas Snoop Dog, t'as raison à part que...
J'ai tournée Doggy Style 3 avec ton flow et ma grosse queue
- Goûte à ma fouini fouini bite dans ta bouche
Ramasse ta savonnette... Elle est tombée sous la douche
- D'vant moi tu te rabaisses, derrière tu t'élève
Si la bouffonnerie enseignait, tu serais son meilleur élève!
kamelancien va te faire enculer!

Skyrock.com : A l'occasion de la sortie de ton 2ème album Aller Retour qui sera dans les bacs le 12 mars. On s'est vus à l'occasion de Bourré au son et tu disais que tu te sentais au top de ta forme comme un grand sportif pouvait l'être. Là à une semaine de la sortie comment tu te sens ?


La Fouine : Un peu plus stressé.



Skyrock.com : Plus que pour le 1er pourquoi ?



La Fouine : Je ne sais pas pourquoi. Mais peut être que je t'ai menti la dernière fois. Là, je suis un peu stressé mais content.



Skyrock.com : L'album c'était il y a 2 ans, il y a eu des tournées, à partir de quand tu t'es dit je retourne en studio pour le 2ème album ?



La Fouine : Je retournais en studio de temps en temps parce que j'ai fait une quinzaine de date mais ce n'était pas regroupé en tournée, j'ai fait des dates par ci par là. Il n'y a qu'en Afrique où j'ai fait une tournée et où c'était intensif. Il y a un an et demi, je me suis remis à écrire et il y a un an je suis rentrée en studio pour donner cet album.



Skyrock.com : Le 1er extrait c'est Reste en chien avec Booba. Comment s'est fait ce titre ?



La Fouine : J'étais en studio, Animals sons m'avait laissé un cd de prod' comme ils ont l'habitude de le faire. J'écoute le cd, je tombe sur l'instru de Reste en chien et la première gimmick qui m'est venue c'est reste en chien. J'ai écrit le morceau rapidement, je l'ai posé une heure après, le lendemain je l'ai amélioré,je me suis dit tiens ça serait bien d'inviter quelqu'un. J'ai appelé Booba, je lui ai dit que je voulais collaborer avec lui, je lui ai fait écouter le morceau, il a kiffé, il a posé le jour même.



Skyrock.com : Il y a un clip aussi.



La Fouine : Oui, il a été tourné en Seine St Denis, derrière le stade de France. Et il tourne bien.



Skyrock.com : Pour rester sur Booba dans Ma Life, tu dis « un vrai renoi comme Booba ».



La Fouine : Oui, c'est une dédicace parce que j'aime bien ce gars là.



Skyrock.com : Et autre dédicace, tu dis « un vrai rabzouz comme Rim K »



La Fouine : Ouais parce que j'aime bien Rim K, j'aime bien Booba, j'aime bien la Mafia K'1 Fry. Petite dédicace au passage.




Skyrock.com : Tu fais aussi pas mal de dédicace au rap français au niveau des lyrics. Par exemple dans Drôle de Parcours, tu dis : « On n'est pas né sous la même étoile » ou dans tomber pour elle tu dis : « tu veux une bombe faut le portefeuille qui va avec »...



La Fouine : Ça m'amuse, ça me vient à l'esprit et peux être que d'autres rappeurs ça leur vient à l'esprit mais ils se disent je ne vais pas leur sucer la bite comme on dit (rires). Moi, je m'en fous, c'est des clins d'½il des morceaux que j'aime bien, ça me vient à l'esprit, je l'écrit direct.



Skyrock.com : Il y a des anciens mais aussi des nouveaux donc ça veut dire que tu suis un peu ce qui se fait, qu'est-ce que tu as aimé ces derniers temps ?



La Fouine : J'écoute de plus en plus de rap français. Dernièrement, le morceau que j'ai le plus écouté c'est Thug Life de Kery James, j'ai vraiment bien aimé ce morceau, c'est Hip Hop. Après, j'ai bien aimé l'album de Mc Tyer, le dernier album de Booba, j'aime beaucoup Al Peco. Ces derniers temps, j'écoute pas mal de rap français, je n''écoute pas tout, j'écoute ça et je dois en oublier certains. Mais j'écoute de plus en plus de rap français.



Skyrock.com : Pour cet album, tu as bossé avec qui ?



La Fouine : Sur cet album, il y a 6 compositeurs. Il y a Animals Sons, Focus, Canardo qui est un jeune compositeur du 78 et qui a beaucoup de talent, End2End, Enterprise, et Tiery F et j'en oublie un c'est Track inviders. Animals sons je les présente plus, Focus c'est gars signé sur le label de Dr Dre, Aftermath, il est venu à paris une semaine, on a travaillé sur 7 – 8 titres, on a poussé le truc à fond. Pareil pour tous les autres compositeurs, ça a été une alchimie, ils sont tous venus en studio, on a toujours travaillé ensemble en collaboration avec tous les compositeurs.



Skyrock.com : Et avec l'américain, Focus est-ce que tu as senti une différence au niveau méthode de travail ?



La Fouine : Focus, c'est un vrai musicien. Quand on était en studio, qu'on kiffait un son mutuellement, on se disait on peut l'arranger, je lui disais : « tiens, je vois plus la ligne de basse comme ça », donc il prenait la basse, il prenait la guitare, le piano,...outre le fait qu'il maîtrise tous les instruments, je ne vois pas tant de différence que ça. Les français autant que les américains, tu les fous dans un studio, tu leur donnes les mêmes machines, ça devient des êtres humains qui ont un cerveau, une capacité à faire de la musique, ils sont sur un même pied d'estal, c'est à eux de briller plus les uns que les autres. Je suis très satisfait des prod' de Focus, mais je suis aussi très satisfait des prod' d'Animals Sons et des autres. Plus ça va, en France on est entrain de trouver une bonne alchimie, il y a plein de gens avec qui j'aurais aimé travailler comme Street Fabolous. On s'est mis en connexion trop tard car j'avais fini mon album. Mais je sais qu'il y a plein de gens en France qui déchire et au niveau des sons, on est entrain d'atteindre un bon niveau et si ça continue je n'écouterai plus de rap américain.



Skyrock.com : Pour rester sur le côté musical, l'album est très ouvert. Sur ton précédent album, il y avait pas mal d'influences West Coast qu'on retrouve un peu sur cet album mais on retrouve aussi un côté Dirty South qui est très à la mode en ce moment.



La Fouine : Sur mon 1er, il y avait aussi quelques titres Dirty South, mas les gens n'étaient pas encore au courant de style musical et j'en avais pas mis beaucoup. Sur cet album, j'en ai mis un peu plus et les gens me connaissent et savent que je suis quelqu'un de cultivé en matière de rap américain et que je sais ce qui se passe là-bas et que je serai toujours à la mode. Ce que j'aime bien dans la musique Dirty South, c'est que ton son, il passe partout. Par exemple, pour moi, Reste en chien, j'arrive dans n'importe quel quartier je le trouve dans une voiture, j'arrive en boîte, je l'entends, j'allume la radio, je l'entends, j'allume la télé, je le vois. C'est vraiment un courant musical qui passe partout, c'est ce qui m'a séduit chez cette musique.

Il y a toujours le côté West Coast, parce que j'aime beaucoup ces sonorités et justement on a ramené le mec d'Aftermath. Et il y a aussi une 3ème partie, qui est vraiment rap français classique, mais poussé avec de bons mix parce que ces derniers temps dans ce que j'écoute dans le rap français, les mixes ne sont pas bons, les caisses claires, les grosses caisses ne pètent pas. Le son est pauvre, sur pas mal d'albums que j'entends en ce moment, des fois j'écoute la radio et la prod ne me donne pas envie d'écouter le morceau même si le mec ou la meuf rappe bien. C'est pas parce qu'on est français qu'on n'a pas le droit d'avoir...




Skyrock.com : Ce qui s'entend aussi sur ton album c'est qu'il y a de plus en plus de morceaux chantés avec des titres comme Ma Tabatière, Quel est mon rôle ?



La Fouine : J'aime beaucoup le chant et j'aime bien allier les deux, comme je l'ai toujours fait et je trouve que je le fais bien sinon je ne le ferai pas. C'est normal pour moi.



Skyrock.com : C'est une nouvelle orientation ou c'est une continuité.



La Fouine : C'est une continuité. Sur le premier album il y en avait un petit peu, là il y en a beaucoup plus. Je suis quelqu'un qui aime bien chanté. Le déclic ça a été sur la scène, quand j'ai fait mes tournées et que j'arrivais devant le public et que je chantais mes morceaux, souvent sur scène pour un artiste, il y a des moments de vide, où tu sens que ça le fait pas trop avec le public et hop tu balances un tube et l'euphorie revient. Et quand je chantais, je ne sentais jamais ce moment de vide. Quand je chante, c'est un moment privilégié entre moi et le public qui fait que je me sens hyper à l'aise avec le public. Et comme j'ai fait cet album aussi pour le défendre sur scène, eh bien je sais qu'on va trop bien s'amuser sur scène, parce que je me suis rendu compte que j'aimais bien rapper mais que j'aimais encore plus chantais. Alors si tu le fais bien, il n'y a pas de raison.



Skyrock.com : Il y a quand même une chanteuse sur l'album même si tu chantes beaucoup, c'est pour le titre Tomber pour elle avec Amel Bent, comment ça s'est fait. Tu aimes chanter, pourquoi avoir choisi cette chanteuse en particulier ?



La Fouine : Au début, j'avais fait le morceau tout seul. Puis, en le réécoutant, je me suis dit c'est bête que ce ne soit pas une fille qui vienne chanter le morceau, en plus il n'y a pas de meuf qui a posé sur l'album et une présence féminine ça serait cool. J'ai pensé directement à Amel Bent, de toute façon c'était elle ou personne d'autre. J'aime beaucoup ce que fait Amel Bent, j'aime bien ce que fait Shy'm aussi. Pour moi Amel Bent, au niveau performance vocale, c'est une grande chanteuse française. Je l'ai appelé, je lui ai fait écouter le morceau, elle a accroché direct, elle est venue le lendemain au studio et elle a posé ça normal.



Skyrock.com : A un moment, tu dis : « Est-ce que tu me kifferas encore quand je serai plus au top », c'est une question que tu t'es posé ?



La Fouine : C'est la question que tout le monde se pose, tout le monde se dit aujourd'hui, il y a ça, il y a ça, tout le monde est là et quand y a rien qui y aura. C'est un peu se que disait Alain Souchon (il chante) « Quand je serai K.O,... »



Skyrock.com : Ce n'est pas autobiographique du coup quand tu dis qu'il y a plein de gratteuse dans ton répertoire ?



La Fouine : Si, c'est des expériences que j'ai vécues. Quand t'es au quartier, t'es entrain de vendre du bédo, t'as beaucoup d'argent, des fois je faisais 5000 francs par jour, c'était un réseau qui tournait super bien, donc il y a avait de l'argent. On allait en boite, on claquait des bouteilles, on s'acheter les dernières Air Force, les dernières requins, on avait des beaux survêt' donc t'as plein de meuf et tout. D'un jour à l'autre, les keufs viennent, ils te pécho sur le terrain, ils te ramènent en prison et là rare sont les personnes qui t'écrivent, qui pensent encore à toi. Cette chanson fait un peu référence à ça.



Skyrock.com : Il y a 2 atmosphères qui ressortent de l'album, le côté tu te dévoiles où tu montres que tu as un côté vulnérable comme tout le monde, et l'autre côté qui reste un peu crapuleux avec des titres bien street, c'est un équilibre qui ressortait dans l'écriture ou c'était plus ou moins calculé dans le sens si je me dévoile faut aussi que je montre que je suis un mec de la street ?



La Fouine : Non ce n'était pas calculé. Et je n'ai pas à montrer que je suis un mec de la street, je suis un mec de la street, tu vois ce que je veux dire. Demain, je pourrai chanter « Cette soirée là », je marcherai quand même dans mon quartier et je serai quand même un mec de la street. Ce qu'il y a aujourd'hui dans le rap français, il y a ceux qui veulent l'être et ce qui le sont, moi je le suis.



Skyrock.com : Dans ton précédent album, tu avais fait le titre Autobiographie et dans Aller Retour tu fais Drôle de parcours qui est beaucoup plus intimiste.



La Fouine : Drôle de parcours, c'est un de mes morceaux préférés de l'album. Si dans 10 ans, je pourrai parler d'un morceau ça serait Drôle de parcours parce que je l'aime beaucoup. Ce morceau, c'est mon histoire additionnée à l'histoire de mon pote. Parce que tout ce que ce petit gamin fait, je l'ai fait, je l'ai vécu, je suis passée par toutes les étapes. Ce morceau, je n'allais même pas le poser, je n'allais même pas l'enregistrer.



Skyrock.com : Pourquoi ?



La Fouine : Je ne sais pas. J'étais à l'hôtel, je venais de recevoir la prod' que j'ai kiffée, j'ai commencé à écrire, écrire. Je l'ai écrit en une nuit et le lendemain je relis et j'ai dit : « non, c'est trop banal ». Donc, je suis passé à autre chose, j'ai enregistré un autre morceau. Et j'ai fini l'enregistrement de l'album plus tôt que prévu parce que ça allait vite et je me suis dit je vais quand même enregistrer ce morceau. Le lendemain, je réécoute et j'ai eu une grosse surprise. Et pareil pour le morceau Qui peut me stopper ?, je l'ai enregistré, je ne l'ai plus réécouté, je l'ai laissé dans un coin et les personnes qui ont fait la prod' me relancent, ils avaient retravaillé la prod', j'écoute et je me dit non c'est trop classique, je la mets de côté. Et mon directeur artistique Karim Thiam, il tombe sur le mail, il écoute le morceau, il le prend, il le met sur cd, il le fait écouter à tout le monde en maison de disques. Et ils me disent mais tu es fou, il est trop bien ce morceau faut que tu le finisses, j'avais posé que 2 couplets et le refrain. Mais je disais ; « ouais, il est trop banal », après tous mes potes me soulent, ils me disent : « mais ce morceau, il est terrible ». Donc je l'ai repris, j'ai réécouté et finalement je me suis dit, il est bien donc j'ai écrit le 3ème couplet, je l'ai posé et après j'ai grave kiffé le truc. Au final, c'est aussi, un de mes morceaux préférés.



Skyrock.com : Comme quoi avec le recul..



La Fouine : Ouais voilà avec le recul. Et cet album, ça a été comme ça.



Skyrock.com : Et tu as mis beaucoup de morceaux de côté ?



La Fouine : J'ai mis grave des morceaux de côté, j'ai du en enregistrer une soixantaine parce que j'ai été vraiment productif. Ce qui change entre cet album et le précédent, c'est que j'arrivais, je ne connaissais pas grand monde dans ce milieu, je sortais de nulle part pour certaines personnes, je ne connaissais pas les Djs, Cut Killer je ne le connaissais pas, Couvre Feu je l'avais presque jamais fait. Ce n'est pas que je ne suis pas dans le game mais je suis un mec de Trappes et dans le 78 et il n'y a rien, on est dans notre campagne, y a que la délinquance.

Et dans le 1er album, je me suis pris la tête sur les techniques de rap, àa essayer de séduire des gens qu'aujourd'hui je fuck. Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui, les gens m'apprécient de plus en plus, j'ai des bons retours, les gens ont envie d'écouter cet album, et au final je ne l'ai pas fait pour séduire les gens, je me suis fait plaisir. Alors que le 1er album, je me suis pris la tête pour avoir des instru' les plus ricain, les plus modernes, avec les techniques de flow pour séduire des personnes que je ne pourrais jamais séduire parce que ce sont des aigris, qui s'attachent à certaines valeurs passées. Ces gens là, je n'ai pas besoin d'eux, ce n'est pas ces gens là qui font avancer le rap, ce sont des gens comme moi qui font avancer le rap qui kiffent ça. Moi je kiffe le rap.



Skyrock.com : On sent aussi du coup que tu t'es livré un peu plus, c'est une sorte de thérapie cet album ?



La Fouine : L'album, au début, je l'ai fait d'une certaine manière, il y avait beaucoup de morceaux racailleux, et tout d'un coup ma mère décède. Je n'étais pas bien et l'album ne s'est plus fait de la même manière. Déjà pas de morceau plutôt dansant comme Quelque chose de spéciale, fini, je n'ai pas envie de rire. Ce n'est pas une année où je vais rigoler donc je me suis focalisé à dire des choses vraies, à parler de certains problèmes que j'avais évacué de mon esprit. La plupart de ces rappeurs, ils parlent, ils ne savent même pas de quoi ils parlent. Moi, j'étais là, ma mère elle se cassait la tête pour nous, elle partait au resto du c½ur, et moi je venais je l'embrouillais, je lui disais : « ne va pas au resto du c½ur ou cache toi mes copains vont me vanner ». Aujourd'hui, je regrette, ma mère se cassait la tête pour nous, parce que c'est humiliant de partir au resto du c½ur, et elle y allait et nous on mangeait les poissons panés du resto du c½ur qui ont des salles goûts, les vieilles vache qui rit et ce n'était pas bon. Je me suis rappelé d'une grande partie de ma vie que j'avais oubliée, les foyers de justice, moi assis là, ma mère assise dans le canapé d'à côté, mon père là et mon petit frère au fond qui pleure, de l'autre un éducateur, la juge pour enfant qui dit votre fils en foyer. Ma mère qui m'accompagne, qui me donne 20 francs et me dit : « sois fort mon fils », mon père qui a les larmes aux yeux, mon petit frère qui pleure, j'avais oublié tout ça. Tous ces liens familiaux, la galère, j'avais oublié trop de choses. Et là, je me disais pas le temps de rire, on va faire des choses, c'est un album où je me rappelle de tout ça, c'est un album sincère.



Skyrock.com : Ça te permet d'avancer également ?




La Fouine : Oui comme je dis dans le morceau : « pour avancer dans la vie, il faut... »



Skyrock.com : Avec Au c½ur du problème.



La Fouine : Voilà. "Pour avancer dans la vie, prendre un nouveau départ, il me faut trouver le c½ur du problème". J'ai écrit ce texte, j'étais au bord du gouffre. Je me disais putain si seulement la vie pouvait être comme l'année dernière, j'étais super cool, je partais en concert, en tournée et tout le tralala, salut maman je t'aime et ça y est du jour au lendemain, c'était dur.

Même le morceau que je dédie à ma mère, ça a été super dur, je l'ai écrit en pleurant, je l'ai posé en pleurant, j'ai médité sur ce truc là, ça a été super dur pour moi de le faire ce morceau.



Skyrock.com : On va aborder un autre sujet qui est La danse du ghetto, c'est quoi ?



La Fouine : Un pas devant, un pas derrière, le doigt en l'air, Nicolas lève ton verre,...



Skyrock.com : Tu nous fais la démonstration



La Fouine : Rires. Je vous la ferai plus tard, y a pas de soucis. C'est un petit morceau tranquille. Les couplets sont plutôt durs mais le refrain est tranquille. C'est grave West Coast. C'est un des 1ers morceaux que j'ai enregistré pour cet album.



Skyrock.com : On ressent aussi quand même dans l'album ce côté touche d'espoir. Tu dis « j'aime qu'un immigré s'en sorte qu'il renvoie ou pas l'ascenseur ».



La Fouine : Il y a des mecs du quartier qui s'en sortent, ils doivent automatiquement renvoyer l'ascenseur. Moi, personnellement, je ne demande rien à personne de m'aider, je n'ai jamais demandé. Ceux qui ont réussi, il y en a plein dans mon quartier, il y a Jamel Debouzze, Omar et Fred, Anelka, je n'ai jamais été frapper à une porte en disant « aide moi, fais quelque chose ». Quand je les vois, je suis content, je me dis purée ils ont réussi, ils ont bossé dur, bah moi aussi je vais réussir, je vais bosser dur, je ne vais pas aller leur mendier quelque chose. Je pense que c'est ce qu'il faut dire à un jeune de banlieue, pour qui c'est difficile, pour qui il n'y a pas beaucoup de plans, d'ouvertures, il ne faut pas aller frapper aux gens. Faut pas être un autostoppeur, il faut que tu prennes ta voiture et que tu fonces sur ta route. Ne fais pas d'autostop à quelqu'un qui est entrain de rouler.

Je discutais avec un autre journaliste qui me demandait : quel message, tu veux véhiculer aux jeunes à travers cet album ? Et je lui ai dit que pour moi, la musique avait été tellement forte dans ma vie, qu'elle m'a souvent plus aidé que n'importe quel message, que n'importe quel être humain. Alors mon message, c'est de faire un bon album, qu'il puisse écouter ma musique et s'évader quelque temps.



Skyrock.com : Il y a un autre thème qui revient souvent dans l'album c'est celui de la drogue dans plusieurs couplets, et tu en fais un morceau Ma Tabatière (Chronique d'un dealer).



La Fouine : J'ai préféré en rire que d'en pleurer. Je suis issu d'un quartier où j'ai vu la moitié des grands mourir d'overdose, il y a des familles, c'était leur 4 enfants qui mouraient d'overdose. La drogue a ravagé mon quartier, les gens appelaient ça ripnolcity parce que c'est les cachets que les toxico prennent quand ils sont en manque et qu'ils n'ont pas de drogue. Quand j'étais petit, à l'âge de 10 ans, quand je suis arrivé au quartier Georges Sand, il y avait 4 docteurs, la drogue est arrivé en l'espace de quelque mois, il n'y avait plus docteurs, ils se sont tous fait braquer par des toxico en manque, c'était la misère pour les docteurs. La drogue, j'ai connu ça de près, quand j'étais petit je marchais sur des seringues, les grands m'envoyaient ramener de la drogue à des clients, je voyais les gens sniffer devant moi alors que j'avais que 12 ans. C'est pour ça que je me suis toujours promis de jamais vendre ça parce que j'ai vu trop de gens mourir, des frères pas bien, des frères en prison pour 10 ans à cause de ça. Et s'il y a quelqu'un qui peut en parler, c'est bien moi.



Skyrock.com : Et Ma Tabatière ?



La Fouine : Ma Tabatière, c'est un morceau qui traite de la drogue mais en rigolant.



Skyrock.com : Le fait de chanter comme ça, c'est pour dédramatiser un thème qui est dur ?



La Fouine : Exactement.



Skyrock.com : Tu dis « bienvenue dans mon 78 où les toxico se piquent en chantant ».



La Fouine : (En chantant) "Bienvenue dans mon 78 ou les toxico se piquent en chantant, ou les petits ventent de la CC en écoutant ma zik" et voilà c'est malheureusement vrai. C'est une petite parenthèse sur mon album sans se lamenter sur notre sort.



Skyrock.com : Il y a aussi ce côté où le constat n'est pas toujours positif comme dans Laisser moi dénoncer.



La Fouine : Laisser moi dénoncer, c'est le coup de gueule. Par exemple, tu prends ma classe, 4ème de soutien ou début de 3ème insertion, parce que je me suis fait renvoyer au début, le dernier de la classe finira surement toxico ou dealer ou en prison, le premier de la classe avec un peu de chance, il va travailler chez SFR tranquille ou chez Bouygues ou au centre commercial. Tu prends leur collège 15ème arrondissement ou 16ème, le moins bien de la classe, il va être avocat et le meilleur de la classe, il va être ministre ou président ou juge ou procureur. Il y a un grand écart qui se creuse alors que moi je suis français, je suis comme tout le monde, je suis né ici. Mon père me racontait que quand il est venu en France, il n'est pas venu comme ça, c'est une société française qui est venue chercher de la main d'½uvre au Maroc, comme c'était un bon ouvrier, ils l'ont pris du Maroc, ils l'ont ramené ici, il demandait rien à personne. Il habitait au foyer sonacotra, il travaillait dur, il a économisé assez d'argent, il a fait venir sa famille, moi je suis né à Trappes, je suis français, le Maroc, je ne le connais qu'en vacances.

Un exemple, je suis parti faire un concert en Russie, à la douane, à l'aéroport, ça se passe trop mal, ils te font comprendre que vous n'êtes pas chez vous ici, on ne veut pas des noirs et des arabes. Je reviens, j'étais un peu dégouté mais avec le recul je me dis, la Russie n'est pas venue en Afrique, elle n'a pas colonisé l'Afrique, elle est toujours restée dans son coin, on ne vient pas chez vous, vous ne venez pas chez nous. La France n'a pas le droit de nous faire ça parce qu'elle a une histoire liée avec l'Afrique, il y a toujours eu des va et vient entre africains et français. Les français sont bien traités en Afrique, les africains bien traités en France mais faut que ça se fasse dans de meilleures conditions, faut pas qu'on soit laissé dans les cités à se gangstériser. Créons un juste milieu, essayons d'aider tout le monde. Donc ce morceau là, c'est un coup de gueule pour cette société qui nous laisse dans la merde, qui nous laisse aller au resto du c½ur, qui nous laisse dormir dehors, qui nous expulse, qui ne nous donne pas les chances d'être à leur niveau.



Skyrock.com : Et c'est quoi ton constat à un mois des élections ?



La Fouine : Moi et la politique ça fait 2. Je ne sais rien des discours politique, pour moi la droite, c'est la droite et la gauche c'est la gauche. Mais je sais qu'en ce qui concerne Sarkozy et Lepen, ce sont des gens qui font du mal aux pauvres, aux gens qui n'ont rien, aux sans papiers et ces gens là ne peuvent pas voter. Donc rien que pour eux, je vais aller voter, donner ma voix à quelqu'un d'autre que Sarkozy et Lepen parce que je n'ai pas envie qu'il passe. C'est pour ça que j'incite les gens à aller voter, moi personnellement que ce soit Sarkozy ou Lepen qui passe dans ma vie ça ne va rien changer, mais les gens autour de moi vont en souffrir, des personnes sans papier, ou des mal logés. C'set pour ça que j'incite les jeunes de par mes textes à aller voter, peut être qu'aujourd'hui ils n'en voient pas l'importance mais plus tard ils le verront. C'est la solidarité quoi. Et dans mon quartier, il y a autant de français que de noirs, que d'arabes qui souffrent. Ma voisine, elle allait au resto du c½ur avec ma mère, c'est une française de pure souche, tout le monde souffre. Et c'est pour aider ces gens-là, parce que tu sois français, arabe, chinois ou noir, si t'es pauvre et que tu habites dans un quartier, tu souffriras forcément de leur décision politique. Y a pas de couleur.



Skyrock.com : Il y a un autre morceau, c'est Contrôle Abusif, le titre parle de lui-même, et à la fin tu finis avec l'autographe...



La Fouine : C'est vrai, les policiers m'ont déjà demandé des autographes. Ce morceau, ça parle d'un contrôle qui se déroule plus ou moins mal, mais qui ne tourne pas au drame. Quand, j'ai écrit ce morceau, ça partait d'une histoire vraie, j'étais à porte de la Chapelle et je me rendais sur les Champs-Elysées, il était 1h00 du matin, je me suis fait contrôler 3 fois sur la route. Je suis arrivé aux Champs-Elysées, il était 3h30 du mat, ma soirée, elle était gâchée, j'étais super dégoûté. En plus, ce n'était pas des contrôles « passez moi vos papiers », ils voient un arabe dans une BMW, avec une casquette, ils se disent : « Ah non lui, il y a quelque chose qui cloche », donc ils fouillent la voiture de fond en comble, ils regardent les numéros de la voiture, ils prennent les identités, ils tapent au terminal, ça prend énormément de temps, par contrôle, ça peut durer 45 minutes – 1 heure, je ne trouve pas ça normal. Quand j'avais ma clio, ça ne m'arrivait pas autant, un arabe dans un BM, c'est contrôlé.



Skyrock.com : Un arabe qui réussit ce n'est pas encore dans les mentalités françaises.



La Fouine : Un arabe dans une BM, c'est un dealer ou c'est un braqueur ou c'est un mec qui fait de l'illicite parce que pour eux, on n'a pas de cerveau.



Skyrock.com : On finit par les projets, est-ce qu'on va pouvoir te voir sur scène ?



La Fouine : Il y a une tournée qui va arriver pour avril – mai. On est entrain de valider tout ça. De toute façon ce sera communiqué sur Skyrock.com. Et bien sûr, on sera sur scène parce qu'il faut venir me voir sur scène, ça va être terrible.


Skyrock.com : Si tu veux rajouter quelque chose.


La Fouine : Quoi de neuf fouiny baby, Aller Retour, mon album dans les bacs. Si tu veux écouter le meilleur album de l'année, va l'acheter, c'est ça !!



Interview La Fouine :

Skyrock.com : Salut La Fouine.

La Fouine : Salut.

Skyrock.com : Donc ton album est dans les bacs le 25 avril, c'est ça ? C'est Bourré au son ?

LA FOUINE : Bourré au son/

Skyrock.com : On s'était vus un peu avant la sortie du single de Manque d'argent. Qu'est-ce qui s'est passé pour toi depuis?

LA FOUINE : Depuis, en fait, j'étais entré en studio pour terminer cet album qui sort le 25 avril. Et voilà ! C'était surtout du studio, du studio et de l'écriture. J'ai posé sur pas mal de trucs, entre temps. Mais, je me suis surtout consacré à la création de cet album qui s'intitule Bourré au son.

Skyrock.com : Tu es un mec qui écrit beaucoup. Déjà au moment où on s'est vus, ça faisait 4 ans que tu travaillais sur l'album. Donc, j'imagine que tu avais déjà beaucoup de textes.

LA FOUINE : Oui...mais ce n'était pas spécialement sur l'album que je bossais. J'aime faire de la musique. Je bossais toute la journée pour faire de la musique et pas spécialement pour faire un album.

Skyrock.com : On voit sur ta bio, que t'as écrit environ une centaine de textes. Et que tu t'imposais vraiment de la discipline, à écrire la semaine et enregistrer le week-end. Qu'est-ce qui suscitait cette démarche ? C'était vraiment un besoin ?

LA FOUINE : C'était quand j'étais plus jeune, une période de ma vie, où vraiment je prenais la musique un peu comme le foot. Mes potes étaient à l'entraînement deux fois par semaine. Tous les dimanches, ils avaient un match de foot. Eh bien moi, ma musique, c'était mon foot à moi. Tous les dimanches, je m'imposais d'avoir écrit une chanson, et je l'enregistrais. Ce n'était pas terrible au début. Je m'entraînais, mais des fois c'était un peu du bafouillage à force d'écrire et d'avancer trop vite. Mais chaque dimanche, je devenais un peu plus fort et j'apprenais quelque chose de nouveau.

Skyrock.com : Tout à l'heure, tu disais que tu ne bossais pas forcément pour un album. A partir de quand, t'es-tu dit : « Allez, ça y est, là je m'y mets ! » ?

LA FOUINE : Quand j'ai signé le contrat avec la maison de disques. J'étais sûr de faire l'album. Sinon, avant d'avoir signé et d'avoir vraiment le projet en main, je n'avais jamais parlé d'album de ma propre bouche. J'étais sur le projet de faire une maquette.

Skyrock.com : T'avais sorti des maxis ?

LA FOUINE : Oui, j'avais sorti des maxis. Je parlais surtout de maquette. Pour moi faire un album, c'est un projet très sérieux. C'était encore prématuré de parler d'album alors qu'il n'y avait pas encore de plans derrière.

Skyrock.com : Finalement, tu travailles différemment quant tu es dans l'optique de rendre un produit fini à un public, et quand c'est pour le plaisir ?

LA FOUINE : Non, je savais qu'avant, les titres ne sortiraient jamais, qu'ils n'allaient pas faire décoller ma carrière. J'avais ce challenge de devenir meilleur. Je savais qu'en enregistrant un morceau par-ci et un autre par-là, que je ne ferai pas de gros tubes. Je savais par contre, qu'à chaque fois que je sortais de studio j'avais appris quelque chose de nouveau. Avec cet entraînement, j'apprenais comment « backer », comment « booster », comment chanter pour que ça déchire et faire une tierce. Le dimanche suivant, j'apprenais à lier le chant au rap. C'était un long travail de construction. De jour en jour, de studio en studio, de nuit en nuit, je maîtrisais un peu mieux mon art.

Skyrock.com : C'est ce qui a un peu mieux défini ton style ?

LA FOUINE : Exactement. J'apprenais à me forger une personnalité par rapport à ma musique. J'apprenais à lier le chant au rap et à me créer un univers bien particulier. Je pense que si j'avais eu l'opportunité de faire un album, il y a quelques années, il ne serait pas aussi efficace que celui-là. Je me sens au top de ma forme, comme pourrait l'être un grand sportif qui revient sur le terrain. Je me sens vraiment bien pour défendre cet album. C'est le bon moment...

Skyrock.com : Le titre de l'album, c'estBourré au son. Pourquoi ce titre ?

LA FOUINE : J'avais depuis longtemps l'idée d'appeler mon album comme ça. Avant, j'étais quelqu'un qui fumait et buvait beaucoup. J'étais toujours bourré. En troisième, je n'allais pas en cours et je déconnais. Après avoir fait des bêtises, je me suis sauvé de l'école. Ensuite, la police est venue me chercher à la maison pour me placer dans des foyers. Depuis cette époque, (je devais avoir 15/16 ans) je suis rentré dans un engrenage. Je n'étais vraiment pas moi-même. Et c'est en 2001, que j'ai arrêté de boire et de fumer. Je me sentais bien ni en studio, ni lorsque je sortais avec mes potes. Il me manquait toujours quelque chose. J'ai comblé ce manque par la musique.

Skyrock.com : Ton substitut a donc été la musique.

LA FOUINE : Oui et je me suis rendu compte naturellement, que même si je ne buvais pas, j'avais cette « fonsdé » naturelle qui remontait à la surface grâce à la musique. Cette idée, d'appeler mon album Bourré au son, je l'ai vraiment eu depuis longtemps. J'ai eu quelques doutes pendant un moment. J'ai voulu l'appeler « Je Roule », mais je suis revenu sur ma décision de départ. Bourré au son me représente bien. En plus, la musique accompagne les moments de tristesse comme les moments de joie. Cette dépendance aux musiques que t'aimes revient constamment dans le quotidien de chacun. Certaines personnes vont passer ces étapes de leur vie avec l'alcool. Moi, quand j'ai de gros soucis je les noies dans la musique, et je fête mes joies avec la musique aussi. Et cette métaphore me va très bien (...).

Skyrock.com : Tout à l'heure, tu disais que tu rappes et que tu chantes. C'est ça le Fouiny Flow ?

LA FOUINE : Le Fouiny Flow, c'est une musique qui est née dans une cave avec un magnétophone et des copains, dans un local délabré. On avait même récupéré un vieux canapé ! J'étais en 6ème, mais je ne me rappelle plus de mon âge.

Skyrock.com : Environ 12 ans, je pense.

LA FOUINE : Le Fouiny Fow s'est épanoui de jour en jour, de mois en mois et d'année en année. Depuis ma vie est en musique. Je ne me rappelle pas de l'époque où je ne faisais pas de musique.

Skyrock.com : Déjà très jeune, tu avais des cours de solfège ?

LA FOUINE : Oui. J'ai d'ailleurs dû faire mon premier concert à l'âge de treize ans. On est montés sur scène à Trappes. On était un groupe de six. On s'était beaucoup entraînés. Au final, on était plus que trois ! Les autres ont eu peur de s'afficher devant toute la ville. Ce jour-là, quand je suis descendu de scène, les gens m'ont dit : « La Fouine t'as déchiré !! ». J'ai ressenti quelque chose de fort. Je me suis dis que c'était ça que je voulais faire.

Skyrock.com : Tes influences sont super diverses. Dans Planète Rap, tu disais que t'avais écouté du Brel, du Brassens...

LA FOUINE : J'en écoute toujours beaucoup. Je connais toutes les chansons de Jacques Brel par coeur.

Skyrock.com : Tu écoutes du rap cainri.

LA FOUINE : J'écoute beaucoup de rap Américain.

Skyrock.com : Tu écoutes de tout. Qu'est-ce qui a fait que tu as plutôt choisi le rap ? Même si, tu dis que tu ne fais pas de rap, que tu fais de la musique. On ne peut pas dire que l'album n'est pas dans une couleur rap.

LA FOUINE : Je ne dis pas que je ne fais pas de rap, mais j'ai l'impression tout simplement de faire de la musique. Je fais du rap qui a des influences diverses et qui est très ouvert. Et mon souci principal, c'est de faire de la bonne musique. J'essaie juste de ramener ma vibe. Je m'en fous de faire de l'underground. Je n'essaie pas d'être quelqu'un d'autre. J'avoue être fier de mes convictions, car cet album donne le meilleur de moi-même, musicalement. Même dans l'underground. J'ai sorti mon premier maxi, en 2000. Il s'appelait J'avance. J'étais d'ailleurs venu dans cette salle pour le présenter dans Couvre Feu. J'avais fait les émissions spécialisées. Je n'étais pas connu et j'essayais de pousser ma carrière. J'étais arrivé avec un maxi dans l'underground. Aujourd'hui, quand tu prends n'importe quel maxi dans les bacs, les textes sont vraiment «hardcore», pour être vraiment dans l'underground.

Skyrock.com : Ils ne sont même plus « hardcore », au final.

LA Fouine : Moi, j'étais dans l'underground et je chantais Sur le chemin de l'école (il chante un extrait). C'était ni hardcore, ni commercial. J'essayais juste de ramener ma vibe. J'ai toujours fait ce que j'avais envie de faire. J'ai toujours prôné ma propre musique. Dans mon quartier, il n'y a personne qui sache vraiment ce qu'est la culture hip-hop. Je ne dirai jamais aux gens que j'ai été bercé par le hip-hop, parce que je ne suis ni dans le graff', ni dans la danse...Je ne vais pas mentir aux gens. Je ne suis pas à fond dans la culture hip-hop. Je suis juste dans le rap et la musique. Par contre, j'aime le rap, le classique, la soul, la funk... Je ne veux pas m'inventer un vécu hip-hop. J'ai fait cet album pour les gens qui aiment la musique et pas pour que les gens du milieu, disent de moi que je suis un grand du hip-hop. Je n'ai pas envie d'être le meilleur, ni celui qui connaît tout sur le hip-hop. Je n'ai pas connu les émissions de Sidney, par exemple. Je ne vais pas me mettre à me renseigner sur ça, juste pour être plus crédible. Quand j'étais petit, j'écoutais Jacques Brel. J'ai découvert le rap américain assez tard. L'album qui m'a fait kiffer, c'est Chronic de Dr Dre, ensuite j'ai kiffé DoggyStyle,...J'ai toujours préféré le son west coast au son east coast. Je trouvais le son east coast trop sombre. Je me suis mis à écouter le son east depuis quelques années. Et, je ne savais pas, que Nas et Jay-Z étaient forts. Je ne les connaissais même pas. Aujourd'hui, je sais qu'ils écrivent des super textes. Mais y'a d'autres « anciens » dont je n'aime pas les textes. Même si tout le monde les trouve puissants. Moi, j'essaie de rester honnête avec les gens. Je reste qui je suis.

Skyrock.com : Avec ton titre J'rap pour le fric, qu'est-ce que tu as voulu faire passer ?

LA FOUINE : C'est un morceau véridique. J'ai fait beaucoup de maisons de disques, je parcours les indé', j'ai rencontré beaucoup de rappeurs et je ne trouve pas qu'il y ait beaucoup de rappeurs qui rappent pour le plaisir. Je pense qu'au bout d'un moment, chacun essaie de gagner son pain. Ça ne veut pas dire que notre musique est moins bonne. On se crève la tâche encore plus. Faut que la musique soit encore plus bonne, pour booster les ventes. Quand je suis arrivé dans le milieu, j'entendais toujours des rappeurs dire qu'ils rappaient par amour du hip-hop.

Skyrock.com : Quant on sort un 1er album, c'est toujours par passion...

LA FOUINE : Tout le monde rappe par passion mais aussi pour amasser l'argent du milieu. La musique c'est le centre de ma vie. De la musique, j'en ferai toute ma vie, mais pas avec le même acharnement. Si aujourd'hui, je sacrifie autant de temps en studio ou pour la promo, c'est pour gagner de l'argent pour ma famille. Sinon, je pourrais passer plus de temps avec elle. Avec ce morceau, je voulais juste dire que c'est normal. La musique, on la fait par amour mais il faut une suite. On travaille dur pour être récompensé.

Skyrock.com : En fait, ton message c'est qu'on ne peut pas faire de la musique juste par passion, car c'est aussi un métier.

LA FOUINE : Dans le rap français, je n'ai pas assez entendu parler de cette facette de la musique. Je voulais lever le voile là-dessus. Je sortais de banlieue. Je ne connaissais pas le milieu. Je me suis dit, c'est cool, tous ces rappeurs rappent par passion. Je vais pouvoir leur demander un featuring pour qu'on puisse kiffer notre passion. Mais ça ne se passe pas comme ça. N'importe quel rappeur va te parler d'argent à la séance.

Skyrock.com : Ceux sont des exceptions, je suppose que les gens avec qui tu as bossé qui sont sur l'album, ne rap pas pour le fric ?

LA FOUINE : Avec les gens sur l'album, ce n'est pas comme ça. Il n'y a pas de rappeur sur l'album. Sur mon album: il y a L'Skadrille qui rappe et trois mecs de mon quartier.

Skyrock.com– Mais tu parles des têtes d'affiches ?

LA FOUINE : Non, pas forcément. Je veux dire que c'est devenu normal. Mais ces gars sont constamment entrain de travailler : studio, promo et concert toute l'année. C'est normal qu'ils veuillent un cachet parce qu'ils font leur travail. Et, c'est ce que je veux faire passer dans ce titre. Je m'y tourne aussi un peu en dérision. La première fois que t'écoutes le morceau, tu es choqué. Ensuite, tu trouves ça normal (...).
Comme ça, le gars de banlieue, s'il veut faire un featuring avec moi, il saura que j'ai aussi une famille à nourrir...Par contre, il y aura toujours des arrangements possibles, parce que j'ai commencé en bas. Et j'espère arriver en haut. Mais, je sais qu'en bas, c'est très dur.

Skyrock.com : C'est un peu le raisonnement des artistes américains ?

LA FOUINE : Oui, voilà et leur musique n'est pas moins bonne. N'est-ce pas ? Ils connaissent le système...

Skyrock.com : T'as travaillé avec qui à la prod ?

LA FOUINE : Il y a Animalsons qui a travaillé sur les &frac34; des sons. J'ai travaillé avec Philippe, un canadien qui est super fort. J'ai travaillé avec Abysse Prod sur un titre, avec XLR, Docness et E-Rise.

Skyrock.com : Comment ça s'est passé ? C'est toi qui as choisi tes palettes ?

LA FOUINE : Non, toutes ces personnes, je les ai rencontré. On travaillait ensemble.

Skyrock.com : Donnais-tu les directives ?

LA FOUINE : Par exemple, avec XLR, on a fait L'unité. Il voulait me faire écouter une quinzaine de sons dans son studio. Au bout du deuxième, je lui ai dit de s'arrêter. Je savais que je n'en voulais pas un autre. J'ai écrit les paroles sur place et je lui ai dit que j'avais choisi celui-là.

Skyrock.com : Je voudrais que tu me parles du titre Quelque chose de spécial. Dans le texte, pour chaque jour, t'as une meuf différente. Comment est né le délire ?

LA FOUINE : Je ne pourrais pas te dire exactement, en fait. Car quand j'écris c'est par flash. Je ne me pose aucune question. C'est venu tout seul : lundi 9.1, mardi 9.2...C'est un morceau que j'aime bien.

Skyrock.com : Il y a aussi des titres autobiographiques. C'est une thérapie de faire ce genre de morceau ?

LA FOUINE : J'aime écrire, ça me fait plaisir. Je ne pense pas que ça soit une thérapie. Je vais bien en écrivant le texte et je ne vais pas mieux lorsque j'ai fini de l'écrire. J'écris sur des choses qui m'ont touché. L'écriture c'est mon moteur.
Sinon, pour revenir à Quelque chose de spécial, c'est un morceau qui doit faire plaisir à l'écoute. Je trouve que le rap, est trop dans une direction où il faut absolument être dur, où il faut être « hardcore ». Ce n'est pas mon truc. Pourtant, j'ai le profil type. J'ai été 4 fois en prison de 15 à 20 ans. Je n'étais jamais chez moi. J'étais en galère, je dormais dehors. Donc du « hardcore », j'aurais pu en faire. Si je voulais, j'aurais pu écrire une quinzaine de textes. Mais moi, ce que je voulais vraiment, c'était faire de la musique et me faire surtout plaisir. Le public ressent quand tu fais de la musique avec plaisir.

Skyrock.com : Tu parles aussi de ce qui t'arrive au quotidien. Et il y a ton titre Groupie Love. Alors, c'est vraiment plus facile de serrer des meufs quand on est un rappeur ? Où c'est une caricature que tu fais?

LA FOUINE : Oui, c'est une caricature ! C'est un univers que j'ai inventé (rires). Je n'aurai pas besoin d'inventer si je devais parler de choses personnelles, je pourrais parler de mes expériences. Je me suis inventé un univers tout autour de La Fouine. Un monde qui me correspond bien et que je défends. J'aime m'inventer des délires...

Skyrock.com : T'as des scènes de prévues ?

LA FOUINE : J'espère bientôt. Pour l'instant, je me focalise sur la sortie de cet album : les interviews, il faut faire le tour des magazines, la promo dans les différents points de ventes. J'essaie vraiment de me concentrer sur la promo de l'album. Par la suite, j'essaierai de préparer l'album sur scène. Je prends très au sérieux la scène, parce qu'il y a un gros travail à faire pour sensibiliser les gens. Il faut leur donner envie de venir voir les concerts de rap. C'est d'ailleurs un travail que tous les gens du milieu devraient prendre au sérieux. Le live, ce n'est pas seulement faire tes 15 titres sur une instru'. Il faut un show derrière et que ce soit un truc carré. C'est pour cela que je ne vais pas faire de scène tout de suite. Je veux d'abord bien travailler mon show, pour faire plaisir à mon public.

Skyrock.com : Qu'est-ce que tu voudrais que les gens retiennent de ce 1er album ?

LA FOUINE : Je voudrais qu'il l'achète (rire)! J'ai beaucoup donné sur cet album et j'attends rien en retour. J'ai donné, faites-vous plaisir en l'écoutant.

Skyrock.com : Merci La Fouine.


Mes Kifs : La Fouine :

Ma collaboration rêvée
India Arie

Mon clash préféré
Jay-Z - Nas

Mon dîner idéal
La Harira, soupe traditionnelle marocaine

Mon meilleur ennemi
Internet

Moi et la politique
Zéro

Mon disque de chevet
Acoustique Soul de India Arie

Mon livre de chevet
Mes vies de Rocquencourt

Mon kiff insoupçonnable
Je suis quelqu'un qui réalise toujours mes kifs

Je suis doué pour
Faire de la musique

Mon expression préférée
Reste en chien

Ce que j'ai toujours rêvé de faire
De la musique

Dans 10 ans j'aimerai
Faire de la musique

Quand j'étais petit,
je voulais être Musicien

Quand je serai vieux, je voudrais...
Etre père de musicien

Si j'étais un personnage, je serais
Franchement, je suis qui j'ai envie d'être


Aller Retour :

Le 12 Mars 2007 marquait le retour du rappeur La Fouine, avec un second album solo. Celui qui s'était fait connaître en étant l'un des cinq vainqueurs du concours Max De 109, et avec le single « Manque D'Argent ». Mais c'est en Avril 2005 que l'artiste se dévoile totalement sur un long format, avec Bourré Au Son, décevant tant sur le plan commercial que d'estime, et comme pour ne pas se faire oublier, il sort quelques mixtapes, assurent quelques apparitions, et un clash qui se fera bien remarquer, jusqu'à arriver à son Aller Retour.

Avant même d'écouter la galette, on peut constater que la liste de producteurs est de choix, puisqu'il s'assure les services d'Animal Son, et même de Focus, qui produira 5 des 17 titres de l'album. Ne pas s'attendre à de l'originalité, La Fouine fait ce qu'il sait faire de mieux, et d'un côté, c'est pas plus mal, même si il s'en va se fourvoyer dans quelques sonorités Dirty South : « Reste En Chien » avec l'expert en matière de sonorités Dirty, Booba, « Banlieue Sale » avec le sulfureux Kennedy, et « On S'en Bat Les C******s ». Des tentatives pas franchement marquante, mais peut-être mieux maîtrisé qu'autre fois, puisque bien souvent, les featurings relèvent le niveau. Malheureusement ça reste assez bas, sauf que cette fois-ci, La Fouine va accentuer sont chant, et ça va s'avérer payant à plusieurs reprises.

Constatation faite sur le fortement réussi « Qui Peut Me Stopper ? », le très efficace « C'est Pas La Peine » (produit par un Focus en belle inspiration sur le coup, ainsi qu'une belle démonstration de flow de la part du MC), ou « Ma Life », mais soyons honnête, le principal atout de La Fouine, c'est quand même les titres plus personnels, bourrés d'émotion, et sincères. Ainsi les meilleurs titres de l'album s'avèrent être les plus intimistes, tels que les excellents « Drôle De Parcours », « Le C½ur Du Problème », « Tombé Pour Elle » (avec Amel Bent), mais la mention spéciale revient à « Je Regarde Là Haut », une très belle déclaration d'amour dédiée à sa mère. Et si les paroles laisseront à désirer une bonne partie de l'album, là on est dans la réalité, et le refrain est très réussi, et tellement vrai, un coup d'éclat montrant le rappeur sous sa meilleure forme.

Et que dire du reste de l'album ? Et bien même si le Dirty et l'intimisme prennent une place dominante sur la galette, on trouve du story telling pas trop mal maîtrisé (« Contrôle Abusif »), des petits délires "fumants" « Ma Tabatière (Chronique D'un Dealer) » (avec une remise à jour d'une des scènes de Menace II Society), et quelques titres comme « La Danse Du Ghetto » ou « My Life » qui laisseront les avis diverger selon les goûts. On finira l'album comme on l'a commencé, sur un titre réussi, « Quel Est mon Rôle ? », et un avis plutôt positif de l'½uvre. Tantôt dans la mélancolie, tantôt dans l'égotrip (qu'on ne pourra pas vraiment qualifier de très maîtrisé par La Fouine, heureusement que celui-ci reste assez minoritaire sur l'album), le rappeur nous propose un peu la même recette que sur son coma musical (c'est le cas de le dire !!) de Bourré Au Son, dont cet album n'en sera pas moins que sa cure de désintoxication. Ici tout de même deux crans au dessus.

Il y a du progrès, et pas qu'un peu, les productions sont relativement plus efficaces, ses variations vocales utilisées à un bien meilleur escient, et cette manière si particulière, et différente selon les titres, de poser sa voix, qui laisse bouche bée. Malheureusement on notera ce problème assez fréquent d'inoriginalité et même d'amateurisme au niveau des paroles, même si parfois il sait briller, quand il le faut. La Fouine nous propose quand même une bien bonne galette, beaucoup moins indigeste que sa première fournée, mais tout le potentiel de l'artiste n'est pas encore utilisé, et il a encore un peu de marge pour prouver qu'il peut être encore meilleur, l'avenir nous le dira, l'expérience jouera peut être en sa faveur.

# Posté le samedi 19 mai 2007 11:52

Modifié le lundi 28 mai 2007 05:49

PRINCESS ANIES

PRINCESS ANIES
Pionnière parmi les artistes féminines à oser affronter la jungle de la scène Rap hexagonale, Princess Aniès s'est rapidement imposée comme l'une des figures emblématiques de ce mouvement musical en France.

L'aventure artistique de Princess Aniès commence en 1993. Adolescente un peu agitée du neuf cinq, elle se met en quête d'un moyen d'expression qui lui ressemble.
Issue du quartier des Louvrais à Pontoise, c'est naturellement qu'Aniès, qui n'a pas encore été sacrée princesse, commence à écrire ses premiers textes, tenter ses premiers raps. Elle cherche encore son flow mais a déjà trouvé sa voie.

L'année 1995 est cruciale pour Aniès. Elle marque la rencontre avec les membres du Da System. Abuz, Mysta. D, Tepa, Stor K... Tous sont unanimes, Aniès a beau être une fille, une gamine de surcroît, elle affiche une telle la hargne et dégage une telle assurance que sa place au sein du crew leur apparaît comme une évidence : une princesse est née. Tout s'enchaîne et deux ans plus tard, elle fonde avec Tepa un nouveau groupe : Les Spécialistes, premier duo mixte du Rap français. A ce stade de sa carrière, Princess Aniès s'est fait un nom. Un nom auprès du public tout d'abord puisque entre 1995 et 1999, elle assure plus de 150 dates de concerts. Des concerts en France tels qu'au Printemps de Bourges et au Festival Solidays, mais aussi à l'étranger avec des passages remarqués en Algérie, au Maroc, en Suisse ou encore à Madagascar, au Gabon ou au Cameroun. Princess Aniès se fait aussi un nom auprès de ses pairs. Au cours de cette même période, elle est sollicitée pour participer à de nombreux projets. Acharnée de travail, elle comptabilise en un peu moins de quatre années plus d'une centaine de participations. On retrouve la rappeuse sur de nombreuses mixtapes, notamment pour le compte de Cut Killer, DJ Poska, Oxmo Puccino, ou IV My People et tout autant de compilations et albums comme Nouvelle donne, Lab'elles, L'invincible armada, Opération freestyle, D. Abuz System

En 1999, Princess Aniès sort avec Tepa le premier opus des Spécialistes. Non seulement ces deux specialistes n'attendent pas pour foutre le feu, mais en plus ils le revendiquent haut et fort. Une ambition légitime tant leurs textes apparaissent innovants et engagés. D'ailleurs le public ne s'y trompe pas et réserve un excellent accueil à l'album éponyme, qui remporte au passage le prix de la meilleure autoproduction de l'année dans le cadre du Festival XXL Performances.
L'idée d'un album solo se dessine doucement, et Princess Aniès rejoint la radio Rap Générations 88.2 pour co-animer chaque semaine une émission de libre antenne. Fidèle à sa réputation d'hyperactive, Princess Aniès continue à s'investir dans de nombreux projets musicaux, notamment Première classe 2, Mission Suicide, et Cutee B. Style.

Mais il faudra attendre plusieurs maxis dont le percutant Celle qui / Sans cesser, pour qu'elle se lance véritablement dans la préparation de son premier album solo. Les candidats se bousculent pour participer à l'aventure, tant au niveau de la production que derrière le micro. L'enregistrement sera malheureusement précédé d'un contre-temps de triste mémoire : le choc du premier tour des élections présidentielles. Le soir même Aniès prend l'initiative de mobiliser en studio tout le gotha du rap afin d'enregistrer à chaud Hip-hop citoyens et dénoncer la montée du Front National.
Après cet épisode et de longs mois de travail, le public peut enfin découvrir en novembre 2002 Conte de faits dans les bacs. Figurent sur le disque le bouleversant “Parcours d'une larme” en duo avec Oxmo Puccino et le titre coup de poing “Si j'étais un homme” dont les médias s'emparent.
C'est à peu près à cette même époque que les producteurs de Kool Shen invitent Princess Aniès, Tepa et Abuz à poser sur un titre dans le cadre d'un projet de compilation estampillée IV My People. Le projet est avorté mais la collaboration se poursuit et se concrétise l'année suivante par la signature des Spécialistes sur le label de l'ex-NTM.

Le chapitre “Conte de Faits” refermé, début 2004, Princess Aniès entre à nouveau en studio avec son complice Tepa pour livrer en mars 2005 le second album du groupe, Reality Show. La sortie de l'album est un événement tant il est abouti et loin des lieux communs habituellement ressassés par le rap français. Le brûlot est percutant. Les Spécialistes enchaînent les interviews : Skyrock marque le coup et France Inter s'interroge sur le phénomène. Les dates de concerts se succèdent, Les Spécialistes assurent entre autres les premières parties de la tournée d'adieux de Kool Shen. Le public se souvient encore de leur passage au Zénith de Paris, à l'édition 2005 du festival des Francofolies et sur la scène mythique de L'Olympia. Quelques mois après la sortie de Reality Show, Aniès décide de se lancer un nouveau défi.

Forte de l'expérience IV My People et de 1er album solo, elle souhaite s'investir de nouveau dans la production musicale et s'attelle à la préparation du second album d'un ami, celui d'Amara. Elle fonde pour l'occasion une nouvelle structure, le label TILT, et en février 2006, le projet débouche sur la sortie de Portrait craché. Là encore le ton de l'album et les positions d'Amara tranchent avec le courant dominant. L'album et une réussite et reste fidèle aux valeurs d'Aniès.
Non contente d'être parvenue à produire un premier album parfaitement abouti sur son jeune label, entre deux passages en studio, Aniès décide de renouveler l'expérience dans la foulée.

En septembre 2006, Princess Aniès sort “Ma p'tite histoire”. Un double CD mixé par DJ Akil qui retrace son parcours. A travers une collection de ses meilleurs titres et featurings, complétée de plusieurs inédits et autres raretés, “Ma p'tite histoire” dresse un premier bilan de l'un des parcours les plus prolifiques du rap français. Ce double résolument tourné vers l'avenir vient clôturer une décennie au cours de laquelle cette princesse a acquis la maturité nécessaire pour assumer un règne...

Princess Aniès est actuellement en pleine préparation de son nouvel album solo...

Vous pourrez la retrouver sur différents projets, ou encore en concerts... toutes ses dates sur SON MYSPACE OFFICIEL

Trop despee :

C'est l'retour de l asiat' tu saisis ap'
Tu m'verras pas à l arrière de ta Cadillac
Si tu m'accostes toi, tu finiras dans l'coffre
Hé mec éteinds ton poste si t es cardiaque
J'fonce pendant qu'tu fais d'l'autostop
Une grande dame qui matte le rap au microscope
Et comme d'hab, c'est moi qui tient l'volant
Insolente, étonnante c'est violent come back
Mythonne pas, j'te sens vexé
Le constat c'est tout c'sang versé
Tu l'sais, pour l'heure, j'viens empiéter les crooners
ça groove ma soeur, j'fais péter les boomers
J'me suis p'tête pas engraisser la première
Mais j'prendrais l'argent du beurre quand tu baiseras la crèmière
Immatricule PA, issue du 95
Les meufs trinquent quand la reine péra

refrain
C'est la princess qui revient
T'es venu pour me teste mais j'crois pas que t'encaisses
Du 95 au 20-1
Dans ton poste, ta tËce, le son dans ta caisse
C'est la princess qui revient
T es venu pour me teste mais j'crois pas que t'encaisses
Avec moi y a pas moyen
J'suis pas d'celles qu'on dresse tiens ta chienne en laisse

Mets les warnings si tu m'vois dans ton retro
Y aura pas d'zoum zoum zeng dans ton merco
Mon coco c'est la zik pas la cc
D'mande à ko qui speed sur mpc pas d'ex equo
Dans la course j y vais plein pot
J'm'arrache avec la bourse, esquive la douane et les impôts
Manque de pot, j'suis qu'une erreur de casting
J'ai qu un style celui qui va au casse pipe
Dis moi c'est quoi les bails, les caves braillent
Ils veulent grailler grave quite a faire des drive by
Et les kailles bavent à la moindre rate qui passe
Trop vite en rade, on s'demande qui est la p'tite tass'
N'essaie meme pas d'te mettre ‡ ma place
Avant qu on r'trouve ta vieille carcasse à la casse
Immatricule PA, issue du 95
Les reufs trinquent quand la reine péra

Refrain

Trop d'style, cherche pas moi j'suis trop despee
C'est l'début et déjà tu transpires
Tu peux pas suivre, respire,
J'suis trop despee
J'ai trop d'styles, cherche pas moi j'suis trop despee
C'est l'début et déjà tu transpires
Tu peux pas suivre arrête respire
J'suis trop despee

refrain




Ma p'tite histoire (mixtape 2CD) :


La course des rappeuses en France est lancée depuis plus longtemps qu'on ne le croit. Si certaines ont levé le pied (Sté Strausz), ou ont fait des pauses plus ou moins longues pour diverses raisons (Lady Laistee), d'autres ont franchi un cap dans la reconnaissance du grand public (Diam's), ou sont en passe d'inscrire durablement leur nom au palmarès du rap français (Keny Arkana). Bénéficiant d'une place de choix dans la liste des MCs au féminin, Princess Aniès n'en demeure pas moins une artiste discrète et efficace qui, aux côté de son acolyte des Spécialistes, Tepa, ou en solo, a toujours confirmé son statut de rappeuse inspirée et talentueuse. Mettant entre parenthèses ses projets sur le label IV My People de Kool Shen, Aniès nous conte sa trajectoire avec la mixtape Ma p'tite histoire, mixée par DJ Akil.

Premier constat, les fans seront aux anges en retrouvant sur ce projet des titres de Conte de Faits, mais aussi des projets des Spécialistes, des morceaux de différentes compilations, ainsi qu'une bonne dizaine d'inédits qui méritent d'être écoutés. Le tout représente une double mixtape de cinquante titre enchaînés par un DJ Akil sans fioriture. Parmi les morceaux que l'on prendra particulièrement plaisir à réécouter, citons par exemple « Autodestruction » (avec Don Choa, Star-K et les raggamen de Soundkaïl), « Si on disait » (avec Cassidy des X-Men), « Les patrons du style » (ft. Dany Dan et L'Skadrille), le « Parcours d'une larme » (ft. Oxmo), mais aussi une flopée de titres sur lesquels Aniès dévoile son flow en solitaire.

Couvrant de belle manière la période 1995 à 2006, cette tape nous plonge dans une décennie de rap pour Princess Aniès. Souvent soucieuse de faire jeu égal (et voire mieux face à certains) avec ses confrères, la rappeuse multiplie les bons couplets et se positionne en concurrente certaine parmi les artistes féminines du genre. A noter quand même que malgré la qualité constante et globalement homogène de cette double mixtape, un format 50 titres (même si certains ont été tronqués), reste quand même un énorme pavé à digérer. Le constat final reste largement positif, alors qu'une seule question subsiste...« Qui est le sexe faible » ?

# Posté le vendredi 18 mai 2007 15:55

Modifié le lundi 28 mai 2007 05:50